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08/10/2012

Global Food Security Index

L'Economist Intelligence Unit, en partenariat avec l'entreprise DuPont, a construit un Index de sécurité alimentaire (Global Food Security Index) entendue au sens large, recouvrant les notions d'accessibilité (en termes de prix) et de disponibilité des produits, ainsi que de qualité sanitaire et nutritionnelle.

L'accessibilité comprend ainsi, entre autres, la part de budget consacrée à l'alimentation et les prix des produits alimentaires importés. La disponibilité est mesurée par la dépense publique en recherche et développement dans l'agriculture, l'état des stocks ou encore des infrastructures. Quant à la qualité, elle est reflétée notamment par l'existence de normes nutritionnelles, la disponibilité en micronutriments et le degré de diversification des régimes alimentaires.

Au total, 25 indicateurs ont été documentés et 105 pays classés selon cet Index. La France se situe à la 4e place de l'index global et à la 2e place pour la qualité sanitaire et nutritionnelle.

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Le rapport met en évidence des corrélations telles celle entre l'accès au financement pour les agriculteurs et la sécurité alimentaire globale. Cet index sera actualisé tous les trois mois pour prendre en compte les fluctuations de prix.

Céline Laisney, Centre d'études et de prospective

 Source : Global Food Security Index

05/10/2012

San Francisco s'engage dans le développement de l'agriculture urbaine

Fin juillet, la ville de San Francisco a adopté un programme de soutien à l'agriculture urbaine, doté en propre de 120.000 dollars et d'un emploi à temps plein. Avec ce guichet unique, elle entend mieux coordonner ses interventions sur un domaine d'activité en pleine expansion, pour lequel elle dépense de l'ordre de 550.000 dollars par an. Un inventaire des parcelles cultivables doit être réalisé d'ici la fin de l'année, y compris les toits d'immeubles. La ville pourra ainsi définir un « Plan stratégique » pour l'agriculture urbaine et prioriser les projets en attente.

Cette décision fait notamment suite à la mise à jour du droit de l'urbanisme en 2011, avec la définition d'une neighbourhood agriculture (sur des micro-parcelles), d'une large scale urban agriculture (sur des lots de plus d'un acre, soit 0,4 ha) et d'un régime juridique favorable à la distribution-commercialisation des produits et précisant les règles de cohabitation avec les autres occupations du sol (notamment les habitations).

Ce Plan stratégique vise notamment à faciliter l'accès des community gardens, en manque d'espace, aux terrains municipaux. Les community gardens peuvent être comparés aux jardins ouvriers et aux jardins partagés français, en ce qu'ils procèdent d'une démarche d'animation sociale et d'insertion des minorités. Dans un contexte de crise économique, le jardinage de ville et l'auto-consommation de subsistance prennent une place croissante dans l'alimentation des ménages pauvres.

Florend Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Mairie de San Francisco


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03/10/2012

Évaluation des politiques agricoles de l'OCDE

L'OCDE innove avec l'intégration, dans l'édition 2011 du rapport annuel de suivi-évaluation des politiques agricoles, de certains pays émergents : Afrique du Sud, Brésil, Chine, Russie, Ukraine.

Comme à l'accoutumée, l'analyse est centrée sur l'évolution de « l'estimation du soutien au producteur », ramené à la valeur de la production agricole. Du fait de la hausse des prix agricoles, l'année 2010 est marquée par une réduction mécanique de cet indicateur : 18% en 2010 contre 22% en 2009.

À noter que les États-Unis se démarquent par un ratio aides / valeur de la production relativement bas, à hauteur de 7%, ce qui s'explique en partie par le caractère anticyclique de la politique agricole américaine (niveau d'aides variable avec la conjoncture).

 Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective

 Source : OCDE 

25/09/2012

Alimentation : des différences culturelles encore bien ancrées

Selon un sondage réalisé par Monster auprès de 17 300 salariés européens (dont 2420 français), la culture du déjeuner varie très sensiblement d’un pays à l’autre du continent. Les salariés d’Europe de l’Est sont les plus nombreux à prendre un vrai repas à table, une habitude notamment observée chez plus de 60 % des salariés tchèques. En France, 48% des salariés prennent quotidiennement un vrai déjeuner à table, contre 34% des Européens en moyenne, et seulement 8% des Suédois et 6 % des Danois. 24% des salariés français en profitent pour « faire une balade et manger un petit en-cas » et la même proportion se contente d'un sandwich au bureau (4% seulement sautent le déjeuner).

