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15/06/2016

Nouveaux installés en agriculture : enseignements pour favoriser l'innovation et l'esprit d'entreprise

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Cette récente publication sur les nouveaux installés en agriculture présente les conclusions du groupe de réflexion mobilisé dans le cadre du Partenariat européen pour l'innovation agricole et la durabilité (EIP-AGRI). Réunissant une vingtaine d’experts (chercheurs, agriculteurs, membres d’associations) originaires de plusieurs États membres, les objectifs étaient de faire un état des lieux en compilant des informations de différentes natures (articles de recherche, données statistiques, etc.), de recenser les freins à leur installation et de proposer des leviers d’action.

La première phase du travail visait à définir le terme de nouveaux « entrants » en agriculture. Le groupe d’experts a conclu qu’il ne peut pas y avoir une définition unique des nouveaux installés en Europe, et que tout dépend de l’objectif recherché. S'il s'agit de soutenir l’installation de jeunes agriculteurs, alors le critère d’âge est à prendre en compte dans la définition. Néanmoins, le rapport rappelle que les nouveaux installés possèdent des caractéristiques communes. Ils sont plutôt jeunes, avec un niveau de formation élevé, pas ou peu issus du milieu agricole. Ils exploitent de petites surfaces et recherchent la valeur ajoutée, par exemple avec un label agriculture biologique, des ventes en circuits courts, etc., ce qui reflète à la fois des considérations militantes et les difficultés d’accès au marché pour ces petites exploitations.

Pour ce qui est des politiques de soutien, les auteurs notent que les autorités locales sont particulièrement utiles pour ces néo-agriculteurs, en leur facilitant l’accès au foncier, principal obstacle à leur installation, en les mettant en réseaux et en les insérant dans des systèmes alimentaires locaux. Avec ces producteurs, de nouveaux modèles d’agriculture se développent (agriculture contractuelle, financement participatif des projets agricoles), ainsi que de nouvelles formes d’accompagnement (pépinières d’entreprises, espaces tests, coopératives d’activité et d’emploi en agriculture, etc.).

Enfin, le groupe d’experts a constaté le manque de représentation à l’échelle européenne de ce type de public et d’agriculture, qui correspond souvent à des initiatives locales. L’une des pistes proposées serait d’améliorer les liens entre ces différentes initiatives, par une mise en réseau via une plate-forme européenne ; cela permettrait aussi une meilleure visibilité en vue d’un soutien plus fort des politiques publiques.

Céline Fabre, Centre d'études et de prospective

Source : Commission européenne

15:31 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : installation, pei |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/06/2016

Les Comores. A qui la terre ? Sous les conflits de propriété, les réalités de la gestion en commun. Mahmadou Saïd

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Cet ouvrage questionne le régime de propriété privée aux Comores : à qui appartient la terre ? À celui ou celle qui l’occupe ou qui la met en valeur ? À ceux qui y ont des droits historiques ? A celui qui l’a faite immatriculée ? Mahamoudou Saïd invite à réfléchir sur une gestion en commun du foncier, justifiée par l’existence quasi systématique, sur une même parcelle, de « propriétés simultanées », produits de l’histoire comorienne. Il existe ainsi une pluralité de droits applicables (coutumier, musulman et français). Cette configuration de juxtaposition de droits n’est pas spécifique à ces îles puisque l’auteur fait le parallèle avec d’autres régions : nord-est de Madagascar, Los Angeles, massif des Alpilles et Cévennes, et d’autres régions en Suisse et en Espagne notamment. Le pluralisme juridique oblige à penser de nouveaux paradigmes pour une meilleure gestion du foncier, notamment en commun comme le propose cette publication.

