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10/12/2015

Qu’est-ce qu’un bon vin ? ou comment intéresser la sociologie à la valeur des choses

Antoine Hennion, connu pour ses travaux sur la sociologie du goût musical, a mis en ligne un article qui constitue une brillante introduction aux travaux récents sur l’expertise (ordinaire aussi bien que savante) et l’évaluation des produits. « Boit-on un vin, ou une étiquette – voire un prix ? » : la sociologie économique a tendance à rapporter les jugements de goût à des positions dans la structure sociale et à des effets de distinction, ou à des choix guidés par le signal-prix du marché.

La dégustation du vin n’est pas extra-sociale. Le vin apparaît alors comme « un bon cas pour se demander comment des sensations sont reliées à des marchés » et « faire entrer dans l’analyse sociologique la valeur des choses ». Le texte « examine en détail les relations qu’il faut mettre en place, entre des corps, des groupes de personnes et des agencements spécifiques » (relations qui forment « les dispositifs de dégustation du vin »). L’accord ne porte pas « sur les vins eux-mêmes », « mais sur des manières acceptables de procéder pour pouvoir discuter et rendre publiques des évaluations divergentes ».

On rejoint là des questions classiques en philosophie politique et en théorie des sciences. Cette publication s’inscrit d’ailleurs dans le cadre de l’Institut interdisciplinaire de l’innovation, l’auteur appartenant au Centre de sociologie de l’innovation de l’école Mines-ParisTech.

Source : Centre de sociologie de l’innovation

10:26 Publié dans Alimentation et consommation, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : vin, sociologie |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/12/2015

Les consommateurs vont-ils bloquer le progrès technologique en agriculture ?

Sous ce titre un brin provocateur pour un lecteur français, la revue du think-tank Australian Farm Institute propose un dossier consacré à l’acceptabilité sociale des biotechnologies et de l’élevage intensif. L’ensemble de la publication est coloré par une orientation technophile. L’inquiétude à l’égard des marchés asiatiques, plus réticents aux OGM à mesure qu’ils se développent économiquement, retient particulièrement l’attention. La revue de littérature réalisée par une équipe de l’University of Southern Queensland rappelle que l’Australie possède des atouts commerciaux à faire valoir sur ces marchés (une « intégrité » et une « capacité à produire des produits alimentaires de qualité élevée », reconnues dans le monde entier). Les attentes des consommateurs asiatiques doivent toutefois être prises en compte dans l’analyse des évolutions technologiques et des OGM pour les exploitations australiennes. Les consommateurs asiatiques les plus aisés, dont le nombre augmente rapidement, sont en effet de plus en plus attentifs aux aspects sanitaires et, notamment, réfractaires aux OGM, en particulier en Chine.

Source : Australian Farm Institute

10:24 Publié dans Agriculteurs, Alimentation et consommation, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : australie, innovations, ogm, asie, chine |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/12/2015

Un réfrigérateur enterré primé aux Dutch Design Awards

Dans un article du 2 novembre, UP Magazine présente le Groundfridge, réfrigérateur enterré conçu par un designer néerlandais et nominé aux Dutch Design Awards. Réinventant un mode de conservation traditionnel des aliments, ce concept met à profit l’effet isolant d’une couche d’un mètre de terre et l’effet réfrigérant de la nappe phréatique, permettant de maintenir une température stable (10-12°C) quel que soit le temps extérieur. 3 000 litres d’aliments (fruits, légumes, vin, fromages) peuvent y être stockés.

Schéma du Groundfridge

groudfridge.jpg

Source : Floris Schoonderbeek

Source : UP Magazine

10:20 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : innovation, design |  Imprimer | | | | |  Facebook

Le Groupe La Poste se positionne sur la livraison de produits alimentaires

Par deux communiqués de presse, en date du 29 octobre et du 5 novembre derniers, le Groupe La Poste a annoncé une extension de ses activités dans le domaine alimentaire. D’un côté, GeoPost, filiale Express internationale du Groupe, a pris une participation majoritaire (80 %) dans le capital de Resto In, « place de marché de restaurants offrant une solution de livraison rapide de repas à domicile ».

