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16/09/2015

Pourquoi les agriculteurs adoptent-ils des mesures agro-environnementales ?

Une méta-analyse parue dans Environmental Science & Policy étudie les facteurs pouvant inciter les agriculteurs à souscrire des mesures agro-environnementales (MAE) de la PAC. Les MAE permettent à des agriculteurs de bénéficier d’une compensation financière en échange de leur engagement dans certaines pratiques favorables à l’environnement : entre 2007 et 2013, environ 22 milliards d’euros ont été dépensés par les États membres au titre de ces mesures. Au vu de ces dépenses importantes, de nombreuses études se sont penchées sur l’évaluation et l’amélioration de ce dispositif, et les auteurs de cet article se sont appuyés sur les résultats d’études expérimentales sur les choix des agriculteurs européens, publiés entre 2000 et 2013.

Plus de 160 facteurs ont été identifiés et regroupés en cinq grandes catégories : facteurs économiques, structure de l’exploitation, caractéristiques du chef d’exploitation, perception des MAE par le chef d’exploitation, capital social. Leur influence sur le choix de l’agriculteur à participer ou non à une MAE a été évaluée.

Malgré des résultats assez hétérogènes (certains facteurs pouvant jouer positivement ou négativement sur la participation à une MAE suivant le contexte), des tendances se dégagent. L’expérience de la participation à un programme environnemental, un niveau de paiement élevé, le recours à un conseil spécialisé sont, par exemple, liés positivement aux MAE. A contrario, la dépendance à un revenu exclusivement agricole ou la présence d’un repreneur sur l’exploitation jouent plutôt négativement. Le rôle d’autres facteurs est plus incertain : par exemple, selon les cas, la souscription à des MAE sera favorisée par la présence d’exploitants jeunes et qualifiés, ou par celle d’exploitants plus âgés, conduisant une agriculture « traditionnelle ».

Cette hétérogénéité, directement liée à celle des MAE et des territoires dans lesquels elles s’appliquent, limite la possibilité de tirer des conclusions générales sur les facteurs favorables à une souscription massive. Cette revue de littérature n’en présente pas moins l’intérêt de recenser un grand nombre de ces facteurs et de mettre en lumière leurs liens avec la volonté d’un agriculteur de souscrire une MAE. Cela pourrait permettre d’améliorer la conception de ces mesures et de favoriser leur diffusion.

Clément Villien, Centre d’études et de prospective

Source : Environmental Science & Policy

12:33 Publié dans 4. Politiques publiques, Agriculteurs, Environnement, PAC | Lien permanent | Tags : pac, mae |  Imprimer | | | | |  Facebook

PAC : Retour sur le rôle des ONG environnementales dans la réforme

Un article paru dans Économie Rurale analyse le rôle joué par les ONG environnementales dans la récente réforme de la PAC. Bien que divisées à l’origine sur les voies à adopter afin d’améliorer la prise en compte de l’environnement, celles-ci ont su s’organiser en réseaux et faire évoluer leurs positions au fur et à mesure de la négociation.

Les auteurs, MG. Zamburlini et T. García Azcárate, mettent en exergue des stratégies soit de différenciation, soit de coordination entre ces ONG, qui évoluent en fonction des sujets et des moments du processus de décision. En cela, ils les comparent à un archipel : « toutes liées entre elles, mais chacune occupant une position différente par rapport aux autres ».

Les ONG étudiées ont toutes un responsable à Bruxelles chargé de suivre les questions agricoles au long de la réforme. Divers réseaux sont identifiés : GREEN10, CAP NGO, FoodSovCap, ARC2020, etc. Certains regroupent des organisations environnementales uniquement, d’autres incluent une gamme plus large d’acteurs. Selon leur niveau de technicité et leur capacité à adapter leurs discours, ces réseaux sont des interlocuteurs plus ou moins importants de la Commission et du Parlement, et ils ont une certaine influence dans la négociation.

