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17/11/2015

Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan

Le 15 octobre, 100 villes des cinq continents ont signé le Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan. Dans le cadre de l’exposition universelle, Milan a en effet voulu mettre en œuvre un protocole international engageant les grandes villes dans le développement de systèmes alimentaires durables et équitables. Pour ce faire la ville a, dès septembre 2014, mis en place et animé un réseau international de partage d’expériences, entre une quarantaine de grandes villes, dans l’objectif d’élaborer le contenu du pacte. L’initiative a également bénéficié du soutien de différentes organisations internationales telles que la FAO et les Nations unies.

Le texte est un engagement des villes à travailler au développement de systèmes alimentaires durables, inclusifs, résilients, sûrs et diversifiés. Il propose également un cadre d’action pour une politique alimentaire urbaine organisé en cinq thématiques techniques : assurer un environnement propice à une action efficace, assurer l’équité sociale et économique, appuyer la production alimentaire, l’approvisionnement et la distribution alimentaire, et prévenir le gaspillage. Chaque thématique regroupe des propositions d’actions stratégiques laissées au volontariat des villes participantes. Insistant sur la nécessité d’avoir une approche systémique globale et de favoriser le travail entre les différentes administrations de la ville, le texte ouvre de nombreux champs à investir : agriculture urbaine et péri-urbaine, agroécologie, circuits courts, politique des marchés publics, contribution du secteur informel, récupération et redistribution d’aliments, etc.

Cette initiative est un signal de plus de la volonté croissante des villes de se poser en tant qu’acteurs incontournables des systèmes alimentaires. À un niveau « local », cela se traduit par la multiplication des politiques et programmes alimentaires dans différents pôles urbains. Mais ces derniers se positionnent également de plus en plus sur la scène internationale, développant une « politique étrangère » et revendiquant leur place et des marges de manœuvre dans les débats et actions internationales.

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : Food Policy Milano

11:05 Publié dans 4. Politiques publiques, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : milan, pacte, politique alimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/11/2015

La Malaisie et l’Indonésie créent le Council of Palm Oil Producer Countries

Début octobre, la Malaisie et l’Indonésie, qui représentent 85 % de la production mondiale d’huile de palme, ont créé le Council of Palm Oil Producer Countries afin de travailler sur les normes de production, l’image de l’huile de palme, la stabilisation des prix et la coordination sur diverses thématiques (production, stocks, schémas de re-plantation, biodiésel). La création de cette instance intergouvernementale fait suite notamment à la signature, par plusieurs grandes compagnies de production d’huile de palme (Cargill, Golden Agri-Resources, Wilmar International notamment), de l’Indonesian Palm Oil Pledge.

Source : Reuters

10:39 Publié dans IAA, Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : indonésie, malaisie, huile de palme |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/11/2015

La protection sociale, nécessaire pour combattre l’insécurité alimentaire

La protection sociale contribue à l’amélioration des revenus et de la sécurité alimentaire non seulement parce qu’elle permet une augmentation de la consommation, mais aussi parce qu’elle place les ménages dans de meilleures conditions pour produire des aliments et accroître leurs revenus. Telle est la conclusion du rapport annuel 2015 de la FAO sur la situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture. L’articulation des mesures de développement agricole et rural avec des programmes de protection sociale permet de rompre le cercle vicieux de la pauvreté et de la vulnérabilité des habitants des zones rurales, notamment en relançant les investissements dans les activités économiques.

Source : FAO

14/10/2015

Les « révolutions » nécessaires pour atteindre les nouveaux Objectifs de Développement Durable en 2030

Les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) récemment adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies, dont plusieurs concernent l’agriculture et l’alimentation,sont très ambitieux. Ils ont vocation à prolonger le travail entamé avec les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), tout en élargissant ceux-ci à des sujets ignorés jusqu’à présent. Le think tank britannique Overseas development institute (ODI) a mené une première estimation, publiée en septembre, des efforts qui seraient nécessaires pour les atteindre d’ici 2030.

Sur la base des projections disponibles et des tendances connues, les auteurs ont classé les ODD en trois catégories :

- ceux qui demandent de poursuivre les efforts, les objectifs étant déjà partiellement atteints : on y trouve notamment l’éradication de la pauvreté extrême ou l’arrêt de la déforestation ;

ceux qui nécessitent une « révolution » pour être atteints, les efforts actuels étant très insuffisants pour que la cible puisse être atteinte en 2030 : l’objectif d’éradication de la faim se trouve dans cette catégorie ;

- ceux qui exigeraient une inversion complète de la tendance actuelle, sans quoi la situation sera pire en 2030 qu’en 2015 : le changement climatique ou la réduction des inégalités y figurent.