Source : Éditions Karthala

14:30 Publié dans Exploitations agricoles, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : foncier, comores |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/06/2016

Crise et fin de l'exploitation agricole familiale française, P. Jeanneaux

Dans un article paru dans la revue trimestrielle Pouvoirs Locaux, Philippe Jeanneaux (VetAgro Sup) dresse un tableau incisif du paysage agricole français, à la lumière de la récente crise en Europe. Selon lui, le développement des exploitations à deux unités de travail humain (UTH), depuis les années 1960, s'est accompagné d'une intensification et d'agrandissements au prix d'endettements massifs. Ce modèle serait à bout de souffle : l'exploitation indépendante à deux UTH serait aujourd'hui sur-endettée et intransmissible, dominée par l'aval et démunie de pouvoir de négociation, incomprise par la société, et inadaptée à la mondialisation. Il en résulterait un manque de compétitivité et de résilience, et une évolution rapide et forcée de la structure de ces exploitations serait à prévoir.

Source : Pouvoirs Locaux

14:29 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : agriculture familiale |  Imprimer | | | | |  Facebook

Prix des terres agricoles en 2015

Les Safer, dans le cadre de leur mission de service public, publient chaque année une analyse des marchés fonciers ruraux. D'après la dernière édition sortie en mai, en 2015, le marché est en progression de plus de 5% en nombre de transactions, de plus de 6% en volume-surface et de plus de 8% en valeur. Le prix des terres et prés libres et non bâtis est de 6 010 euros par hectare en moyenne, contre 4 470 euros par hectare pour ceux loués et non bâtis. La hausse des prix se poursuit, mais à un rythme moins soutenu que les années précédentes, excepté pour le secteur des grandes cultures.

En termes de tendances, la SAFER constate une progression continue du marché des biens loués (55 % des superficies vendues) et une hausse des achats par les sociétés d’exploitation et sociétés de portage (GFA et SCI agricoles), au détriment des agriculteurs, personnes physiques et fermiers en place.

Source : SAFER

14:27 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : safer, foncier, prix, terres |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/05/2016

Évolutions structurelles des exploitations agricoles en Europe : sortie du document de référence d'un atelier organisé par la Comagri et le Parlement européen

Daté de mars 2016, ce rapport analyse les évolutions structurelles récentes des exploitations agricoles en Europe de l'Ouest, dans un premier temps, chez les dix nouveaux États membres dans un second temps, avant de développer des propositions détaillées pour améliorer les outils de la Politique Agricole Commune (PAC).

Parmi les principales conclusions de l'analyse des évolutions en Europe de l'Ouest, on peut noter le constat du maintien d'exploitations de tailles petite et moyenne, ces dernières générant globalement plus de richesse que les plus grandes structures. Les auteurs insistent sur le fait que de nombreuses grandes fermes, sur-endettées et particulièrement sensibles à la volatilité des prix, se montrent plus fragiles dans les conditions actuelles d'un marché des matières premières agricoles globalisé. Ils critiquent le fait qu'une part importante des subventions à l'agriculture soit destinée à un petit nombre d'exploitations, avant de proposer une refonte des dispositifs de la PAC pour relancer le développement d'une agriculture créatrice de richesses et productrice d'externalités positives.

En ce qui concerne les dix nouveaux membres de l'est du continent, le rapport insiste sur la grande diversité structurelle et les difficultés qu'ont les autorités de certains États à mettre en place les outils de la PAC. Entre autres recommandations, il est proposé de considérer les nombreuses petites exploitations dans leur diversité, afin de développer des outils adaptés à plusieurs catégories, et d'accélérer la professionnalisation et le développement vers des structures commerciales, avec par exemple des politiques de développement de la coopération adaptées localement.

Enfin, après une analyse fine du rôle des organisations de producteurs (OP), dans le pouvoir de négociation des agriculteurs avec l'aval, trois registres de recommandations sont développés : faire converger à l'échelle européenne les règles appliquées aux OP ; renforcer leurs marges de manœuvre en ce qui concerne la planification de la production ; imposer des tailles minimales d'OP et favoriser leurs regroupements pour accroître leurs pouvoirs de négociation.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : Parlement européen

10:33 Publié dans 4. Politiques publiques, Exploitations agricoles, PAC | Lien permanent | Tags : pac, stratégie europe 2020 |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/04/2016

Transmettre son exploitation, un passage de témoin pas si simple

En agriculture, l'acte de transmission de l'exploitation dépasse largement l'enjeu de la cession d'un appareil de production. Les difficultés rencontrées tant par les cédants que par les repreneurs restent toutefois difficiles à cerner et surtout à catégoriser.