D’un autre côté, Chronopost complète son offre avec Chronofresh, un service de « livraison express sous température dirigée de tous les produits alimentaires à destination des professionnels et des particuliers partout en France le lendemain avant 13h ». Sont ciblés tous les professionnels de l’alimentaire (e-commerçants, industries, distributeurs-grossistes, détaillants, artisans, producteurs), avec des flux de produits en BtoC et en BtoB. Un investissement de 20 millions d’euros est prévu d’ici 2020 pour déployer l’infrastructure nécessaire au respect de la chaîne du froid, sachant que des puces RFID enregistreront en temps réel la température des colis.

Sources : La Poste, La Poste

10:17 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : la poste, livraison |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/11/2015

Enseignements de l’enquête Emploi du temps sur la vie quotidienne en France depuis 1974

Le dernier numéro de la revue de l’Insee Économie et Statistique comporte un dossier sur l’enquête Emploi du temps 2010. Cette enquête, réalisée à cinq reprises depuis les années 1970, « décrit de façon précise l’usage que les individus font de leur temps, renseignant non seulement sur les activités effectuées, mais aussi leur durée, le moment et le contexte de leur déroulement ». Dans l’un des articles, Cécile Brousse compare quatre enquêtes (1974, 1986, 1998 et 2010) et « dresse un panorama historique des emplois du temps de la population des adultes vivant en zone urbaine ». Elle met notamment en évidence une diminution, de 10 heures par semaine, du temps de travail total (rémunéré ou non), chez les citadins : réduction des activités professionnelles chez les hommes, des activités domestiques chez les femmes.

Parmi les nombreux enseignements présentés, l’« offre de repas » est abordée. Le « temps moindre pour les femmes passé à faire la vaisselle (- 3 h par semaine) et à cuisiner (- 2 heures par semaine) » contribue à la baisse plus générale du temps domestique, sachant que celui que les hommes y consacre est en légère augmentation. Plusieurs facteurs expliquent cette baisse : « augmentation continue du taux de ménages équipés d’un lave-vaisselle » (de 5 à 45 % entre 1974 et 2010) et évolutions des ustensiles de cuisine (revêtement antiadhésif, silicone, robots ménagers) ; « augmentation du nombre de repas pris à l’extérieur », y compris dans les classes populaires et, pour la période récente, développement du portage des repas pour les personnes âgées ; « augmentation de la consommation de produits transformés », en lien avec l’évolution de l’équipement en congélateurs et fours à micro-ondes. Ainsi, « il semblerait que dans la période [...] récente, les pratiques alimentaires des Français se soient rapprochées de celles en vigueur dans les autres pays occidentaux (baisse de la durée de la confection des repas et du nombre de repas pris au domicile) ».

On retiendra également un encadré consacré à la vie quotidienne des ruraux, exclue de l’analyse générale car le champ de l’enquête de 1974 ne portait que sur des ménages urbains. Sur la période 1983-2010, C. Brousse montre que les modes de vie des ruraux et des urbains ont « connu les mêmes transformations », même si le rythme en a été différent.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : Insee

11:01 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : insee, emploi du temps, modes de vie |  Imprimer | | | | |  Facebook

Retour sur 50 ans de consommation alimentaire

En octobre, l’Insee a publié une note, dans sa collection Insee Première, intitulée Cinquante ans de consommation alimentaire : une croissance modérée, mais de profonds changements. Mobilisant plusieurs sources, dont les comptes nationaux en base 2010 et l’enquête Budget des familles 2011, cette publication montre que, depuis 1960, la part de la dépense de consommation consacrée à l’alimentation par les ménages français diminue et est passée de 34,6 % à 20,4 % en 2014 (soit 232 milliards d’euros), en lien avec l’augmentation du niveau de vie moyen. Sur cette période, si la consommation en volume par habitant a augmenté de 1,1 % par an en moyenne, cette dynamique est deux fois moins rapide que celle des dépenses de consommation prises dans leur ensemble alors que les prix connaissent une évolution similaire à ceux de l’ensemble de la consommation.

En cinquante ans, la composition du panier alimentaire (ie la composition de la dépense alimentaire à domicile) a fortement évolué : recul régulier de la part de la viande, des fruits et légumes, des pains et céréales, et des boissons alcoolisées ; croissance des plats préparés, produits sucrés et boissons non alcoolisées (cf. graphique ci-dessous). La viande reste la principale dépense (20 % du panier), mais est en diminution depuis les années 1980 : ce recul « provient à la fois de volumes et de prix moins dynamiques que ceux des autres composantes », et les crises sanitaires « ont aussi affecté la consommation, mais dans une moindre mesure » (effets de report de la viande incriminée vers d’autres viandes).

