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12/05/2017

Une étude se penche sur la qualité nutritionnelle des régimes végétariens aux États-Unis

La revue Public Health Nutrition a publié récemment un article comparant la qualité nutritionnelle des régimes alimentaires avec ou sans viande. Les auteurs, appartenant à l'USDA, à un organisme de recherche gouvernemental et à des établissements d'enseignement en nutrition et en médecine, rappellent au préalable que les régimes à base de végétaux, bien menés, ont fait l'objet d'avis favorables de la part de certaines instances américaines (Académie de la nutrition et de la dietétique, dietary guidelines for americans). Cependant, comme plusieurs données de référence utilisées provenaient de l'étude Adventist Health Study, les auteurs du présent article ont estimé que le mode de vie spécifique des adventistes pouvait entraîner des biais. Cela a motivé la conduite de cette nouvelle étude.

Les auteurs se sont appuyés sur l'enquête National health and examination survey (NHANES) qui a collecté, pour la période 2007-2012, des éléments sur l'apport nutritionnel, la consommation alimentaire, les caractéristiques démographies et les comportements à risque pour la santé. L'enquête comprend des données pour 16 810 personnes, dont 280 végétariens ou flexitariens (1,7 %) et 16 530 consommateurs réguliers de viande (98,3 %).

Les chercheurs se sont basés, pour l'évaluation des régimes, sur deux indices : l'indice officiel healthy eating indice HEI-2010 et un indice alternatif, mis en place par l'université Harvard, l'alternative HEI-2010. Ces outils, qui estiment la qualité nutritionnelle de la prise alimentaire, attribuent des scores en fonction du ratio de composants alimentaires adéquats (parmi lesquels les fruits, légumes, céréales complètes, protéines totales) et de composants devant être limités (céréales raffinées, sel, calories vides telles que sucres ajoutés ou alcool). Ces composants sont notés, pour certains, sur une échelle de 0 à 5, de 0 à 10 ou de 0 à 20.

Les résultats indiquent que le groupe des végétariens-flexitariens présente globalement des scores plus favorables que celui des consommateurs omnivores. Ils montrent également, chez certains végétariens, un pourcentage trop important en « calories vides » et acides gras saturés, et une consommation trop faible de noix et légumineuses.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Public Health Nutrition

11:03 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : etats-unis, régime alimentaire, végétarisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/12/2016

Signature d'un partenariat entre Unilever et l'Union végétarienne européenne

Début novembre, Unilever a annoncé avoir signé un partenariat avec l'European Vegetarian Union (EVU), dont l'objectif est de permettre l'apposition du V-label de l'association sur près de 500 produits du groupe dès la fin 2017. Ces produits, respectant la définition de l'alimentation végétarienne de l'EVU, pourront concerner les marques Hellman's, Flora ou encore Knorr. Pour Unilever, il s'agit, dans le cadre de son plan pour la durabilité (Unilever Sustainable Living Plan), de répondre aux attentes des consommateurs végétariens et flexitariens. Pour l'association, cet accord représente une étape importante par le nombre de produits concernés.

Sources : Unilever, Food Navigator

11:46 Publié dans IAA | Lien permanent | Tags : unilever, evu, végétarisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/05/2016

Barcelone, ville « amie de la culture végétarienne et végane »

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Le 22 mars dernier, Barcelone s'est engagée à être une ville « amie de la culture végétarienne et végane ». Cette décision devrait se traduire entre autres par la publication d'un guide végétarien de la ville, comprenant des informations sur les commerces végétariens et végan. Il est prévu également que des repas végétariens soient servis chaque lundi dans tous les établissements publics de la ville.

Barcelone n'est pas la première ville à se positionner sur cette thématique : par exemple, la ville de Gand a également engagé des démarches en ce sens.

Sources : mescoursespourlaplaneteconsoGlobe

09:08 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : barcelone, veganisme, végétarisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

22/05/2015

Le végétarisme et ses ennemis. Vingt-cinq siècles de débats. Renan Larue

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Manger ou ne pas manger de la viande ? Telle est la question qui traverse de nombreuses disputes philosophiques et religieuses, depuis l’Antiquité, et que l’on retrouve aujourd’hui dans les débats sur l’évolution des comportements alimentaires. Pour y répondre, l’auteur nous entraîne dans une très intéressante histoire des doctrines végétariennes et antivégétariennes, montrant bien ce que les arguments des uns et des autres ont d’immuable ou de changeant à travers le temps.

Par pitié pour les animaux ou par ascétisme, Hésiode, les pythagoriciens puis surtout Plutarque et Porphyre ont posé les premières bases du végétarisme. Leurs raisonnements, qui rompaient avec les sacrifices religieux de type alimentaire, ont suscité de fortes réactions philosophiques et politiques : Héraclide, Clodius et les stoïciens considéraient que les animaux ne sont là que pour satisfaire l’espèce humaine, et des lois de Tibère interdiront l’abstinence de viande.

Par réaction à la cacherout juive qui distinguait des denrées « pures » et « impures », les textes chrétiens prônent l’indifférence alimentaire. Ils célèbrent un Dieu omnivore et, de Saint Augustin à Thomas d’Aquin, sont largement défavorables au végétarisme. La diète des parfaits cathares est signe de leur hérésie et les jeûnes ne sont autorisés que s’ils sont réalisés par pénitence ou désir de se mortifier. Il faudra attendre le début du XVIIIe siècle pour que des chrétiens, sensibles à la douleur des animaux, osent contrarier la parole divine et vanter l’abstinence de viande.

La « renaissance végétarienne », au XIXe siècle, vient selon R. Larue de la conjonction de plusieurs tendances : essor de la physiologie et du raisonnement diététique, progrès des sensibilités, épuisement des présupposés spécistes, développement de l’athéisme et du matérialisme, anti-carnisme éthique des Lumières (Voltaire, Rousseau). C’est en Angleterre que l’on trouve les plus fortes manifestations de dégoût pour la viande, qui aboutiront à l’invention du terme vegetarian (1839) et à la création de la Vegetarian Society (1847). Mais les adeptes du régime carné seront toujours plus nombreux que les défenseurs des animaux, constamment accusés de sectarisme.

Au XXe siècle, l’industrialisation de l’élevage soulève de croissantes objections morales et c’est dans les années 1940 que Donald Watson forge le terme vegan et crée la Vegan Society. Ce mouvement a reçu le soutien d’universitaires de premier plan qui ont théorisé les « intérêts animaux » (Singer) ou les « sujets animaux » (Regan, Francione). En complément de ces éthiques animales, ce sont aujourd’hui des préoccupations de développement durable qui viennent légitimer le véganisme : effets néfastes de l’élevage sur l’environnement, épuisement des stocks de poisson, etc. Et si comme à toutes les époques les véganes ont leur détracteurs (Chanteur, Ferry, Digard), l’auteur termine son ouvrage par une réflexion prospective et considère que les conditions d’un passage massif à ce nouveau régime sont dorénavant réunies.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : Presses universitaires de France

09:15 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : végétarisme |  Imprimer | | | | |  Facebook