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10/02/2015

Une discipline internationale en matière de restrictions aux exportations (export bans) serait freinée par l’asymétrie de la distribution statistique des prix agricoles

Dans un working paper récemment publié par le CEPII, C. Gouel explore les conditions d’une éventuelle discipline internationale dans l’imposition unilatérale de mesures commerciales de protection contre les fortes variations de prix. À la différence de l’augmentation des droits de douane ou des subventions aux exportations, les mesures en question ne sont pas régulées par des dispositions de l’OMC. Cette asymétrie dans le traitement des mesures commerciales et cette lacune dans la discipline collective ont été souvent pointées, mais, en dépit des appels nombreux en ce sens, ce point n’a encore jamais été inscrit à l’agenda de l’OMC.

Faute de cadre contraignant à l’OMC, une discipline spontanée (self-inforcing trade agreement) émerge malgré tout des partenaires commerciaux pour réfréner leur intervention, discipline que l’auteur explique par la crainte pour chaque partenaire de voir la non-coopération ponctuelle tourner en guerre commerciale permanente. Ce sont les conditions de cette discipline collective qu’analyse l’auteur dans un travail résolument théorique mêlant équilibre partiel, théorie des jeux et simulations numériques.

C. Gouel explore le cas théorique de deux pays (l’un exportateur, l’autre importateur) en interaction stratégique pour l’échange des surplus de l’un vers l’autre, et confirme bien l’effet sous-optimal (par rapport à la solution de libre échange) de l’équilibre correspondant à cette interaction stratégique : restriction des échanges, perte globale pour les deux économies cumulées et volatilité accrue du prix mondial. Sous conditions, la perspective d’interactions futures empêche toutefois cet équilibre sous-optimal de survenir à chaque période, rendant possible la situation de libre-échange. Selon l’auteur, la coopération « spontanée » rendue possible par l’arbitrage de chaque pays entre les considérations présentes et futures, réduit la volatilité des prix mais seulement pour les chocs de faible ampleur.

L’auteur s’intéresse aussi aux conséquences de l’asymétrie des distributions de prix agricoles, les prix bas (inférieurs à la moyenne) étant plus fréquents que les prix hauts, mais les pics de prix plus probables que les fortes chutes. Cette asymétrie dans les distributions de prix fait que, globalement, les pays exportateurs sont davantage incités à rompre la coopération bilatérale pour agir en cas de forte hausse des prix.

Bien que théorique, ce travail apporte des clés de compréhension des stratégies des acteurs qui doivent arbitrer entre considérations commerciales et de stabilisation domestique, entre coopération et unilatéralisme. Il éclaire aussi les raisons qui font qu’un accord à l’OMC pour réduire les droits de douane est plus facilement envisageable qu’un accord pour prévenir les restrictions aux exportations.

Pierre Claquin, Centre d'études et de prospective

Source : CEPII

10:53 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : cepii, omc |  Imprimer | | | | |  Facebook

Les exclusions paysannes : quels impacts sur le marché international du travail ?

L'AFD a publié en décembre dernier les actes du colloque « Évolutions du marché international du travail, impacts des exclusions paysannes », qui a eu lieu deux ans plus tôt, le 16 octobre 2012. Ce document reprend les interventions, enrichies de compléments apportés par leurs auteurs. L'ouvrage comporte une première partie de bilan sur les crises des agricultures et leurs conséquences, notamment au regard de l'emploi. La deuxième partie est composée d'études de cas géographiques : Chine, Inde, Brésil, Afrique subsaharienne, Roumanie et Méditerranée. Enfin la conclusion est à visée prospective.

Au-delà des évidentes questions de sécurités alimentaire et environnementale, l'ouvrage revient sur un des rôles fondamentaux – et parfois perdu de vue – de l'agriculture, en matière de maintien de l'emploi. On peut notamment retenir la contribution de Bruno Losh, « Quelle transition pour les pays à base agricole dans la mondialisation ? ». La vision évolutionniste du développement, basée sur un basculement progressif de l'économie de l'agriculture vers l'industrie puis vers les services, est encore particulièrement prégnante aujourd'hui. Une analyse de la démographie mondiale montre pourtant que, bien que les zones urbaines augmentent fortement aussi dans ces régions, la population active rurale d'Asie du sud et centrale, et plus encore d'Afrique subsaharienne (ASS), occupe une part prépondérante et continuera de croître à l'échéance 2050. Il serait alors illusoire de croire, selon l'auteur, à un basculement du « trop-plein » de cette main-d'œuvre vers d'autres secteurs ou d'autres régions. L'ASS ne pourra pourtant profiter de son dividende démographique que si cette population active trouve un emploi, à défaut de quoi l'explosion sociale pourrait guetter. Ainsi, la prise en compte du devenir de l'emploi rural est essentielle dans la réflexion sur les modèles de production et la mise en œuvre des politiques de développement.

