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13/12/2019

Inégalités de revenu en milieu rural dans le bassin arachidier du Sénégal

Des chercheurs du Cirad (Montpellier) et du Bureau d’analyses macro-économiques de l’Institut sénégalais de recherches agricoles ont étudié les inégalités de revenu des ménages ruraux au sein du bassin arachidier du Sénégal. Cette zone concentre une grande partie de la population rurale du pays. L'analyse a été conduite sur un échantillon de 1 770 exploitations en céréales et légumineuses (dont 103 dirigées par des femmes), extrait des données de l’enquête nationale menée par le Projet d’appui aux politiques agricoles.

Proportion de ménages possédant du matériel agricole, par type de matériel et par quintile de revenu

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Source : AFD

Les auteurs décomposent les revenus des ménages en revenus agricoles, non agricoles, vente d’animaux et transferts reçus, puis calculent les coefficients et élasticités de Gini, les classes de mesure de general entropy (indicateur d'inégalité) et les quintiles de revenu. Dans l'échantillon, ils relèvent un taux de pauvreté de 90 % (ménages ayant moins de 0,91 €/équivalent adulte/jour), montant à 94 % pour les exploitations dirigées par des femmes. Les 20 % de ménages les plus riches ont un revenu 10 fois plus élevé que celui des 20 % les plus pauvres. Néanmoins, les inégalités sont plus faibles au sein des classes de revenu moins aisées, par exemple dans les ménages dirigés par des femmes. Les inégalités proviennent principalement des revenus agricoles, du fait i) des superficies exploitées (20 % des exploitations les plus riches ont une superficie 3 fois supérieure aux 20 % les plus pauvres) et ii) des rendements découlant de plus fortes mécanisation et utilisation d’intrants. La réduction des inégalités passerait donc en priorité par une augmentation des revenus agricoles, à travers un meilleur accès aux facteurs de production, notamment pour les femmes.

Valeur du coefficient de Gini, par département au sein du bassin arachidier

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Source : AFD

Lecture : le coefficient de Gini est plus élevé dans les zones avec le plus de disparités de revenus.

Pour aller plus loin dans la compréhension des inégalités, et aussi pour une modélisation future, les auteurs proposent une typologie des ménages agricoles afin d’aider la puissance publique à mener une politique de développement agricole plus inclusive, prenant en compte les ménages les plus pauvres.

José Ramanantsoa, Centre d'études et de prospective

Source : Agence française de développement

15:37 Publié dans Agriculteurs, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : sénégal, rural, revenu |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/12/2019

Vente de médicaments et modèle économique des structures vétérinaires rurales

Paru en octobre 2019 dans Preventive Veterinary Medicine, cet article s'intéresse au modèle économique des entreprises vétérinaires rurales. En France, les vétérinaires ont la double possibilité de prescrire les médicaments et de les délivrer. Pour lutter contre l'antibiorésistance, une des pistes envisagées est de la supprimer, l'hypothèse étant qu'elle provoque une surconsommation d'antibiotiques. Cet article est le premier à envisager les conséquences économiques d'une telle suppression, pour les structures vétérinaires en milieu rural.

Pour cela, dans un panel d'entités volontaires recrutées en milieu rural par appel à projet, les auteurs ont prélevé par randomisation un échantillon de 35 cliniques, puis sélectionné un groupe de 11 structures représentatives de la diversité des pratiques et du territoire. Ils ont analysé leur comptabilité sur trois années (2015-2017), en se focalisant sur les revenus et les charges. Ils ont séparé les activités dédiées à la médecine des animaux de compagnie de celles dédiées à la médecine des animaux de rente, et les ont regroupées en différentes catégories : consultation et conseil, chirurgie, visites et suivis d'élevage, analyses de laboratoire, délivrance de médicaments, vente de matériel, d'aliments et d'accessoires, autres (certification, formation, etc.). Ils ont ensuite étudié le profit engendré par chaque activité.

