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09/03/2018

Quels instruments économiques pour lutter contre la résistance aux antibiotiques ?

Publié mi-février 2018, le numéro 215 de Trésor-Éco est consacré aux instruments économiques pour lutter contre la résistance aux antibiotiques, en santés humaine et animale. Les auteurs rappellent tout d'abord la nécessité d'une réponse coordonnée au niveau international, basée sur trois types de politique visant la réduction de la consommation, la rationalisation de l'utilisation des molécules et la stimulation de l'innovation pharmaceutique. Le cadre actuel de la protection intellectuelle (PI) n'apparaissant pas adapté à la R&D sur les résistances microbiennes, plusieurs propositions sont présentées. Il s'agirait, d'une part, d'adapter le régime de PI : généralisation et harmonisation au niveau mondial du principe de certificat complémentaire de protection ; extension du bénéfice de ce certificat jusqu'à la première commercialisation. Une comparaison des différents systèmes d'incitations à la R&D est ainsi présentée dans la note. Un fonds de récompense de la mise sur le marché d'un nouvel antibiotique (contre cession des droits de PI) pourrait, d'autre part, être créé au niveau mondial, les auteurs en discutant les modalités d'application. Pour eux, l'installation d'un tel fonds servirait de test à une utilisation dans d'autres domaines, notamment la lutte contre les conséquences du réchauffement climatique.

Source : Direction générale du Trésor

05/03/2018

Une étude sur la transmission des antibiorésistances entre animaux de ferme, sol et eau en Finlande

La revue Environmental Science & Technology a publié une étude sur la transmission de gènes d'antibiorésistance entre animaux d'élevage (sélection d'antibiotic-resistance genes – ARG – lors de l'utilisation d'antibiotiques, puis diffusion par épandage de fumier), sol et eau en Finlande. L'étude porte sur quatre élevages, deux bovins laitiers et deux porcins, dont tous les animaux avaient reçu un traitement antibiotique ponctuel suite à une infection bactérienne. Des échantillons ont été prélevés dans deux types de fumier (frais et stocké), dans des sols agricoles (sols témoins et sols recevant un épandage – prélèvement avant, juste après, deux et six semaines plus tard) et dans l'eau d'un fossé d'évacuation (avant et après épandage). Les extractions d'ADN dans les divers échantillons ont permis d'identifier au total 161 gènes de résistance, notamment à des groupes d'antibiotiques et à des désinfectants. La plus grande diversité de ces gènes a été trouvée dans le fumier, frais ou stocké, et dans les sols épandus. À noter que les sols non fertilisés ne comportaient que 29 types d'ARG.

D'après les auteurs, cette étude confirme que les élevages sont un réservoir d'ARG. Cependant, les échantillons prélevés avant l'application annuelle de fumier présentent de faibles concentrations (même en cas d'épandage depuis des années), montrant la survie relativement courte de ces gènes dans le sol. Les conditions climatiques finlandaises (périodes longues de gel) contribueraient également à atténuer la diffusion de l'antibiorésistance via l'environnement.

Source : Environmental Science & Technology

09:42 Publié dans Environnement, Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : antibiorésistance, finlande |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/12/2017

La résistance aux antimicrobiens et les aires marines protégées : deux des six enjeux majeurs des Nations unies pour l'environnement

Les Nations unies pour l’environnement ont publié le 5 décembre 2017, à l'occasion de leur troisième Assemblée, le rapport « Frontières 2017 : questions émergentes d'ordre environnemental ». Six enjeux clés y sont développés : la dimension environnementale de la résistance aux antimicrobiens, les nanomatériaux, la durabilité des aires marines protégées, les tempêtes de sable et de poussière, les solutions solaires pour les foyers hors-réseau et les migrations liées à la dégradation de l’environnement.