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : AFD

10:52 Publié dans Développement, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : afd, exclusions paysannes |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/02/2015

Des chantiers et des projets pour poursuivre les travaux autour de « l'agriculture familiale »

Dans un rapport remis par Henri Rouillé d'Orfeuil à Annick Girardin et Stéphane Le Foll, la mission d'animation et de coordination de l'Année internationale de l'agriculture familiale (AIAF) fait le bilan de la mobilisation autour de ce sujet en France, et développe des propositions pour poursuivre le travail, mais aussi pour promouvoir la conservation et le développement de l'agriculture familiale.

Après avoir tiré le bilan de l'année 2014 et des nombreuses initiatives à l'échelle française comme internationale, les auteurs mentionnent sept chantiers d'importance pour l'avenir de l'agriculture familiale, déclinés en quinze projets. Il s’agit notamment d’améliorer la connaissance des agricultures familiales dans leur diversité et de promouvoir ces modes de production, dans la coopération internationale, comme vecteur de développement durable des zones rurales. Il est également nécessaire de développer des politiques publiques adaptées, pour favoriser l'organisation des producteurs, l'accès à la terre des familles, le renouvellement des générations et le développement de systèmes alimentaires territorialisés.

Source : ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt

10:31 Publié dans Agriculteurs, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : agriculture familiale |  Imprimer | | | | |  Facebook

19/01/2015

Publication d’un rapport de la FAO sur Les jeunes et l’agriculture : principaux enjeux et solutions concrètes

Cette étude, parue fin 2014, a été menée conjointement par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). L’objectif est de proposer aux acteurs de terrain un aperçu des solutions envisageables pour surmonter les difficultés rencontrées par les jeunes en agriculture.

L’analyse se structure autour de six enjeux majeurs :

  1. Accès au savoir, à l’éducation et à l’information ;

  2. Accès à la terre ;

  3. Accès aux services financiers ;

  4. Accès aux métiers de l’environnement ;

  5. Accès aux marchés ;

  6. Engagement dans les débats politiques.

Le rapport propose une série d’études de cas adaptées à chacun des enjeux et de nombreux exemples concrets mis en œuvre dans différents pays, dont, pour en citer quelques-uns :

- la mise en place par de jeunes entrepreneurs d’un service de SMS permettant aux agriculteurs kényans d’être informés en temps réel du prix des cultures, de les relier directement aux acheteurs et, ce qui est tout aussi important, de les relier entre eux afin qu’ils puissent mutualiser leur production et accéder à de plus gros marchés ;

- la création d’un fonds d’investissement public/privé pour aider les jeunes agriculteurs québécois ;

- un label « Youth Trade » pour faciliter l’accès aux marchés des jeunes entrepreneurs américains. Les exemples sont liés à un contexte précis, mais les auteurs insistent en conclusion sur la nécessité « d’une réponse intégrée cohérente » pour appuyer les jeunes qui débutent en agriculture.

rapport-FAO.jpg

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : FIDA

 

16:18 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : fao |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/01/2015

Colloque FARM et Pluriagri - Agriculture délaissée : terreau de l'insécurité

Organisé le 16 décembre dernier, le colloque annuel de FARM et de Pluriagri avait pour objectif de montrer en quoi le non-développement de l'agriculture pouvait être, dans les pays du Sahel et certains pays arabes, un facteur causal ou aggravant d'insécurité.