Ils montrent (figure ci-dessous) que plus d'un quart du profit des structures rurales étudiées est lié à la pratique en animaux de compagnie et près des trois quarts à celle en animaux de rente. L'étude des postes majeurs (actes médicaux, vente de médicaments, vente d'aliments, de matériel et d'accessoires) montre une nette différence entre les deux types de pratique. Dans le cas des animaux de rente, près de 80 % de la rentabilité économique sont liés à la vente de médicaments. En médecine des animaux de compagnie, le profit est mieux réparti, 55 % provenant des actes médicaux et de la vente d'aliments et de matériel.

Pour les auteurs, l'interdiction de la vente de médicaments aurait donc des conséquences importantes sur la rentabilité de la médecine des animaux de rente, alors que celle des animaux de compagnie serait moins impactée. Toujours selon eux, cela fragiliserait la viabilité des structures vétérinaires et n'inciterait pas à l'installation de nouveaux praticiens en milieu rural, alors que s'y observe déjà une désertification médicale vétérinaire.

Répartition des profits moyens engendrés par différentes activités dans une structure vétérinaire en milieu rural

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Source : Preventive Veterinary Medicine

Franck Bourdy, Centre d’études et de prospective

Source : Preventive Veterinary Medicine

15:19 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : vétérinaires, antibiotiques, rural, prescription |  Imprimer | | | | |  Facebook

18/09/2019

La place des jeunes dans les processus de transformations structurelle et rurale

Un rapport du FIDA de juin 2019 analyse la situation socio-économique des jeunes ruraux (15-24 ans) dans 85 pays « en voie de développement » et « émergents », de diverses régions (Asie-Pacifique, Afrique subsaharienne, Proche-Orient, Afrique du Nord, Asie Centrale, Europe, Amérique latine, Caraïbes). Il décrit les contextes qui conditionnent leur avenir et les leviers qui devraient être actionnés par les pouvoirs publics et les investissements privés pour faciliter leur insertion dans la vie active. Plus de 80 % des 15-24 ans vivent dans des « pays en développement », dont 41 % dans les zones rurales, notamment en Asie et en Afrique. Les projections prévoient une augmentation et une concentration géographique de cette tranche de la population en Afrique.

Les auteurs fondent leur analyse sur un ensemble de données macro et microéconomiques, ces dernières issues d'enquêtes auprès de ménages. Une typologie originale des « espaces des débouchés ruraux » combine les informations sur les potentiels de production agricole et de commercialisation, la densité de population, la localisation géographique des ménages. Elle permet de montrer que la prévalence des ménages composés d'agriculteurs de subsistance diminue et celle des ménages non agricoles augmentent lorsque les débouchés sont plus importants (figure ci-dessous).

Pourcentage de ménages dans l'espace des débouchés ruraux, par type de ménage

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Source : FIDA

Lecture : dans les espaces rencontrant des difficultés de débouchés importantes, 61 % des ménages sont en transition et 18 % sont non agriculteurs. Ces proportions sont respectivement de 49 % et 38% dans les espaces présentant des débouchés variés et rémunérateurs.

Selon les auteurs, les trois piliers d'une transformation rurale inclusive de la jeunesse sont la productivité (environnement de travail, compétences), la connectivité (rapports aux personnes, marchés, services, informations) et, enfin, un contexte favorisant la maîtrise de leur destin à tous les niveaux (familial, local et national). Le RSPA (Rural sector performance assessment), ensemble d'indicateurs développé par le FIDA pour évaluer la performance économique générale d'un pays, et du secteur rural en particulier (politiques de développement, pauvreté, égalité des sexes, compétences, nutrition, changement climatique, accès au foncier, aux marchés, etc.), contribue à l'analyse de ces transformations rurales en cours. La répartition des jeunes, par région et par type de transformations, concernant l'ensemble du pays (« transformation structurelle ») ou seulement les zones rurales (« transformation rurale »), en est une illustration (figure ci-dessous).

Nombre de jeunes par région et par catégorie de transformations structurelle (TS) et rurale (TR)

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Source : FIDA

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : Fonds international de développement agricole

15/03/2019

Une analyse de la diversité des espaces ruraux européens et de leurs perspectives d'évolution à l'horizon 2030

Les territoires ruraux européens présentent une hétérogénéité marquée, source d'enjeux majeurs pour les politiques publiques. Dans ce contexte, le Joint Research Centre a voulu caractériser la diversité de ces espaces et leurs perspectives d'évolution d'ici 2030.