C'est ce qu'ont tenté de faire R. Gaté et L. Latruffe, en menant des enquêtes auprès de 15 agriculteurs récemment installés et de 25 exploitants ayant exprimé leur intention de prendre leur retraite dans les années suivantes, en Bretagne. Le numéro de janvier-février d’Économie rurale publie les résultats de ce travail. De fait, si la revue de littérature permet d'identifier des difficultés d'ordres foncier, économique, financier et administratif, on constate que celles perçues par les cédants ou repreneurs sont plus diffuses et complexes à appréhender, beaucoup d'enquêtés ne se retrouvant pas dans la liste de difficultés proposée.

Malgré la faible taille de l'échantillon et les biais liés à la sélection des participants (proposés par les organismes territoriaux impliqués dans la transmission agricole et volontaires pour participer), les enseignements tirés de l'étude ont le mérite d'ouvrir le débat. Il apparaît que la difficulté majeure, pour un exploitant sans repreneur familial, est de trouver le candidat à la reprise. En revanche, tant les repreneurs que les cédants s'accordent à désigner les aspects administratifs comme principaux obstacles au processus de transmission.

Le foncier est également une préoccupation forte qui dépasse la seule question de son coût : soit parce que le cédant souhaite conserver une partie de ses droits de propriété, accroissant de fait la part en fermage de l'exploitation pour son repreneur, soit parce que la propriété foncière de l'exploitation est déjà morcelée et nécessite plusieurs négociations afin d'obtenir un transfert du bail. C'est d'ailleurs l'un des critères de recherche pour les candidats à la reprise qui apparaît mal dans les échanges avec ces agriculteurs nouvellement installés.

Il ressort ainsi de l'enquête l'importance de sensibiliser les agriculteurs à la préparation de la transmission de leur exploitation, afin de tenir compte des délais inhérents à la mise en place d'un projet d'installation, mais également pour réfléchir sereinement à ses modalités.

Muriel Mahé, Centre d’études et de prospective

Source : Économie rurale

10:45 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : transmission, bretagne |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/04/2016

Derniers chiffres 2015 de la MSA : légère baisse du nombre d’agriculteurs et chute des revenus

La Mutualité Sociale Agricole vient de publier les derniers chiffres sur la population des non salariés agricoles. En 2014, le nombre d’agriculteurs a baissé de 1,3 %, avec 467 600 exploitations au 1er janvier 2015. Cette tendance se situe au même niveau que celles observées ces dernières années (autour de 1%), alors que la diminution était avant 2012 de l'ordre de 2 à 3 % par an.

Un quart des départs n'a pas été remplacé et, en parallèle, la surface moyenne par exploitant a légèrement augmenté, passant à 54,6 hectares contre 54,2 hectares l’année précédente. Toutefois, les superficies d'exploitation sont très inégalement réparties : un exploitant sur deux met en valeur moins de 42 hectares, alors que 25 % exploitent une superficie d'au moins 75,5 hectares, voire supérieure à 118 hectares (pour 10 % des agriculteurs). Toutes productions confondues, les revenus professionnels diminuent d’un peu moins de 21 % sur un an : c’est le secteur des grandes cultures qui accuse la plus forte baisse, de presque 48 %.

Enfin, la MSA constate une augmentation de la part des chefs d’exploitation pluriactifs, qui s’élève désormais à 16 %, mettant en exergue la recherche d’un autre revenu pour compléter celui issu de l’exploitation.

