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03/03/2014

De nouvelles avancées sur les bio-pesticides

Des chercheurs des universités de Liège (Gembloux Agro-Bio Tech), de Gand et de Lille ont contribué à de nouvelles avancées sur les bio-pesticides. Fabriqués à partir d'organismes vivants ou de produits dérivés de ces derniers, ils permettent par exemple d'inhiber les pathogènes, ou encore de renforcer le système immunitaire des plantes. Même si ce secteur reste modeste (2,5 % du marché mondial en 2008), les marges de progression se situent entre 5 et 8 % par an (Europe de l'Ouest, Amérique du Nord).

Précédemment l'approche consistait à recourir à des bactéries (souches de bacilles : Bacillus subtilis, B. amyloliquefaciens) sans garantie d'une efficacité constante (variations dues au contexte pédoclimatique par exemple). Les chercheurs ont alors décidé de concentrer leurs efforts sur des molécules antibiotiques produites par ces mêmes bacilles : la famille des lipopeptides. Testés en champ ou en serre, des expériences de terrain ont permis de mieux connaître les mécanismes biochimiques de ces lipopetides, et d'en déduire un dosage optimal. Elles ont aussi contribué à la découverte de nouvelles molécules et au développement d'un bioréacteur avec des perspectives de production industrielle (spin off Lipofabrik). Pour finir, ces découvertes intéressent aussi les secteurs cosmétique et agro-alimentaire, en raison des propriétés tensioactives et anti-microbiennes des lipopeptides.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Bulletins électroniques ADIT

27/01/2014

De nouvelles avancées pour la surveillance des zoonoses

La collaboration des organismes mondiaux, dans le cadre de la surveillance des maladies animales, a connu une nouvelle avancée avec une rencontre entre OIE et OMS le 20 janvier 2014, sur le thème de la surveillance des zoonoses, et principalement des grippes aviaires et de la rage. Par ailleurs, l'OIE vient de mettre en place une nouvelle plateforme de surveillance Wahis-Wild, pour la surveillance sanitaire des animaux sauvages, lesquels jouent un rôle croissant dans la transmission de zoonoses.

Source : OIE

Développement de la maladie de la petite cerise sur le continent Nord-Américain

La maladie de la petite cerise menace la filière de la cerise dans l'État de Washington. Cette atteinte virale se manifeste par des fruits de petite taille et au goût insipide voire amer, qui rendent les cerises non commercialisables. La maladie peut être liée à trois virus différents. Il n'y a pas de traitement possible pour l'instant, le seul recours est l'abattage des arbres. Le professeur Tim Smith, de l'université de l'État de Washington, prévoit une extension de la maladie et met en garde contre les conséquences économiques pour la filière cerise.

Cette maladie est connue depuis les années 1930 dans la province canadienne de Colombie Britannique, où elle avait donné lieu à l'abattage de 60 000 arbres. Au Canada, elle a même nécessité l'application de programmes d'éradication.

La maladie a beaucoup progressé en 2013 dans le Nord-Ouest des États-Unis. Elle vient également d'être remarquée pour la première fois en Australie. En Europe, la maladie a été signalée en Suisse et en Allemagne. La station fédérale de recherche en production végétale de Changin (Suisse) a procédé à des travaux sur cette maladie végétale, qui ne semble pas avoir été confirmée en France jusqu'à présent.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Capital Press 

Séquençage du génome du criquet, premier ravageur des cultures

Une équipe de chercheurs chinois vient de terminer la première ébauche du séquençage du génome du criquet migrateur (Locusta migratoria), un des ravageurs des cultures les plus destructeurs. Ces insectes peuvent en effet se déplacer sur plusieurs centaines de kilomètres, sous forme d'essaims, et détruire les cultures sur des surfaces considérables. Les résultats de ce séquençage, le plus grand d'un génome animal jusqu'à présent, ont été publiés dans le revue Nature Communications. Les chercheurs ont identifié plusieurs centaines de gènes cibles potentiels pour des insecticides. Ces travaux ouvrent donc de nouvelles pistes en matière de lutte contre ce ravageur.

