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08/11/2019

Panorama de la consommation végétarienne dans quatre pays européens

En octobre 2019 ont été publiés les résultats d'un travail du Crédoc sur la consommation végétarienne en Europe. Ils s'appuient en particulier sur une enquête en ligne réalisée auprès d'échantillons représentatifs des populations de quatre pays : Allemagne, Espagne, France et Royaume-Uni. Il apparaît que, en moyenne, 5,6 % des interrogés se déclarent végétariens, végétaliens ou véganes (8 % au Royaume-Uni, 2,8 % en Espagne). Les auteurs mettent en évidence un décalage entre identité et pratiques, insistant sur un « continuum » de profils : moins de 4 % de la population déclarent éviter les produits carnés, et moins de 1 % tout produit d'origine animale. Par ailleurs, ces pratiques s'inscrivent dans un contexte plus large d'évolution des comportements : par rapport à 2017, 50 % des Français interrogés, 42 % des Allemands, 41 % des Espagnols et 36 % des Britanniques ont diminué leurs consommations de viande. Enfin, l'étude apporte des éléments détaillés sur les caractéristiques des individus (les végétariens-véganes étant plutôt jeunes, cadres et urbains) et leurs motivations (la santé venant en première position).

Motivations de la faible consommation ou de la non-consommation de viande (cumul des quatre pays)

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Source : FranceAgriMer

Source : FranceAgriMer

09:29 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : végétarisme, royaume-uni, espagne, allemagne |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/07/2019

L'identité sociale, moteur déclaré du végétarisme

Un article publié fin mai 2019 dans Appetite analyse les liens entre les raisons conduisant à l'adoption d'un régime végétarien et les comportements sociaux et alimentaires qui en découlent. Complétant certaines des motivations bien connues du végétarisme (défense de la cause animale, écologie, santé, religion), les auteurs insistent sur un cinquième moteur  : l'identité sociale, définie comme « le désir d'un individu de s'identifier à un groupe social, à cause notamment d'une aura positive qu'il attribue au groupe et donc des bénéfices induits pour son estime de soi ».

L'étude se fonde sur un questionnaire en ligne complété par 380 personnes qui se déclarent végétariennes ou vegan (majoritairement des femmes, originaires du monde anglo-saxon). L'analyse mesure la probabilité, en fonction des types de raison qui motivent le régime végétarien, que les individus adoptent une série de comportements spécifiques (liens au groupe social, estime de soi, diffusion des choix, rigidité du régime, etc.).

Cinq motivations du régime végétarien et leurs conséquences sur les comportements individuels

Vegetarisme.jpg

Source : Appetite

Lecture : les flèches pleines représentent des corrélations positives fortes, les flèches en pointillé des corrélations négatives fortes. Chaque comportement individuel est mesuré par une série de questions dans l'enquête.

- ingroup bias : perception positive du groupe social des végétariens par les enquêtés ;

- outgroup perception : manière dont les enquêtés pensent être perçus par les non-végétariens ;

- vegetarian-based collective self esteem : importance de l'appartenance au groupe « végétarien » dans l'estime de soi des individus ;

- dislike hypocrital vegetarian : rejet par les enquêtés des individus dérogeant aux règles végétariennes ;

- dietary restrictiveness : caractère restrictif déclaré du régime ;

- cheating on restrictions : consommation par les individus, dans certaines situations, d'aliments interdits ;

- disclosure of vegetarian identity to others : expression de son identité végétarienne auprès des autres (amis, collègues, famille etc.) ;

- word-of-mouth evangelizing : efforts pour faire adopter aux autres le régime végétarien.

L'étude montre que le « désir de s'affirmer végétarien » est un moteur en soi de l'adoption d'un tel régime. Néanmoins, ce moteur est le moins conscientisé par les individus.

Les auteurs montrent aussi que le moteur « identité sociale » est lié à une plus forte estime de soi et à une moindre rigueur dans le suivi du régime végétarien, en fonction par exemple du contexte de consommation des produits. Enfin, les auteurs postulent que l'importance de ce moteur se renforce au cours du temps : plutôt faible par rapport aux autres motivations (éthiques, environnementales, santé) au moment de l'adoption du végétarisme, l'identité sociale, notamment par ses liens au collectif, gagnerait en importance une fois le régime bien installé.

Hélène Milet, Centre d'études et de prospective

Sources : Appetite

13:50 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : végétarisme, veganisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/07/2019

La viande détrônée par les produits alternatifs et la viande de synthèse à l’horizon 2040 ?

Le cabinet A.T. Kearney publie une étude prospective sur les conséquences, à 2040, du développement de produits alternatifs sur le marché et la production mondiale de viande conventionnelle : produits vegan et végétariens protéinés classiques, à base d’insectes, imitant la viande, et viande de laboratoire. Malgré des incertitudes concernant les méthodes utilisées, les auteurs avancent quelques pistes prospectives intéressantes.