Cet article apporte un éclairage intéressant sur le rôle, parfois sous-estimé, des acteurs non institutionnels dans le processus de construction de la politique communautaire, processus qui tend à s’ouvrir et à devenir plus participatif (voir à ce sujet la note d’analyse du CEP).

Alexandre Martin, Centre d’études et de prospective

Source : Économie Rurale

12:30 Publié dans 4. Politiques publiques, Environnement, PAC | Lien permanent | Tags : pac, ong |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/09/2015

Nouvelles pratiques agricoles : les deux voies de l’intensification écologique

Fin juin, l’association X-Environnement organisait à AgroParisTech une conférence consacrée aux « nouvelles pratiques agricoles ». Pour ouvrir la discussion, F. Léger (INRA) a dressé une comparaison systématique de la « question agricole et alimentaire » aux XXe et XXIe siècles. Pour lui, dans un contexte de « crise de confiance » et de déclin de l’emploi agricole, la transition agroécologique s’impose comme le nouvel horizon de la recherche, de l’action des organisations agricoles et des politiques publiques. Plusieurs voies sont ouvertes pour répondre aux nouveaux enjeux. D’une part, il a souligné les risques sociaux dont serait porteuse une agriculture de précision « technologiste », poursuivant l’idéal d’un « monitoring automatisé de l’ensemble des facteurs pouvant affecter la production ». Dans ce schéma, l’agriculteur serait « stratège peut-être, mais pas acteur », définissant uniquement des objectifs stratégiques de production, la conception et le paramétrage de systèmes-experts informatisés lui échappant. Pour lui, les investissements nécessaires excluraient la majorité des agriculteurs, avec des effets négatifs sur l’emploi et les paysages (course à l’agrandissement des exploitations).

À cette approche analytique de l'agroécologie, il a opposé des démarches plus « holistes », tirant parti du fonctionnement métabolique des agroécosystèmes, cherchant à diminuer les impacts environnementaux, à conserver et à régénérer les ressources. Tourné vers la recherche de la « résilience » et d’une trajectoire viable (plutôt qu’optimisée), ce type d’approche met au cœur du système l’agriculteur en prise sur son environnement. Les interventions suivantes en ont fourni plusieurs illustrations (une expérience de reconception du maraîchage suivant les principes de la permaculture, l’agroforesterie).

L’opposition ainsi campée est sans doute suggestive. Au-delà d’intuitions tirées de l’histoire de l’artisanat et du secteur industriel, manquent des éléments chiffrés pour valider l’hypothèse d’un coût social de l’agriculture de précision, et les pratiques « holistes » sont encore trop peu documentées. Les premiers résultats d’une enquête visant à évaluer les performances de micro-exploitations maraîchères intensives en main d’œuvre permettent donc de prolonger avec intérêt cette réflexion.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospectives

Lien : X-Environnement

11:35 Publié dans Environnement, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : intensification écologique, agroécologie |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/09/2015

Impacts de la sécheresse et transferts d’eau virtuelle aux États-Unis : deux publications récentes

L’université de Davis a actualisé en août ses résultats sur les impacts de la sécheresse en Californie pour l’année 2015 (voir un précédent billet sur ce blog pour plus d’explications sur l’exercice de modélisation). Ainsi, les pertes sont évaluées par les auteurs à 1,84 milliard de dollars pour le secteur agricole (2,74 milliards tous secteurs confondus) et 10 100 emplois saisonniers sont impactés. D’autre part, ils estiment que les ressources en eau souterraine permettent de compenser 70 % de la diminution en eau de surface disponible (avec une augmentation des coûts de pompage et un nombre croissant de puits creusés s’accompagnant d’effets collatéraux comme la subsidence des terrains).