 Cette enquête indique qu'à l’heure où la mondialisation semble entraîner une certaine uniformisation des modes de vie, la conception de l'alimentation demeure différente selon les pays, comme le montre également une étude TNS Sofres : plaisir essentiel en France et en Allemagne, elle s’impose avant tout comme une nécessité aux États-Unis ou encore en Russie. En France, Allemagne, Espagne et Russie, bien manger est associé à la recherche de diversité pour 6 consommateurs sur 10, ce qui est moins le cas en Grande-Bretagne (42 %), aux États-Unis (28 %) et en Chine (33 %). La convivialité est prisée en France et en Allemagne, beaucoup moins dans les pays anglo-saxons. Quant à la vision altruiste de l’alimentation (“faire plaisir aux autres”), elle inspire uniquement les consommateurs français et allemands et n’émerge dans aucun autre pays.

 

Céline Laisney, Centre d'études et de prospective

 

Sources : Monster, TNS-Sofres

17:02 Publié dans Alimentation et consommation, Mondialisation et international | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

24/09/2012

Changement climatique et prix des produits alimentaires

L'ONG Oxfam a publié une étude sur les conséquences du changement climatique, et notamment des « événements extrêmes » (sécheresses, inondations et vagues de chaleur), sur les prix de l'alimentation à l'horizon 2030. En effet, les recherches se sont focalisées jusqu'ici sur l'impact d'un changement climatique graduel, or, comme l'a montré la sécheresse dans l'Ouest américain cette année, un seul événement climatique extrême peut entraîner une envolée des cours très forte et très rapide.

 L'étude, réalisée par l'Institute of Development Studies, se base sur le modèle d'équilibre général GLOBE. L'impact sur les rendements a été modélisé à partir des événements climatiques passés sur la période 1979-2009. Les projections centrales montrent que le prix moyen des produits de base pourrait doubler entre 2010 et 2030, et que les prix à l'export de plusieurs céréales connaîtraient de fortes hausses : + 177% pour le maïs, + 120% pour le blé, + 107% pour le riz raffiné.

 Un scénario plus pessimiste est également envisagé, en cumulant d'autres facteurs de volatilité comme des politiques "inadaptées" (restrictions à l'exportation).

 Selon cette étude, le monde deviendrait encore plus dépendant des exportations américaines de blé et de maïs, et certaines régions, comme l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, risquent d'être encore plus vulnérables aux hausses de prix.

 Pour accroître la résistance du système alimentaire mondial, l'ONG préconise une augmentation de l'investissement public dans l'agriculture, la capitalisation par les pays développés du Fonds vert pour le climat, et plus généralement des efforts d'adaptation mais également d'atténuation du changement climatique.

 

Céline Laisney, Centre d'études et de prospective

 Source : Oxfam


17:00 Publié dans Climat, Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

21/09/2012

Aux États-Unis, une actualité chargée en matière de limites de position

Le 25 septembre 2012, la CFTC, le régulateur américain des marchés dérivés de matières premières, a rendu public le paiement par la société Sheenson Investments Ltd., basée en Chine, d’un montant de 1,5 million de dollars (amendes et dommages) au titre des positions excessives prises par cet opérateur sur les marchés de l’huile de soja (février-mars 2009) et surtout du coton (janvier-juillet 2011). Il s’agit d’une des plus importantes sommes jamais versées à ce titre.

 Sur le contrat coton n°2 (ICE), à plusieurs occasions, la société Sheenson et son fondateur M.Ge ont violé les limites établies par la CFTC, tant les limites all month (dépassement de près de 8%) que les limites single month (dépassement de plus de 17%). Reuters estime que l’ensemble des positions détenues sur le coton par cette seule société à cette période à une valeur notionnelle de 510 millions de dollars. La société Sheenson a ainsi détenu à elle seule près d’un huitième des positions ouvertes sur contrats et options sur coton.