Co-sélection de résistance aux antibiotiques, aux métaux et aux biocides

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Source : Nations unies pour l'environnement

Dans la lignée de l'approche One Health, le rapport tisse les liens entre santés humaine, animale et environnementale, en soulignant l'usage abusif des antibiotiques en élevage, notamment comme promoteurs de croissance dans certains pays, et la méconnaissance mondiale des effets environnementaux associés. Il indique ainsi que 70 % des antibiotiques mondiaux sont aujourd'hui consommés par des animaux et que cette utilisation pourrait augmenter de 67 % d'ici 2030. Les déchets agricoles tels que le fumier peuvent contenir des concentrations d’antibiotiques similaires à celles utilisées pour soigner les infections. En aquaculture, jusqu'à 75 % des antimicrobiens utilisés se retrouvent dans l'environnement. Or, ces différents rejets, même à très faibles doses, favorisent l'apparition de résistances chez les bactéries présentes dans les eaux et les sols. Ce phénomène est amplifié par la présence d'autres polluants comme les métaux lourds.

Les aires marines protégées sont un autre sujet mis en exergue par le rapport. Il rappelle que la surpêche, l’exploitation d’autres ressources, l’aménagement du littoral, la pollution et le tourisme endommagent des habitats naturels essentiels et réduisent rapidement les populations marines. 31 % des 600 stocks halieutiques suivis par des organismes de recherche internationaux font actuellement l’objet d’une pêche non durable (essentiellement illégale, ni déclarée ni régulée), et 58 % sont pleinement exploités. En 40 ans, 49 % des espèces marines et 50 % des récifs coralliens ont disparu. Compte tenu du poids économique (plus de 24 milliards de dollars) et alimentaire des océans, cette dégradation est qualifiée de « schéma d’autodestruction sociétale » qui justifierait de protéger au moins 10 % des zones marines et côtières d’ici à 2020. L'amélioration de la gouvernance des aires marines protégées est aussi importante que leur extension, plus de 40 % d'entre elles souffrant aujourd'hui de graves insuffisances.

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Source : Nations unies pour l'environnement

11/12/2017

Publication d'une méta-analyse sur la restriction d'usage des antibiotiques chez les animaux producteurs d'aliments et sur ses conséquences

Face au problème global du développement de l'antibiorésistance, plusieurs pays ont adopté des réglementations imposant des restrictions d'usage des antibiotiques chez les animaux producteurs d'aliments. The Lancet a publié en novembre une méta-analyse des études relatives à l'incidence de cette restriction sur l'état des antibiorésistances chez ces animaux et chez l'homme. L'objectif de cette étude, répondant à une demande de l'advisory group on integrated surveillance of antimicrobial resistance (AGISAR) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est de déterminer l’efficacité de ces mesures, dans l'optique de la rédaction de lignes directrices par l'OMS.

Sur environ 9 000 références initiales, 181 études ont été sélectionnées, majoritairement des articles scientifiques, mais aussi des résumés de conférences, des thèses ou des rapports officiels, provenant pour l'essentiel des États-Unis et d'Europe. Cette sélection a été basée sur trois critères : i) la catégorie d'animaux (volailles, porcs, vaches laitières en priorité) ; ii) les résistances à des antibiotiques inscrits sur les listes OMS (antibiotiques d'importance critique pour la médecine humaine) ou OIE (antibiotiques importants en médecine vétérinaire) ; iii) l'existence d'interventions engagées pour réduire l'usage des antibiotiques (dispositions réglementaires d'interdiction ou de restriction, initiatives privées). La méta-analyse a été réalisée via le protocole PRISMA, en procédant systématiquement à une comparaison avec un groupe témoin.

Les résultats indiquent que les dispositions interventionnistes induisent des réductions significatives du risque de résistances chez l'animal, de l'ordre de 15 % pour les bactéries résistantes et 23 % pour les multi-résistantes. Cependant, l'effet potentiel des réductions d'usage sur les résistances dans l’espèce humaine est plus complexe, et est principalement démontré chez les personnes en contact avec les animaux de production. Les auteurs soulignent l'intérêt de compléter ce type d’analyse pour, notamment, identifier le type de mesures le plus efficace ou les alternatives antibiotiques pouvant être conseillées.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : The Lancet

04/09/2017

Un rapport renforce les preuves du lien entre usage antibiotique et développement de résistances

Le deuxième rapport JIACRA (Joint Interagency Antimicrobial Consumption and Resistance Analysis), co-rédigé par l'Agence européenne du médicament (EMA), le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) et l'Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA), présente et analyse des données statistiques communautaires sur l'usage des antibiotiques pour la période 2013-2015.