L'analyse s'est focalisée sur cinq variables : la population rurale, l'emploi et la valeur ajoutée agricoles, les surfaces agricoles et les surfaces en friche. Pour apprécier l'état actuel et futur (à 2030) de ces variables, les auteurs ont mobilisé le modèle LUISA, habituellement utilisé pour l'évaluation ex ante des politiques européennes impactant les territoires ruraux. Ils ont ensuite eu recours à des techniques de partitionnement, afin de constituer différentes catégories de territoires. Ce partitionnement a été réalisé à la fois à une échelle nationale, pour voir comment se différencient les pays les uns par rapport aux autres, mais également à une échelle plus fine (NUTS 3, qui correspond au département français), pour caractériser la diversité infra-nationale. Il s’est appuyé sur les données de 2015.

Au niveau national, cinq catégories ont été constituées. La première rassemble les pays où la population rurale est faible et où l'agriculture, bien qu'efficace en termes d’utilisation de l’espace (faible proportion de surfaces en friche) et de valeur ajoutée générée par actif, n'a pas une place importante dans l'économie (Royaume-Uni, Allemagne, etc.). La deuxième regroupe des pays à l'agriculture moins efficace et où la déprise est parfois importante (Europe du Sud et de l'Est). La troisième couvre des pays où l'agriculture, performante, contribue de façon non négligeable à l'économie nationale, et dont la part de la population rurale est légèrement supérieure à la moyenne européenne (France, Irlande, Danemark, etc.). La quatrième rassemble des pays aux espaces ruraux très peuplés mais peu tournés vers l'activité agricole, dont le potentiel est limité par des contraintes naturelles fortes (Autriche, Suède, etc.). Enfin, la cinquième catégorie se compose de la Roumanie et de la Bulgarie, pays aux espaces ruraux peuplés et où l'activité agricole est centrale. Le partitionnement réalisé à l'échelle locale, qui s’appuie sur des catégories comparables à celles utilisées pour le niveau national, révèle quant à lui une image encore plus diversifiée et dispersée, sans qu'il en ressorte de schéma géographique clair (cf. figure ci-dessous).

Typologie des territoires ruraux européens

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Source : Joint Research Centre (extrait CEP)

Lecture : les couleurs des cinq catégories pour les deux niveaux géographiques (national et infra-national) ne correspondent pas à des caractéristiques strictement similaires, même si le nuancier est le même.

En montrant la grande diversité des espaces ruraux, cette étude ouvre la voie à la conception de politiques européennes prenant davantage en compte cette hétérogénéité.

Mickaël Hugonnet, Centre d'études et de prospective

Source : Joint Research Centre

13:26 Publié dans 1. Prospective, Territoires | Lien permanent | Tags : jrc, rural, espace rural |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/03/2019

Une nouvelle façon de caractériser les espaces ruraux

Il existe plusieurs référentiels statistiques permettant de caractériser les espaces, produisant chacun une image différente de la répartition entre ruralité et urbanité (en savoir plus sur ces référentiels). Plutôt que d'en choisir un, avec ses limites, une publication de l'Insee Auvergne - Rhône-Alpes a préféré en combiner quatre : la méthode morphologique (par défaut, ce qui n'est pas urbain est rural), la méthode du zonage en aires urbaines, la grille communale de densité, et celle développée par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET). Réalisé au niveau communal, ce travail aboutit à une typologie plus fine de la ruralité, en cinq catégories : rural périphérique, couronne éloignée, bourg, rural très peu dense, rural éloigné. Chaque catégorie a des caractéristiques propres en termes d'activité (usage des terres notamment), d'éloignement des services, de mode de logement (propriétaire, locataire), de typologie socioprofessionnelle (part des cadres, des agriculteurs, des retraités, etc.).

Selon cette approche, en Auvergne - Rhône-Alpes, il existe un gradient continu allant de l'urbain au rural éloigné. Les agriculteurs sont nettement plus présents dans les espaces ruraux éloignés ou très peu denses, où leur proportion dépasse celle des cadres et professions intellectuelles supérieures. À noter également que ces territoires concentrent une plus grande part de retraités et que l'éloignement des services courants y est supérieur à 10 minutes.