Ces faits jettent une lumière nouvelle sur la flambée constatée sur ce marché début 2011 (graphique ci-dessous). Une flambée que les analystes avaient peine à expliciter par les seuls fondamentaux de marché :

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Deux jours plus tard, le 27 septembre, la CFTC indiquait cette fois que la banque JP Morgan Chase était contrainte de verser 600 000 dollars également pour cause de dépassement des limites fédérales sur le coton (à l’automne 2010). Dans ce second cas, l’enquête a mis en cause une défaillance du système de surveillance automatique des limites. Ce même jour, la banque Australia and New Zealand Banking Group Ltd était elle aussi contrainte de verser 350 000 de dollars d’amendes pour des positions excessives sur blé et coton.

 

Pierre Claquin, Centre d'études et de prospective

 

Source : CFTC

 

 

15:25 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

20/09/2012

Remise en cause des avantages économiques de l'agrandissement des exploitations laitières

Une équipe de chercheurs de l'université de Wageningen (Pays-Bas) vient de publier un rapport relatif à l'impact de l'agrandissement des exploitations laitières sur leurs performances économiques, portant non seulement sur les Pays-Bas mais aussi sur des bassins européens concurrents (dont Allemagne, Danemark, France, Royaume-Uni). Les exploitations laitières analysés ont été séparées en deux groupes sur la base d'indicateurs économiques de revenus et de trésorerie : comparaison des 25% d'exploitations dont l'agrandissement a été le plus économiquement réussi (successful growers) et des 25% d'exploitations dont l'agrandissement a été le moins réussi.

 Ces comparaisons montrent que les successful growers sont des exploitations qui se sont agrandies moins vite que les autre et qui ont relativement moins investi (montant des investissements ramenés au kg de lait produit), sachant qu'aux Pays-Bas, sur 2001-2009, en moyenne, les investissements étaient de 8 €/100 kg pour les exploitations considérées comme « petites » (mois de 350 000 kg de lait) mais de 18 €/100 kg pour les « grandes » (plus de 750 000 kg de lait). Elles sont moins endettées que les autres exploitations (toujours en ramenant l'indicateur en volume produit) et ont donc des charges financières inférieures.

Les comparaisons européennes conduisent à souligner le haut niveau d'investissement des exploitations danoises et néerlandaises, lié au prix élevé des quotas que les producteurs ont dû acquérir, mais aussi aux niveaux élevés d'investissement dans le foncier et les bâtiments. Le niveau d'endettement aux Pays-Bas et au Danemark est de plus de 1 €/kg de lait, soit le double des autres pays étudiés.

 

Le rapport souligne finalement la fragilité des exploitations qui se sont rapidement agrandies et ont un niveau d'endettement élevé face à tout retournement de conjoncture, avec des problèmes de liquidités en cas de baisse du prix du lait. Et cette fragilité est vraie pour les 25% d'exploitations laitières néerlandaises à l'agrandissement moins réussi, mais aussi pour les 25% de successful expanders, contrairement à leurs homologues en France, Allemagne et au Royaume Uni.

 

Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective

 Source : Wageningen


 

19/09/2012

Les nouvelles propositions de l’Autorité Européenne des Marchés Financiers (AEMF)

Après deux phases de consultation, l’AEMF a publié le 27 septembre 2012 ses propositions de « standards techniques » destinés à préciser certains articles du tout récent règlement sur les produits dérivés de gré à gré, les contreparties centrales et les référentiels centraux (règlement 648/2012 dit « EMIR »). Ce règlement impose notamment la transparence sur les transactions de gré à gré (over the counter en anglais ou OTC) et la compensation pour les dérivés OTC suffisamment liquides.

 Pour les opérateurs des marchés dérivés de matières premières agricoles, les principales propositions de l’AEMF sont la définition de la notion de « couverture » (les opérations visant à se prémunir du risque prix de l’activité commerciale, ces opérations étant exemptées de l’obligation de compensation) et la définition du seuil au-delà duquel la compensation s’impose également aux entreprises commerciales.