Le développement de produits alternatifs, imitant les goûts et textures de la viande, bénéficie d’investissements massifs (900 millions de dollars en 2018) et, en parallèle, la viande de laboratoire connaît aussi un engouement important (50 millions d’euros investis en 2018), mais sans commercialisation pour l’instant. Selon les auteurs, ces produits pourraient convaincre de nouveaux consommateurs ne s’identifiant pas au végétarisme et au veganisme, et, ainsi, prendre des parts de marché à la viande classique. Considérant que les modes de production traditionnels ne pourront répondre aux défis écologiques et à la demande croissante (+3 % par an projetés d’ici 2040), ils comparent, sur la base de huit critères, les types de produits et aboutissent aux conclusions suivantes : si les alternatives à la viande peuvent gagner des parts de marché importantes dans les années à venir, c’est la viande de laboratoire qui, à terme, connaîtra la plus forte croissance, rivalisant presque avec la viande traditionnelle en 2040.

Projections de la consommation globale de viande en 2040 (milliards de $)

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Source : A.T. Kearney

Source : A.T. Kearney

05/11/2018

L'expérience alimentaire. Manger et rester sain d'esprit, Stanislas Kraland

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Ce livre grand public, au style vivant, relate le vécu d'un jeune consommateur urbain déconnecté du monde rural et confronté au dilemme de se nourrir en satisfaisant à la fois aux critères éthiques, nutritionnels, environnementaux, sanitaires et gustatifs. Découvrant certaines réalités de l'élevage et de l'abattage, l'auteur, malgré un goût marqué pour la viande, devient végétarien, puis végétalien. Après une phase de comportements orthorexiques et autocentrés, dus en grande partie à la monotonie de ses rations et à un certain isolement social, il adopte un régime plus souple, alternant végétarisme et régime omnivore (non sans une certaine culpabilité).

Source : Éditions Grasset

08:32 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : viande, végétarisme, régime alimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/06/2018

Rencontres François Rabelais 2017 : diffusion des enregistrements vidéos sur Youtube

Les vidéos des tables rondes, organisées en novembre 2017 lors des 13e Rencontres François Rabelais de l'IEHCA de Tours, sont depuis début juin disponibles sur la plate-forme Youtube. Parmi les sept rencontres diffusées, l'une d'elles portait sur la question du végétarisme et du véganisme, croisant les regards de chercheurs en sciences sociales (histoire, anthropologie) avec ceux de professionnels.

Vidéo de la table ronde « Du végétarisme au véganisme » – Capture d'écran

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Source : IEHCA

Un premier temps de ces échanges est consacré à définir et clarifier les notions contemporaines de « véganisme » et « flexitarisme », par rapport aux termes plus anciens de « végétarisme » et « végétalisme ». Dans un deuxième temps, plusieurs facteurs explicatifs sont proposés de la montée de ces courants végétariens en France, et de leur confrontation au modèle alimentaire français et à la gastronomie. Dans un dernier temps, les intervenants cherchent à montrer comment les nouvelles formes de communautés souples, liées aux réseaux sociaux, contribuent activement à favoriser ces courants alimentaires.

Source : IEHCA, IEHCA

09:46 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : iehca, végétarisme, veganisme, flexitarisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/05/2017

Une étude se penche sur la qualité nutritionnelle des régimes végétariens aux États-Unis

La revue Public Health Nutrition a publié récemment un article comparant la qualité nutritionnelle des régimes alimentaires avec ou sans viande. Les auteurs, appartenant à l'USDA, à un organisme de recherche gouvernemental et à des établissements d'enseignement en nutrition et en médecine, rappellent au préalable que les régimes à base de végétaux, bien menés, ont fait l'objet d'avis favorables de la part de certaines instances américaines (Académie de la nutrition et de la dietétique, dietary guidelines for americans). Cependant, comme plusieurs données de référence utilisées provenaient de l'étude Adventist Health Study, les auteurs du présent article ont estimé que le mode de vie spécifique des adventistes pouvait entraîner des biais. Cela a motivé la conduite de cette nouvelle étude.

Les auteurs se sont appuyés sur l'enquête National health and examination survey (NHANES) qui a collecté, pour la période 2007-2012, des éléments sur l'apport nutritionnel, la consommation alimentaire, les caractéristiques démographies et les comportements à risque pour la santé. L'enquête comprend des données pour 16 810 personnes, dont 280 végétariens ou flexitariens (1,7 %) et 16 530 consommateurs réguliers de viande (98,3 %).

Les chercheurs se sont basés, pour l'évaluation des régimes, sur deux indices : l'indice officiel healthy eating indice HEI-2010 et un indice alternatif, mis en place par l'université Harvard, l'alternative HEI-2010. Ces outils, qui estiment la qualité nutritionnelle de la prise alimentaire, attribuent des scores en fonction du ratio de composants alimentaires adéquats (parmi lesquels les fruits, légumes, céréales complètes, protéines totales) et de composants devant être limités (céréales raffinées, sel, calories vides telles que sucres ajoutés ou alcool). Ces composants sont notés, pour certains, sur une échelle de 0 à 5, de 0 à 10 ou de 0 à 20.