Publié en juillet, le rapport signale la baisse de sensibilité de certains germes (E. coli, Salmonella et Campylobacter) à la ciprofloxacine, qui pourrait être liée à l'utilisation chez les animaux, ainsi que le recours assez courant à la colistine en médecine vétérinaire. Les progrès réalisés en matière de collecte des données sont soulignés. Le JIACRA recommande de renforcer encore le système de surveillance avec des données détaillant, par exemple, le type de production. La coordination entre les différents réseaux nationaux de collectes est également conseillée, pour une harmonisation globale.

Source : EFSA

10:13 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance, antibiotiques, jiacra |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/04/2017

Rôle du microbiote des chevaux dans le développement d'antibiorésistances

Le 16 mars, s'est déroulée la 43ème journée de la recherche équine, dont les actes sont parus récemment. À cette occasion, ont été présentés des résultats issus d'un projet mené par des chercheurs de l’université de Montréal et de l'Inra de Tours, sur la prévalence du portage de germes résistants aux antimicrobiens dans la filière équine.

Ces travaux ont porté plus précisément sur Escherichia coli, bactérie commensale du tube digestif, dont certaines souches sont très pathogènes. En 2015, 1 061 échantillons rectaux de crottin ont été prélevés chez des chevaux adultes sains dans 41 structures équestres. Des antibiogrammes ont été effectués pour 196 de ces échantillons, afin de tester leur sensibilité vis-à-vis de 14 antibiotiques de 10 classes différentes. D'autres analyses d'échantillons ont été réalisées afin d'identifier et quantifier les types de résistances bactériennes. Les résultats ont montré que 80 % des écuries hébergeaient des chevaux excréteurs de E. coli multirésistants, parmi lesquels des E. coli producteurs de β-lactamases à spectre étendu (BLSE), et de β-lactamases de type céphalosporinase, détectés dans 39 % des structures. Ces types de germes résistants sont particulièrement redoutés car ils inactivent la plupart des antibiotiques.

En parallèle, un questionnaire, renseigné par les établissements hébergeant les chevaux, a permis de lister des facteurs de risques : effectifs équins et humains, nombre de traitements antibiotiques administrés, fréquence de transport des animaux, contact potentiel des chevaux avec des animaux sauvages ou avec d'autres animaux domestiques, pratique de l'épandage sur le paddock, fréquence de curage des boxes. Il apparaît que le facteur de risque est multiplié par cinq si certains chevaux ont été traités médicalement au cours des trois mois précédents, et par huit s'ils ont été transportés plusieurs fois.

L'article conclut sur l'existence, dans la population équine française, d'un réservoir potentiel de gènes de résistance aux antibiotiques, y compris de gènes susceptibles de diffuser vers des bactéries pathogènes pour le cheval et pour l'homme. Compte tenu de la proximité de vie entre le cheval et l'homme (cavalier et soigneur notamment), les risques de transmission de germes résistants doivent être envisagés.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : IFCE

11/04/2017

Comment les consommateurs européens perçoivent-ils l'impact sur leur santé du risque d'antibiorésistance lié aux pratiques en élevage ?

L'autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA) a réalisé une étude sur la perception des risques, pour la santé humaine, des antibiorésistances liées à l'usage d'antibiotiques en médecine animale. Une infographie publiée début mars en présente les résultats. Les risques en question sont notamment liés au contact direct avec les animaux (pour les éleveurs et les vétérinaires) ou avec des produits animaux (manipulation de viande ou de lait cru), et ceux liés à la consommation de ces denrées.

Des éleveurs de porcs et de volailles et des vétérinaires ont été interviewés dans cinq pays (Espagne, Roumanie, Danemark, Pologne, Royaume-Uni). En parallèle, un échantillon de consommateurs a été interrogé dans douze États membres (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie), via un questionnaire en ligne. Il ressort en particulier de cette enquête qu'une grande partie (68 %) des consommateurs estime n'être pas suffisamment informée sur les risques liés aux antibiorésistances. Un plus grand nombre encore (75 %) juge que tout n'est pas fait pour limiter l'abus d'antibiotiques chez les animaux d'élevage.

