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13/03/2015

« À table ! Alimentation et sciences sociales » (2)

Le site La vie des idées poursuit la publication, entamée en janvier dernier, d’une série de textes consacrés aux food studies (voir un précédent billet sur ce blog). A ainsi été mis en ligne le 4 février un article ("Le marché préfère les minces") de José Luis Moreno Pestaña, montrant comment certains statuts et occupations professionnelles peuvent imposer des pratiques alimentaires contraignantes aux individus. Prenant l’exemple des vendeuses dans les boutiques de mode, il souligne que les entreprises tentent de plus en plus de faire correspondre les apparences de leurs clientes avec celles de leurs employées, ces dernières se sentant obligées de remodeler leur corps par des régimes alimentaires. Au-delà de ce cas particulier, la généralisation de nouvelles normes esthétiques, dans beaucoup d’emplois en contact avec des clientèles, impose une transformation des pratiques corporelles des femmes, en particulier de celles issues des couches populaires. Plus généralement encore, l’article montre comment la société diffuse des modèles physiques dominants et désirables, qui commandent des rapports de plus en plus stricts, diététiques et moraux à l’alimentation. Loin des formes plurielles de beauté, le mangeur moderne – et surtout la mangeuse –, est sommé de correspondre au type idéal de la minceur, de médicaliser son alimentation et de se sentir coupable si son corps ne lui obéit pas.

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Mis en ligne le 13 février, un deuxième article ("Les ouvriers, pionniers de la malbouffe ?"), de Stéphane Gacon, analyse l’ouvrage de Katherine Leonard Turner (How the Other Half Ate: A History of Working Class Meals at the Turn of the Century, 2014). Turner y pose la question suivante : comment les couches populaires ont-elles vécu le passage de l’alimentation rurale à l’alimentation industrielle dans les États-Unis des années 1880-1930 ? Considérant que cette période est celle du passage vers le "prêt-à-manger", elle propose une histoire sociale des classes laborieuses, les premières selon elle à avoir été touchées par ce processus d’industrialisation, les couches moyennes étant restées plus longtemps attachées au modèle de l’alimentation au foyer. Sa démonstration replace les comportements alimentaires au cœur d’une étude générale de l’évolution de l’ensemble des modes de vie américains : affirmation du rôle des femmes, consommation de masse, persistance de fortes fractures ethniques, urbanisation, nouvel agencement des habitations, etc. Ce faisant, elle montre bien comment les structures collectives profondes façonnent nos choix alimentaires individuels, mais aussi comment la modification des habitudes alimentaires est un bon révélateur des mutations économiques et sociales.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Source : La vie des idées, La vie des idées

 

 

 

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Y a-t-il toujours un modèle alimentaire français ? Résultats d’une étude en région parisienne

Une équipe de chercheurs français vient de publier dans la revue PloS ONE, début mars, un article consacré à l’analyse du modèle alimentaire français à partir des données de la cohorte Santé, Inégalités et Ruptures Sociales (SIRS – étude représentative de la population adulte de la région parisienne, parlant français, conduite depuis 2005). La vague 2010 de cette cohorte a permis de renseigner différentes variables associées aux moments alimentaires de près de 3 000 individus : nombre de repas par jour, durée, lieu, avec qui ils sont pris, activités associées.

En introduction, les auteurs rappellent que le temps du repas reste un moment important, la majorité des Français suivant le modèle des trois repas par jour. Toutefois, des évolutions récentes ont été détectées : diminution de la fréquence du petit-déjeuner, augmentation de la proportion de repas pris seul, simplification du contenu des repas. Les auteurs rappellent également l’intérêt de ce modèle alimentaire en matière de santé et de lien social.

L’analyse des données de la cohorte SIRS a conduit les auteurs à identifier cinq types. Les trois premiers suivent le modèle des trois repas par jour, avec des différences de lieux et d’interactions sociales, liées principalement aux contraintes de temps et à l’âge. Les individus du premier type (prévalence de 33 % dans la population étudiée) prennent leurs repas le plus souvent à l’extérieur (lieu de travail ou restaurant, avec des collègues ou des amis), ceux du second type (17 %) à la maison et seuls, et ceux du troisième type (24 %) à la maison et en famille.

