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15/03/2021

Apicultures : des mondes en recomposition

Études rurales consacre un numéro aux transformations de l’apiculture dans les dernières décennies. La polarité amateur/professionnel est prise en compte, ainsi que celle opposant « maîtrise » (technique, génétique, sanitaire) et « laisser-faire » (approches « naturelles » où l’apiculteur intervient « le moins possible »). Les articles couvrent « un riche nuancier de pratiques » et plusieurs pays (France, Maroc, Chine).

Comme le rappelle l’introduction, le monde apicole français, profondément divisé, s’est structuré en marge du mouvement de professionnalisation de l'agriculture, dans le cadre de sociétés savantes et de syndicats, majoritairement constitués d'amateurs. M. Aureille montre comment, à partir des années 1990 et de la mise en évidence d’une mortalité massive des abeilles, l’apiculture fait l’objet d’un surcroît de régulation : projets de recherche pour mieux cerner les risques liés aux pesticides, mise en place d’instruments calqués sur le développement agricole. Elle connaît aussi un certain engouement, avec en particulier une multiplication des ruchers en milieu urbain. Une étude de cas sur l’Île-de-France (A. Fortier, P. Alphandéry, C. Agnès) souligne l’apparition d’une « apiculture de services » (installation et entretien de ruches), en direction notamment des grandes entreprises soucieuses de communiquer sur leur image.

La question du choix des emplacements des ruches est un fil directeur du numéro, entre autres avec l'article de L. Dupré sur la localisation et l'élaboration du « circuit des ruches » en Bourgogne - Franche-Comté, et celui de R. Mugnier sur le service de pollinisation proposé aux cultivateurs. Ces contributions décrivent les négociations, avec les propriétaires de terrains et le voisinage, pour les installer en tel ou tel lieu. Elles soulignent aussi l’ambivalence d’apiculteurs tiraillés entre « désir de professionnalisation » et besoin de reconnaissance par les pairs, et distance critique par rapport à l’usage des pesticides. Enfin, C. Grillot livre une analyse très fine de la transhumance apicole en Chine, menée depuis les années 1990 à une échelle inédite, bien au-delà des régions d'origine des apiculteurs, pour profiter au maximum du gradient climatique, des saisons et des floraisons à travers le pays. Elle décrit la « course au temps » dans un contexte de « libéralisme exalté », la recherche de productivité, et aborde la question controversée de la qualité du miel chinois.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Études rurales

09/10/2019

Étude sociologique des pratiques apicoles

Sur la base de 37 entretiens réalisés avec des apiculteurs amateurs, professionnels ou double-actifs, des chercheurs de l'Inra caractérisent les formes d’engagement communes à cette activité, au-delà de la diversité des profils, des trajectoires et des projets d’exploitation. Leur article, paru dans Développement durable & territoires, met en lumière les enjeux de renouvellement du cheptel, examinant successivement la cueillette d’essaims sauvages pratiquée par les amateurs, l’essaimage artificiel permettant d’exercer une certaine sélection et l’élevage et l’achat de reines. Enfin, il débouche sur une réflexion sur l’autonomie dans le travail des apiculteurs. Celle-ci ne consiste pas seulement à mettre à distance le marché ou les contraintes du monde du travail (dans le cas des doubles-actifs et des deuxièmes carrières). Elle renvoie aussi à l'épanouissement dans l'action et à une certaine liberté créatrice.

Source : Développement durable & territoires

11:18 Publié dans Agriculteurs | Lien permanent | Tags : apiculture, travail |  Imprimer | | | | |  Facebook