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Source : Overseas Development Institute

Le rapport se veut néanmoins optimiste : non seulement des objectifs sont en voie d’être atteints, mais certains résultats montrent que même les objectifs les plus ambitieux peuvent être approchés si les ODD sont intégrés dans les agendas politiques.

Un récent article de Tancrède Voituriez, chercheur à l’IDDRI, parvient à une conclusion similaire. L’objectif de réduction des inégalités, qu’il considère comme une grande innovation dans ces ODD par rapport aux OMD, est considéré dans le rapport cité plus haut comme l’un des plus difficiles à atteindre. Pourtant l’auteur démontre, sur la base d’une analyse comparative, que cette cible est atteignable si des politiques publiques « opiniâtres et dédiées » sont mises en place.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Sources : Overseas Development Institute, IDDRI

 

09:48 Publié dans Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : odd, omd |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/10/2015

Politiques agricoles : publication du rapport annuel de l’OCDE

L’OCDE a publié en septembre la version 2015 de son rapport annuel sur le suivi et l’évaluation des politiques agricoles. Dans les 49 pays membres, ces politiques ont en commun des objectifs qui permettent la viabilité économique du secteur agricole et des zones rurales, de produire assez d’aliments nutritifs pour répondre aux besoins des populations et d’améliorer la durabilité environnementale de la production alimentaire. Ce rapport fournit surtout une estimation des soutiens publics à l’agriculture dans chacun des pays membres, notamment via un indicateur central : « l’estimation du soutien au producteur ». Cet indicateur exprime en valeur monétaire les transferts annuels bruts des consommateurs et des contribuables vers les producteurs. L’OCDE fait le constat que ce soutien tend à s’harmoniser entre les pays de l’OCDE où il diminue et les pays émergents ou il est en augmentation.

Source : OCDE


09:06 Publié dans 4. Politiques publiques, Mondialisation et international, PAC | Lien permanent | Tags : ocde, politiques agricoles |  Imprimer | | | | |  Facebook

6e session du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture

Début octobre s’est tenue la sixième session de l’Organe directeur du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (136 signataires). À l’ordre du jour, figuraient en particulier des discussions sur : l’extension de la liste des espèces végétales incluses dans le pool génétique mondial du Traité ; un nouveau système de souscription pour les utilisateurs de la diversité génétique (avec pour objectif de générer un revenu prévisible et régulier aux agriculteurs pour conserver et adapter davantage les variétés de semences à la ferme) ; la mise en place d’un portail d’information international pour les données génétiques de semences de cultures vivrières, afin de faciliter le développement de nouvelles variétés, en lien notamment avec les enjeux du changement climatique.

Source : Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture

08:57 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : ressources phytogénétiques, traité |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/09/2015

Afrique : classement des pays les plus compétitifs en matière d’agrobusiness

Publié avant l’été, le rapport Agribusiness Investment Matrix Africa du cabinet Linklaters est destiné aux investisseurs. Il analyse brièvement les opportunités dans le secteur de l’agribusiness dans 21 pays d’Afrique subsaharienne. Le classement, illustré par la carte ci-dessous, est opéré selon quatre critères : attractivité, cadre réglementaire, environnement et infrastructures.

Classement des pays d’Afrique sub-saharienne offrant les meilleures opportunités d’investissement en agribusiness

aim-afrique.jpg

Source : Linklaters

Reprenant ensuite ces critères, l’étude différencie trois types de pays :

– Les terres fertiles : la possibilité de « sécuriser » des terres cultivables (existence d’un cadre réglementaire sur le foncier)et l’ouverture aux investissements étrangers sont des éléments centraux de ces pays dotés d’un secteur agricole solide et éprouvé.

– Les récoltes fiables : ces pays présentent de faibles risques pour des investisseurs, avec un cadre réglementaire existant et peu contraignant, des perspectives macroéconomiques positives et un système politique relativement stabilisé.

– Les pousses en devenir : ce sont des pays émergents en pleine mutation,l’agribusiness est actuellement sous-développé mais où la disponibilité de terres et de grands projets d’infrastructuresdotent ce secteur d’un fort potentiel de développement.