Les résultats indiquent que le groupe des végétariens-flexitariens présente globalement des scores plus favorables que celui des consommateurs omnivores. Ils montrent également, chez certains végétariens, un pourcentage trop important en « calories vides » et acides gras saturés, et une consommation trop faible de noix et légumineuses.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Public Health Nutrition

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09/12/2016

Signature d'un partenariat entre Unilever et l'Union végétarienne européenne

Début novembre, Unilever a annoncé avoir signé un partenariat avec l'European Vegetarian Union (EVU), dont l'objectif est de permettre l'apposition du V-label de l'association sur près de 500 produits du groupe dès la fin 2017. Ces produits, respectant la définition de l'alimentation végétarienne de l'EVU, pourront concerner les marques Hellman's, Flora ou encore Knorr. Pour Unilever, il s'agit, dans le cadre de son plan pour la durabilité (Unilever Sustainable Living Plan), de répondre aux attentes des consommateurs végétariens et flexitariens. Pour l'association, cet accord représente une étape importante par le nombre de produits concernés.

Sources : Unilever, Food Navigator

11:46 Publié dans IAA | Lien permanent | Tags : unilever, evu, végétarisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/05/2016

Barcelone, ville « amie de la culture végétarienne et végane »

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Le 22 mars dernier, Barcelone s'est engagée à être une ville « amie de la culture végétarienne et végane ». Cette décision devrait se traduire entre autres par la publication d'un guide végétarien de la ville, comprenant des informations sur les commerces végétariens et végan. Il est prévu également que des repas végétariens soient servis chaque lundi dans tous les établissements publics de la ville.

Barcelone n'est pas la première ville à se positionner sur cette thématique : par exemple, la ville de Gand a également engagé des démarches en ce sens.

Sources : mescoursespourlaplaneteconsoGlobe

09:08 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : barcelone, veganisme, végétarisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

22/05/2015

Le végétarisme et ses ennemis. Vingt-cinq siècles de débats. Renan Larue

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Manger ou ne pas manger de la viande ? Telle est la question qui traverse de nombreuses disputes philosophiques et religieuses, depuis l’Antiquité, et que l’on retrouve aujourd’hui dans les débats sur l’évolution des comportements alimentaires. Pour y répondre, l’auteur nous entraîne dans une très intéressante histoire des doctrines végétariennes et antivégétariennes, montrant bien ce que les arguments des uns et des autres ont d’immuable ou de changeant à travers le temps.

Par pitié pour les animaux ou par ascétisme, Hésiode, les pythagoriciens puis surtout Plutarque et Porphyre ont posé les premières bases du végétarisme. Leurs raisonnements, qui rompaient avec les sacrifices religieux de type alimentaire, ont suscité de fortes réactions philosophiques et politiques : Héraclide, Clodius et les stoïciens considéraient que les animaux ne sont là que pour satisfaire l’espèce humaine, et des lois de Tibère interdiront l’abstinence de viande.

Par réaction à la cacherout juive qui distinguait des denrées « pures » et « impures », les textes chrétiens prônent l’indifférence alimentaire. Ils célèbrent un Dieu omnivore et, de Saint Augustin à Thomas d’Aquin, sont largement défavorables au végétarisme. La diète des parfaits cathares est signe de leur hérésie et les jeûnes ne sont autorisés que s’ils sont réalisés par pénitence ou désir de se mortifier. Il faudra attendre le début du XVIIIe siècle pour que des chrétiens, sensibles à la douleur des animaux, osent contrarier la parole divine et vanter l’abstinence de viande.

La « renaissance végétarienne », au XIXe siècle, vient selon R. Larue de la conjonction de plusieurs tendances : essor de la physiologie et du raisonnement diététique, progrès des sensibilités, épuisement des présupposés spécistes, développement de l’athéisme et du matérialisme, anti-carnisme éthique des Lumières (Voltaire, Rousseau). C’est en Angleterre que l’on trouve les plus fortes manifestations de dégoût pour la viande, qui aboutiront à l’invention du terme vegetarian (1839) et à la création de la Vegetarian Society (1847). Mais les adeptes du régime carné seront toujours plus nombreux que les défenseurs des animaux, constamment accusés de sectarisme.

Au XXe siècle, l’industrialisation de l’élevage soulève de croissantes objections morales et c’est dans les années 1940 que Donald Watson forge le terme vegan et crée la Vegan Society. Ce mouvement a reçu le soutien d’universitaires de premier plan qui ont théorisé les « intérêts animaux » (Singer) ou les « sujets animaux » (Regan, Francione). En complément de ces éthiques animales, ce sont aujourd’hui des préoccupations de développement durable qui viennent légitimer le véganisme : effets néfastes de l’élevage sur l’environnement, épuisement des stocks de poisson, etc. Et si comme à toutes les époques les véganes ont leur détracteurs (Chanteur, Ferry, Digard), l’auteur termine son ouvrage par une réflexion prospective et considère que les conditions d’un passage massif à ce nouveau régime sont dorénavant réunies.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : Presses universitaires de France

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