Source : MSA

09:56 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : msa, agriculteurs, revenu agricole |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/03/2016

Les formes d’organisation entrepreneuriale de la production agricole en Amérique latine

Le dernier volume de la revue Géographie Économie Société, paru fin 2015, regroupe quatre articles sur les formes d’organisation entrepreneuriale de la production agricole en Amérique latine. Il s'attache à approfondir la caractérisation de ces formes d'agriculture dans trois pays (Argentine, Brésil et Uruguay) notamment au regard de leurs liens avec les acteurs en amont et en aval des chaînes de valeur, des modalités d'utilisation des ressources (en particulier foncières et financières) et d'optimisation de la gestion des actifs et de l'organisation du travail. Les articles analysent les leviers de leur développement : économiques, techniques et politiques, en particulier les aspects d’innovation, de relations avec les milieux financiers et les politiques publiques. Ils s’interrogent enfin sur les liens entre l'essor de ces agricultures et les processus de développement des espaces ruraux. Sont-elles sources de développement local ? Quelles relations se dessinent avec les centres urbains, nationaux ou extérieurs ?

L'un des articles s'intéresse à l'influence de ce type d'agriculture sur la globalisation des espaces ruraux. Les auteurs y proposent tout d'abord une typologie des formes d'organisation entrepreneuriale agricole : devenues moins patrimoniales, mais plus financières et industrielles, alliant gestion des risques et optimisation des ressources, de plus en plus soumises à des influences externes (cf. extrait de la typologie ci-dessous). Le foncier est au cœur de la stratégie de localisation de ces entreprises : en ce sens, il constitue le moteur de l'insertion des espaces ruraux dans la globalisation. Par ailleurs, les transactions se font à des échelles locales, nationales et internationales. L'organisation du travail au sein de ces entreprises, pour certaines multi-localisées, implique à la fois les zones rurales (production), les pôles urbains de proximité (services, gestion opérationnelle) et les métropoles nationales voire lointaines (gestion financière, décisions), organisant ainsi ces espaces en réseaux et intensifiant les relations entre eux. Ces mécanismes, amenés à s'accentuer, participent à l'expansion des grandes cultures (soja en premier lieu) et bouleversent les agricultures argentines, brésiliennes et uruguayennes.

Extrait de la typologie proposée des formes d'agriculture entrepreneuriale

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Source : revue Géographie Économie Société, adaptation CEP

Claire Deram, Centre d’études et de prospective

Source : Géographie Économie Société

 

10:29 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : amérique latine |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/03/2016

Agriculture urbaine : deux publications sur les plant factories en Asie

Annoncée d’assez longue date, la mise en service d’« usines à légumes » (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog) en Asie donne corps à une forme d’agriculture urbaine « verticale », intensive en technologie (milieu confiné, hydroponie, éclairages spéciaux). Deux publications récentes font le point sur ces plant factories. La première, intitulée The rise of Asia’s indoor agriculture industry, est destinée au grand public et aux investisseurs. La deuxième, destinée aux scientifiques, entre dans le détail de la conception et de la gestion des PFAL (plant factories with artificial light).

Si l'on peut se poser la question de savoir dans quelle mesure ces nouveaux concepts marquent une vraie rupture avec l’horticulture de serre, ces deux documents rendent visibles une constellation d’acteurs que l’on n’imaginait peut-être pas si avancés dans leurs projets.

Sources : AgFunderNews, Elsevier

09:47 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : plant factories, agriculture urbaine, asie |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/02/2016

Une diminution régulière de l’efficience technique en bovins viande

Dans le n° 349-350 d'Économie Rurale, Patrick Veysset, associé à d’autres chercheurs de l'INRA de Clermont-Ferrand, a mis en évidence un recul progressif de l'efficience technique des exploitations bovines françaises sur 23 ans, à partir de données issues du Réseau d’information comptable agricole (RICA) et du réseau d’exploitations bovines charolaises suivies par l'INRA.