Le quatrième type (13 %) correspond à des personnes consommant un à deux repas par jour, de façon irrégulière, à la maison et devant la télévision. Souvent sans emploi et avec des revenus faibles, ces personnes ne prennent pas de petit-déjeuner, consomment plus de snacking et adhèrent faiblement aux recommandations nutritionnelles, ce qui amène les auteurs à suggérer que ce comportement pourrait avoir des conséquences en matière de santé. Le cinquième type (12 %) regroupe des individus prenant deux repas ou moins par jour, souvent à l’extérieur et en commun : ce sont là des personnes plutôt actives, intégrées, jeunes, ce type étant, pour les auteurs, adapté à un mode de vie urbain moderne. Toutefois, la conclusion de l’article souligne que seule une recherche longitudinale pourrait montrer si ce comportement générationnel évoluera vers un modèle plus traditionnel avec l’avancée en âge, la construction d’une famille ou l’arrivée d’enfants.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : PloS ONE

10:04 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : modèle alimentaire français |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/03/2015

Le rôle de la nutrition dans la santé mentale

Selon une étude publiée en mars 2015 dans la revue The Lancet et réalisée par des chercheurs des universités australiennes de Melbourne et de Deakin, le mode de nutrition fait partie des facteurs pouvant induire des troubles mentaux chez l’individu. En psychiatrie, l’équilibre nutritionnel jouerait un rôle comparable à celui qu’il a en cardiologie, endocrinologie ou gastro-entérologie. Des associations ont ainsi été notées entre des habitudes alimentaires saines et une prévalence réduite des risques de dépression et de suicide à différents groupes d’âge. Diverses études cliniques ont démontré le rôle protecteur de certains nutriments, tels les acides gras oméga 3, le zinc, les vitamines des groupes B et D. Par exemple, chez le jeune, des carences nutritionnelles importantes durant les périodes critiques du développement peuvent engendrer le développement de troubles dépressifs et psychotiques.

Ces données soulignent l’importance de l’amélioration du régime alimentaire comme moyen de prévenir l’incidence initiale de certains troubles mentaux courants. Les auteurs conseillent ainsi aux cliniciens une prise en compte plus importante de l’équilibre nutritionnel dans l’éventail des traitements contre les troubles de la santé mentale.

Source : The Lancet

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02/03/2015

Quels atouts, obstacles et enjeux à la consommation de viande par les seniors ?

Le Centre d’information des viandes (CIV) a publié en début d’année le rapport d’une étude exploratoire conduite par l’Institut technique agro-industriel des filières viande (ADIV), intitulée Quels atouts, obstacles et enjeux à la consommation de viande par les seniors ?. Un dossier du CIV de 2012 avait mis en lumière les relations, à double sens, entre faiblesse de la consommation de viandes et produits carnés et différents symptômes ou affections liés à la sarcopénie (diminution progressive de la masse musculaire) chez les personnes âgées. Cette étude s’inscrit dans la continuité, en cherchant à comprendre dans quelles mesures les pratiques de ces personnes et des acteurs impliqués dans le circuit de consommation, peuvent conforter ou freiner l’essor de cette affection.

Cinq voies de consommation de viande ont été identifiées, en fonction du degré d’autonomie ou de dépendance des seniors, ainsi que la configuration des acteurs impliqués. Ces éléments amènent les auteurs à poser comme enjeu sociétal majeur l’adéquation de l’offre alimentaire (dont une offre « viande ») aux particularismes de consommation et aux besoins de ce groupe d’âge en développement. Ce travail pourrait être prolongé par l’étude des perceptions et attentes des individus visés.

Source : CIV

09:11 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : viande, civ, sarcopénie, seniors |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/02/2015

« À table ! Alimentation et sciences sociales »

Le site La vie des idées a entamé le 27 janvier la publication d'une série de textes voués aux food studies, selon le terme consacré à l'échelle internationale. Partant du constat que les questions alimentaires sont au cœur de nombreux phénomènes de société (émissions de télévision, sites Internet, exigences diététiques, mouvements associatifs, etc.), mais beaucoup moins présentes et visibles dans les travaux des sciences sociales, les deux maîtres d’œuvre du dossier, Thomas Grillot et Nicolas Larchet, entendent réunir des textes présentant diverses « manières de voir et de faire des sciences sociales de l'alimentation ». Les manuscrits publiés porteront sur des problèmes et des terrains de recherche variés, et le parti pris est non pas une fois de plus de se focaliser sur les pratiques « nobles » et « dominantes », mais au contraire de s'intéresser à l'expérience des « gens ordinaires », dans ses dimensions à la fois diététiques, esthétiques et politiques.