Source : Nature Communications

08/01/2014

La FAO dresse un panorama de l'évolution des maladies animales

Dans un rapport paru le 16 décembre 2013, la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) dresse un panorama complet sur le paysage actuel des maladies du bétail.

Cette étude confirme les évolutions observées, liées notamment à la croissance démographique et à l'essor de filières alimentaires mondialisées, et met l'accent sur le rôle phare des activités humaines depuis quelques décennies (échanges internationaux, agriculture intensive, déforestation). Le changement climatique est également désigné comme moteur de cette évolution. La dynamique des maladies qui, à des degrés divers, sont préoccupantes pour la santé humaine peut être considérée comme un indicateur clé de la vulnérabilité associée à l'interface entre Hommes, animaux domestiques, faune sauvage et écosystème. L'importance du concept de one health est à nouveau soulignée.

Ren Wang, sous-directeur général pour la consommation et la protection des consommateurs à la FAO, souligne que compte tenu de la progression inéluctable des contacts entre l'Homme et l'animal, tant domestique que sauvage, il conviendra de plus en plus de s'attaquer aux causes de l'émergence, de façon à tenter d'anticiper la survenue des pathologies. Les évolutions attendues d'ici 2030, en termes d'occupation des sols (urbanisation croissante dans les pays du Sud et transformation des territoires vierges en terres agricoles) sont également un des critères d'influence mis en avant par le rapport.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : FAO

Lutte contre les antibiorésistances en Nouvelle-Zélande

Depuis plusieurs années, les éleveurs et les vétérinaires néo-zélandais associent leurs efforts pour diminuer la consommation d'antibiotiques dans le cadre de la lutte contre les antibiorésistances.

Le président de l'association des vétérinaires néo-zélandais, le docteur Steve Merchant, a rappelé l'importance du lien entre santé animale et santé humaine, et le rôle joué par les propriétaires d'animaux, éleveurs ou particuliers, qui doivent comprendre l'importance de la recherche de ciblage de l'antibiotique approprié au traitement de la maladie de leur animal. De même, le respect de bonnes pratiques d'hygiène en élevage doit permettre de diminuer les traitements anti-infectieux des pathologies liées au tarissement dans l'espèce bovine.

Selon les autorités ministérielles compétentes, une baisse de 19% de l'utilisation des antibiotiques a été constatée ces dernières années. Les améliorations concernent plus spécialement la filière porcine, où la vaccination est de plus en plus largement utilisée pour la prévention de maladies, et la filière bovine laitière. Le rapport ministériel identifie cependant quelques points à améliorer, comme le recours encore trop fréquent à des antibiotiques récents, tels que les céphalosporines de troisième ou quatrième génération, qui devraient être réservés à des indications très précises.

Cet engagement dans la lutte contre les antibiorésistances de la Nouvelle-Zélande, pays dont 55% du territoire sont agricoles, et premier exportateur mondial de produits laitiers, confirme l'importance du concept de one health à l'échelle mondiale.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Sources : Global Meat News et Rural News Group

06/01/2014

Novozymes et Monsanto annoncent une alliance pour développer des solutions d'économies d'intrants

Monsanto, géant américain de l'agrochimie, et Novozymes, multinationale danoise spécialisée dans les enzymes et la chimie des fermentations, ont conclu un accord de long terme BioAg Alliance, dans le but de développer des solutions d'économies d'intrants (fertilisants et pesticides). Ces solutions s'appuient sur des micro-organismes (bactéries, champignons), qui permettent de stimuler la fertilité des plantes et de combattre les bio-agresseurs. L'alliance vise ainsi à une meilleure collaboration des deux firmes pour la recherche, le développement de ces solutions et leur commercialisation. Le marché annuel de ces substances est estimé à 2,3 milliards de dollars.