Entre 1990 et 2012, les exploitations bovines du RICA ont connu une croissance très rapide et une forte augmentation de la productivité volumique du travail (ie production rapportée aux ETP), mais une stagnation du revenu par travailleur, avec de fortes fluctuations interannuelles, signes déjà d’une efficience économique en recul. Les auteurs ont donc analysé leur productivité, en comparant productions et consommations intermédiaires déflatées des indices de prix annuels, afin de s’affranchir des effets dus aux fluctuations de prix. Ils mettent ainsi en évidence une nette extensification des surfaces fourragères, accompagnée d’une diminution de l’usage des engrais, semences et phytosanitaires, mais compensée par un fort accroissement du recours aux aliments du bétail, produits vétérinaires, carburants, etc. Le volume des consommations intermédiaires par unité de surface a ainsi augmenté régulièrement depuis 1990, de même que le capital immobilisé. Les simplifications des pratiques se sont ainsi faites au détriment de l’efficacité économique des systèmes, les consommations d’intrants augmentant plus vite que la production de viande.

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Les analyses des résultats du réseau Charolais INRA confirment ces tendances, et montrent que l’autonomie alimentaire des exploitations est corrélée négativement avec la taille des ateliers bovins : plus les exploitations sont grandes, plus les quantités de concentré par kilogramme de viande produite sont élevées. Les auteurs montrent aussi l’absence, sur cet échantillon, d’économies d’échelle liées à la croissance des exploitations.

La dégradation de leur efficience économique rend les exploitations plus vulnérables aux variations de prix, et notamment aux effets « ciseaux » entre prix des intrants et prix de vente des produits. En comparaison, si les exploitations bovins lait ont suivi une dynamique d’agrandissements et d’investissements comparable, l’intensification par vache laitière et la valorisation du progrès génétique ont permis une amélioration régulière de leur efficience économique moyenne.

Cette approche sur le long terme a mis en évidence des tendances structurelles, et pourrait être déclinée sur d’autres filières, voire sur des sous-échantillons ayant suivi des trajectoires différentes, de recherche d’économies et de valeur ajoutée, dans des démarches agro-écologiques.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective

Source : Économie Rurale

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09/12/2015

Les consommateurs vont-ils bloquer le progrès technologique en agriculture ?

Sous ce titre un brin provocateur pour un lecteur français, la revue du think-tank Australian Farm Institute propose un dossier consacré à l’acceptabilité sociale des biotechnologies et de l’élevage intensif. L’ensemble de la publication est coloré par une orientation technophile. L’inquiétude à l’égard des marchés asiatiques, plus réticents aux OGM à mesure qu’ils se développent économiquement, retient particulièrement l’attention. La revue de littérature réalisée par une équipe de l’University of Southern Queensland rappelle que l’Australie possède des atouts commerciaux à faire valoir sur ces marchés (une « intégrité » et une « capacité à produire des produits alimentaires de qualité élevée », reconnues dans le monde entier). Les attentes des consommateurs asiatiques doivent toutefois être prises en compte dans l’analyse des évolutions technologiques et des OGM pour les exploitations australiennes. Les consommateurs asiatiques les plus aisés, dont le nombre augmente rapidement, sont en effet de plus en plus attentifs aux aspects sanitaires et, notamment, réfractaires aux OGM, en particulier en Chine.

Source : Australian Farm Institute

10:24 Publié dans Agriculteurs, Alimentation et consommation, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : australie, innovations, ogm, asie, chine |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/10/2015

Regards croisés sur la course aux terres et à l’eau en contextes méditerranéens

Options Méditerranéennes, collection du CIHEAM, vient de publier son dernier numéro intitulé Accaparement, action publique, stratégies individuelles et ressources naturelles, qui réunit les travaux présentés lors de deux séminaires du réseau Foncimed, en 2011 et 2013. Ce réseau regroupe des institutions et organismes de recherche internationaux travaillant sur le foncier en Méditerranée.