Le premier texte publié, de Claude Grignon, traite des conditions d'élaboration et d'application des normes diététiques, en particulier celles concernant l'obésité. Il commence par décrire les biais intervenant dans les controverses scientifiques et les débats publics autour de ces normes : sociologisme, psychologisme, préjugés sur la standardisation et l'uniformisation de l'alimentation, biais idéologiques et politiques, etc. Il montre ensuite comment les normes de surpoids et d'obésité se construisent, dans l'espace et dans le temps, en fonction des caractéristiques et des intérêts des groupes qui les conçoivent et les imposent. Il insiste sur le fait qu'au-delà des considérations sanitaires, l'obésité est aussi réprouvée « pour des raisons esthétiques » (elle paraît laide selon les critères de beauté dominants) et pour des raisons morales (les obèses sont directement responsables car ils mangent trop et trop mal). En fin d'article, Grignon critique les présupposés de la corporation des sociologues, pour qui normes et conventions sont de pures constructions sociales, alors qu'elles dépendent aussi des réalités matérielles, de déterminismes sociaux et de décomptes statistiques. Ce faisant, contre le relativisme absolu qui domine trop souvent, il plaide pour un relativisme quantifié et objectivé.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Source : La vie des idées, La vie des idées

10:50 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : food studies |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/02/2015

Un rapport de l'EFSA dresse un bilan des risques liés à la consommation de lait cru

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié le 13 janvier 2015 le rapport de l’un de ses groupes d'experts (Panel on Biological Hazards), dressant un bilan des risques pour la santé humaine imputables à la consommation de lait cru (i.e. qui n'a pas été chauffé à plus de 40°C et n'a pas subi de traitement ayant un effet équivalent).

Les modalités de commercialisation de ce produit font l'objet de réglementations diverses : par exemple, la vente directe de lait cru de vache est interdite en Espagne, Pologne, Norvège, et certains pays tiers interdisent totalement sa commercialisation (Australie, Canada). Pour des raisons techniques de maintien de la chaîne du froid, la vente se fait le plus souvent en circuit court (directement à la ferme ou en commerce avoisinant). En France les distributeurs ou sites de vente sur Internet mentionnés par l'EFSA se rapportent également à des circuits de proximité (rayon de diffusion souvent faible). Les consommateurs de lait cru sont fréquemment des personnes vivant, de manière permanente ou temporaire, en milieu rural ; l'approvisionnement en milieu urbain, assez difficile, ne peut toucher qu'un public restreint.

Le risque alimentaire lié au lait cru peut être dû à une flore bactérienne très diverse incluant notamment des germes pathogènes (Campylobacter, Salmonella, Listeria, Mycobactérium tuberculosis, Brucella, Escherichia coli productrices deshigatoxines). Le lait cru peut être contaminé à différents niveaux : in vivo (pathologie de l'animal), lors de la traite (mammites, contaminations fécales), pendant le transport et la commercialisation (mauvaise hygiène de collecte et rupture de la chaîne du froid). Sur la période 2007-2012, l'Agence rapporte 27 foyers d'intoxications alimentaires associées au lait cru en Europe, soit un pourcentage très faible du nombre total d'intoxications alimentaires collectives (5363 en 2012, selon un rapport 2014 de l'EFSA et de l'European Center for Disease Prevention and Control).

Schéma représentant les sources potentielles de contamination à la ferme

efsa-lait-cru.jpg

Source : EFSA

Au terme de ce rapport, si le lait cru est une denrée sensible à consommer avec certaines précautions, il aurait été intéressant que l'Agence approfondisse également les effets positifs potentiels de cette consommation pour l’homme, qui ont fait l’objet de diverses publications scientifiques (par exemple un effet protecteur contre le développement d’allergies et d'asthme chez l’enfant).