Un autre article, publié dans PNAS, se penche sur les transferts d’eau virtuelle pour les produits agricoles, dont la production mobilise les ressources d’aquifères états-uniennes, en particulier celles de Central Valley, des Grandes plaines et du Mississippi. Les auteurs estiment que 91 % de cette eau virtuelle restent aux Etats-Unis, et que ces transferts représentent 18,5 % de la production domestique de céréales. Ces travaux conduisent également les auteurs à conclure que certains pays comme le Japon, Taiwan ou Panama, dépendent de ces ressources en eau souterraine pour leur approvisionnement domestique en céréales (entre 9 et 10 %).

Sources : UC Davis, PNAS

11:09 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : californie, sécheresse, eau, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

Inventaires naturalistes et biodiversité agricole

La dernière livraison d’Études rurales porte sur « les mondes des inventaires naturalistes ». Décrire, nommer, ordonner : de l’inventaire botanique au XVIIIe siècle, jusqu’aux inventaires globaux de la biodiversité, la revue trace un parcours original, qui passe notamment par l’Observatoire Agricole de la Biodiversité (OAB), créé en 2010. Suzie Deschamps et Élise Demeulenaere montrent que « la participation à l'OAB suscite chez les agriculteurs des expériences d’observation du vivant, qui contribuent à recréer des ‘’prises’’ sur leur environnement de travail ; elle accompagne la reconfiguration des relations professionnelles, notamment entre agriculteurs et conseillers ». Ainsi, « l’OAB participe au ré-ancrage des pratiques agricoles dans leur milieu, accompagnant ainsi l’évolution actuelle des paradigmes agricoles – de l’artificialisation au pilotage de la nature ».

Source : Cairn

11:06 Publié dans Agriculteurs, Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité, inventaire naturaliste |  Imprimer | | | | |  Facebook

25/06/2015

Des mesures agro-environnementales efficaces pour limiter le lessivage des nitrates issus de l’élevage bovin en Irlande

Les résultats d’une étude récemment publiée dans la revue scientifique Agriculture, Ecosystems & Environment démontrent les bons résultats de mesures agro-environnementales irlandaises visant à réduire le lessivage des nitrates issus de l’élevage bovin.

Les mesures agro-environnementales, dispositif volontaire du deuxième pilier de la Politique agricole commune, visent à inciter les agriculteurs à adopter des pratiques plus favorables à l’environnement. En Irlande, le programme de protection de l’environnement en milieu rural (Rural Environment Protection Scheme - REPS) est en place depuis 1994. Un agriculteur en faisant partie doit notamment s’engager à limiter l’apport d’azote sur ses parcelles (apport maximum de 170 kg par ha et par an).

Une équipe de recherche irlandaise (Teagasc) a étudié pendant trois ans deux systèmes d’élevage de bovins allaitants, principalement sur prairies permanentes, l’un conduit de manière intensive, l’autre selon le cahier des charges du REPS. Les taux de nitrates en profondeur dans le sol (- 1 m) ont été régulièrement mesurés.

Ces travaux montrent que les quantités de nitrates lessivées dans les eaux souterraines sont très significativement inférieures dans le système REPS. En effet, selon les calculs effectués, les quantités moyennes de nitrates lessivées étaient de 63 kg par ha et par an pour le système intensif alors qu’elles n’étaient que de 15 kg par ha et par an pour le système REPS. Ainsi, les chercheurs démontrent qu’il est possible de conduire un élevage bovin de manière plus durable en Irlande et suggèrent que ce type de système pourrait fortement contribuer à l’atteinte de l’objectif de « bon état écologique des masses d’eau » de la Directive cadre sur l’eau.

Clément Villien, Centre d’études et de prospective

Source : Agriculture, Ecosystems & Environment

09:29 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : teagasc, irlande, élevage, nitrates, mae |  Imprimer | | | | |  Facebook

19/06/2015

Les nourritures. Philosophie du corps politique. Corine Pelluchon

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Pourquoi les enjeux du développement durable et de l'agro-écologie, la question du bien-être animal ou la préservation de la saine alimentation ont-ils autant de mal à entrer dans le champ des délibérations démocratiques ? Que faire pour que les éthiques environnementales, élaborées au fil des décennies, pénètrent vraiment les institutions et débats politiques ? Telles sont les questions auxquelles Corine Pelluchon (professeure à l’université de Franche-Comté) essaie de répondre dans ce dense et solide essai philosophique paru début 2015.