Composition du panier alimentaire en 1960, 1990 et 2004

insee-panier.jpg

Source : Insee

Cette publication s’intéresse également à l’influence du prix et du pouvoir d’achat sur la composition du panier alimentaire, montrant notamment que l’« intensité de la réaction des ménages aux évolutions de prix dépend […] de l’aliment considéré ». Sont traités par ailleurs l’influence des recommandations sanitaires sur la consommation des ménages, l’évolution de la consommation de vins et celle des dépenses hors domicile (passées de 14 % en 1960 à 26 % en 2014, soit 59 milliards d’euros). Enfin, on y trouvera une analyse des liens entre caractéristiques socioéconomiques des ménages et dépenses alimentaires (budget, composition du panier, consommation hors domicile).

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : Insee

10:58 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : insee, consommation alimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/11/2015

L’EFSA apporte des données sur les risques potentiels liés à la production et à la consommation d’insectes

Suite à une saisine de la Commission européenne, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié le 8 octobre un rapport sur les risques éventuels liés à la production, à la transformation et à la consommation d’insectes en alimentations animale et humaine. Depuis quelques années, l’usage de produits à base d’insectes suscite un intérêt croissant (qualité des protéines, impact environnemental et économique, investissements moins lourds). Plus de 2000 espèces d’insectes ont été répertoriées comme comestibles et ce rapport identifie quatre insectes qui auraient un intérêt alimentaire particulier, en tant que source alternative de protéines : la mouche domestique, le grillon, le ver à soie et le ver de farine.

L’EFSA a évalué les risques biologiques, chimiques et allergiques pour le consommateur, ainsi que les risques environnementaux liés à la production. Parmi ses conclusions, l’Agence estime que les risques biologiques, par transmission par exemple de contaminants microbiens, sont possibles, du fait notamment de l’utilisation de protéines animales pour l’alimentation des insectes. Le rapport signale certaines lacunes sur les connaissances des risques chimiques, en particulier le fait que l’insecte peut véhiculer des substances provenant d’un autre substrat (sol par exemple). Le risque allergique est également signalé pour la consommation humaine d’insectes, mais aucun cas n’est cité chez l’animal, de compagnie ou de production. Les risques environnementaux sont liés aux besoins en eau et en énergie et à l’occupation des territoires des élevages d’insectes.

Les avis sont encore partagés sur le taux de conversion protéique de cette filière et son empreinte carbone, par rapport aux filières traditionnelles : l’EFSA cite deux études, l’une concluant à des constantes meilleures pour la production d’insecte (aux conditions de laboratoire), l’autre à des taux identiques (dans des conditions naturelles).

Signalons enfin que si l'entomophagie est pour l’instant sporadique sur le territoire européen, trois États membres ont déjà réalisé une analyse de risques : les Pays-Bas, la Belgique et la France (avis d’avril 2015 de l'Anses).

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : EFSA

10:51 Publié dans Alimentation et consommation, IAA, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : efsa, insectes |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/11/2015

Éclairages anthropologiques sur les patrimoines alimentaires enfantins

Le dernier numéro d’Anthropology of food, journal en ligne consacré aux sciences sociales de l’alimentation, s’intéresse aux patrimoines alimentaires enfantins, « déclinaison particulière des patrimoines matériels et immatériels peu étudiée dans une perspective anthropologique » : il s’agit là d’en analyser « sens, formes et fonctions » afin de « mieux comprendre les processus de construction et de transmission des identités enfantines ».

Le premier article, de Charles-Edouard de Suremain et Clarice Cohn, précise l’« ambition » de ce numéro, à savoir montrer que « l’alimentation ne peut être seulement appréhendée pour ce qu’elle véhicule en termes de modèles ou de normes », mais également en tant que vecteur (de la fabrication sociale de l’enfant), support (de la réappropriation du monde des adultes par l’enfant) et l’un des principaux outils du façonnement du monde propre à l’enfant. Suivent ensuite divers articles, issus de travaux conduits en France (milieux scolaire, familial, etc.), en Argentine, en Pologne et en Espagne.