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Le numéro est structuré en quatre thèmes :

  1. le premier traite des politiques publiques et de l’évolution des droits fonciers puis de leurs conséquences pour les sociétés agraires,

  2. le second volet présente la montée en puissance des « accaparements »,

  3. la troisième partie traite de leurs conséquences sur la gestion des ressources naturelles,

  4. le dernier chapitre analyse des cas de résistances à ces processus d’accaparement.

Ce recueil d’articles, de par la diversité de ces exemples, permet de comprendre les phénomènes à l’œuvre au nord comme au sud.

Source : CIHEAM

 

09:09 Publié dans Exploitations agricoles, Territoires | Lien permanent | Tags : foncier, accaparement, ciheam, mediterranee |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/09/2015

Nouvelles pratiques agricoles : les deux voies de l’intensification écologique

Fin juin, l’association X-Environnement organisait à AgroParisTech une conférence consacrée aux « nouvelles pratiques agricoles ». Pour ouvrir la discussion, F. Léger (INRA) a dressé une comparaison systématique de la « question agricole et alimentaire » aux XXe et XXIe siècles. Pour lui, dans un contexte de « crise de confiance » et de déclin de l’emploi agricole, la transition agroécologique s’impose comme le nouvel horizon de la recherche, de l’action des organisations agricoles et des politiques publiques. Plusieurs voies sont ouvertes pour répondre aux nouveaux enjeux. D’une part, il a souligné les risques sociaux dont serait porteuse une agriculture de précision « technologiste », poursuivant l’idéal d’un « monitoring automatisé de l’ensemble des facteurs pouvant affecter la production ». Dans ce schéma, l’agriculteur serait « stratège peut-être, mais pas acteur », définissant uniquement des objectifs stratégiques de production, la conception et le paramétrage de systèmes-experts informatisés lui échappant. Pour lui, les investissements nécessaires excluraient la majorité des agriculteurs, avec des effets négatifs sur l’emploi et les paysages (course à l’agrandissement des exploitations).

À cette approche analytique de l'agroécologie, il a opposé des démarches plus « holistes », tirant parti du fonctionnement métabolique des agroécosystèmes, cherchant à diminuer les impacts environnementaux, à conserver et à régénérer les ressources. Tourné vers la recherche de la « résilience » et d’une trajectoire viable (plutôt qu’optimisée), ce type d’approche met au cœur du système l’agriculteur en prise sur son environnement. Les interventions suivantes en ont fourni plusieurs illustrations (une expérience de reconception du maraîchage suivant les principes de la permaculture, l’agroforesterie).

L’opposition ainsi campée est sans doute suggestive. Au-delà d’intuitions tirées de l’histoire de l’artisanat et du secteur industriel, manquent des éléments chiffrés pour valider l’hypothèse d’un coût social de l’agriculture de précision, et les pratiques « holistes » sont encore trop peu documentées. Les premiers résultats d’une enquête visant à évaluer les performances de micro-exploitations maraîchères intensives en main d’œuvre permettent donc de prolonger avec intérêt cette réflexion.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospectives

Lien : X-Environnement

11:35 Publié dans Environnement, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : intensification écologique, agroécologie |  Imprimer | | | | |  Facebook

Capitalismes agraires. Économie politique de la grande plantation en Indonésie et en Malaisie. Stéphanie Barral

Dans ce livre issu de sa thèse, Stéphanie Barral brosse un portrait historique, économique et social du modèle de la grande plantation, depuis la période coloniale jusqu’à nos jours. Son travail repose sur de l’analyse documentaire, des entretiens, des études de cas, et surtout sur une enquête empirique menée en 2010-2011 selon les préceptes de « l’observation participante ».

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L’auteure commence par rappeler les premiers pas du capitalisme de plantation, dans les colonies néerlandaise et britannique, entre 1860 et 1930. La révolution industrielle européenne augmentait constamment la demande en matières premières des métropoles (caoutchouc, etc.) et les planteurs étaient alors les principaux organisateurs d’une relation salariale violente, faite de châtiments physiques, de travail forcé, d’endettement et d’interdiction de rupture de contrat.