 Le seuil retenu est fixé pour les dérivés de matières premières à 3 milliards d’euros de valeur notionnelle. Pour qu’une entreprise non financière ou « commerciale » soit astreinte à l’obligation de compensation sur ses transactions de gré à gré, sa position, nette des opérations de couverture, doit donc dépasser le seuil ainsi fixé.

 Les propositions de l’AEMF détaillent également les informations qui devront être transmises, pour chaque transaction, aux référentiels centraux (structures collectant ces données) qui devront eux mêmes communiquer publiquement et de manière hebdomadaire les positions ouvertes et les volumes échangés par grandes classes d’actifs.

 

Pierre Claquin, Centre d'études et de prospective

 Source : AEMF


 

15:22 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/09/2012

FAO/OCDE : Perspectives agricoles 2012-2021

 Les Perspectives agricoles pour 2012-2021 ont été publiées par l'OCDE et la FAO le 11 juillet dernier. Les auteurs de ce rapport indiquent que :

  • les prix agricoles devraient se maintenir à un niveau élevé en raison de la hausse de la demande alimentaire pour l'Homme et le bétail, mais aussi de la demande en biocarburants. Ces derniers devraient absorber une part importante et croissante des productions de canne à sucre (34%), huiles végétales (16%) et céréales (14%) d'ici 2021 et la FAO prévoit un doublement de la production d'éthanol à l'horizon 2021 ;

  • l'inflation des prix alimentaires restera un problème préoccupant, notamment pour les pays en développement. Il en sera de même de la volatilité des prix en raison de la variabilité importante des rendements, elle-même due aux incertitudes météorologiques ;

  • un ralentissement de la croissance de la production est à prévoir : elle passera de plus de 2% par an dans les dernières décennies à 1,7% par an pour la décennie à venir. Ce seront d'ailleurs essentiellement les pays en développement qui contribueront à cette croissance de la production (1,9% par an contre 1,2% par an pour les pays développés) ;

  • les économies émergentes (Brésil, Indonésie, Thaïlande, Russie, Ukraine, etc.) s'arrogeront une part croissante du commerce mondial de produits agricoles, lui-même en augmentation ;

  • la croissance de la consommation alimentaire sera la plus forte pour les produits transformés, les matières grasses et les protéines (la consommation de viande augmentant fortement notamment en Asie, Amérique du Sud et Moyen-Orient) ;

  • les hypothèses sous-jacentes concernant la volatilité des prix et le niveau des prix de l'énergie conditionnent toutefois fortement ces perspectives.

     

À plus long terme, les deux organisations estiment que la production agricole devra augmenter de 60% pour satisfaire la demande alimentaire mondiale, ce qui représente d'après elles un milliard de tonnes de céréales et 200 millions de tonnes de viande en plus par an à l'horizon 2050. Compte tenu du fait que l'augmentation des terres disponibles restera limitée, une amélioration durable de la productivité agricole sera donc indispensable pour répondre à l'accroissement de la demande. Les gains de productivité pourraient provenir en premier lieu d'une réduction du retard des pays en développement, mais les auteurs soulignent un risque d'utilisation de cette production supplémentaire pour la production de biocarburants.

 

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

 

Source :OCDE / FAO, Perspectives agricoles pour 2012-2021

 

Rendre flexibles les mandats d'incorporation de biocarburants pour atténuer les flambées des prix ?

Alors que les prix des céréales et des oléoprotéagineux connaissent leur troisième flambée en 6 ans, l'idée d'utiliser les politiques de biocarburants comme outils de régulation des marchés en cas de crise a fait l'objet de plusieurs études publiées cet été.

Une étude du DEFRA considère que, bien que les biocarburants ne soient probablement pas la cause des hausses de prix, des politiques plus flexibles de biocarburants permettraient lors d'une flambée de prix d'augmenter les disponibilités en céréales et oléoprotéagineux et donc de calmer les cours. À l'aide d'un modèle, les auteurs simulent les effets sur les prix d'une suspension des mandats d'incorporation. Il en résulte qu'en présence de prix élevés, la suppression temporaire des mandats dans l'UE, sans remise en cause de la fiscalité ou des droits de douane, pourrait réduire les prix des céréales entre 10% et 35%. Les effets aux États-Unis seraient plus importants encore selon ce rapport.