Le rapport rappelle que selon la FAO, près de 60 % des terres mondiales arables sous- ou non-cultivées se situent en Afrique où 240 millions d’hectares arables ne sont pas valorisés.

Le constat posé par Linklaters est cependant à nuancer : les terres arables ne sont pas libres d’occupation et il peut y avoir des problèmes d’accès au marché et aux terres par manque d’infrastructures. À ce propos, Land Matrix (voir un précédent billet sur ce blog) nous montre qu’un certain nombre de projets d’investissements à grande échelle ont été abandonnés ces dernières années.

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : Linklaters

 

12:27 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : agrobusiness, afrique subsaharienne |  Imprimer | | | | |  Facebook

Le Farm Bill à la carte : les farmers américains choisissent les aides sur moyenne de chiffres d’affaires pour le maïs et le soja, mais privilégient davantage les aides sur prix fixe pour le blé, le riz et le colza

Il y a un an, les États-Unis lançaient leur nouvelle politique agricole, l'Agricultural Act de 2014. Cette dernière prévoyait, pour les grandes cultures, de laisser le choix aux agriculteurs entre deux programmes différents : le Price Loss Coverage (PLC), filet de sécurité par des prix de référence fixes (les pouvoirs publics compensant la différence entre le prix de marché et le prix de référence), et l’Agriculture Risk Coverage (ARC), garantie d’une part du chiffre d’affaires de référence, calculé avec les prix de marché moyen des cinq années précédentes. L’USDA a publié récemment une synthèse des choix des agriculteurs, qui se sont engagés au printemps dernier pour les cinq prochaines années.

L’ARC a attiré l’essentiel des producteurs de maïs et de soja (90 et 97 % de la SAU). En ce qui concerne le blé, le choix des agriculteurs est plus équilibré puisque 58 % des surfaces sont en ARC contre 42 % en PLC. Les producteurs de maïs et de soja apparaissent donc plus optimistes quant à l’évolution à venir des cours, n’anticipant pas de baisse durable des prix qui pourrait réduire leur chiffre d’affaires de référence, et donc diminuer leur niveau de soutien en fin de période. Ce programme semble également plus simple que son prédécesseur ACRE (Farm Bill de 2010), qui avait été choisi par moins de 20 % des producteurs. Cet intérêt pour la simplicité se traduit aussi par le faible recours à un ARC individuel, basé sur les données réelles de l’exploitation et non sur des calculs moyens au niveau du comté.

La récente chute des prix, si elle se prolongeait, pourrait faire regretter leur choix à certains, la référence étant calculée chaque année en fonction des prix des années précédentes, et non des prix de référence qui ont pourtant été largement augmentés. Comme pour le blé dont le prix de référence a été rehaussé de 40 %, la revalorisation de celui de l’orge de plus de 90 % a conduit cette culture a être largement soumise au régime du PLC (75 % des surfaces). Les producteurs de riz et de colza ont également préféré le prix garanti du PLC. D’une manière générale, ces choix reflètent assez bien les prévisions qui avaient été faites il y a un an par diverses institutions américaines.

Alexis Grandjean, Centre d’études et de prospective

Source : USDA

12:24 Publié dans 4. Politiques publiques, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : etats-unis, farm bill |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/09/2015

Retour sur les « Rencontres internationales Agricultures familiales et Recherche »

Les actes des « Rencontres internationales Agricultures familiales et Recherche », qui se sont tenues en juin 2014, viennent d’être publiés. Cette parution s’attache à rendre compte des échanges formulés durant ces trois jours de travail collectif. Les rapports des sept ateliers thématiques y sont d’abord retranscrits, puis suivent deux notes de synthèse, la première reprenant les comptes rendus présentés en séance plénière, la seconde tirant des conclusions transversales susceptibles d’orienter la recherche sur les agricultures familiales. Cette dernière a également été présentée à l’occasion du Dialogue global sur l’Agriculture familiale, organisé par la FAO en octobre 2014 à Rome. Parmi les recommandations formulées pour la recherche, nous en retiendrons quelques-unes :

- ne pas s’en tenir aux étude académiques, les connaissances et savoir-faire des agricultures familiales devant être connus : il existe de nombreuses informations sur les cultures de rente, les marchés d’exportation mais moins sur les formes de marché et les structures d’échanges et de négoce des petits agriculteurs ;

