Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/09/2015

Capitalismes agraires. Économie politique de la grande plantation en Indonésie et en Malaisie. Stéphanie Barral

Dans ce livre issu de sa thèse, Stéphanie Barral brosse un portrait historique, économique et social du modèle de la grande plantation, depuis la période coloniale jusqu’à nos jours. Son travail repose sur de l’analyse documentaire, des entretiens, des études de cas, et surtout sur une enquête empirique menée en 2010-2011 selon les préceptes de « l’observation participante ».

barral.jpg

L’auteure commence par rappeler les premiers pas du capitalisme de plantation, dans les colonies néerlandaise et britannique, entre 1860 et 1930. La révolution industrielle européenne augmentait constamment la demande en matières premières des métropoles (caoutchouc, etc.) et les planteurs étaient alors les principaux organisateurs d’une relation salariale violente, faite de châtiments physiques, de travail forcé, d’endettement et d’interdiction de rupture de contrat.

Dans l’après-guerre, la période des indépendances débouche en Malaisie comme en Indonésie sur la construction d’États-nations attentifs aux mouvements syndicaux ouvriers, porteurs d’un droit du travail comme d’une diversification des rapports salariaux. Dans les années 1960, ces pays basculent vers des régimes autoritaires, qui soutiennent les élites économiques et des politiques d’exportation, et favoriseront la croissance hégémonique de la filière palmier à huile.

Deux chapitres présentent ensuite les politiques économiques malaisiennes, puis indonésiennes, des années 1970 à aujourd’hui. En Malaisie, le secteur agricole est d’abord mis au service d’un projet de construction nationale, avant que ne s’enclenche, depuis une vingtaine d’années, un mouvement de développement des plantations privées. En Indonésie, la politique agricole est initialement conçue en réponse aux problèmes de pauvreté rurale, puis elle se libéralise à la fin des années 1980, en privilégiant les grandes firmes.

Des pages intéressantes sont consacrées à la condition ouvrière dans les plantations, aux modes d’habitat, à l’organisation des villages, à la vie quotidienne des familles, au contrôle social exercé par le paternalisme des capitaines d’industrie. On lira également avec intérêt les pages qui, en fin d’ouvrage, montrent comment le capitalisme agraire s’adapte aux nouveaux standards de bonnes pratiques environnementales et sociales.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : Presses de Sciences Po

Voir aussi la note d’Analyse du CEP sur le même sujet

 

26/06/2015

L’accaparement de terres agricoles gagne du terrain en Europe

Une nouvelle étude vient de paraître sur l’accaparement de terres agricoles en Europe, réalisée par Transnational Institute pour la commission agriculture du Parlement européen à laquelle elle a été présentée le 17 juin. Ce nouveau rapport fait suite à une précédente étude, Concentration foncière, accaparement des terres et luttes populaires en Europe, publiée en 2013 par le mouvement Via Campesina, qui démontrait déjà que ce phénomène ne se limite pas aux pays du Sud et touche aussi l’Europe.

Le présent rapport relève que l’accaparement des terres est un phénomène limité mais qui gagne du terrain. Il concerne surtout les États membres d’Europe de l’Est (Roumanie, Bulgarie, Hongrie et Pologne), où en moyenne la moitié des terres étaient détenues, en 2010, par moins de 3 % des exploitations. L’accaparement des terres agricoles présente une rupture profonde avec l’exploitation familiale qui caractérisait jusque-là l’agriculture européenne, et les auteurs soulignent la nécessité d’une « réforme de la gouvernance européenne » dans ce domaine.

Ce rapport va au-delà du simple constat et propose des recommandations pour freiner la concentration foncière. Nous citerons notammentla mise en place d’un contrôle réglementaire par les États membres, qui fixerait les limites supérieures pour l’acquisition de terres agricoles, et la création d’un observatoire européen des « tenures » foncières. L’ajustement de la boîte à outils de la PAC est l’un des principaux axes d’actions, et plusieurs mesures pourraient être adoptées pour limiter le phénomène de concentration foncière : fixer à 100 % le taux de convergence des paiements directs agricoles ; fixer la part du paiement redistributif pour les premiers hectares dans le premier pilier au niveau le plus élevé ; envisager un plafonnement des aides à 100 000 € ; surveiller l’application des mesures de verdissement ; utiliser les paiements couplés pour renforcer les secteurs en difficulté ; adopter une définition de l’agriculteur actif « clairement ancrée sur la notion de travail à la ferme ».

Le rapport conclut par une dernière recommandation qui est la mise en œuvre par l’Europe des Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts, approuvées par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) en mai 2012.

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : Parlement européen

09:41 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : foncier, accaparement |  Imprimer | | | | |  Facebook

25/06/2015

Les exploitations en agriculture biologique plus rentables que les exploitations conventionnelles

Publiée récemment dans Proceedings of the National Academy of Sciences par deux scientifiques de l’université de Washington,une méta-analyse compare les résultats de 44 études sur les coûts, rendements, ratios coûts/bénéfices et valeur de l’actif des productions biologique et conventionnelle. Au total, les données analysées portent sur 55 cultures dans 14 pays issus des cinq continents. L’une des particularités de cette étude est de s’intéresser à la fois à l’échelle de la culture et à celle de la rotation, en incluant les données sur plusieurs saisons, ce qui permet une représentation plus fidèle du profit des agriculteurs.