Les témoignages et les analyses ont mis en exergue les principaux facteurs ruraux de tension contribuant à l'éclatement des crises sécuritaires :

- l'explosion démographique rurale, l’absence de perspective pour la jeunesse et ses conséquences, comme par exemple le développement de trafics qui minent les tissus sociaux ;

- la marginalisation-paupérisation de certaines populations (groupes ethniques) et/ou de certaines zones (inégalités horizontales) ;

- l'absence d’État sur de vastes territoires peu peuplés, sans mécanisme alternatif de régulation des tensions ;

- les coexistences entre les populations autochtones et de passage, notamment les liens entre le pastoralisme et l'agriculture ;

- les conflits pour les ressources naturelles.

Ainsi, au Sahel (exemple du Mali en particulier), le délaissement de zones marginalisées, cumulé à celui du principal secteur d'activité qu'est l'agriculture, a laissé la place libre au développement de groupes armés et créé les conditions d'un soutien des populations locales, surtout jeunes, à ces mouvements. L'occupation par des groupes armés des zones rurales est de plus un facteur d'insécurité alimentaire, l'activité agricole ne pouvant s'y dérouler normalement (pillages, impossibilité de déplacements, difficultés d'approvisionnement en intrants et de commercialisation, etc.). Ces perturbations, ajoutées à une déstabilisation des marchés de certains produits agricoles par l'aide alimentaire, dépassent les seules zones occupées et ont des répercussions sur toute l'économie agricole nationale, voire régionale, touchant en premier lieu les petits agriculteurs.

Dans le casdes pays arabes, la dernière table ronde a montré en quoi les principaux facteurs soulignés précédemment pouvaient également se retrouver dans l'analyse des récents bouleversements. L'évolution du contexte rural asa place dans l'analyse de ces crises pourtant principalement urbaines. Les tensions ont notamment éclaté au sein de populations déracinées issues de zones rurales marginalisées. À ce propos, selon Rachid Benaïssa, ancien ministre de l'Agriculture algérien, les mesures prises par l'Algérie suite à la guerre des années 1990 - orientées vers la création d'emplois, la valorisation de la ruralité et l'absence de marginalisation territoriale - expliqueraient en partie le fait que la crise de 2011 ne se soit pas propagée dans ce pays. Enfin, prenant le cas de l'Égypte et de la Syrie, Pierre Blanc (Sciences-Po Bordeaux) a montré l'intérêt d'une lecture de l'évolution politique des pays de la zone au regard des dynamiques rurales, et souligné notamment l'analyse qui peut être faite des radicalisations de populations au regard des facteurs fonciers et de réformes agraires.

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : FARM

15:51 Publié dans Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/12/2014

Opportunités et risques du Partenariat Transatlantique pour l’agriculture et l’agroalimentaire européens

Dans une étude commanditée par le Parlement européen, le CEPII passe en revue le commerce agricole entre les États-Unis et l'UE et analyse les principales barrières tarifaires et non tarifaires entre les deux régions. Une libéralisation complète (suppression des droits de douane) et une réduction de 25 % des barrières non tarifaires conduiraient, d'après les simulations, à une hausse de 60 % des exportations agricoles européennes vers les États-Unis, et de 120 % des importations depuis ce pays.

Pour le CEPII, le secteur agricole européen aurait très peu à gagner d'une suppression des droits de douane, à moins que les barrières réglementaires et administratives ne soient également réduites. Le secteur qui pourrait espérer augmenter nettement ses exportations serait celui des produits laitiers, ainsi que, dans une moindre mesure, ceux des vins et spiritueux, du sucre et du biodiesel. À l'inverse, la libéralisation du commerce pourrait particulièrement affecter les secteurs européens de la viande bovine, ainsi que ceux de l'éthanol, de la volaille et de certaines céréales.

L'étude vient confirmer que la question de la convergence réglementaire est un enjeu central de cette négociation. Si la libéralisation avait lieu sans aucune baisse de ces obstacles non tarifaires, les producteurs européens pourraient se voir désavantagés par les coûts liés aux réglementations européennes, concernant notamment les OGM, l'usage des pesticides ou la sécurité sanitaire. Mais, à l'inverse, si le cadre réglementaire venait à être harmonisé entre les deux régions, le risque serait grand d'une harmonisation par le bas. En effet, cela pourrait entraîner, selon les auteurs, des modifications importantes de la législation communautaire et conduire à une remise en cause des principes de précaution et de gestion des risques, principes sur lesquels repose le cadre réglementaire européen.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Source : CEPII

15:20 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : ttip |  Imprimer | | | | |  Facebook

Royaume-Uni : lutte contre l'esclavage moderne dans le secteur agricole et agroalimentaire

Le gouvernement britannique a mis en place, en novembre dernier, une stratégie de lutte contre l'esclavage moderne, phénomène en forte expansion qui concerne 10 000 personnes par an au Royaume-Uni. Un tiers des cas relève du travail forcé, deuxième forme d'esclavage après l'exploitation sexuelle. L'agriculture et l'agroalimentaire ont été identifiés comme les principaux secteurs concernés, avec celui de la construction.