Il serait vain de chercher à résumer ses réflexions, qui visent dans une première partie (avec Husserl et surtout Lévinas) à élaborer une nouvelle phénoménologie de l’existence, puis dans la seconde partie (avec Hobbes, Locke, Rousseau, Rawls) à rénover le « contrat social » et à fonder une véritable démocratie écologique. Dans le cadre de ce blog de veille, on se contentera de présenter quelques linéaments de son raisonnement :

1. La faim et la satiété sont les points de départ de nos expériences et de notre existence. Notre rapport au monde est, au commencement, un rapport à ce qui alimente notre corps et à ceux qui l’alimentent. Cette « corporéité du sujet » fait que vivre, c’est toujours « vivre de ».

2. Nous reproduisons constamment ce schéma alimentaire primordial et nous nous « nourrissons » littéralement d’air, de lumière, d’eau et de saveurs, mais aussi de travail, de sentiments, de culture ou de paysages. Nous incorporons tous ces milieux qui nous entourent, nous sommes ce dont nous dépendons et qui nous perfuse. En assurant notre subsistance, le monde définit notre substance.

3. Cette « phénoménologie des nourritures » induit un changement des rapports avec la nature. Si nous sommes consubtantiels à notre environnement, celui-ci ne peut plus être pensé, comme dans l’écologie classique ou les théories du développement durable, en termes de « ressources » externes qu’il s’agirait d’exploiter, de protéger ou de sanctuariser.

4. Parler de « nourritures » plutôt que de « ressources » amène à considérer que notre existence ne peut pas être individuelle : elle est nécessairement collective car nous appartenons au monde de toutes les espèces, de l’écosphère et de la biodiversité. Habiter la terre, c’est partager la « maison commune », c’est-à-dire l’espace et le milieu des autres existants.

5. De fait, l’homme ne peut plus assujettir, exploiter, industrialiser et chosifier les animaux, co-habitants intimement mêlés à nos vies, qui doivent bénéficier de respect, de droits positifs et de conditions décentes d’accomplissement. Il est temps de procurer à la question animale une ontologie et une théorie politique.

6. La faim étant ce besoin primitif qui marque notre dépendance essentielle, manger est un acte économique, moral et politique. Il faut donc renforcer le droit à l'alimentation, à la souveraineté alimentaire, reconnaître le caractère spécifique du commerce des denrées et le doter d’une protection internationale adaptée.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : Éditions du Seuil

09:07 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

18/06/2015

Sols : panorama sur le changement climatique et la sécurité alimentaire à l’échelle du monde

Publié dans Science début mai, un article rédigé par des chercheurs américains offre un panorama de grands enjeux associés aux sols, mettant l’accent sur le changement climatique et la sécurité alimentaire.

Cette publication donne ainsi des ordres de grandeurs issus de la littérature académique sur les capacités de stockage (ex : 2 300 Gt de carbone organique dans les trois premiers mètres) et d’émissions de carbone par les sols au niveau mondial. Elle explique certains points clés, par exemple l’approche non linéaire dans le temps de la séquestration de carbone, ou encore la variation possible du carbone stocké dans le sol (entre -72 et +253 Gt à l’horizon 2100, selon les travaux de modélisation). Elle revient également sur les incertitudes : réponse des sols des latitudes nordiques au réchauffement climatique (estimation des émissions comprises entre 50 et 150 Gt), incertitude sur la taille du stock de carbone dans le sol (de l’ordre de la quantité de carbone présent dans l’atmosphère – 770 Gt), etc.