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : EFSA

 

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04/02/2015

L’EUFIC publie son Global Update on Nutrition Labelling

En janvier, l’European Food Information Council a publié son Global Update on Nutrition Labelling. Le résumé reprend les principaux points de cet état des lieux mondial, et rappelle notamment que l’étiquetage nutritionnel, le plus souvent apposé sur des produits préemballés et des boissons, présente une grande diversité, par le type et le nombre de nutriments étiquetés, les valeurs de référence utilisées, l’étiquetage en face avant ou face arrière du produit, ou encore d’éventuels conseils d’interprétation. L’étiquetage nutritionnel, qu’il soit obligatoire ou volontaire, est considéré dans de nombreux pays comme un moyen important de promotion d’habitudes alimentaires saines. La carte ci-dessous montre la répartition de ces deux approches à l’échelle mondiale, sachant que de plus en plus de pays adoptent une approche obligatoire.

Vue d’ensemble de l’étiquetage nutritionnel volontaire ou obligatoire en 2014

 

nutrition-labelling-2014-Eufic.jpg

nutrition-labelling-legende-Eufic.jpg

Source : EUFIC

Parmi les autres informations présentées par l’EUFIC, des pistes de recherche concernant les comportements des consommateurs sont identifiées, que les travaux envisagés portent sur l’utilisation à long terme de cette information par les consommateurs pour des choix alimentaires plus sains, sur le degré d’uniformisation des formats d’étiquetage, ou encore sur l’intérêt d’un étiquetage allant au-delà des produits pré-emballés (menus des restaurants par exemple).

Source : EUFIC

 

10:33 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : étiquetage nutritionnel |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/02/2015

Deux fondations lancent début janvier des appels à projets sur l’alimentation

Fin janvier, la Fondation Daniel et Nina Carasso a ouvert l’édition 2015 des appels à projets « L’Alimentation pour lutter contre l’exclusion » et « Filières Halieutiques Durables ». Après des éditions en 2013 et 2014, le premier appel porte sur trois thèmes : l’alimentation des populations démunies, l’alimentation pour favoriser l’insertion économique et l’alimentation pour lutter contre l’isolement social.

Début janvier, la Fondation Nestlé France a lancé son sixième Appel à projets de recherche qui, pour le cycle 2015-2017, porte sur les thématiques « Cultures alimentaires et comportements alimentaires – Conditions d’émergence, d’évolution et de transmission ». Plus particulièrement, seront explorés les déterminants des systèmes symboliques et les contraintes qui s’exercent sur les usages et pratiques, ainsi que les interactions entre ces contraintes. Pourront être traitées les circulations sociales et géographiques des cultures alimentaires en France et hors de France, ainsi que les relations entre positions sociales, genre et cultures alimentaires.

Sources : Fondation Daniel et Nina Carasso, Fondation Nestlé France

 

 

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16/01/2015

Les conduites alimentaires au prisme de la comparaison transnationale

La revue Anthropology of food consacre un numéro spécial à l’analyse comparée des conduites alimentaires. Sont à la fois visées les pratiques alimentaires elles-mêmes et les catégories qui permettent d’ordonner ces pratiques.

De façon générale, les sources disponibles pour mener des analyses comparatives sont à manier avec précaution. Dans l'article consacré à ces sources d’information, Mette Renta souligne « la rareté des investigations nutritionnelles et de l'information sociologiquement pertinente : il n'y a pas, actuellement, de données harmonisées sur la consommation alimentaire au niveau de l'UE ». De façon convergente, Anne Lhuissier s’intéresse aux enquêtes publiques sur l’alimentation hors domicile (eating out) en France et au Royaume-Uni, sur la période 1940-2010. Elle montre que les conventions statistiques sont dans les deux pays, et de longue date, bien différentes. Alors que les enquêtes statistiques de l’Insee s’intéressent principalement aux problématiques de prix et de budget des ménages, d’une part, et aux lieux où l’on prend ses repas d’autre part, les enquêtes britanniques, elles, sont plutôt soucieuses de décrire le détail des types d’alimentation et la nature des apports nutritionnels, en associant dès le début des spécialistes de la santé (hygiene).

Plus loin dans le numéro, Isabelle Darmon et Alan Warde s’intéressent aux « arrangements culinaires » et à l’alignement des régimes alimentaires dans les couples bi-nationaux français-anglais. Ils mettent en évidence le rôle des stéréotypes nationaux dans ces arrangements autour de la bonne diététique. « Le désordre et les ruptures font partie intégrante » des pratiques culinaires et alimentaires françaises – ce qui renvoie à un certain stéréotype hédoniste. À l’opposé, les Britanniques déploient beaucoup d’efforts pour « calculer et équilibrer les différentes fonctions assignées à l’alimentation ».