Cartographie de la région Auvergne - Rhône-Alpes utilisant la typologie des espaces ruraux en cinq catégories

Insee-rural.jpg

Source : Insee

Source : Insee

13:08 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : rural, rhônes-alpes, insee, espaces ruraux |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/01/2019

Dossiers d'Alternatives Économiques : « Les campagnes sont de retour »

Le numéro de décembre 2018 des Dossiers d'Alternatives Économiques est consacré au « retour des campagnes ». Il se compose de quatre parties (état des lieux, dynamiques, ressources, initiatives) et combine judicieusement cartes, données, points de vue variés de chercheurs (géographes, économistes, etc.) et exemples représentatifs. Le numéro aborde sous différents angles le secteur agricole, à travers ses interactions avec le rural : coopération avec la ville comme dans le cas du Pays Portes de Gascogne (couvrant un tiers du Gers), associé à Toulouse par un contrat de réciprocité ; agriculture comme levier touristique avec l'exemple de l'olive noire de Nyons dans la Drôme (Baronnies) ; stratégies de qualité (Comté, agriculture biologique, etc.). La question de la distribution et du petit commerce, qui « redevient central pour revitaliser les campagnes », est également abordée. Le Dossier souligne le rôle majeur des stratégies des acteurs locaux pour impulser une dynamique territoriale positive, ainsi que la place significative de l'agriculture comme ressource, levier et foyer d'initiatives.

Source : Alternatives Économiques

08:53 Publié dans Agriculteurs, Territoires | Lien permanent | Tags : campagnes, rural |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/11/2018

Comment ruraux et urbains perçoivent-ils la vie à la campagne ?

C'est pour le savoir que l'IFOP, à la demande de l'association Familles rurales, a mené cet été en parallèle deux enquêtes, l'une en population générale, l'autre auprès d'habitants de zones rurales. Si la vie à la campagne représente un idéal pour une majorité de Français, leur installation reste conditionnée par la présence de services de proximité et d'emplois. Or, si 95 % des ruraux ne souhaitent pas quitter leur territoire, c'est sur ces deux points qu'ils sont les plus pessimistes.

Source : IFOP

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08/06/2018

Économie alimentaire et emploi en Afrique de l'Ouest

La Note ouest-africaine de l'OCDE d'avril 2018 aborde les activités agricoles et non agricoles contribuant à l'économie alimentaire en Afrique de l'Ouest, dans leurs dimensions spatiale, rurale, urbaine et démographique. Elle s’intéresse particulièrement aux jeunes et aux femmes.

Les données microéconomiques et sur l'emploi utilisées dans l'étude proviennent des enquêtes de la Banque mondiale (LSMS-ISA). Elles couvrent le Burkina Faso, le Ghana, le Mali, le Niger, le Nigeria, la Côte d'Ivoire et le Sénégal, qui représentent à eux seuls 82 % de la population de la région. Pour les pays restants, des modélisations ont été effectuées à partir des données de l'Organisation internationale du travail. La diversité, le niveau d'agrégation et la fiabilité des données limitent néanmoins la portée de l'analyse.

Pourcentage et nombre de personnes exerçant un emploi dans l'économie alimentaire

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Source : OCDE

Selon les auteurs, les pays de la région qui disposent du PIB par habitant le plus élevé ont un niveau d'urbanisation plus important et une part d'emplois agricoles et alimentaires plus faible, ce qui révèle un processus de transformation structurelle. L'économie alimentaire, qui représente 66 % de l'emploi total de la région, reste en moyenne dominée par l'agriculture (78 % des emplois), suivie de loin par la commercialisation (15 %), la transformation (5 %) et la restauration hors domicile (2 %). La distribution spatiale montre que la première est essentiellement rurale, les autres étant urbaines, ou rurales et urbaines. Derrière ces données agrégées, les pays se caractérisent toutefois par des situations variées : par exemple, au Mali, l'agriculture représente 98 % de l'emploi, alors que ce taux est de 78 % au Ghana.