Sur le volet « sécurité alimentaire », les auteurs évoquent principalement la question de l'érosion et mettent aussi l’accent sur les nutriments, comme le phosphore dont la principale source provient de formations géologiques (roches phosphatées) inégalement réparties dans le monde. Pour conclure, trois axes stratégiques pour les sols sont cités : le carbone organique (séquestration et émissions), l’érosion et les nutriments.

Source : Science

09:03 Publié dans Climat, Environnement, Sécurité alimentaire | Lien permanent | Tags : sols, changement climatique, sécurité alimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/06/2015

Au-delà des abeilles, l’importance d’autres groupes d’insectes pollinisateurs

L’étude du déclin des pollinisateurs en agriculture s’est jusqu’à présent principalement focalisée sur l’abeille domestique, ainsi que sur les papillons et les syrphes (un type de mouche). Un article publié récemment dans la revue Proceedings of the Royal Society B s’intéresse également à l’ensemble des autres insectes pollinisateurs, peu étudiés jusqu’alors. Si les résultats montrent que l’abeille transporte plus de pollen que les autres pollinisateurs, l’abondance de ces derniers est relativement importante. Ainsi, favoriser la diversité et le maintien de ces populations pourrait contribuer à la stabilité du « service » de pollinisation, indispensable à la production de 35 % des cultures dans le monde, comme le rappellent les chercheurs.

Source : Proceedings of the Royal Society B

 

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28/05/2015

Une évaluation complète de la réglementation Natura 2000 dresse un tableau mitigé de l’état de la conservation de la nature en Europe

La Commission européenne a publié, le 20 mai dernier, un rapport sur l’état de conservation de la nature en Europe. Résultat d’une évaluation conjointe des directives « oiseaux » (2009) et « habitats » (1992), constitutives de la réglementation « Natura 2000 », il représente le panorama le plus complet jamais réalisé dans ce domaine.

Même si, de l’aveu du commissaire européen à l’environnement, M. Karmenu Vella, « [ce rapport] brosse un tableau d’ensemble mitigé », il montre une amélioration du statut de certaines espèces et le succès de certaines mesures de conservation. Plus de la moitié des espèces sauvages d’oiseaux (52 %) sont en effet « hors de danger », mais 60 % des autres espèces protégées au titre de la directive « habitats » sont dans un état de conservation défavorable. Celui des habitats eux-mêmes est quant à lui moins satisfaisant et évolue défavorablement (cf. tableau ci-dessous).

État des populations et état de conservation des habitats et espèces de l’UE

conservation-nature.jpg

Source : Commission européenne

Le rapport pointe certaines pratiques agricoles comme l’une des menaces les plus importantes sur les écosystèmes terrestres : modification d’itinéraires culturaux, surpâturage, abandon des systèmes pastoraux et utilisation d’engrais et de pesticides. Les modifications des conditions naturelles d’origine anthropique sont également citées (infrastructures notamment).

En conclusion, le rapport rappelle les efforts nécessaires pour atteindre les objectifs de la stratégie européenne pour la biodiversité à 2020, sans toutefois établir de recommandations. Les directives « oiseaux » et « habitats » font en effet en ce moment l’objet d’un réexamen approfondi dans le cadre d’un programme visant à améliorer les performances des politiques européennes (REFIT). Pour alimenter ce bilan, la Commission a également lancé une consultation publique, ouverte jusqu’au 24 juillet 2015.

Clément Villien, Centre d’études et de prospective

Source : Commission européenne

 

09:33 Publié dans 2. Evaluation, Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité, natura 2000 |  Imprimer | | | | |  Facebook

27/05/2015

Première évaluation précise de la mortalité des colonies d’abeilles en Europe

La Commission européenne a publié, le 5 mai dernier, les résultats d’un programme de surveillance épidémiologique des colonies d’abeilles mené en 2012 et 2013 dans 17 États membres (EPILOBEE). Chaque pays a mis en place un protocole de collecte de données, harmonisé par le laboratoire européen de référence pour la santé des abeilles, dépendant de l’Agence de sécurité sanitaire française (Anses).

Le protocole consistait en une série de trois visites des colonies, à l’hiver 2012, au printemps et à l’automne 2013. En tout, plus de trente mille colonies ont fait l’objet d’une surveillance. Le taux de mortalité hivernale, compris entre 3,5 % et 33,6 %, est bien plus élevé dans le nord de l’Europe (28,8 % au Royaume-Uni, 28,7 % en Suède, 33,6 % en Belgique, etc.) que sur le pourtour méditerranéen (9,5 % en Espagne, 5,3 % en Italie, 6,6 % en Grèce, etc.). Un taux de mortalité hivernale (voir carte ci-dessous) inférieur à 10 % est généralement admis comme acceptable. S’il est intermédiaire en France (14,1 %), le taux de mortalité durant la saison apicole est le plus élevé d’Europe (13,6 % alors qu’il ne dépasse pas 10 % dans aucun autre pays).

Mortalité hivernale dans les pays de l’Union européenne

EPILOBEE.jpg

Source : EPILOBEE 2012-2013

Conduits sur deux ans, ces travaux nécessitent d’être prolongés pour s’affranchir notamment des variations annuelles du climat. Les auteurs soulignent en effet que l’hiver 2012-2013 particulièrement froid explique sans doute, en partie, la surmortalité observée dans les pays d’Europe du Nord.

Le protocole ainsi établi apparaît comme prometteur selon les auteurs et pourrait pallier l’absence de dispositif de surveillance des abeilles pointé du doigt par l’Agence européenne de sécurité sanitaire (EFSA) en 2009. Toutefois, alors qu’un moratoire sur l’utilisation de quatre pesticides néocotinoïdes est en vigueur depuis décembre 2013 et que son extension à l’ensemble des produits de cette famille est évoquée, plusieurs scientifiques ont déploré l’absence de la prise en compte de l’effet des pesticides dans le programme EPILOBEE.

Clément Villien, Centre d’études et de prospective

Source : Commission européenne

 

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22/05/2015

Un nouvel indicateur « haies, bois et landes dans les territoires agricoles » pour l’Observatoire national de la biodiversité

Le 20 mai dernier, en vue de la Journée internationale de la biodiversité (22 mai), l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) a publié la mise à jour annuelle de ses indicateurs pour la quatrième année consécutive. Cet observatoire, piloté par le ministère en charge de l’écologie, a vocation à caractériser l’état de la biodiversité et son évolution, pour permettre un pilotage efficace des politiques en la matière et un débat démocratique autour de cet enjeu de société.

Les indicateurs proposés sont organisés en jeux thématiques, l’un d’eux étant dédié à l’agriculture. Celui-ci comporte quatre indicateurs : évolution de la consommation de produits phytosanitaires, évolution des surfaces en prairies permanentes, évolution des surfaces agricoles drainées et enfin, un nouvel indicateur en 2015 portant sur les haies, bois et landes dans les territoires agricoles.

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Source : Observatoire national de la biodiversité

 

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21/05/2015

Lancement d’une cartographie des écosystèmes et de leurs services à l’échelle européenne

Le 5 mai dernier avait lieu la conférence de lancement d’un nouveau projet de cartographie des écosystèmes, dénommé Esmeralda. Ce projet, fruit d’une collaboration entre 25 institutions scientifiques européennes, de plus de 20 pays et coordonné par l’université de Kiel (Allemagne), s’inscrit dans l’action 5 de la stratégie biodiversité de l’UE à l’horizon 2020 « améliorer la connaissance des écosystèmes et de leurs services ». Il a en effet pour objectif de fournir aux décideurs publics les informations nécessaires à la conception de politiques environnementales. Complémentaire d’autres initiatives en la matière (programme européen MAES, ou EFESE en France), il vise à établir des méthodes flexibles et adaptables à la diversité des situations européennes pour évaluer un écosystème et ses services.

Source : Esmeralda project

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13/04/2015

OCDE : une première évaluation des indicateurs de « croissance verte » pour l’agriculture

Le 12 mars 2015, l’OCDE a rendu public un rapport portant sur une première déclinaison dans le domaine agricole de son cadre de « croissance verte » pour l’économie. Ce rapport cherche à identifier parmi un certain nombre d’indicateurs, pour la plupart déjà existants, ceux pouvant permettre de suivre les progrès de la « croissance verte » en agriculture.

Mise en avant suite à la crise de 2008, lors du conseil de l’OCDE de juin 2009, cette notion reconnaît la possibilité de concilier « croissance » et « souci de l’environnement ». Concept plus étroit que celui de « développement durable », elle constitue un volet de ce dernier. Elle s’appuie principalement sur la notion de « découplage » entre production et impacts environnementaux grâce à une augmentation de la productivité et de l’efficience de l’usage des ressources naturelles.

Cette première évaluation des indicateurs de « croissance verte » pour l’agriculture rappelle que si le concept est relativement nouveau, de nombreux indicateurs similaires sont d’ores et déjà utilisés par ailleurs (indicateurs agro-environnementaux de l’OCDE, indicateurs de la politique agricole commune). Dans cet exercice, les indicateurs reflétant au mieux les liens entre environnement et économie, permettant des comparaisons entre pays et faciles à communiquer, ont été retenus. Ils sont rassemblés en six groupes : efficacité environnementale, productivité des ressources, stock d’actifs naturels, qualité environnementale de la vie, opportunités économiques, et mesures prises par les pouvoirs publics. Seuls trois indicateurs, relatifs à la productivité carbone, la productivité énergétique et aux formes de soutien aux producteurs pouvant être préjudiciables à l’environnement, ont satisfait l’ensemble des critères de sélection.

Les auteurs admettent que, en l’état, cette première liste appelle de nombreuses améliorations. Elle comporte tout d’abord un nombre assez limité d’indicateurs, et tous ne sont pas pertinents dans l’ensemble des pays. De plus, les indicateurs de politiques publiques ne prennent pas en considération les instruments réglementaires, part pourtant essentielle des outils au service de l’environnement. Enfin, il n’existe pas pour l’instant d’indicateur mesurable pour certains domaines, comme celui de la « qualité environnementale de la vie » par exemple.

Clément Villien, Centre d’études et de prospective

Source : OCDE

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03/04/2015

Six principes directeurs des paiements pour services écosystémiques

Une équipe composée d’investisseurs, d’ONG environnementales et de développement, d’économistes et d’écologues a publié en mars 2015, dans Science, un ensemble de six principes visant à favoriser le succès des « paiements pour services écosystémiques » (PSE). Ils se sont notamment appuyés sur des exemples à Madagascar (stockage de carbone dans les sols forestiers), en Tanzanie (préservation de la faune sauvage pour le tourisme) et en France (protection de bassins versants). À noter que, sur les 118 projets étudiés, 60 % reposent sur des bases scientifiques jugées peu solides et que l’efficacité des PSE est peu souvent évaluée.

« Comprendre les dynamiques des systèmes écologique et socio-économique », « établir et documenter la situation de référence », « suivre l’avancement et les réalisations (du projet) », « utiliser des méthodes de mesure robustes », « comprendre les liens entre les nombreux services écosystémiques » et « prendre en compte la durabilité écologique », tels sont les principes ayant fait consensus. Les auteurs, en fournissant une base scientifique robuste aux paiements pour services écosystémiques, espèrent contribuer au succès de cette approche au bénéfice de l’environnement.

Sources : Science, Biodiversity International

09:30 Publié dans Environnement | Lien permanent | Tags : pse |  Imprimer | | | | |  Facebook