Ce type d’approche, plus « qualitatif », est également mis en œuvre dans un intéressant article sur le déclin de la préparation des repas à la maison. À partir d’une comparaison entre le Royaume-Uni et Taïwan, Miriam A. Glucksmann met en évidence, au-delà des thèses binaires sur la convergence ou la divergence des conduites alimentaire sous la pression de la mondialisation, qu’il n’y a sans doute pas « de trajectoire ou de temporalité de changement unique ».

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : Anthropology of food

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15/01/2015

L’attachement des Français au Made in France

À la demande de la Direction Générale des Entreprises (DGE), le CREDOC a réalisé une étude sur l’attachement des Français au Made in France, publiée en novembre dernier. Réalisée en face à face auprès d’un échantillon représentatif de la population française, entre décembre 2013 et janvier 2014, cette enquête visait à analyser les opinions et attitudes en matière d’achats de produits industriels, afin d’évaluer l’attachement à l’origine française de fabrication des produits. Elle fait suite à plusieurs travaux similaires conduits par le CREDOC depuis 1997.

De manière générale, il ressort qu’« un consommateur sur deux déclare privilégier les produits français » et que, malgré la crise économique, plus de trois sur cinq se disent prêts à payer plus cher les produits manufacturés en France. Ce consentement est en augmentation depuis quinze ans, mais est toutefois devenu « une question de revenus ». Les résultats font également apparaître différents profils : les partisans du Made in France (plutôt âgés, peu ou pas diplômés, plus présents en zone rurale, etc.), ceux qui privilégient la production européenne (sur-représentés chez les cadres, les diplômés et les hauts revenus) et ceux qui sont indifférents au pays de fabrication (plutôt jeunes, étudiants et sans enfants).

Cette enquête fait apparaître la place particulière des produits alimentaires puisque plus de 55 % des personnes interrogées les citent comme le principal type de produit industriel pour lequel elles privilégient un produit fabriqué en France :

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Le CREDOC identifie plusieurs facteurs pouvant expliquer ce résultat : un étiquetage des produits alimentaires qui permet de repérer facilement leur origine, une certaine assurance quant à la qualité sanitaire des produits et une « forme de fierté pour la qualité des produits gastronomiques français ». Pourrait également entrer en jeu le fait que l’effort financier est moindre pour l’achat de produits alimentaires français qu’il ne l’est pour les autres produits listés.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : CREDOC

 

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12/01/2015

Les influences du régime alimentaire sur la diversité du microbiote humain

Une étude réalisée par une équipe de recherche de l'université du Colorado et publiée en décembre 2014 dans le British Journal of Nutrition révèle les importantes variations constatées dans la composition du microbiote humain en fonction de différents facteurs, dont principalement le type d'alimentation.

L'intestin humain héberge environ 100 000 milliards de bactéries, formant un système écologique complexe qui interagit avec l'hôte et des facteurs exogènes. Peu abondant chez le nouveau-né, le microbiote se développe en grande partie au cours des trois premières années, atteignant alors une composition proche de celle de l’adulte. Plusieurs facteurs influencent ce développement parmi lesquels les modalités de naissance (voie naturelle ou césarienne) et le type d'alimentation reçue lors du premier âge (allaitement maternel ou biberon de lait infantile). La population bactérienne intestinale évolue ensuite au cours de la vie : les personnes âgées hébergent en effet un microbiote sensiblement différent de celui des adultes plus jeunes.

Jusqu’à présent, la plupart des données sur la flore intestinale humaine concernaient les populations occidentales (Europe, États-Unis, Canada), et cette étude fait un bilan sur des recherches associées à des populations non-occidentales, japonaise, burkinabé et vénézuélienne notamment. Des caractéristiques spécifiques des types bactériens composant le microbiote ont été constatées, ces différences étant imputables à l'environnement, aux modes de vie et aux types d'alimentation. Ainsi, les contacts rapprochés avec des animaux sont un des facteurs de spécificité, par les échanges de bactéries commensales qu'ils provoquent. Toutefois, le facteur clé est le type de régime alimentaire : par exemple, un régime riche en fibres induit la présence du germe prevotella dans le microbiote, tandis qu'un régime riche en graisses et protéines va privilégier celle de bacteroides.