Source : Novozymes

15:02 Publié dans Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/12/2013

La stratégie de lutte contre la résistance des insectes aux OGM remise en cause

L'accroissement de la résistance des insectes ravageurs face aux cultures OGM dites « Bt » a déjà été démontré (cf. veille CEP mai 2013). Jusqu'à présent, la stratégie pour lutter contre l'apparition de résistances consistait à conserver des zones refuges à proximité des cultures OGM, pour favoriser l'accouplement entre insectes sensibles et insectes résistants, de façon à maintenir des populations d'insectes sensibles à la toxine Bt. Cette stratégie peut demeurer efficace tant que la transmission de la résistance à la toxine est récessive.

Or, contrairement à ce mécanisme classique, des scientifiques de l'IRD et d'instituts de recherche d'Afrique du Sud et du Kenya ont démontré pour la première fois qu'un papillon de nuit (Busseola fusca) pouvait transmettre une résistance au maïs Bt de façon dominante. Pour ce faire, ils ont croisé des papillons sud-africains résistants avec des papillons kenyans sensibles : la première génération de chenilles était alors résistante à la toxine Bt. D'après les chercheurs, « la chenille de B. fusca pourrait être capable de désactiver la toxine avant qu'elle ne s'attaque aux parois intestinales ». Ce résultat explique pour partie la prolifération très rapide de chenilles résistantes, six ans à peine après l'introduction du maïs Bt en Afrique du Sud.

Cette découverte, publiée dans la revue PLoS ONE, « ébranle le fondement de la stratégie anti-résistance qui accompagne généralement l’utilisation des OGM ». Il s'agit maintenant pour les chercheurs de confirmer les mécanismes physiologiques en jeu, et d'élaborer d'autres stratégies de lutte contre les ravageurs du maïs en Afrique, parmi lesquelles la lutte biologique.

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : IRD

10/12/2013

Le concept de one health (une seule santé) appliqué à l'antibiorésistance

À l'occasion de ce colloque qui s'est tenu le 14 novembre 2013 au siège de l'organisation mondiale de la santé animale (OIE), les ministères de l'Agriculture et de la Santé ont montré leur volonté d'action concertée et l'importance qu'ils accordent à ce risque majeur pour la santé publique qu'est l'antibiorésistance. Ces rencontres ont tout spécialement mis en avant l'importance de la fourniture en médicaments sûrs, efficaces et innovants.

Un des facteurs de l'apparition d'antibiorésistances est l'existence d'antibiotiques non conformes, fabriqués dans certaines régions du globe et vendus sur internet ou par colportage. Ces produits sont parfois sous-dosés (ce qui induit un risque accru de résistances) ou contrefaits, soit qu'il ne s'agisse pas de la bonne molécule, soit qu'il s'agisse d'un placebo.

La diminution du nombre des molécules mises sur le marché, constatée au niveau mondial, est également préoccupante. La FDA (Food and Drug Administration) a ainsi signalé que le nombre de nouveaux médicaments est divisé par 2 tous les 9 ans. Cette tendance peut s'expliquer par une crainte, de la part des groupes pharmaceutiques, d'un retour sur investissement insuffisant. Crainte, également, que pendant la phase d'instruction du dossier (une dizaine d'années environ), la molécule n'acquière des résistances ou qu'elle soit classée en « antibiotiques critiques », et n'ait de ce fait qu'un marché réduit.

Parmi les pistes pour lutter contre l'antibiorésistance, figurent des méthodes alternatives, telles des mesures zootechniques adaptées en élevage intensif et le recours à des thérapeutiques autres que les antibiotiques, comme les phages ou certains oligoéléments. Un recours plus fréquent à la vaccination est également une piste privilégiée.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Ministères en charge de l'agriculture et de la santé

11:05 Publié dans Protection des végétaux et des animaux, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : one health |  Imprimer | | | | |  Facebook

IPSIM, un premier outil pour une gestion intégrée des ennemis des cultures

Des chercheurs de l'Inra ont mis au point un outil de simulation permettant de reproduire virtuellement les effets des pratiques des agriculteurs, des conditions de milieux (climat, sol) et de l’environnement de la parcelle sur des communautés de bioagresseurs. IPSIM (Injury Profile SIMulator / simulateur de profils de dégâts) devrait ainsi déboucher sur des recommandations vis-à-vis des pratiques culturales, et ce pour différentes filières (grandes cultures, maraîchage, arboriculture, viticulture, etc.). A terme, le but est de permettre la conception de stratégies de protection intégrée des cultures, combinant contrôle cultural, choix variétal et luttes biologique, physique ou chimique.