Le profil d'activité des jeunes (15-24 ans) employés dans le secteur alimentaire varie selon les pays, le milieu (rural ou urbain) et le genre. L'absence d'opportunités dans d'autres secteurs de l'économie explique qu'ils soient majoritairement employés en milieu rural. Par ailleurs, 51 % des emplois alimentaires sont occupés par des femmes, en grande partie dans les activités non agricoles : 83 % dans la transformation, 71 % dans la commercialisation et 88 % en restauration hors domicile. Selon les auteurs, le poids des jeunes et des femmes dans l'économie alimentaire de cette région justifierait des mesures pour faciliter leur insertion dans des activités non agricoles, sources d'opportunités et de diversification des revenus.

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : OCDE

10/05/2017

La fin du village. Une histoire française, Jean-Pierre Le Goff

Ce livre avait eu du succès lors de sa sortie voici cinq ans. Il nous revient aujourd'hui en version de poche, dans son texte intégral. L'auteur y décrit les transformations d'une communauté villageoise provençale (Cadenet), au tournant des années 1970 et 1980, cette monographie étant prétexte à une réflexion plus générale sur les mutations de la France rurale. Tous les aspects de la vie quotidienne y sont abordés, les plus anecdotiques comme les plus structurants, à travers de nombreux portraits et témoignages, croisés avec des analyses sociologiques et historiques.

Outre le constat d'un inexorable changement, qui met ce village sur une voie de modernisation identique à celle de tous les autres, l'auteur montre bien le hiatus croissant entre le village idéalisé et le village vécu, entre le "local" imaginé de loin par la société française et le "local" fabriqué par ceux qui le vivent. On y voit aussi que pour mieux supporter les incertitudes de l'avenir, de la mondialisation, des évolutions économiques et culturelles, du brassage des populations, les habitants du Cadenet d'aujourd'hui se racontent la belle histoire du "peuple ancien" et partent, avec le sociologue qui les confesse, à la recherche du temps perdu...

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Lien : Éditions Gallimard

10:32 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : rural, le goff, village |  Imprimer | | | | |  Facebook

L'innovation agricole contribue au développement du capital social en zones rurales

C'est le constat principal d'une étude récemment publiée dans Intellectual Economics, qui cherche à mesurer l'impact de l'innovation technologique, en agriculture, sur le capital social en zones rurales méditerranéennes.

Si la relation inverse a déjà fait l'objet de nombreuses études (comment le capital social favorise-t-il la diffusion d'innovations ?), l'auteure, s'appuyant sur les principes qui ont sous-tendu les révolutions agraires de très nombreux pays méditerranéens, part de l'hypothèse que l'adoption d'innovations en agriculture favorise le développement du capital social de l'ensemble de la communauté rurale, via l'augmentation des revenus, le développement des échanges économiques et sociaux, l'élévation des compétences des agriculteurs. Elle utilise pour ce faire un modèle « bioéconomique » du capital social expliqué par trois types de variables couvrant les champs de l'innovation, les facteurs socio-économiques et environnementaux. L'estimation pour 21 pays du bassin méditerranéen, sur la période 2000-2011, révèle la contribution positive de l'innovation induite (irrigation, fertilisation) et de la mécanisation au capital social.

Source : Intellectual Economics

10:28 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : capital social, innovation, zone méditerranéenne, rural |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/04/2017

Des vies de pauvres. Les classes populaires dans le monde rural, Agnès Roche

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Sous ce titre, Agnès Roche (université Clermont Auvergne) rend compte d’une recherche, menée de 2011 à 2013, sur la pauvreté dans les campagnes du Puy-de-Dôme. Quatre territoires aux profils contrastés (plus ou moins pauvres ou « attractifs », plutôt orientés vers l’élevage ou vers les grandes cultures, etc.) ont été retenus. L'observation d'interactions avec les assistantes sociales du Conseil général et de la MSA a servi de porte d’entrée pour interroger des usagers réguliers des services sociaux, suivant la méthode des récits de vie. 110 personnes ont ainsi été longuement interviewées : 12 « jeunes relégués », 21 « retraités modestes », 33 « travailleurs pauvres en galère et éclopés de la vie » et 44 « paysans ».