Source : EFSA

15:48 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance, perception |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/03/2017

Les bactéries présentes dans des sols contenant des pesticides peuvent développer des résistances croisées aux antibiotiques

Publiée récemment dans la revue Microbial Pathogenesis, une étude menée par des chercheurs indiens met en évidence une corrélation entre exposition des bactéries telluriques aux pesticides et apparition de multi-résistances aux antibiotiques, et identifie les mécanismes en jeu. La présence de résidus de pesticides dans le sol peut entraîner une modification de la voie métabolique de la flore bactérienne endémique, en particulier des bactéries capables de métaboliser les pesticides pour leurs besoins énergétiques (pseudomonas, bacillus, arthrobacter par exemple).

Les travaux ont porté sur des échantillons de sols provenant de différents sites de la province de Nadil Talun, en Inde du Sud. Il s'agissait de sols agricoles traités, depuis 5 ou 10 ans selon les cas, avec des insecticides contenant du monochrotophos, principe actif interdit dans l'Union européenne et aux États-Unis, mais toujours utilisé dans plusieurs pays. Vingt-cinq bactéries ayant la capacité de dégrader ce pesticide ont été isolées, mises en culture, puis sélectionnées en fonction de leur tolérance à différentes concentrations du pesticide et de leur sensibilité à divers antibiotiques. Cette étape a révélé que des germes de type bacillus sont à la fois résistants au monochrotophos et à plusieurs antibiotiques courants.

Dans certains des lots de bacillus, l'isolement et l'inactivation du plasmide hébergeant le gène de résistance ont permis de distinguer les capacités bactériennes selon le degré d'activité de ce plasmide. Cette activité varie en fonction des conditions chimiques. De manière générale, il apparaît que l'enzyme de dégradation des pesticides peut se lier avec certains antibiotiques par un pont hydrogène, et former ainsi un composé inactif.

En conclusion, la persistance de pesticides dans le sol peut induire chez les bactéries telluriques une capacité de résistance de deux façons : soit par sélection naturelle, en lien avec l'exposition sur le long terme à des doses sub-létales, soit à la suite d'une mutation sur plusieurs gènes impliqués dans la dégradation des pesticides. Les auteurs signalent que depuis dix ans la résistance aux pesticides a très fortement augmenté, et les résistances croisées pourraient donc se développer. Cette expérience effectuée en laboratoire doit toutefois être suivie de recherches en milieu naturel.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Microbial Pathogenesis

12/12/2016

Antibiorésistances : les défis des pays de l'hémisphère sud

Les problématiques de santé animale liées aux antibiorésistances, dans les pays de l'hémisphère sud, ont fait l'objet d'une attention particulière lors des Rencontres scientifiques de l'Anses consacrées, le 16 novembre, au thème « Antibiorésistance en santé animale et dans l’environnement ». Selon une représentante du CIRAD, M. Peyre, l'augmentation de la consommation de protéines animales dans les grands pays émergents (Chine, Brésil, Inde et Russie) pourrait conduire à y doubler, d'ici 2030, le recours aux antibiotiques en élevage. Au-delà de cette seule donnée quantitative, l'intervenante a rappelé que les normes et règles sanitaires moins strictes dans certaines zones (Asie du Sud-Est, Afrique) induisaient des risques accrus. Il existe ainsi des hotspots (ou points chauds) mondiaux en matière d'antibiorésistance, notamment mis en évidence dans un rapport publié cette année.

Cet exposé a rappelé que, comme dans les pays développés, les risques liés à l'utilisation des antibiotiques en santé animale, dans les pays du Sud, sont associés à une utilisation excessive mais également inadaptée (temps de traitement trop court, sous-dosage, non respect du temps d'attente). Cette utilisation peut être aggravée par l'existence de médicaments de contrefaçon et par le recours aux antibiotiques comme facteurs de croissance, une pratique toujours autorisée en Asie. Dans le même temps, des travaux sur les facteurs de risque se déploient dans ces pays. Au Vietnam, le réseau GREASE, auquel participent le Cirad et l'Anses, et qui réunit scientifiques, instances décisionnelles et professionnels, développe des outils et méthodes pour surveiller les antibiorésistances à l'interface homme-animal. Le réseau a ainsi mis en place une surveillance spécifique de l'influenza aviaire H5N1, via le projet REVASIA.