Le travail forcé est majoritairement le fait de trafiquants et du crime organisé, agissant au niveau international, mais il peut relever également d'actes individuels. Dans le domaine agricole, le rapport pointe les agissements de certaines entreprises fournisseuses de main-d'œuvre (gangmasters). Les victimes de travail forcé au Royaume-Uni sont le plus souvent originaires de Pologne, de Hongrie, des Pays Baltes, de Roumanie ou de Chine.

La stratégie mise en place par le gouvernement vise à coordonner l'action de l'ensemble des ministères, des agences et des partenaires extérieurs. Elle comporte quatre volets : persécution, prévention, protection des victimes et préparation. Elle s'accompagne d'un renforcement des dispositions législatives dans divers domaines (Modern Slavery Bill, Company Bill).

La dimension internationale est déterminante dans ce domaine. En effet, les chaînes d'approvisionnement des entreprises sont de plus en plus longues, complexes et globalisées. Les biens et services vendus au sein de l'UE peuvent impliquer de nombreuses entreprises dans le monde entier, auxquelles une partie du travail a été externalisée. Le gouvernement britannique entend donc introduire l'obligation pour les entreprises d'une certaine taille de rendre compte de leurs efforts destinés à s'assurer que les droits humains sont respectés tout au long de leur chaîne d'approvisionnement, et ce partout dans le monde.

Cette mesure est, de l'avis de plusieurs observateurs, l'une des plus avancées à l'heure actuelle. Elle s'inspire d'une mesure similaire prise récemment par l'État de Californie. Responsabiliser les entreprises de dimension internationale au respect des droits humains chez leurs fournisseurs est devenu un enjeu important dans ces deux pays. Cela fait suite à des cas d'esclavage révélés récemment dans le secteur agroalimentaire, tels que celui des crevettes d'origine thaïlandaise vendues dans les supermarchés britanniques, ou celui du cacao ivoirien, dans lequel la Cour d'appel américaine a condamné Nestlé, ADM et Cargill pour avoir toléré l'esclavage d'enfants dans les plantations de leurs fournisseurs.

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Source : gouvernement du Royaume-Uni

 

15:19 Publié dans IAA, Mondialisation et international, Société | Lien permanent | Tags : esclavage moderne |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/12/2014

La première quantification des émissions de CH4 et N2O dues au commerce international de viandes de bœuf, porc et poulet

Les émissions de méthane (CH4) et de protoxyde d'azote (N2O) dues à l'élevage représentent 9 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine anthropique. Par ailleurs, trois grandes tendances ont été observées : la croissance du commerce mondial, l'intensification de la production globale de viande (qui atteint 310 Mt en 2012) et l'augmentation de la consommation de viande, en particulier dans les pays émergents. Ces éléments ont conduit une équipe de chercheurs américains et italiens à évaluer les émissions de GES non CO2 (i.e. CH4 et N2O) dues au commerce international de viandes de bœuf, porc et poulet. Dans un article publié en novembre dernier, ils ont ainsi estimé les émissions liées aux fermentations entériques et aux effluents d'élevage, dans 237 pays et sur la période 1990-2010, et les ont assignées aux pays où la viande est effectivement consommée.

Il en ressort que, en 2010, 2 %, 5 % et 4 % des émissions liées respectivement aux viandes de bœuf, porc et poulet faisaient l'objet d'échanges commerciaux, et que ces émissions ont cru de 19 % sur la période 1990-2010. Les principaux flux internationaux d'émissions liées au commerce de viande sont dues aux exportations de viande du Brésil et de l'Argentine vers la Russie (surtout bœuf et poulet), et aux échanges commerciaux au sein de l'Europe.