- axer les efforts sur l’impact de différents modèles commerciaux (partenariats public-privé, agriculture sous contrat, filières courtes, etc.) sur l’agriculture familiale ;

- travailler sur les facteurs d’évolution de l’agriculture familiale, en s’intéressant à la nature des interactions entre facteurs économiques (qui favorisent des politiques axées sur les marchés) et facteurs sociaux et territoriaux. La recherche doit combiner des études et des évaluations sur la prise en compte des politiques agricoles dans un cadre plus vaste (santé, éducation, etc.) ;

- mieux documenter les liens entre l’agriculture familiale et le secteur privé, sachant que divers modèles existent et sont parfois promus (systèmes de producteurs indépendants installés autour de plantations appartenant à des multinationales, initiatives de commerce équitable, etc.). Les participants ont insisté sur l’intérêt de réaliser des études comparatives afin de comprendre les effets de différents modèles commerciaux.

Au-delà de ces orientations, ces rencontres ont été l’occasion de s’interroger sur la tendance des administrations, au niveau mondial, à établir des partenariats public-privé avec des agro-industries, y compris dans le domaine de la recherche. L’analyse du rôle de tous les acteurs et de leurs relations permettra de dire les avantages et les risques de ces partenariats pour la recherche et pour l’agriculture familiale.

agriculture-familiale.jpg

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : Agropolis International Edition

 

12:22 Publié dans Enseignement et recherche, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : agriculture familiale |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/09/2015

Les enjeux internationaux de la définition européenne des perturbateurs endocriniens

Les résultats de la consultation publique ouverte par la Commission européenne, de septembre 2014 à janvier 2015, sur les critères de définition des perturbateurs endocriniens ont été publiés fin juillet. Les contributions officielles des pays tiersÉtats-Unis, Norvège, Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Argentine et Kenya , témoignent d’une grande inquiétude de leur part quant à certains scenarios envisagés. Les perturbateurs endocriniens seraient définis comme dangereux, laissant moins de place à l’analyse de risque. Le ministère de l’agriculture américain va même jusqu’à chiffrer l’impact commercial de ces approches à la hauteur des échanges en produits végétaux avec l’UE (4,4 milliards de $US), supposant qu’ils ne seraient plus produits ou exportables. Les autres pays soulignent tous la prévalence de l’analyse de risque dans les méthodologies préconisées par l’OMC pour l’identification de certains attributs des produits impactant les échanges commerciaux.

Source : Commission européenne

 

29/06/2015

Lancement du Plano Safra 2015-2016 au Brésil

Le 2 juin 2015, la présidente de la République Dilma Rousseff et la ministre de l’agriculture Katia Abreu ont lancé le Plano Safra 2015-2016, plan agricole brésilien annuel. Il prévoit 187,7 milliards de reals brésiliens (environ 62,5 milliards d’euros) de financements pour l’agriculture, soit 20 % de plus que l’an dernier. 80 % sont destinés au financement des frais de campagne et 20 % aux investissements.

La hausse de cette enveloppe est principalement constituée de financements aux taux du marché (taux de 25-30%), seuls 94,5 milliards de reals (7,5 % de plus que l’année précédente) étant destinés à des crédits à taux bonifiés. Les taux d’intérêts bonifiés sont également en augmentation (7,5 % pour les exploitations de taille moyenne et 8,75 % pour celles de grande taille, contre 6,5 % l’an dernier), en ligne avec la hausse générale des taux d’intérêts au Brésil. Rappelons toutefois que seule une petite partie des enveloppes de financements à taux bonifiés est compensée par le Trésor public, le reste étant supporté par les banques.

Comme les années précédentes, la politique de commercialisation (prix minimum garantis selon différents mécanismes) bénéficiera de 5 milliards de reals. Le financement de la prime pour l’assurance agricole devrait également rester au même niveau (environ 700 millions de reals), même si, selon l’exécutif, des améliorations des produits d’assurance proposés et la création d’un Système Intégré d’Informations sur l’assurance agricole (SIS Rural) devraient favoriser le développement de ce type d’outil. Par ailleurs, alors qu’il était réclamé depuis plusieurs années par le secteur agricole (dont la CNA, syndicat majoritaire), un groupe de haut niveau chargé de définir les grandes lignes d’une Loi Pluriannuelle de Production Agricole Brésilienne (LPAB) a été créé.