En termes de perspectives, une meilleure compréhension de la variabilité du microbiote en fonction notamment de l’origine ethnique, de l’âge ou du type d'alimentation permettra d’apporter des connaissances sur le fait que certaines populations sont plus fréquemment affectées par des pathologies de type diabète ou obésité. Il y a là également une piste pour faciliter le traitement de ces pathologies.

On peut enfin signaler que, au niveau français, l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) a entrepris, en collaboration avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et l'université d’Évry, des recherches sur le microbiote humain et en particulier le génome de certaines bactéries.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : British Journal of Nutrition

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09/01/2015

Alléger l’empreinte environnementale de la consommation des Français en 2030

Fin novembre 2014, l’ADEME a publié le quatrième volet de ses travaux de prospective initiés en 2012 pour proposer une vision à long terme du système énergétique français (voir sur ce blog les billets consacrés aux premier et troisième volets de cet exercice), en présentant un scénario pour « alléger l’empreinte environnementale de la consommation des Français en 2030 ». Une analyse de l’impact environnemental et climatique, à l’horizon 2030, des tendances de consommation actuelles a permis d’identifier les modifications des modes de production et de consommation nécessaires : une réduction de 17 % de l’empreinte carbone totale serait possible en 2030 (par rapport à 2007) « en appliquant des hypothèses ambitieuses mais réalistes de réduction des consommations d’énergie dans l’habitat et les transports, d’éco-conception des produits, de réduction des gaspillages, de modification de nos modes de consommation ».

Décliné par thématiques de consommation, le scénario 2030 traite en particulier de l’alimentation. Plusieurs orientations sont identifiées pour une alimentation à « empreinte environnementale allégée » :

- « rééquilibrer les régimes alimentaires pour faire converger enjeux de santé et enjeux environnementaux » : réduction de la consommation de viande (-10 % en moyenne par personne), augmentation de celle de céréales, baisse de celle de boissons embouteillées, adoption de « régimes alimentaires plus calés sur les produits saisonniers » ;

- « réduire drastiquement le gaspillage alimentaire », de 60 % sur l’ensemble de la chaîne ;

- « améliorer les pratiques agricoles et développer l’écoconception dans les industries agro-alimentaires ».

L’impact du régime alimentaire français moyen (hors boissons) passerait alors de 3,5 kg EQ CO2/jour en 2007 à 2,9 en 2030 :

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L’ADEME souligne que différents leviers doivent être activés pour faire évoluer les comportements alimentaires : stratégies d’information et de prévention en nutrition ciblées sur certaines populations ou sur certaines périodes de la vie plus propices au changement, amélioration du niveau de connaissance de la population sur l’alimentation et ses enjeux, mobilisation simultanée de tous les acteurs concernés.

In fine, l’ADEME propose des perspectives générales pour aller vers une maîtrise de l’empreinte environnementale d’ici 2030, présentéesdans le schéma ci-dessous :

Diffusion des changements au sein de la société

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Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : ADEME

 

 

 

15:56 Publié dans 1. Prospective, Alimentation et consommation, Environnement | Lien permanent | Tags : ademe |  Imprimer | | | | |  Facebook

La Commission européenne publie un rapport sur les priorités de recherche en alimentation à 2050

Fin 2014, la Commission européenne a publié le résultat d’un travail prospectif intitulé Tomorrow’s Healthy Society – Research Priorities for Foods and Diets. Conduit par le Joint Research Center (JRC) à la demande de la Direction générale de la recherche et de l’innovation, ce travail a pour objectif d’appuyer la mise en œuvre d’Horizon 2020. Centrée sur le consommateur européen et s’appuyant sur les facteurs influençant les habitudes alimentaires, cette démarche participative a conduit à l’élaboration de quatre scénarios décrivant la situation de l’Union européenne en 2050. En a découlé l’identification de priorités de recherche.

Pour appuyer la construction des scénarios, une carte de la consommation alimentaire a été établie sur la base notamment d’une revue de la littérature. Quatre facteurs majeurs influençant directement cette consommation, et de fait la santé du consommateur, sont mis en évidence : la régulation physiologique de l’appétit, les choix alimentaires, l’offre alimentaire et l’accessibilité aux produits. Gouvernance et innovation sont identifiées comme des facteurs transversaux.