Localisation des principaux partenaires du réseau GREASE

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Source : GREASE

M. Peyre a également mis en avant la participation du Cirad à des travaux sur des filières importantes localement et notamment l'élevage aquacole, dont les incidences sur le développement d'antibiorésistances peuvent être importantes. En atteste une analyse menée sur la présence de résidus d'antibiotiques dans le poisson et la crevette produits dans les fermes d'eau douce au Vietnam. Un quart des produits mis en vente sur un marché local présenterait des résidus d'antibiotiques, de type fluoroquinolones ou tétracyclines, ce qui serait signe d'un non respect du temps d'attente entre le traitement et la consommation.

À l'échelon mondial, la mise en place de normes de bonnes pratiques, démarche menée par l'Organisation mondiale de la santé animale, est la voie privilégiée pour contrôler les risques de développement des antibiorésistances.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Lien : Anses

06/12/2016

Le coût de l'antibiorésistance mis en avant lors de la semaine « antibiorésistances » 2016

Depuis 2012, la troisième semaine de novembre est consacrée à la lutte contre les antibiorésistances. L'édition 2016 a été l'occasion de présenter divers résultats scientifiques, en particulier en matière d'évaluation du coût de l'antibiorésistance, avec par exemple l'étude Burden BMR publiée en 2015 par l'Institut de veille sanitaire. Par ailleurs, à l'occasion d'un colloque organisé par l'Anses (voir à ce sujet un autre billet sur ce blog), la représentante de la FAO a signalé le lourd tribut que pourraient payer les États du sud. Elle s'est en particulier appuyé sur le rapport de l'économiste britannique Jim O Neill, publié en 2016, anticipant d'ici 2050 la mort de 10 millions de personnes par an des suites de l'antibiorésistance, dont 9 millions dans les pays du sud. Ce même rapport donne des pistes pour diminuer l'impact de l'élevage sur les antibiorésistances. L'auteur estime que l'utilisation d'antibiotiques en élevage est à l'origine d'une grande partie des molécules diffusées dans le milieu extérieur, via le fumier notamment. Le Danemark, qui réussit à concilier production animale intensive (en filière porcine surtout) et consommation antibiotique maîtrisée, est cité en exemple.

Sources : Anses, Ministère des Affaires sociales et de la Santé

11:19 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/01/2016

Vers une perte d’efficacité d’un antibiotique recours en médecine humaine ?

Le Food Climate Research Network a récemment repris un article publié dans la revue The Lancet Infectious Disease, faisant état de l’identification de germes de résistance à la colistine en Chine, actuellement le premier utilisateur de cet antibiotique dans les élevages de porcs et de volailles. Antibiotique utilisé assez largement en médecine vétérinaire, la colistine peut toutefois s’avérer précieuse en médecine humaine (où elle est peu utilisée), comme antibiotique de dernier recours en cas de résistances du germe traité aux céphalosporines et carbapénèmes. Le mécanisme de résistance a été localisé sur un gène bactérien, nommé mcr-1, qui pourrait être transférable d’espèce à espèce.

Cet antibiotique n’est pas classé actuellement dans la liste des antibiotiques critiques. On notera ici que l’Anses et l'Agence européenne du médicament ont prévu de procéder à une réévaluation des risques liés à l’utilisation de la colistine.

Source : FCRN

13:41 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance, colistine |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/01/2015

Mise en évidence de facteurs d’antibiorésistances

Le bulletin de veille scientifique de l'Anses de décembre 2014 pointe deux facteurs pouvant contribuer au développement des antibiorésistances. Un premier article identifie la diffusion de gènes de résistances dans le milieu naturel, en lien avec des effluents d'origine agricole (fumier de vaches laitières) ou urbaines (eaux usées). Un deuxième article cite plusieurs cas de mise en évidence, chez les carnivores domestiques, d'un portage de bactéries de type staphylocoque multirésistant, et notamment résistant à la méticilline, antibiotique de dernier recours. Ce type de germe est le plus souvent rencontré en milieu hospitalier.