La première moitié de l’ouvrage réorganise le matériau ainsi recueilli en une série de portraits, qui « essaient de rendre compte de l’histoire de la personne et de sa situation présente », en recherchant « la variété des individus, des situations et des trajectoires ». Les agriculteurs, eux, sont distribués en trois sous-ensembles. Tout d’abord ceux « en sursis », souvent proches de la retraite, qui « vivotent sur de petites exploitations (…) condamnés à une disparition proche et certaine », sans repreneur dans la famille. Ensuite des agriculteurs en survie, qui ont hérité d’exploitations de taille moyenne, difficiles à moderniser. Et enfin de « nouveaux paysans », souvent issus du monde rural, mais « non-héritiers » et à la recherche d’une nouvelle vie.

La deuxième partie, plus analytique, cherche à dégager les mécanismes de « reproduction sociale » que subissent les catégories populaires en milieu rural, notamment à l’école et dans la famille. L’accumulation d’anecdotes et de difficultés verse parfois dans une ornière assez misérabiliste. Mais elle rend bien compte d’existences à la fois précaires et surdéterminées par leurs conditions sociales, et souvent mal connues des décideurs publics, issus de milieux plus favorisés.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Lien : Presses universitaires de Rennes

16:07 Publié dans Agriculteurs, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : pauvreté, classes populaires, rural |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/11/2016

Jeunesses rurales, jeunesses ordinaires

Sous ce titre, la revue Savoir/Agir livre un éclairage intéressant sur une jeunesse rurale qui ne se distingue « ni par son excellence, ni par ses troubles », et fait « pas ou peu l’objet de politiques publiques spécifiques », « contrairement aux jeunes des quartiers ». Étonnamment, au regard de cette affirmation, aucun des articles n’est consacré à l’enseignement agricole, mais le dossier donne à voir une diversité de situations.

Juliette Mengneau s’intéresse aux mobilisations de parents d’élèves dans les communes rurales de l’Ouest. Face au monopole de l’enseignement privé, de nouveaux habitants réclament la réouverture d’écoles publiques : « contre l’image d’un rural forcément conservateur (…), les territoires ruraux sont des lieux de conflictualité sociale et politique ».

Deux articles sont consacrés à la scolarité en lycée professionnel, parfois vue comme filière de relégation. Dans le cas étudié par Sabine Depoilly, en Champagne-Ardenne, les lycéens s’approprient leur scolarité de façon « positive », tout en gardant une certaine distance, « ludique » plus qu’« oppositionnelle ». Au contraire, le cas d’un jeune « issu de l’immigration », habitant un quartier populaire d’une ville ouvrière de Bourgogne, permet à Thibault Cizeau de faire sentir comment les « relations de domination entre ville et campagnes » nourrissent une scolarité malheureuse et un certain sentiment de désaffiliation.

L’attachement à la campagne des jeunes ruraux n’est pas non plus une donnée générale. En Loire-Atlantique, cas étudié par Caroline Mazaud, la structure du marché du travail et la proximité des grands centres urbains permettent de concilier poursuite des études et maintien dans le territoire. A contrario, les articles de Fanny Renard sur une jeune apprentie en CAP coiffure et de Claire Lemaître et Sophie Orange, sur les choix d’orientation post-bac de lycéens en Vendée, suggèrent que dans d’autres configurations, « le rôle de l’école est loin d’être anodin dans l’assignation à l’inertie territoriale, notamment chez les jeunes femmes ».

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source: Savoir/Agir

09:50 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : jeunesse, rural |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/07/2016

L'invisibilité sociale des jeunes ruraux et des néoruraux, Rapport de l'ONPES

L'Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale (ONPES) consacre son rapport 2016 à l'invisibilité sociale, définie comme « un ensemble de processus, où interviennent des acteurs multiples, par lesquels un déni de reconnaissance des personnes aux divers niveaux de leur existence sociale peut affecter la profondeur, la durée et l'évolution de situations de pauvreté et d'exclusion ». Trois catégories d'« invisibles » sont étudiées, emblématiques de mutations sociétales importantes (territoriales, socioprofessionnelles, familiales), dont les jeunes ruraux et les néoruraux, et les travailleurs non salariés pauvres.