Principaux flux d'émissions (en Mt équivalent CO2) liées au commerce international de viande entre les principaux pays exportateurs et importateurs dans le monde (a) et en Europe (b) en 2010

Commerce viande carte.jpg

Source : Environmental Research Letters

L'analyse met ainsi en évidence que l'augmentation de la consommation des différentes viandes va de pair avec une différenciation spatiale de plus en plus marquée entre leurs zones de production et leurs zones de consommation.

Origine géographique des émissions des trois pays les plus grands importateurs nets de viandes de bœuf, porc et poulet en 2010. Les diagrammes circulaires montrent les pays où ces viandes ont été produites.

Commerce viande origine.jpg

Source : Environmental Research Letters

Pour finir, l'intensité des émissions des productions de viandes domestique et importée a été comparée : pour la France en 2010 par exemple, l'intensité d'émissions de la viande produite sur le territoire était de 20 kg CO2-eq par kg de viande, tandis que celle de la viande importée était inférieure (14 kg CO2-eq par kg de viande). Les auteurs soulignent que d'autres facteurs du cycle de vie des produits animaux devraient toutefois être pris en compte pour compléter l'analyse, en particulier ceux liés aux émissions indirectes de CO2 (transport des animaux, production des aliments, changement d'usage des sols, fuites de carbone, etc.).

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : Environmental Research Letters

 

 

14:55 Publié dans Climat, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : élevage, commerce international |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/12/2014

Deux documents paraissent sur la nutrition au niveau international

Mi-novembre a été publié le Global nutrition report 2014, document établi par un groupe d’experts internationaux sous l’égide de l’IFPRI. Première édition d’une série annuelle, initiée suite aux engagements pris lors du Nutrition for Growth Summit (2013), ce rapport rassemble un champ large d’indicateurs clés sur le statut nutritionnel, les actions et les ressources des 193 pays membres des Nations unies. L’objectif est d’évaluer les progrès réalisés dans l’amélioration du statut nutritionnel, à l’échelle mondiale et de chaque pays, et également de proposer un mécanisme de suivi des engagements pris par les 96 signataires du Nutrition for Growth Summit. Une plate-forme permet de visualiser en ligne les données recueillies, qui présentent toutefois un certain nombre de lacunes (absence d’éléments pour plusieurs pays, dont le Canada, une grande partie des États européens, l’Australie, etc.).

Dans le même temps, à l’occasion de la Deuxième conférence internationale sur la nutrition (ICN2), organisée à Rome du 19 au 21 novembre, la FAO a publié un recueil compact (Food and Nutrition in Numbers 2014) des principales données et tendances sur les déficits en micronutriments, le surpoids, l’obésité et les maladies non transmissibles, de 1990 à aujourd’hui. Ce document propose également des indicateurs sur les liens entre nutrition, santé et environnement, ainsi que des données détaillées notamment sur les prix et la consommation alimentaires, les émissions carbone de l’agriculture et l’usage des terres.

Sources : Global nutrition report, FAO

14:35 Publié dans Mondialisation et international, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : nutrition, obésité, fao |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/12/2014

Les MDD au niveau mondial

Le 18 novembre, Nielsen a publié les résultats d’une enquête mondiale portant sur les produits à marque de distributeur (MDD), conduite auprès de 30 000 internautes dans 60 pays, et visant à détailler la perception de ces produits par les consommateurs (qualité, valeur perçue, assortiment et packaging) et à en comprendre l’impact sur les achats.

Il apparaît notamment que, si les opinions sont « majoritairement positives à leurs égards », leur développement est variable selon les pays : leur part de marché en valeur est supérieure à 15 % dans les pays développés (plafond à 45 % dans certains pays), mais ne dépasse pas 10 % dans les régions en développement et 5 % en Chine, en Inde et au Brésil. De manière générale, ces parts de marché sont les plus élevées pour des produits de base, à forte fréquence d’achat ou pour lesquels « les consommateurs perçoivent peu de différenciation par rapport aux grandes marques ». Ce sont par exemple le lait, le pain et les œufs en Europe, aux États-Unis et en Australie, le beurre clarifié, le riz et la farine d’atta en Inde.