Source : Anthropology of food

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10/11/2015

Les coûts médicaux liés à une consommation excessive de sucre, sel et graisses saturés estimés à 16,8 milliards d’euros en Allemagne

Dans un article publié récemment dans PLOS One, des chercheurs allemands évaluent les coûts qui auraient pu être directement évités, pour le système de santé allemand, dûs à des régimes alimentaires non équilibrés (notamment du fait de consommations excessives de sucre, sel et graisses saturées) et examinent plusieurs scénarios de réduction de ces consommations. Ces coûts ont été évalués, pour l’année 2008, à 16,8 milliards d’euros, soit 7 % des coûts totaux de traitement en Allemagne. Plus précisément, 8,6 milliards d’euros seraient liés à une consommation excessive en sucre, 8,6 milliards à celle en sel et 2,9 milliards à celle en graisses saturées).

Source : PLOS One

10:32 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : allemagne, sucre, sel, graisses |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/11/2015

Impact sur la santé du score nutritionnel de la FSA

Le 21 octobre, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) a repris sur son site des conclusions publiées par une équipe française dans Nutrition Clinique et Métabolisme sur l’« étiquetage nutritionnel simplifié », obtenues à partir de l’étude SU.VI.MAX, une enquête suivie pendant 13 ans sur l’alimentation de 6 400 personnes. Les chercheurs ont évalué le score nutritionnel des différents aliments, à partir du score proposé par la Food Standard Agency britannique (FSA-NPS - food standard agency nutrient profiling system), basé sur différents critères de composition, et en ont déduit la valeur nutritionnelle des aliments.

Les travaux ont permis de constater, parmi l’échantillon de personnes de la cohorte SU.VI.MAX ayant le score le plus élevé, une fréquence plus importante de surpoids, maladies métaboliques, mais également de cancers d’ordre digestif. Des précisions complémentaires sur l’impact nutritionnel de ces pathologies pourraient être apportées par l’étude NUTRINET, en cours d’analyse. Il serait toutefois opportun de prendre en compte, chez les sujets ayant développé des pathologies, l’existence ou non d’autres facteurs de risques potentiels.

Sources : InsermNutrition Clinique et Métabolisme

10:22 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : inserm, fsa, score nutritionnel |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/10/2015

Fondements théoriques de l’économie collaborative

L’IDDRI a récemment publié un Working Paper intitulé Comprendre l’économie collaborative et ses promesses à travers ses fondements théoriques. Au-delà de certaines plateformes connaissant succès et croissance exponentielle, le concept d’économie collaborative recouvre « une réalité immergée et méconnue, mais dont les mouvements impliquent de profondes transformations pour nos économies traditionnelles ». Il est porté par une pluralité d’acteurs et accompagné de diverses promesses économiques, sociales et environnementales. L’objectif de la publication est d’« identifier les champs théoriques centraux mobilisés par cette communauté d’acteurs et mobilisables pour penser les pratiques que ce concept recouvre ».

Reflets de différentes clefs de lecture et influences théoriques, de « nombreuses tentatives de définition » de ce concept ont été faites. Différentes typologies sont également proposées, notamment celle de Botsman et Rogers (2011) qui segmente l’économie collaborative en quatre domaines : consommation collaborative (dont l’alimentation et l’agriculture font partie via l’autoproduction alimentaire, les circuits courts, les coopératives de consommateurs, etc.), réparation et fabrication des objets, financement de projets, éducation et savoir.

Trois principales influences théoriques sont identifiées par les auteurs :

- l’économie du libre et du « peer to peer », avec le passage d’un consommateur passif à un « consomm’acteur » (« accès distribué et universel aux connaissances, aux compétences et aux ressources matérielles ») ;

- l’économie du don, les biens échangés ayant une valeur de lien (« échange symbolique basé sur le donner, recevoir et rendre »), rompant avec l’hégémonie de l’échange marchand ;

- l’économie de la fonctionnalité et circulaire, avec le passage d’une logique de propriété à une logique d’usage.