Source : Anses, Anses

15:47 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/11/2014

Antibiorésistance et santé animale

Une présentation par l’Anses, le 4 novembre, de l'état des lieux en matière d'antibiorésistance en santé animale, a été l’occasion de faire un point sur l’usage médicamenteux vétérinaire dans la filière piscicole. Si le risque environnemental est souvent appréhendé pour l'élevage piscicole (cf. traitements collectifs et milieux ouverts), les risques liés à l'antibiorésistance sont moins souvent évoqués et, de fait, la prévalence de l'antibiorésistance dans les filières aquacoles n'est pas encore évaluée. Il est à noter qu'il existe peu d'antibiotiques pourvus de l'autorisation de mise sur le marché correspondant aux poissons, et, en pratique, des médicaments sont souvent prescrits en-dehors du cadre de leur autorisation de mise sur le marché. Par ailleurs, des programmes de surveillance viennent d'être mis en place pour suivre le risque d’antibiorésistance lié à cette filière (programmes Aquares et Antibiofish).

Source : Anses

10:17 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : anses, antibiorésistance |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/10/2014

L'épandage des effluents d'élevage pourrait augmenter les risques d'antibiorésistance

Une équipe de chercheurs américains a récemment étudié les liens entre effluents d'élevage et antibiorésistance. Publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, les résultats montrent que l'épandage de fertilisants organiques issus d'élevages n'ayant pas utilisé d'antibiotiques pourrait tout de même favoriser le développement, dans le sol, de bactéries résistantes à certains antibiotiques.

Les scientifiques ont comparé des échantillons de sol sur lesquels ont été appliqués soit de l'azote minéral, soit du fumier provenant d'élevages bovins n'ayant pas utilisé d'antibiotiques. Les bactéries du sol ont été analysées avant et après traitement, et les gènes codant pour les enzymes appelés β-lactamases (responsables de la résistance à certains antibiotiques, dont la pénicilline) ont été recherchés. Il s'est avéré que l'application de fumier favorisait le développement de ces bactéries résistantes, en particulier les Pseudomonas, responsables de nombreuses infections humaines.

Les mécanismes qui facilitent la multiplication de ces bactéries résistantes ne sont pas encore précisément compris, mais les chercheurs font l'hypothèse que l'application de fertilisants organiques peut jouer un rôle soit en facilitant la nutrition des bactéries, soit en éliminant des micro-organismes concurrents. Non seulement les nutriments mais aussi certains métaux présents dans les effluents d'élevage pourraient être en cause, et ces derniers feront donc l'objet de recherches supplémentaires.

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : PNAS

03/07/2014

Une équipe de recherche britannique découvre une faille chez certaines bactéries antibiorésistantes

C'est un pas en avant dans la lutte contre l'antibiorésistance que vient de révéler, dans un article publié le 18 juin 2014 dans la revue Nature, l'équipe scientifique pilotée par le professeur Changjiang Dong, de la Norwich Medical School (University of East Anglia), qui s'est associée pour la circonstance à Neil Paterson de l'université d'Oxford.

Les travaux de recherche ont été réalisés grâce au synchrotron britannique, le Diamond ligth source basé à l'université d'Oxford. Ce microscope géant, qui fournit une lumière 10 milliards de fois plus intense que le soleil, a permis de visualiser la protéine constitutive de la paroi bactérienne et d'en identifier le mécanisme de synthèse et la structure

bactérie.JPG

 Vue de la paroi extérieure de la cellule bactérienne avec les différentes enveloppes protéiques.

 Source : d'après Neil Paterson

La connaissance de la structure de cette protéine donnera la possibilité de rechercher des molécules médicamenteuses capables de la détruire. Cela pourrait être une ouverture vers une nouvelle vague de médicaments, puisque l'équipe de recherche a établi que la bactérie ne pouvait pas survivre si la protéine de paroi était attaquée.

Les travaux ont été menés sur des bactéries dites « à Gram négatif ». Ces bactéries sont pourvues d'une paroi épaisse qui agit comme une barrière défensive, à la fois contre les attaques du système immunitaire de l'hôte ou contre les médicaments bactériens. C'est donc un des principaux facteurs de résistance. Dans cette catégorie figurent certains des germes particulièrement préoccupants sur le plan des résistances bactériennes, tels les salmonelles, les E. coli et les Pseudomonas.

Cette découverte apporte un élément nouveau dans un contexte préoccupant : le risque mondial pour la santé publique lié aux antibiorésistances vient d'être souligné par l'Organisation mondiale de la santé en avril 2014 (voir billet sur ce blog de mai 2014).

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Science Daily

17:26 Publié dans Enseignement et recherche, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance |  Imprimer | | | | |  Facebook