Source : Nielsen

14:20 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : mdd |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/11/2014

12e Convention mondiale sur la diversité biologique : évaluation à mi-parcours du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020

« Protéger la vie menacée est une tâche urgente et universelle qui ne peut pas attendre ». C'est par cette réflexion que le secrétaire exécutif de la Convention pour la Diversité Biologique (CDB) a conclu la 12e Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP12) qui s'est achevée le 17 octobre dernier, à Pyeongchang, en Corée du Sud.

convention-biological-diversity.jpg

Lors de cette conférence, le rapport d'évaluation à mi-parcours du Plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique a été présenté. Ce plan, comportant vingt objectifs dits « objectifs d'Aichi » répartis en cinq buts stratégiques, avait été approuvé lors de la 10e Conférence en octobre 2010, à Nagoya (Japon). Quatre ans après son adoption, il est constaté que « les progrès actuels sont insuffisants » et « que la perte de biodiversité se poursuit avec des répercussions négatives sur le bien-être humain ».

Devant ce constat, les pays membres de la CDB sont appelés à se mobiliser pour renforcer leurs politiques en matière de biodiversité, en s'assurant d'une mise en œuvre rapide et concrète des programmes d'actions. Toutes les parties sont aussi convenues de l’incontournable nécessité d'adopter des politiques intégrées, notamment en matière desanté et biodiversitéou encore de biodiversité et changement climatique.

Parmi les voies d'amélioration possibles, concernant notamment le but stratégique de « réduction des pressions directes exercées sur la diversité biologique et encouragement de l’utilisation durable », certaines mesures clefs préconisées concernent directement l'agriculture :

- une agriculture plus efficace(objectif 7) : utilisation plus ciblée et efficace des engrais, des pesticides et de l’eau, réduction des pertes après récolte et du gaspillage des denrées alimentaires, promotion de régimes alimentaires durables ;

- une réduction de la pollution(objectif 8), notammentpar l’améliorationde l’efficacité de l’utilisation des éléments nutritifs en l’agriculture, et par la conservation et la restauration des zones humides.

Notons enfin que cette 12e Conférence a été marquée par deux avancées fortes :

- l'entrée en vigueur le 12 octobre 2014 du Protocole de Nagoya, sur l'accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages liés à leur utilisation (APA – voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog) ;

- un accord financier pour la période 2015-2020 confirmant le doublement, dès 2015, des financements octroyés à la préservation de la biodiversité pour les pays en voie de développement et leur maintien jusqu'en 2020.

Christine Cardinet, Centre d'études et de prospective

Source : Convention on Biological Diversity

 

11:01 Publié dans 2. Evaluation, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : biodiversité, cdb |  Imprimer | | | | |  Facebook

31/10/2014

Foodpolis, le cluster coréen dédié à l’alimentation

À l’occasion du SIAL 2014, l’Agency for Korea National Food Cluster a présenté le projet Foodpolis, dans l’optique de recruter des entreprises, en particulier américaines et européennes. Initié en 2008 et bénéficiant d’un budget d’environ 500 millions d’euros, l’objectif de Foodpolis est de devenir la plate-forme privilégiée pour les exportations agroalimentaires à destination de l’Asie du nord-est (Corée, Japon, Chine). S’inspirant notamment de la Food Valley au Pays-Bas et du pôle de compétitivité Vitagora (Dijon), cette zone située à moins de deux heures de Séoul (train à grande vitesse en construction) proposera aux entreprises des terrains, des infrastructures commerciales (port, aéroport, etc.), trois centres de R&D, ainsi qu’un « coup de pouce » administratif. Le projet devrait être lancé début 2016.

Foodpolis.jpg

Sources : Korea National Food Cluster, AFP

 

10:14 Publié dans IAA, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : corée du sud |  Imprimer | | | | |  Facebook

Le nouveau rapport de l'OMC souligne la concentration dans certains maillons des chaînes de valeur mondiales agricoles

Le Rapport sur le commerce mondial de l'OMC s'attache cette année à analyser les tendances récentes des liens entre commerce et développement. L'expansion des chaînes de valeur mondiales est l'une des principales tendances identifiées. Ces chaînes de valeur sont présentées comme une source d'opportunités pour les pays en développement, mais elles présentent également des risques. Dans le domaine des produits agricoles, ces chaînes se caractérisent par une concentration forte dans certains maillons, tant en amont (fournisseurs de produits agrochimiques) qu'en aval (négociants).