Pour les auteurs, l’analyse des promesses liées à chacun de ces cadres est nécessaire, en particulier pour les pouvoirs publics, que ce soit pour la conception de mesures d’accompagnement et d’incitation ou pour l’appréhension des revendications émergentes liées à ces pratiques, notamment en matière réglementaire et fiscale.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : IDDRI

 

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13/10/2015

Publication du CREDOC sur la restauration collective au travail

Daté d’août 2015, le n°277 de la collection Consommation et modes de vie du CREDOC s’intéresse à la restauration collective d’entreprise et d’administration. Représentant environ 20 % des déjeuners d’actifs et 15 % des repas servis en restauration collective (contre 41 % dans l’enseignement et 40 % dans le domaine du sanitaire et social), cette restauration est considérée comme à un « tournant » : « reconnue comme participant au bon équilibre alimentaire, caractéristique du modèle français », elle est « confrontée à la concurrence de la restauration commerciale » et « peine à maintenir une part de marché relativement faible ».

Cette note de synthèse s’appuie sur un Cahier de recherche du CREDOC de décembre 2014, La restauration collective au travail conforte le modèle alimentaire français. À partir d’éléments de l’enquête Comportements et consommations alimentaires en France de 2010 et d’entretiens auprès d’« usagers/clients », ces travaux avaient pour objectif de tester une hypothèse, déjà confirmée dans le cadre des cantines scolaires : la restauration collective au travail « favoriserait la diversité alimentaire et, plus largement, conforterait le modèle alimentaire ».

Parmi les résultats présentés dans la note de synthèse, il apparaît que la profession, le niveau de diplôme, la région et le lieu d’habitation sont corrélés avec la fréquentation de la cantine :

Proportion d’adultes actifs (18-65 ans) fréquentant au moins une fois par an la restauration collective selon la profession, le niveau de diplôme, la région et le lieu d’habitation (%)

credoc.jpg

Source : CREDOC (enquête CCAF 2013)

Par ailleurs, cette fréquentation « favorise la prise de repas structurés composés de davantage de plats qu’en d’autres occasions, de menus variés et diversifiés, plus équilibrés, où la gourmandise n’est pas absente ». Convivialité et synchronisation sont également des marqueurs importants. Plusieurs freins à la fréquentation de ce type de restauration sont toutefois identifiés (cadre peu dépaysant, bruit, files d’attente, monotonie des menus, etc.) et amènent le CREDOC à identifier l’élargissement de l’offre et la meilleure gestion des flux comme voies de progrès.

Peut enfin être souligné le rappel historique qui met en exergue un développement relativement récent de la restauration collective au travail, participant « d’une “séquence historique” de longue durée inspirée par la notion d’intérêt général », dans le contexte de Reconstruction d’après-guerre et de développement des relations entre partenaires sociaux.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : CREDOC

 

 

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Le digital et l’aliment : productivité et expérience de consommation

Le 6 octobre dernier, Christophe Benavent, professeur à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, donnait une conférence organisée par le Fonds Français pour l’Alimentation et la Santé (FFAS), sur le thème « Le digital et l’aliment : productivité et expérience de consommation ». Le FFAS a publié à cette occasion sa Lettre scientifique n°21, consacrée à ce sujet. L’auteur s’intéresse ici non pas à l’alimentation comme consommation, mais « au travail nécessaire pour l’accomplir » (idée d’un « consommateur-travailleur »). Il utilise « l’ensemble du cycle de production » (le « parcours client ») pour analyser le rôle des technologies de l’information (web social, big data, internet des objets) dans ce cadre. Il se penche également sur l’« expérience de consommation », pour formuler in fine des recommandations en matière de marketing. Nous ne retiendrons ici qu’une partie des éléments développés, denses en références théoriques et en exemples.

Quatre types de techniques sont distingués : techniques informatives (ex : plateformes de données relatives aux produits) ; techniques facilitant l’interaction sociale, le filtrage de l’information, la coordination des activités et la planification ; les boucles de feed back (objets connectés et plateformes associées) ; techniques productives (impression 3D, balances et tables de cuisson programmatique, etc.). Pour l’auteur, elles « s’articulent moins par des fonctions que par l’enracinement dans des moments particuliers du processus très général de la décision d’achat et de la consommation ».

Rappelant que l’alimentation est une pratique sociale, Ch. Benavent analyse également l’échec de projets de listes de courses électroniques, pourtant « dispositif clé d’une digitalisation des pratiques alimentaires ». Par ailleurs, en lien avec l’« expérience de consommation », le digital joue, pour l’auteur, un double rôle : il est source de consommations intermédiaires et fournit des « ingrédients symboliques » (cf. le riche écosystème des blogs culinaires et de santé) ; il coordonne toutes les activités induites par les pratiques et les usages alimentaires. C’est donc un « capital matériel qui permet des gains de productivité dans l’auto-production de l’expérience ».