En cette période de récession (-1,5 à -2 % attendus) et d’ajustement fiscal (priorité du gouvernement actuel), le fait que les taux d’intérêts bonifiés annoncés soient légèrement inférieurs à ceux attendus montre, selon la presse et certains représentants professionnels agricoles, le poids politique de la ministre de l’agriculture au sein du gouvernement. Enfin, Dilma Rousseff a rappelé dans son allocution l’importance des mesures d’ajustement pour avoir un environnement stable, sans que cela soit une fin en soi. Elle a ainsi mis en valeur son « Agenda de croissance », dont le Plano Safra et le Plan national de Défense sanitaire agricole (PDA, annoncé le 6 mai 2015) sont des composantes fortes, et dont font également partie le programme de concessions qui a été annoncé ce 9 juin pour des grands travaux d’infrastructures (ports, routes, voies ferrées et fluviales) et le Plan national d’exportation attendu pour le 23 juin.

Mylène Testut Neves, Conseillère agricole (Brésil et Cône Sud)

Service économique régional de Brasilia, Ambassade de France au Brésil

Source : Ministério da Agricultura

09:46 Publié dans 4. Politiques publiques, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : brésil, plano safra |  Imprimer | | | | |  Facebook

26/06/2015

OMC : l’ICTSD recommande de prendre en compte le nouveau contexte global pour finaliser le Cycle de Doha

Alors que le programme de travail pour l’après-Bali se met en place à l’OMC, l’International Center for Trade and Sustainable Development (ICTSD) publie une note rappelant que le paysage international a changé depuis le gel des négociations en 2008, et plus encore depuis le lancement du Cycle de Doha en 2001.

Le commerce international a rapidement évolué, en raison notamment du dynamisme des importations en Afrique et de l’importance prise par les pays émergents. En raison des hausses de prix de certains produits, les auteurs considèrent que nous sommes passés d’un système limité par la demande à un système limité par l’offre. Sur le plan des politiques agricoles, les niveaux de subventions internes potentiellement distorsives, variables aux États-Unis, ont diminué dans l’Union européenne et au Japon, tandis qu’ils connaissent une forte tendance à la hausse au Brésil, en Chine, en Inde et en Indonésie. De plus, plusieurs accords commerciaux « méga-régionaux » sont en cours de négociation, et pourraient de par leur poids économique détourner les pays concernés des négociations multilatérales.

Face à ces changements de contexte, l’ICTSD fait plusieurs préconisations. En matière de soutien interne, il s’agirait de maintenir un système de sauvegarde, compte tenu de la volatilité accrue des marchés prévisible à l’avenir. De plus, un encadrement des subventions aux exportations, apparues récemment et fort dommageables, devrait être envisagé. Enfin, les auteurs considèrent que la Chine et l’Inde devraient, pour parvenir à un accord, accepter de limiter leurs aides au secteur du coton, un point sensible pour les pays en développement.

Cette note présente l’intérêt de mettre en évidence la nécessité pour les accords multilatéraux de s’adapter à un environnement économique évolutif.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Source : ICTSD

09:38 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : omc, cycle de doha, ictsd |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/06/2015

Food Research Collaboration publie une contribution au débat public sur le sucre au Royaume-Uni

Le 10 juin, Food Research Collaboration, initiative financée par la Esmée Fairbairn Foundation et réunissant universitaires et ONG, dans le but d’améliorer le système alimentaire du Royaume-Uni, a publié une note d’information sur le sucre au Royaume-Uni. Le sucre pose des questions à long terme pour la politique alimentaire britannique, qu’il soit produit dans le pays ou importé, et cette publication traite tant de santé publique que de production et de transformation. Sont notamment abordés la politique européenne, les productions et prix mondiaux, européens et britanniques, les enjeux pour les pays producteurs. Face à la nécessité de mettre un terme aux productions et consommations massives de sucre, tout en envisageant des utilisations alternatives des terres, des emplois et des sources de revenus autres pour les producteurs primaires, Food Research Collaboration identifie également plusieurs options de politiques publiques pour le Royaume-Uni : produire moins de sucre, importer moins de sucre et encourager la diversification, diversifier les utilisations du sucre.

Source : Food Resaerch Collaboration

01/06/2015

Crédits agricoles : que penser de la bonification des taux d’intérêt ?

Le département du Développement durable de l’Agence française de développement a mené une étude comparée sur l’expérience de trois pays – la France, les États-Unis et le Brésil – en matière de politique de bonification des taux d’intérêt en faveur de leur agriculture et de leur impact sur le plan de la modernisation du secteur, de l’augmentation des rendements et de l’accès durable au crédit.