Source : INRA

02/11/2013

Nouveaux virus : tentative d'extrapolation

On estime généralement que 70% des maladies virales émergentes sont d'origine animales. Toutefois, le nombre de virus nouveaux susceptibles d'être découverts dans les prochaines années n'est pas connu.

Simon Anthony, du centre « Infection et immunité » de l'école de santé publique de l'université de Colombia, estime à environ 320 000 le nombre de virus nouveaux qui pourraient être détectés chez les mammifères. Pour arriver à ce chiffre, les chercheurs ont pratiqué une étude sur des échantillons biologiques issus de chauve-souris, en l'occurrence des roussettes du Bangladesh, pour lesquels 58 nouveaux virus ont en effet été identifiés. En extrapolant ce résultat aux 5 486 espèces de mammifères connus, cette étude conclut à un nombre de 318 000 virus. Cette extrapolation comporte toutefois des limites : elle ne prend en compte que les virus des mammifères et pas ceux des oiseaux, et n'est basée que sur une seule espèce.

 Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

 Source : Science Daily

20/11/2012

Le Danemark envisage un plan ambitieux pour améliorer le bien-être animal et réduire l'usage d'antibiotiques

Le 2 novembre 2012, le Parlement danois a ratifié un agrément sur des règles strictes relatives au bien-être animal et à l'usage d'antibiotiques en productions animales, sur le site de l'élevage et pendant les transports. Ces nouvelles règles sont assorties de ressources complémentaires pour les inspections. Le nouveau dispositif incitera à ce que les médicaments ne soient administrés qu'à des animaux nécessitant un traitement et non à tout le troupeau de manière systématique.

Ce plan est une grande avancée dans la lutte contre la réduction d'antibiotiques en élevage et il contribuera à lutter contre l'antibiorésistance, qui est une menace sérieuse pour la santé publique, a précisé la ministre danoise de l'agriculture, de l'alimentation et de la pêche, Mette  Gjerskov. Les règles strictes relatives à l'usage d'antibiotiques font partie intégrante du concept de "one health", dans lequel la santé animale et la santé humaine sont étroitement liées. L' accord danois comporte aussi de remarquables améliorations concernant le bien-être animal, et un contrôle plus strict de l'application de ces mesures.   


 La préoccupation relative à la réduction de l'usage d'antibiotiques est suivie à l'échelon européen puisque la journée du 18 novembre est consacrée à ce thème. Au niveau national, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), a consacré la journée du 19 novembre à un état des lieux sur l'antibiorésistance et le ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la foret vient de lancer le plan EcoAntibio 2017.   


Source : Ministère de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche du Danemark

06/09/2012

Le CNRS et l'INSERM ont lancé une recherche sur un modèle prédictif sur les épidémies animales

Le CNRS et l'INSERM, en collaboration avec l'université Toulon-Var et des équipes italiennes, élaborent un réseau mathématique permettant d'identifier les risques de propagation de pathogènes lors de transports d'animaux. Cette étude actuellement en cours simule la propagation d'une épidémie de fièvre aphteuse qui toucherait les bovins, et suit le principe de l'organisation d'un réseau complexe.

Contrairement aux modèles de réseaux classiques, qui sont fixes, le réseau est ici adapté en fonction des circonstances temporelles et géographiques. Pour l'instant, ce projet de recherche est mené sur des données communiquées par les autorités italiennes. Un partenariat est envisagé avec la Suède.

Ce travail ambitieux pourra apporter des éléments particulièrement utiles à la surveillance par les autorités sanitaires en matière de santé animale.

 

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

 

Source : CNRS