Dans l’après-guerre, la période des indépendances débouche en Malaisie comme en Indonésie sur la construction d’États-nations attentifs aux mouvements syndicaux ouvriers, porteurs d’un droit du travail comme d’une diversification des rapports salariaux. Dans les années 1960, ces pays basculent vers des régimes autoritaires, qui soutiennent les élites économiques et des politiques d’exportation, et favoriseront la croissance hégémonique de la filière palmier à huile.

Deux chapitres présentent ensuite les politiques économiques malaisiennes, puis indonésiennes, des années 1970 à aujourd’hui. En Malaisie, le secteur agricole est d’abord mis au service d’un projet de construction nationale, avant que ne s’enclenche, depuis une vingtaine d’années, un mouvement de développement des plantations privées. En Indonésie, la politique agricole est initialement conçue en réponse aux problèmes de pauvreté rurale, puis elle se libéralise à la fin des années 1980, en privilégiant les grandes firmes.

Des pages intéressantes sont consacrées à la condition ouvrière dans les plantations, aux modes d’habitat, à l’organisation des villages, à la vie quotidienne des familles, au contrôle social exercé par le paternalisme des capitaines d’industrie. On lira également avec intérêt les pages qui, en fin d’ouvrage, montrent comment le capitalisme agraire s’adapte aux nouveaux standards de bonnes pratiques environnementales et sociales.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : Presses de Sciences Po

Voir aussi la note d’Analyse du CEP sur le même sujet

 

26/06/2015

L’accaparement de terres agricoles gagne du terrain en Europe

Une nouvelle étude vient de paraître sur l’accaparement de terres agricoles en Europe, réalisée par Transnational Institute pour la commission agriculture du Parlement européen à laquelle elle a été présentée le 17 juin. Ce nouveau rapport fait suite à une précédente étude, Concentration foncière, accaparement des terres et luttes populaires en Europe, publiée en 2013 par le mouvement Via Campesina, qui démontrait déjà que ce phénomène ne se limite pas aux pays du Sud et touche aussi l’Europe.

Le présent rapport relève que l’accaparement des terres est un phénomène limité mais qui gagne du terrain. Il concerne surtout les États membres d’Europe de l’Est (Roumanie, Bulgarie, Hongrie et Pologne), où en moyenne la moitié des terres étaient détenues, en 2010, par moins de 3 % des exploitations. L’accaparement des terres agricoles présente une rupture profonde avec l’exploitation familiale qui caractérisait jusque-là l’agriculture européenne, et les auteurs soulignent la nécessité d’une « réforme de la gouvernance européenne » dans ce domaine.

Ce rapport va au-delà du simple constat et propose des recommandations pour freiner la concentration foncière. Nous citerons notammentla mise en place d’un contrôle réglementaire par les États membres, qui fixerait les limites supérieures pour l’acquisition de terres agricoles, et la création d’un observatoire européen des « tenures » foncières. L’ajustement de la boîte à outils de la PAC est l’un des principaux axes d’actions, et plusieurs mesures pourraient être adoptées pour limiter le phénomène de concentration foncière : fixer à 100 % le taux de convergence des paiements directs agricoles ; fixer la part du paiement redistributif pour les premiers hectares dans le premier pilier au niveau le plus élevé ; envisager un plafonnement des aides à 100 000 € ; surveiller l’application des mesures de verdissement ; utiliser les paiements couplés pour renforcer les secteurs en difficulté ; adopter une définition de l’agriculteur actif « clairement ancrée sur la notion de travail à la ferme ».

Le rapport conclut par une dernière recommandation qui est la mise en œuvre par l’Europe des Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts, approuvées par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) en mai 2012.

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : Parlement européen

09:41 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : foncier, accaparement |  Imprimer | | | | |  Facebook