Centrés sur l’Union européenne et le consommateur, les quatre scénarios exploratoires ont été construits à partir de deux axes principaux, le prix des produits agricoles (faible ou élevé) et les valeurs sociétales (société individualiste ou esprit communautaire fort) :

  1. « Healthy new world » (caractérisé notamment par des efforts importants de prévention des maladies),

  2. « Heal the world » (une chaîne alimentaire européenne plus durable sur le plan environnemental),

  3. « Eat to live » (des inégalités significativement accrues),

  4. « Me, myself and I » (des progrès technologiques).

Ces scénarios ont été ensuite utilisés pour identifier des priorités de recherche pour des régimes alimentaires sains à l’horizon 2015, avec quatre enjeux déclinés en dix thématiques :

Les quatre enjeux et les dix priorités de recherche identifiés

priorites-JRC.jpg

Source : JRC

Le JRC souligne enfin la nécessité d’une approche holistique et interdisciplinaire, reflétant une vision systémique des enjeux sociétaux et des opportunités.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : Joint Research Center

 

15:53 Publié dans 1. Prospective, Alimentation et consommation, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : jrc |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/01/2015

Australie – L’association caritative Foodbank publie son rapport annuel

Foodbank, première association d’aide alimentaire australienne, vient de publier son rapport annuel Foodbank Hunger Report 2014. En 2014, Foodbank a apporté chaque mois une aide alimentaire à 516 000 Australiens (dont 35 % d’enfants), sachant que 60 000 personnes (dont 40 % d’enfants) n’ont pu être aidées, notamment par manque de produits alimentaires. La demande d’aide alimentaire a augmenté de 8 % en 2014, ce qui a été constaté par plus de 60 % des 2 500 points de distribution.

L’activité de Foodbank et de ses partenaires dépasse la seule distribution de nourriture et la « valeur sociale » de cette activité a été chiffrée, par une étude conduite en 2012, à 571 millions de dollars par an. La valeur sociale, économique et environnementale créée par kilogramme de nourriture distribuée est ainsi de 23 dollars.

Source : Foodbank

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12/12/2014

État des lieux des pratiques collaboratives en France

Dans le cadre de la cinquième vague de l’Observatoire des modes de vie et de consommation des Français, Ipsos a réalisé à l’été 2014, pour l’Ademe et via une enquête en ligne, un état des lieux du monde de l’économie collaborative, centré sur les pratiques et leurs motivations, dont la synthèse vient d’être publiée.

Ces pratiques sont pour la plupart minoritaires et souvent portées par un profil assez homogène de population (jeunes actifs, de 25 à 44 ans, plus diplômés, de catégories socio-professionnelles plus élevées que la moyenne), sans toutefois que ce « profil-type » soit complètement uniforme. L’étude des moteurs des pratiques collaboratives fait apparaître que l’intérêt individuel tend à prévaloir (intérêt financier, raisons d’ordre pratique, aspects durables et environnementaux) sur les motivations collectives. La motivation éthique, le lien humain et l’effet de mode sont plus secondaires.

Dans ce panorama, les systèmes de type AMAP / La Ruche qui dit Oui ! se distinguent. S’ils font partie des pratiques « minoritaires » (ils ne sont pratiqués que par 9 % des Français), ils se caractérisent par des motivations déclarées différentes des autres pratiques. En effet, les motivations liées aux aspects durables, éthiques et humains sont très présentes, arrivant à la suite de la première motivation citée, «  faire les choses directement, sans intermédiaire » (62 %).

Motivations exprimées pour l’adhésion à un système d’achat de type AMAP / La Ruche qui dit Oui

pratiques-collaboratives.jpg

Source : Ipsos, ADEME

Par ailleurs, l’adhésion à ce type de dispositifs aurait modifié « de manière substantielle les comportements des consommateurs » : plus de 89 % déclarent manger plus de produits frais, 57 % se déplacer moins pour faire leurs courses, 45 % manger moins de produits à base de viande.

Enfin, de manière générale, la plupart des pratiques collaboratives étudiées auraient un « fort » potentiel de développement : un tiers à la moitié des Français qui ne les suivent pas se disent intéressés pour le faire (49 % dans le cas des systèmes de type AMAP) et, depuis 2012, si le nombre de Français adoptant ces pratiques a peu évolué, l’intérêt porté à la plupart d’entre elles a lui augmenté, à un rythme similaire quel que soit le niveau de diplôme. Confiance, pédagogie et offre (développement, accessibilité) sont les trois enjeux identifiés pour ce développement.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : ADEME

 

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