Aux États-Unis, la politique de biocarburants intègre déjà des outils de flexibilité : un système de droits permet aux entreprises de reporter d'une année sur l'autre les volumes de biocarburant qu'elles doivent incorporer, et par ailleurs l'Agence de l'environnement a la capacité de réviser les mandats annuels si nécessaire.

Néanmoins, et malgré les incertitudes notamment techniques, une étude publiée en août par l'université de Purdue aux États-Unis montre que si plusieurs conditions sont réunies, un allègement du mandat d'incorporation américain pourrait engendrer une baisse du prix du maïs allant jusqu'à 1,30 $/bu, soit environ 15% du prix actuel.

 

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Sources : DEFRA, « Can biofuels policy work for food security?»

 Purdue University, « Potential Impacts of a Partial Waiver of the Ethanol Blending Rules »


 

11/07/2012

La condamnation de deux labels américains par l'OMC crée un précédent

L'organe d'appel de l'OMC a condamné les États-Unis pour deux labels alimentaires emblématiques de la politique américaine d'information aux consommateurs. Le premier cas oppose depuis 10 ans les États-Unis au Mexique au sujet du label Dolphin-safe, censé garantir au consommateur que le thon a été pêché sans causer de dommages aux dauphins. Les juges ont considéré que le label discriminait en particulier les techniques de pêche mexicaines.

Le deuxième cas concerne l'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes de bœuf et de porc. Obligés de différencier les viandes selon leur origine, les industriels sont incités à privilégier des animaux nés, élevés et abattus aux États-Unis, ce qui là aussi est considéré par l'OMC comme une discrimination.

Selon l'ICTSD, le principal enjeu de ces jugements réside ailleurs. D'abord, dans le cas dolphin-safe, c'est la première fois qu'un label facultatif est condamné par l'OMC. Plusieurs ONG ont alerté sur le fait que désormais, les produits biologiques ou équitables pourront être attaqués à leur tour. Ensuite, malgré les condamnations des mesures, les juges ont considéré comme légitime l'objectif de fournir au consommateur une information sur l'origine, et celui de garantir que le marché intérieur américain n'encourage pas des techniques de pêche dommageables pour les dauphins. Cette jurisprudence pourrait avoir des implications sur les standards européens concernant la durabilité des biocarburants ou encore le bien-être animal.

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Sources : OMC, ICTSD

03/07/2012

Effets de la crise sur les comportements alimentaires des Britanniques

L'hebdomadaire The Economist a rassemblé plusieurs sources de données afin de dresser un portrait de l'alimentation et de la nutrition outre-Manche. La crise économique a eu un impact sur les comportements alimentaires des Britanniques depuis 2008 :

- moindre fréquentation des restaurants ;

- chute des ventes des produits alimentaires biologiques ;

- stratégies d'achats alimentaires pour économiser ;

- moins d'achats de fruits et légumes frais ;

- moins d'achats de viande et de poisson car leur préparation nécessite l'achat d'autres ingrédients pour obtenir un repas complet ;

- choix de pièces de boucherie moins chères qu'auparavant ;

- visites plus fréquentes aux supermarchés mais pour acheter moins qu'avant ;

- constitution de listes d'achat pour acheter juste ce qu'il faut ;

- augmentation des ventes de plats déjà préparés à réchauffer.

Ces tendances s'observent sur l'ensemble des foyers, quels que soient leurs revenus. Au final, il semblerait que les Britanniques passent à présent plus de temps à regarder les émissions culinaires à la télévision qu'à préparer leurs repas.

Jo Cadilhon, Centre d'études et de prospective

Source : The Economist

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28/06/2012

Portail des zones agro-écologiques

Un nouveau portail en ligne de la FAO et de l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués (IIASA), le portail des zones agro-écologiques (GAEZ), est un outil de planification servant à recenser les zones pouvant accroître leur production vivrière. Dans certaines régions, la FAO estime ainsi que la production actuelle est à 30-40 % de son potentiel, en particulier en Afrique subsaharienne.