La partie consacrée aux jeunes ruraux et aux néoruraux relève, dans son titre, une « frustration de ne pas être pris en compte au niveau local ». Elle apporte des éléments détaillés sur la mutation des territoires ruraux, les personnes étudiées et les processus d'invisibilisation les touchant (sur la base d'une vingtaine d'entretiens en Haut-Languedoc et dans l'Avesnois). Deux sources d'invisibilité sont mises en avant : une invisibilisation en réaction à une certaine exclusion sociale et une marginalisation ; une invisibilisation par les institutions publiques (scolarité et orientation, système administratif).

Source : ONPES

09:29 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : onpes, invisibilité sociale, rural |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/04/2016

Regain d'intérêt pour le « roman rural noir »

À l'occasion du festival Quais du polar de Lyon, Macha Séry consacre un article, publié dans Le Monde daté du 31 mars 2016, aux auteurs de polars français de plus en plus inspirés par le milieu rural, « terreau fertile pour les thrillers ». « Roman de la crise » pour N. Mathieu, le roman noir permet à Franck Bouysse de « remettre ces territoires sur le devant de la scène littéraire », de « se les réapproprier ». Cette forme de polars a longtemps été éclipsée par des textes se déroulant le plus souvent en milieu urbain (cf. Maigret, Nestor Burma, le « 36 quai des Orfèvres »). Le mouvement actuel, qui peut s'inscrire notamment dans la veine du natural writting américain, est porté par une diversité d'auteurs et de maisons d'éditions régionales (Écorce, Bargain, du Palémon, Astoure, du Batsberg). Le défi est double, à savoir éviter tant le folklorique que le régionalisme. L'article s'achève sur une citation de Jim Harrison, qui fédère les intentions : « donner une voix à ceux qui n'en ont pas, je crois que c'est cela la responsabilité de l'écrivain ».

On pourra également se reporter à une émission radiophonique consacrée le 30 mars sur France Inter à cette thématique.

Source : Le Monde

10:02 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : rural, polar |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/02/2016

Aménager les territoires ruraux et périurbains

En juillet 2015, l’architecte-urbaniste Frédéric Bonnet s’est vu confier une mission sur l’aménagement des territoires ruraux et périurbains par Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité. Son rapport, rendu public le 7 janvier dernier, s’appuie sur 76 contributions d’associations d’élus et de professionnels. L’auteur souligne la diversité et les atouts de ces territoires, l’objectif étant d’approfondir la réflexion pour que ces espaces conçoivent leurs propres modèles de développement. Le rapport clarifie, pour chaque thématique et pour chaque espace, le rôle des différentes catégories d’acteurs et propose des outils, existants ou à créer, pour aider les élus à monter leurs projets territoriaux.

La place fondamentale de l’activité agricole et forestière est réaffirmée, au sein de ces espaces, mais le rapporteur en montre aussi la fragilité. Il souligne par exemple la déconnexion entre une partie des exploitations agricoles et leurs territoires. Les aides des politiques agricoles, en étant centrées sur des critères essentiellement économiques, prennent peu en compte les autres enjeux de développement, et certaines composantes du secteur agricole se trouvent donc en décalage avec les dynamiques régionales.

Le rapport rappelle aussi que la faiblesse des revenus de certains agriculteurs a un impact direct sur le processus d'urbanisation, le déclassement de terrains agricoles en terrains à bâtir venant souvent combler des niveaux de vie ou des retraites agricoles trop faibles. Pour limiter les effets de cette « spéculation », le rapporteur recommande que les collectivités participent progressivement à la valorisation de l’activité agricole et de ses pratiques.

L’auteur montre aussi l’intérêt des CDCEA (Commissions départementales de la consommation des espaces agricoles), qui ont le mérite de rassembler des acteurs qui se rencontrent peu. Il propose d’élargir leurs missions aux questions d’aménagement du territoire, peu abordées pour l’instant et qui seraient un point de départ pour de nouvelles collaborations.

Le rapport appelle enfin à renforcer les moyens d’ingénierie publique et privée, avec l’idée de créer des ateliers d’ingénierie locale, susceptibles d'impliquer davantage les citoyens et sur lesquels les élus pourraient s’appuyer.

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : ministère du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité

09:22 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : aménagement, rural, périurbain |  Imprimer | | | | |  Facebook