In fine, l’auteur recommande d’adopter une approche nouvelle du marketing, les dispositifs numériques permettant d’agir non pas tant sur la décision individuelle que sur le collectif.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : FFAS

 

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Voir son steak comme un animal mort. Martin Gibert

gibert.jpg

Alors que, selon l’auteur, nous serions de plus en plus informés des dures conditions d’élevage et d’abattage des animaux, qu’un nombre croissant de personnes déclareraient être sensibles à leur bien-être et à leurs droits, que les découvertes de la science confirmeraient l’existence d’une certaine conscience animale, pourquoi continuons-nous à manger leur chair ? Pourquoi refuser de voir que ce steak, dans notre assiette, n’est que de l’animal mort ? Comment expliquer ce décalage entre nos convictions et nos actes, entre nos valeurs et notre appétit ? C’est ce “paradoxe de la viande”, phénomène de “dissonance cognitive”, que Gibert (défenseur du véganisme) essaie d’analyser en s’appuyant sur divers travaux de philosophie éthique, de psychologie morale et de psychologie sociale, ainsi que sur des comparaisons historiques, géographiques et culturelles.

L’ouvrage montre les limites de la cognition humaine face à la nourriture et les failles quotidiennes de la rationalité du mangeur. Il souligne les efforts que nous faisons pour mettre à distance et ne pas voir les souffrances infligées aux animaux. Ainsi, en les démentalisant et en les chosifiant, nous nous persuadons qu’ils ne souffrent pas pour continuer à les manger sans trop culpabiliser : on ne cuisine pas un poulet mais du poulet. Gibert décrit les croyances et alibis que nous mobilisons pour justifier nos comportements alimentaires, échapper à nos contradictions et persévérer dans nos habitudes. Il insiste par exemple sur ces '“omnivores consciencieux”' qui, en s’approvisionnent auprès de “petits éleveurs” bio ou locaux, se dédouanent de leur carnisme en prétendant consommer de la “viande heureuse”. Il démonte les ressorts de ce carnisme, normalité alimentaire inculquée dès l’enfance en famille et à l’école, puis renforcée par les messages de la publicité, des médias, des politiques publiques et des industries agro-alimentaires. Enfin, raisonnant sur l’évolution plus globale des sociétés, il rappelle que la domination masculine a pendant longtemps déterminé l’exploitation des animaux, des colonisés, des femmes et de la nature, et qu’il y a des intersections évidentes entre ces diverses formes de discrimination que sont le sexisme, le racisme, le classisme et le spécisme : '‘les vrais mâles préfèrent la viande’' et ''la masculinité continue de se construire du côté des barbecues'' (p 190).

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : LUX Editeur

 

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12/10/2015

Des repas scolaires plus longs permettent de meilleurs choix alimentaires

Mi-septembre, Food Navigator reprenait les résultats d’un article publié quelques jours plus tôt dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics. Les travaux présentés se sont appuyés sur des données collectées dans le cadre d’une étude sur les consommations alimentaires dans les écoles du Massachussets, entre 2011 et 2012 : les choix alimentaires et les consommations de 1 001 enfants, âgés de 8 à 14 ans, scolarisés dans 6 écoles ayant des repas scolaires à heures fixes et d’une durée de 20 à 30 minutes, ont été plus précisément analysés.

Les auteurs concluent à un lien clair entre temps disponible pour manger et choix et consommations alimentaires des élèves. Par exemple, les enfants ayant moins de 20 minutes pour manger choisissent à 44,4 % un fruit alors que ce taux est de 57,3 % pour ceux ayant au moins 25 minutes. Le temps disponible joue également sur les quantités consommées (et donc sur le gaspillage) : les élèves devant manger en moins de 20 minutes consomment, en quantité, 13 % de moins de leurs entrées que ceux disposant de 5 minutes supplémentaires, ce pourcentage étant de 12 % pour les légumes et de 10 % pour le lait. Les auteurs rappellent également que manger trop rapidement est associé à des réponses hormonales gastro-intestinales défavorables et à une satiété perçue après le repas diminuée, ce qui peut accroître le risque de surpoids.

Sources : Food Navigator, Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics

 

09:11 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : repas scolaires, élèves, etats-unis, nutrition |  Imprimer | | | | |  Facebook