Source : OMC

10:11 Publié dans Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : omc, chaînes de valeur |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/10/2014

La nouvelle politique sud-africaine en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle

Le Département de l’agriculture sud-africain a publié fin août le nouveau document de politique sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Selon l’institut sud-africain des statistiques, 11,3 % des ménages du pays étaient en situation d’insécurité alimentaire en 2013.

Ce document synthétise les grands objectifs en matière de sécurité alimentaire et les domaines d’intervention prioritaire pour l'État. Il préconise cinq axes d’interventions : mettre en place des filets de sécurité pour répondre aux situations d’urgence ; développer l’éducation nutritionnelle ; augmenter la production agricole, en mettant l’accent sur le soutien aux ménages ruraux pratiquant la petite agriculture ; renforcer l’accès aux marchés des petits agriculteurs ; enfin améliorer la gestion du risque en appuyant les programmes de recherche agricole.

Au travers de ce document, l’Afrique du Sud réaffirme également son rôle de puissance agricole régionale. Elle entend soutenir le développement de la production alimentaire comme facteur de stabilité politique au sein de la SADC (Southern African Development Community), en favorisant les investissements dans le développement de la production primaire et dans les infrastructures agricoles. Le Département de l’agriculture se montre également ouvert au développement de réserves alimentaires régionales, à l’image de ce que développe la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest).

Si ce document n’a pas de valeur légale, il constitue néanmoins une inflexion notable de la politique agricole sud-africaine, en reconnaissant de façon explicite le rôle de la petite agriculture en matière de sécurité alimentaire, rôle jusqu’alors dévolu à l’agriculture commerciale, et la nécessité pour l'État de mieux accompagner ce secteur en ayant recours à des subventions agricoles et à une meilleure protection tarifaire. Il s’agira toutefois de voir dans quelle mesure le Département de l’agriculture disposera des moyens suffisants pour mettre en œuvre cette politique.

Guillaume Furri, Conseiller pour les Affaires Agricoles, Service Économique Régional en Afrique Australe, Ambassade de France en Afrique du Sud

Source : South Africa Government

 

Aux États-Unis, actions en justice contre Syngenta et son maïs OGM

En l’espace d’un mois, Syngenta a fait face à deux plaintes déposées aux États-Unis par Cargill et des agriculteurs de cinq États fédérés : en cause, le maïs OGM « Viptera », dont les livraisons à destination de la Chine, sans que cette dernière n'ait autorisé cet OGM, ont été refusées.

En avril 2012, le directeur général de Syngenta avait annoncé une autorisation « d'ici quelques jours » de l'OGM par Pékin, ce qui n'a jamais eu lieu. Fin 2013, les autorités chinoises, ayant retrouvé des traces de ce maïs OGM non encore autorisé et ayant donc refusé les cargaisons, de nombreux chargements de grain et de produits dérivés du maïs avaient dû rebrousser chemin ou trouver nouvel acquéreur. Ces problèmes inattendus avaient alors perturbé la filière américaine du maïs et ils conduisent aujourd’hui à deux actions en justice.

Le mois dernier, Cargill a déposé plainte contre le fabricant suisse, lui reprochant d'avoir commercialisé de façon irresponsable des semences avant que la Chine n'approuve l'importation de l'OGM. 130 millions de dollars auraient ainsi été perdus par deux grands exportateurs américains, Cargill et Trans Coastal Supply Co.

Ces jours-ci, ce sont les agriculteurs américains de cinq États fédérés qui, représentés par un grand cabinet d'avocats, attaquent Syngenta en justice. Bien que n'ayant pas planté le maïs OGM, ils auraient tout de même subi les retombées économiques des refus chinois et la chute des prix qui a suivi. La National Grain & Feed Association estime que les producteurs de maïs auraient ainsi perdu près d'un milliard de dollars. Il est en effet possible de détecter Viptera sur de nombreux produits américains, alors que seulement 3 % de la SAU en maïs sont concernés.

Alexis Grandjean, Centre d’études et de prospective

Sources : Cargill, National Grain and Feed Association

11:21 Publié dans Mondialisation et international, OGM, Organisations agricoles | Lien permanent | Tags : etats-unis, ogm |  Imprimer | | | | |  Facebook