En passant au crible le contexte et les politiques dédiées, et surtout en pointant les forces et les faiblesses des actions menées depuis leurs mises en œuvre, les auteurs ont in fine pu dégager de leur analysececi malgré les différentes stratégies poursuivies par chaque pays – des recommandations pratiques pour les pays en développement tentés d’utiliser cet outil pour accompagner leur secteur agricole.

Ces recommandations sont regroupées autour de cinq points clés :

– le contexte d’intervention et les modalités de mise en œuvre : idéalement un environnement économique stable et favorable avec l’appui au développement ou à la création d’intermédiaires financiers de proximité ;

– l’outil de bonification alliant un dispositif de bonification sain, régulièrement évalué et contrôlé, s’appuyant sur des intermédiaires financiers pouvant prendre des décisions d’octroi de crédit de façon indépendante tout en assumant les risques des prêts consentis au moins partiellement ;

– le ciblage de l’appui dans le cadre d’un financement d’investissements et/ou éventuellement d’intrants, élément fondamental d’efficacité et de maîtrise des coûts ;

– les conditions de prêt, financières et non financières, visant à mettre en place des comportements sains ;

– les mesures d’accompagnement, tant au niveau de l’emprunteur qu’à celui des intermédiaires financiers de proximité, pour assurer une bonne performance sur le plan technique et de gestion.

Tous ces points sont largement détaillés dans l’étude, et la maîtrise de l’ensemble de ces aspects serait un gage de bonne efficacité de la politique de bonification, tout en évitant de bâtir un système très coûteux et difficile à contrôler.

José Ramanantsoa, Centre d’études et de prospective

Source : Agence française de développement

09:45 Publié dans 4. Politiques publiques, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : crédits agricoles, afd |  Imprimer | | | | |  Facebook

29/05/2015

Agriculture et géopolitique : pour l'IFPRI, la hausse des prix alimentaires et les sécheresses figurent parmi les causes des conflits récents

En 2013, 46 % de la population dans les pays en développement habitaient dans des zones affectées par des conflits, contre 38 % à la fin de la guerre froide. Or, si l’insécurité alimentaire constitue une conséquence récurrente de ces conflits, elle peut également figurer parmi ses causes. Ce fut le cas notamment en Syrie, le pays ayant connu entre 2006 et 2010 (période précédant le soulèvement de 2011) de graves sécheresses. En analysant les conflits les plus récents, le chapitre 7 du nouveau Global food policy report de l'IFPRI apporte des recommandations destinées à renforcer la résilience de ces régions aux chocs extérieurs que peuvent être les hausses de prix alimentaires ou les sécheresses.

La récente escalade de violence au nord-est du Nigeria illustre le lien entre prix alimentaires et conflits. Une corrélation forte existe historiquement dans ce pays entre les hausses de prix des aliments et l’intensité de la guerre civile (voir graphique ci-dessous). Par ailleurs, au Mali, les sécheresses et l’avancée du désert, couplées à des politiques favorables à l’agriculture sédentaire au détriment du pastoralisme, ont contribué d’après les auteurs à attiser les tensions.

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Source : IFPRI

La réponse à de telles crises et leur prévention passent, selon l'IFPRI, par des politiques destinées à renforcer la résilience des populations à ces chocs extérieurs. En matière de sécheresses, des exemples vertueux sont cités tels que le mécanisme d’aide alimentaire éthiopien, les systèmes d’information sur les prix ou les dispositifs de facilitation de l’accès au crédit. Concernant les chocs de prix alimentaires, les auteurs recommandent à court terme de conserver des mécanismes de sauvegarde contre les hausses brutales de prix mondiaux, en particulier pour les pays fortement dépendants des importations. L’utilisation de stocks comme stabilisateurs de prix a ainsi montré son efficacité dans des pays comme l’Inde, le Kenya ou la Zambie. À moyen terme, doivent être développées des politiques qui permettent de renforcer la « capacité de transformation » des foyers ruraux, incluant l’investissement dans l’amélioration de la productivité et du revenu des petits producteurs.

Dans la perspective de la définition d’un agenda international de développement post-2015, les auteurs concluent qu’une attention particulière doit être portée sur les instruments permettant d’augmenter, dans les zones de conflit, la résistance des systèmes alimentaires à des chocs extérieurs.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Source : International Food Policy Research Institute

 

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