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Le premier pas déterminant pour intensifier durablement la production sera de combler les écarts de rendement qui continuent à affecter le secteur agricole dans de nombreuses régions du monde. En effet, les rendements céréaliers du continent africain ont longtemps tourné autour de 1,2 tonne l'hectare, contre un rendement moyen d'environ 3 tonnes l'hectare dans le monde en développement.

Ce nouveau portail en ligne de la FAO et de l'IIASA entend renforcer la capacité des planificateurs et des décideurs d'estimer les potentiels et la variabilité de la production selon différents contextes environnementaux et scénarios de gestion, prenant en compte notamment les conditions climatiques, les régimes de gestion, les disponibilités d'eau et les niveaux d'intrants.

 

Sources : FAO 

Voir aussi la publication de Laurence Roudart


18/06/2012

Accession de la Russie à l'OMC : de belles perspectives pour les exportateurs agricoles

L'adhésion de la Russie à l'OMC bénéficierait largement à ses exportateurs agricoles. Une récente publication de l'ICTSD ayant évalué les effets possibles de cette adhésion, conclut que les avantages attendus pour les pays exportateurs résulteraient de la réduction des droits de douane, de la facilitation du commerce avec la Fédération et d'une meilleure prévisibilité dans la régulation de son commerce extérieur. La demande agricole et alimentaire domestique en augmentation devrait aboutir à un recours croissant de la Russie aux marchés extérieurs.

En vertu du Système généralisé de préférence de l’Union douanière (Schéma SGP de l’Union douanière), appliqué pour les pays en développement et les pays les moins avancés, la Russie devrait connaître une augmentation substantielle des échanges de plusieurs produits, notamment le sucre et la viande porcine en provenance du Brésil.

Sa production bovine se trouvera par ailleurs concurrencée par une viande provenant de diverses origines : Brésil, Uruguay et Paraguay, avec des prix compétitifs bénéficiant au consommateur russe.
Si les exportateurs de vin comme le Chili, l'Afrique du Sud et l'Argentine pourraient prendre des parts de marché importantes en Russie, ils seront en compétition directe avec les exportateurs traditionnels des pays développés. La suppression des restrictions commerciales permettra en effet d'améliorer les termes des échanges avec les pays hors CEI (y compris les pays en développement), ces derniers trouvant un meilleur accès au marché russe mais aussi à celui de la Biolorussie et du Kazakhstan.

Hiba el Dahr, Centre d'études et de prospective

16/05/2012

Rapport de l'IFPRI sur les politiques alimentaires mondiales

Le Rapport sur les politiques alimentaires mondiales pour l’année 2011 est une nouvelle publication annuelle de l’IFPRI qui livre une analyse des grands défis de la politique alimentaire aux niveaux mondial, régional, national et local. Il met en évidence les développements et événements importants intervenus en 2011 dans la politique alimentaire, en tire les enseignements, émet des recommandations pour les politiques, présente les outils et les indicateurs de politique alimentaire utilisés par l’IFPRI, et examine les perspectives pour 2012.

 Les neuf chapitres, rédigés par des chercheurs de l’IFPRI et d’autres spécialistes de la politique alimentaire, fournissent une analyse approfondie sur des sujets cruciaux tels que :

niveaux et volatilité des prix des produits alimentaires

catastrophes naturelles et d’origine humaine

changement climatique

biocarburants

liens entre agriculture et nutrition, santé, eau et énergie

gestion durable des terres

développements régionaux

nouveaux acteurs de la politique alimentaire mondiale

Il présente enfin plusieurs tableaux, figures, illustrations infographiques et cartes (voir notamment en page 12 le tableau des événements encourageants, des événements qu'on espérait ne pas voir se produire et de ceux à surveiller en 2012).

Source : IFPRI


 

Résumé en français :

http://www.ifpri.org/sites/default/files/publications/oc72afr.pdf

15:11 Publié dans 4. Politiques publiques, Mondialisation et international | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook