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09/10/2014

Commerce international et raréfaction de l'eau

Des chercheurs de Purdue University et de l'IFPRI ont estimé, à l'horizon 2030, les impacts d'une moindre disponibilité de la ressource en eau pour l'irrigation sur l'économie et le commerce international, ainsi que sur les modes de production. La particularité de ce travail réside dans le recours à un modèle d'équilibre général GTAP-BIO-W, alors que, selon les auteurs, les travaux précédents étaient principalement menés avec des modèles économiques d'équilibre partiel. La principale différence porte sur la description des impacts macro-économiques, et donc du commerce international. Le choc appliqué au modèle découle des travaux de Rosegrant et al. (2012) : il s'agit d'une réduction du volume d'eau destiné à l'irrigation (-30 à -60% de disponibilité), touchant principalement l'Asie du Sud.

Au chapitre des résultats, les conséquences sont géographiquement hétérogènes en fonction de divers paramètres (importance de la moindre disponibilité d’eau, intensité de l'irrigation dans la production, possibilité d'étendre l'agriculture pluviale). Les pertes se situent principalement en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, impactant la production mondiale en grandes cultures, et donc celles du secteur de l'élevage et des industries de transformation alimentaires. Pour compenser la perte de productivité résultant de la contrainte sur l'irrigation, le modèle simule une extension des zones cultivées sur 7,6 millions d'hectares supplémentaires. De plus, les régions disposant d’une ressource en eau abondante augmentent leurs productions, issues de l'agriculture irriguée ou pluviale, afin de répondre à leur demande domestique, mais aussi pour augmenter les exportations (par exemple depuis le continent américain et l'Europe vers l'Asie). Les auteurs mettent en évidence l'effet tampon du commerce international, même si les volumes échangés augmentent peu. Cet effet limite la perte de bien-être, estimée autour de 3,7 milliards de dollars (USD 2001).

Les modèles d'équilibre général ont leurs limites, soulevées par les auteurs : la compétition pour l'usage des sols entre agriculture et forêt n'est pas prise en compte, ainsi que le détail au niveau des bassins hydrogéographiques. De plus, il serait intéressant de mieux comprendre les hypothèses sous-jacentes aux règles d'allocation entre agricultures pluviale et irriguée, en particulier du point de vue des investissements. À noter enfin que le modèle tient compte des niveaux de production, de consommation et de commerce en 2001.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : Global Environmental Change

11:03 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement, Production et marchés | Lien permanent | Tags : eau, commerce international |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/10/2014

Concevoir l’écosystème, un nouveau défi pour l’agriculture. Elsa Berthet

Une relecture stimulante de l’histoire de l’agriculture et de la « crise environnementale » actuelle, d’une part, et des travaux sur les « biens communs » et les services écosystémiques, d’autre part, autorisent Elsa Berthet, ingénieure agronome spécialisée en sciences de gestion, à soutenir « que l’on n’accorde pas suffisamment d’importance aux processus de conception spécifiques aux agro-écosystèmes et que l’on est toujours peu outillé pour le faire ».

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Son ambition est donc « d’élaborer, et de mettre à l’épreuve d’une ''situation réelle'' (un cas empirique), un cadre conceptuel pour la conception d’un agro-écosystème », véritable « point aveugle » de l’agronomie comme de l’écologie. Le cas en question est la mise en place d’une filière courte de luzerne de qualité dans la plaine de Niort, zone de production intensive céréalière.

Pour l’auteure, les objets et régulations biologiques mis en évidence par les sciences écologiques ne sont pas donnés, ils ne sont pas des ressources qu’il faudrait préserver. Voir les choses ainsi amènerait à dresser un objectif ou un acteur contre l’autre (la production contre la biodiversité, les agriculteurs contre les environnementalistes). Au contraire, ces objets restent à concevoir. Ils forment « un inconnu commun » qu’il faut explorer, déterminer, au fil de ce que le philosophe John Dewey appelait une « enquête publique », en confrontant les finalités des différents acteurs, de façon collaborative, dans les dynamiques de changement territorial. L’auteure est ainsi amenée à prendre ses distances avec les dispositifs actuels de soutien aux agriculteurs (notamment les MAE) et aux innovations.

L’ouvrage met en œuvre des concepts nouveaux, sans doute déroutants. La densité de l’argument et les ruptures nombreuses avec les catégories habituelles des politiques publiques, si elles nécessitent un temps d'adaptation intellectuelle, devraient intéresser les acteurs impliqués dans l'agro-écologie.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Lien vers un extrait du livre

 

10:53 Publié dans Agronomie, Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : écosystème |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/10/2014

Première conférence annuelle de la FAERE

Les 11 et 12 septembre 2014 s'est tenue à Montpellier la première conférence annuelle de l'association française des économistes de l'environnement et des ressources (FAERE), créée en 2013. Le programme scientifique mêlait divers thèmes : changement climatique, biodiversité, agriculture, ressources marines et côtières, forêt, etc. La première journée a été marquée par l'intervention d'Hervé Le Treut sur le changement climatique et ses enjeux, et la seconde par l'intervention de Jason Shrogren (université du Wyoming), ainsi que par une table ronde réunissant cinq chercheurs reconnus autour de la question « Les grands défis de l'économie de l'environnement : passés, présents, futurs » (compte-rendu).

Source : FAERE

10:45 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : économie de l'environnement |  Imprimer | | | | |  Facebook

Régimes alimentaires, productions animales et eau

Dans son article « Water for animal: a blind spot in water policy », publié en septembre dans Environmental Research Letters, Arjen Y. Hoekstra, professeur à l'université de Twente (Pays-Bas), apporte un éclairage sur la relation entre la ressource en eau et notre alimentation. De son point de vue, l'approche qui optimiserait, pour les productions animales, la valeur nutritionnelle par volume d'eau utilisé (« more nutritional value per drop »), à l'image de ce qui est fait pour les cultures (« more crop per drop »), reste un sujet encore peu traité. Par son analyse reposant sur le concept « d'empreinte eau », il souhaite montrer que les politiques actuelles sur l'eau se focalisent plus sur une production soutenable (ex : efficience de l'utilisation d'eau, des intrants), que sur une consommation soutenable, ce qui reviendrait à avoir une approche plus holistique des systèmes alimentaires.

Source : Environmental Research Letters

10:43 Publié dans Alimentation et consommation, Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : empreinte eau |  Imprimer | | | | |  Facebook

Le BRGM va publier une nouvelle carte hydrogéologique

Le 25 septembre dernier, le BRGM a annoncé la publication à venir, début 2015, d'une nouvelle carte hydrogéologique. Elle permettra, avec une résolution plus fine, de localiser les aquifères, ainsi que leurs caractéristiques, éléments nécessaires à la compréhension du renouvellement de la ressource en eau (stock et flux). Le communiqué de presse fait aussi part de la publication possible d'une carte des ressources en eau « privilégiant cette fois le contenu plutôt que le contenant ».

Source : BRGM

10:41 Publié dans Environnement | Lien permanent | Tags : brgm, eau |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/10/2014

Parcs naturels régionaux : publication des chiffres clefs par le CGDD

Le Service de l’observation et des statistiques du CGDD vient de publier, début octobre, un document présentant les chiffres clefs du réseau des 47 parcs naturels régionaux français, lesquels couvrent 12,2 % du territoire. Sur la base de l’analyse de 600 variables (structurelles, démographiques, socio-économiques, relatives à l’occupation des sols, aux espaces naturels, à l’agriculture ou encore au tourisme), cette étude fait état de forts contrastes entre ces différents parcs.

Par ailleurs, des comparaisons faites entre les PNR et le reste du territoire, il ressort notamment qu’ils présentent deux fois moins de terres artificialisées (et une dynamique d’artificialisation plus faible sur la période 2000-2009), et que les espaces naturels (forêts, prairies en majorité) couvrent près des trois quarts de leurs superficies. Ils regroupent également une part importante des zones humides du pays, ainsi que des zones protégées (Znieff, réserves naturelles, sites Ramsar). Les espaces agricoles y sont moins étendus, les exploitations de grandes cultures moins présentes, à l’inverse de celles tournées vers l’élevage. La diversification des activités (agritourisme, transformation des produits à la ferme) est plus développée, ainsi que la commercialisation des productions en circuits courts. Enfin, l’économie du tourisme y a un poids important.

Source : CGDD

10:35 Publié dans 4. Politiques publiques, Environnement, Territoires | Lien permanent | Tags : pnr, cgdd |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/10/2014

Point d’étape sur les enjeux de l’affichage environnemental dans le secteur agro-alimentaire

En septembre, le Commissariat général au développement durable (CGDD) a publié un numéro d’Études et documents consacré à un point d’étape sur les enjeux, dans le secteur agro-alimentaire, de l’affichage environnemental sur les produits de consommation. Suite au Grenelle de l’environnement, des travaux ont été engagés pour développer méthodes et outils « permettant de préciser ce que pourrait être la mention des impacts environnementaux des produits de grande consommation », et ce par familles de produits. Le bilan de l’expérimentation nationale de l’affichage environnemental, présenté par le Gouvernement au Parlement en novembre 2013, a pointé la question des spécificités du secteur agro-alimentaire et la nécessité de développer des approfondissements méthodologiques.

Dans ce cadre, la publication du CGDD présente un « état de l’art » en lien avec le projet d’affichage des impacts environnementaux des produits agricoles et alimentaires : enjeux propres à ces produits, méthodes d’analyse de cycle de vie développées, implication des acteurs, questions méthodologiques encore objets de débats ou d’approfondissements, questions juridiques et réglementaires, état des travaux actuels (notamment européens) et priorités pour la prochaine étape.

Source : CGDD

10:17 Publié dans 4. Politiques publiques, Environnement, IAA | Lien permanent | Tags : affichage environnemental, cgdd |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/10/2014

Quels instruments économiques et quelle évaluation pour la gestion de la biodiversité ?

L'AFD a publié en septembre 2014, le n°25 de sa collection « À savoir », un ouvrage dressant un état des lieux de l'utilisation de différents outils économiques dans le domaine de la préservation de la biodiversité. Ce livre, intitulé Tools for what trade? Analysing the Utilisation of Economic Instruments and Valuations in Biodiversity Management a été co-écrit par Laurent Mermet (AgroParisTech), Yann Laurans (IDDRI) et Tiphaine Leménager (AFD). Constatant que l’emploi des instruments de valorisation économique et des politiques économiques est progressivement devenue un sujet majeur de discussion sur les politiques en faveur de la biodiversité, les auteurs observent toutefois un décalage important entre ce discours et l'usage de ces outils, encore limité dans la pratique. Le même écart existe également entre les justifications théoriques relatives à ces instruments et leur utilisation sur le terrain. Les auteurs prennent donc le parti de concentrer les réflexions sur leur usage réel, plutôt que sur les principes de ces outils.

Source : AFD

11/09/2014

Quel rôle et quels effets de la PAC dans la préservation des prairies permanentes ?

Dans son numéro 64 de juillet 2014, Le courrier de l'environnement de l'Inra a publié un article proposant une réflexion sur les effets de la « conditionnalité PAC » dans la préservation des prairies permanentes, en analysant en détail les textes réglementaires européens et leurs modalités d'application en France. Malgré la reconnaissance de ses nombreux avantages sur le plan environnemental, paysager ou même sur la qualité des produits animaux, la prairie est en régression continue en France métropolitaine depuis les années 1970, et ce jusqu'en 2010 (date des dernières données mobilisées). Alors que la baisse est très forte dans les régions de grandes cultures et mixtes, on assiste ailleurs à une spécialisation herbagère. Toutefois, les prairies naturelles sont les plus menacées dans toutes les zones.

L'enjeu « prairie » a été progressivement intégré à la PAC, depuis la création de l'indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), en passant par la prime au maintien des surfaces d'élevage extensif (PMSEE devenue ensuite PHAE). Son rôle environnemental est explicitement reconnu dans le règlement (CE) n°1782/2003 [article 5(2)], instaurant en 2005 la conditionnalité des aides PAC et comportant notamment une exigence de « maintien des pâturages permanents (PP) ».

Si la formulation européenne de cette exigence dans le règlement de 2003 laissait prévoir une protection forte de l'ensemble des prairies, l'auteur montre qu'une interprétation très « lâche » de cet article dans son règlement d'application a grandement atténué la portée de la mesure. Le choix, par exemple, de limiter à 10% la diminution du ratio PP / Surface Agricole Utile entre 2005 et 2013 s'avère peu contraignant puisque la baisse des surfaces en prairies n'a pas dépassé ce taux en moyenne depuis 1992. Il en va de même pour les modalités d'application prises à l'échelle nationale.

L'auteur s'interroge donc sur l'effet de la conditionnalité. Si l'enjeu de maintien des prairies semblait bien se prêter à un instrument de ce type, plusieurs dispositions ont pu produire des effets pervers et conduire paradoxalement à un retournement des prairies. C'est le cas par exemple de l'anticipation de l'année de référence.

Enfin, quelques perspectives pour la politique agro-environnementale sont proposées : ne pas focaliser uniquement le maintien sur la « quantité » de prairies mais aussi sur leur « qualité » (celle-ci ayant tendance à être dégradée par intensification), assurer un bon équilibre entre adaptation aux situations locales et niveau d'ambition, etc. Autant d'enseignements au prisme desquels la mise en œuvre du « verdissement » à venir pourra être analysée, selon l'auteur.

Clément Villien, Centre d'études et de prospective

Source : Le Courrier de l'environnement de l'Inra

10:16 Publié dans 4. Politiques publiques, Environnement, PAC | Lien permanent | Tags : prairies, pac, inra |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/09/2014

Conséquences de la sécheresse dans l'État californien sur le secteur agricole

Publiée par le Center for Watershed Sciences en juillet 2014, une étude évalue l'impact de la sécheresse sur l'agriculture californienne. 2014 est la troisième année de sécheresse consécutive et également la troisième plus importante historiquement. L'étude couvre plus de 90% des terres irriguées de cet État (3,8 millions d'ha). Concernant la méthodologie, plusieurs modèles sont utilisés : le Statewide Agricultural Production Model pour les aspects économiques liés aux productions agricoles (chiffre d'affaires, coûts, intrants dont eau) couplé avec le Impact Analysis for Planning Model pour les impacts sur l'emploi au niveau de l'État, et le modèle C2VSim qui simule les prélèvements en eau (souterraine et de surface).

Repérage des zones étudiées

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Source : UC Davis

Dans un premier temps, les auteurs estiment que la ressource en eau de surface diminuerait en 2014 de 8,1 milliards de m3, soit un volume représentant 25% de la quantité annuellement utilisée par le secteur agricole dans les zones étudiées. Ce déficit serait compensé aux trois-quarts par des extractions d'eau souterraine, à hauteur de 6,3 milliards de m3 : leur part dans les prélèvements totaux passerait ainsi de 31% à 51%. Le coût de ce pompage additionnel est évalué à environ 454 millions de dollars.

Du point de vue des productions agricoles, les moins impactées sont celles à haute valeur ajoutée comme les arbres fruitiers, les fruits à coques ou les légumes. Les mises en jachère liées à la sécheresse concernent au total 173 200 ha, principalement des cultures de moindre valeur ajoutée comme les pâturages irrigués et des cultures annuelles. La diminution nette de ressource en eau induit des pertes de l'ordre de 810 millions de dollars pour les cultures et de 203 millions pour l'élevage, auxquelles il faut ajouter le coût du pompage additionnel cité plus haut. Au final, le coût global de la sécheresse 2014 pour la collectivité est de 2,2 milliards de dollars avec une perte de 17 100 emplois saisonniers et à temps partiel. À noter que 2015 pourrait aussi être une année avec des déficits importants en eau, hors prise en compte de l'impact d'El Niño.

Les auteurs mettent en évidence deux thèmes nécessitant de meilleures connaissances. D'une part, les usages de l'eau souterraine en Californie sont méconnus, bien que le niveau des nappes phréatiques soit bien suivi. Ces dernières ne se rechargeant pas entièrement chaque année, y compris en année humide, cette ressource est donc de plus en plus difficile d'accès et les coûts plus élevés (pompages plus profonds). Un enjeu d'autant plus important que cette étude met en évidence la dépendance du secteur agricole à la ressource souterraine en cas de sécheresse.

D'autre part, il paraît nécessaire de mieux connaître les marchés de l'eau californiens : ces marchés fonctionnent essentiellement de manière informelle, et il y a absence d'informations centralisées sur les prix et les quantités disponibles qui impactent la bonne gestion de la ressource en eau en cas de sécheresse.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Sources : UC Davis

Pour plus d'informations sur l'évolution de la sècheresse : Pacific Institute

09:54 Publié dans Agronomie, Climat, Environnement | Lien permanent | Tags : californie, sécheresse, eau |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/09/2014

Quantification de l'impact environnemental des protéines animales pour la consommation humaine aux États-Unis

Le travail de quatre chercheurs américains et israéliens, récemment publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), éclaire l'impact de la consommation américaine en protéines animales sur les surfaces agricoles, le volume d'eau mobilisé pour l'irrigation, les émissions de gaz à effet de serre et l'azote réactif (fertilisants). Cette étude repose sur une approche top-down, autrement dit mobilisant des données statistiques agrégées à l'échelle des États-Unis.

Sont distingués les élevages bovins (avec une subdivision viandes et lait), porcins et avicoles (volailles de chair et œufs). La figure ci-dessous présente les « unités » de ressources mobilisées par 1 000 kcals consommées, et ce pour chacune des productions étudiées. La dernière figure (E) indique la consommation moyenne journalière par personne.

proteines-USA.JPG

Source : PNAS

En termes de résultats, l'élevage bovin viande mobilise respectivement 28, 11 et 6 fois plus de terres, d'eau pour l'irrigation et d'azote réactif que la moyenne des autres productions. Pour les émissions de GES, elles sont cinq fois supérieures. Un résultat qui change peu si l'on considère non plus les calories, mais les protéines consommées.

En conclusion, les auteurs soulignent plusieurs points : 1) la robustesse des résultats sur la filière bovin viande malgré les incertitudes (une filière plus consommatrice en ressources), 2) la mise en lumière d'impacts potentiellement bénéfiques d'un changement de régime alimentaire et 3) la création d'une méthodologie mobilisable pour évaluer les politiques alimentaires, avec des améliorations à apporter sur le travail des données (mobilisées en grand nombre dans cet exercice).

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : PNAS

 

09:52 Publié dans Alimentation et consommation, Environnement | Lien permanent | Tags : protéines, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

Un choix stratégique des terres pour l'expansion de la production agricole pourrait contribuer à limiter le déstockage de carbone par les sols

Dans une publication de juillet 2014, des chercheurs américains de l'université du Minnesota se sont interrogés sur la manière de combiner le maintien d'un service écosystémique, à savoir le stockage du carbone, avec l'expansion des terres agricoles, qui elle répondrait à la hausse de la demande alimentaire.

L'idée est de mettre en regard, via une approche spatialisée, le nombre de calories produites et la quantité de carbone stocké pour chaque région. Une donnée supplémentaire est alors ajoutée : le coût social du carbone, soit les dommages qui résulteraient des émissions de carbone (37 $ par tonne de carbone).

Leur conclusion est la suivante : à l'horizon 2050 et à l'échelle mondiale, un choix stratégique des terres mobilisées pourrait préserver environ six milliards de tonnes de carbone pour une valeur approximative d'un milliard de dollars, en comparaison avec un scénario au fil de l'eau. Les zones concernées (US Corn Belt, Europe de l'Ouest, vallée du Nil, plaine de la rivière Gange et Est de la Chine) sont des régions actuellement agricoles dont la mobilisation ne se ferait qu'à la marge, limitant les pertes de carbone liées à la destruction de forêts.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : PNAS

09:50 Publié dans Agronomie, Climat, Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : carbone, sols |  Imprimer | | | | |  Facebook

29/08/2014

La diversité des habitats non cultivés : un facteur clé pour préserver la biodiversité dans les exploitations agricoles

En collaboration avec l'Agroscope de Zürich, des chercheurs de l'Inra de Toulouse Midi-Pyrénées viennent de démontrer que la diversité des habitats semi-naturels (haies, bandes herbeuses, friches, prairies permanentes, etc.) est le principal facteur influençant la biodiversité dans les exploitations agricoles, conventionnelles comme biologiques. Il s'agit de l'un des résultats du projet de recherche européen « BioBio ». Portant sur 12 régions européennes, 205 exploitations et 1 470 parcelles et habitats semi-naturels et cultivés issus de systèmes agricoles variés (grandes cultures, élevage, polyculture-élevage, maraîchage, oliveraie, vignes), ce projet a permis de mettre au point une batterie d'indicateurs directs et indirects de la biodiversité dans les exploitations agricoles biologiques et conventionnelles.

Source : Inra

09:17 Publié dans Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité, inra |  Imprimer | | | | |  Facebook

Résilience : l'agriculture face au changement climatique

Cet été, l'OCDE a publié un rapport intitulé Climate change, water and agriculture, towards resilient systems. Ce rapport s'inscrit dans un contexte où le changement climatique aura des impacts multiples sur la ressource en eau (changement dans les régimes pluviométriques, qualité dégradée, événements extrêmes plus fréquents et plus intenses, etc.). Il fait ainsi le point sur les implications pour l'agriculture de telles modifications du cycle de l'eau, ainsi que sur la place des politiques publiques dans les mesures d'adaptation à l'échelle des exploitations.

Source : OCDE

09:13 Publié dans Climat, Environnement | Lien permanent | Tags : ocde, changement climatique, eau |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/07/2014

Un outil pour le suivi et l'évaluation des politiques en faveur de la biodiversité dans les territoires

Bien que les initiatives nationales et internationales pour développer des outils d'aide à la décision et de suivi-évaluation des politiques en faveur de la biodiversité se soient multipliées, depuis les années 2000, le Comité français de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) constate que peu de jeux d'indicateurs à destination des collectivités territoriales existent à ce jour, alors qu'elles sont reconnues comme des acteurs de premier plan dans ce domaine.

Pour pallier ce manque, l'UICN a lancé un projet visant à co-construire, avec les acteurs concernés, un jeu commun d'indicateurs de biodiversité adaptés aux échelons infra-nationaux, et en premier lieu régional. Le renseignement périodique de ces indicateurs permettra à toutes les régions qui le souhaitent de suivre l'évolution de la biodiversité sur leur territoire.

Le rapport récemment publié par l'UICN constitue la première étape de ce projet, consistant à formaliser un cadre de réflexion et d'analyse pour les territoires. Le travail réalisé se compose :

- d'un panorama synthétique des principaux jeux d'indicateurs de biodiversité définis et utilisés aux niveaux international et infra-national ;

- d’un questionnement stratégique applicable à tous les territoires, issu de la synthèse et de l’analyse des principales questions identifiées dans les jeux d’indicateurs ;

- d’une sélection de thématiques pour identifier un jeu synthétique d’indicateurs permettant d’obtenir une vision globale des principales caractéristiques d’un territoire donné en termes de biodiversité (pressions, état, impacts, réponses).

La deuxième étape de ce projet consistera ensuite à établir le jeu d'indicateur commun.

Alors que la gestion des fonds structurels européens, dont le deuxième pilier de la PAC fait partie (Fonds européen agricole pour le développement rural – FEADER), est confiée aux Conseils régionaux pour 2014-2020, cette initiative de l'UICN pourrait être mise au service de l'évaluation (obligatoire) de ces programmes européens.

Clément Villien, Centre d'études et de prospective

Source : UICN

17:33 Publié dans 2. Evaluation, 4. Politiques publiques, Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité |  Imprimer | | | | |  Facebook