Lorsque l’on ne tient pas compte des aides, les ratios bénéfices/coûts et les valeurs nettes actualisées en agriculture biologique seraient significativement plus faibles qu’en agriculture conventionnelle. Cependant, en comptabilisant les aides perçues, l’agriculture biologique serait significativement plus rentable et le rapport bénéfice/coût plus élevé (20-24 %). Si les charges globales ne sont pas significativement différentes, celles de main-d’œuvre sont plus élevées en agriculture biologique. Il convient de noter également que les études prises en compte dans l’analyse n’incluaient ni les coûts environnementaux (externalités négatives), ni les services écosystémiques de bonnes pratiques.

Par ailleurs, les prix de vente des productions biologiques, de 29 à 32 % supérieurs à ceux en conventionnel, compenseraient largement des rendements plus faibles (jusqu’à -18%), d’où une rentabilité supérieure de 5 à 7 % pour l’agriculture biologique. Or, selon les auteurs, la rentabilité est le facteur déterminant de l’adoption de ce mode de conduite par les agriculteurs, et ils suggèrent que les politiques en faveur de cette adoption soient renforcées, en particulier pendant la période de transition.

Ces résultats peuvent être comparés avec l’analyse de la Commission européenne, Organic versus conventional farming, which performs better financially?, publiée en novembre 2013 et qui concluait qu’il était difficile de départager conventionnel et bio sur les bases de la performance économique.

Anne-Sophie Wepierre, Centre d’études et de prospective

Sources : PNAS, Commission européenne

09:31 Publié dans 2. Evaluation, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : agriculture biologique |  Imprimer | | | | |  Facebook

Des mesures agro-environnementales efficaces pour limiter le lessivage des nitrates issus de l’élevage bovin en Irlande

Les résultats d’une étude récemment publiée dans la revue scientifique Agriculture, Ecosystems & Environment démontrent les bons résultats de mesures agro-environnementales irlandaises visant à réduire le lessivage des nitrates issus de l’élevage bovin.

Les mesures agro-environnementales, dispositif volontaire du deuxième pilier de la Politique agricole commune, visent à inciter les agriculteurs à adopter des pratiques plus favorables à l’environnement. En Irlande, le programme de protection de l’environnement en milieu rural (Rural Environment Protection Scheme - REPS) est en place depuis 1994. Un agriculteur en faisant partie doit notamment s’engager à limiter l’apport d’azote sur ses parcelles (apport maximum de 170 kg par ha et par an).

Une équipe de recherche irlandaise (Teagasc) a étudié pendant trois ans deux systèmes d’élevage de bovins allaitants, principalement sur prairies permanentes, l’un conduit de manière intensive, l’autre selon le cahier des charges du REPS. Les taux de nitrates en profondeur dans le sol (- 1 m) ont été régulièrement mesurés.

Ces travaux montrent que les quantités de nitrates lessivées dans les eaux souterraines sont très significativement inférieures dans le système REPS. En effet, selon les calculs effectués, les quantités moyennes de nitrates lessivées étaient de 63 kg par ha et par an pour le système intensif alors qu’elles n’étaient que de 15 kg par ha et par an pour le système REPS. Ainsi, les chercheurs démontrent qu’il est possible de conduire un élevage bovin de manière plus durable en Irlande et suggèrent que ce type de système pourrait fortement contribuer à l’atteinte de l’objectif de « bon état écologique des masses d’eau » de la Directive cadre sur l’eau.

Clément Villien, Centre d’études et de prospective

Source : Agriculture, Ecosystems & Environment

09:29 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : teagasc, irlande, élevage, nitrates, mae |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/06/2015

Prix des terres agricoles en 2014 : le marché des vignes en progression

Les Safer, dans le cadre de leur mission de service public (assurer la transparence des marchés fonciers ruraux), viennent de publier le prix des biens agricoles et ruraux (forêts, vignes, terres et prés, bâti agricole ou rural). En 2014, le prix des terres agricoles a augmenté d’un peu moins de 3 % pour les terres libres (soit 5 910 euros/hectare en moyenne) et de 4 % pour les terres louées (soit 4 410 euros/hectare). En volume (ie en surfaces), le marché des terres agricoles est en légère hausse mais reste inférieur aux niveaux observés avant la crise financière de 2008.

À l’inverse, les Safer notent une progression du marché des vignes, en haussede 13 % (en surface), portée par le marché champenois (+ 40 % en valeur échangée) et par la reprise confirmée en Languedoc Roussillon. Enfin, le marché forestier est en légère progression mais les prixstagnent en dessous de 4 000 euros/hectare, sachant toutefois que cette moyenne cache une grande disparité des montants des transactions observées, de 650 euros/hectare à 11 500 euros/hectare.

Sources : Safer, Safer

08:50 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : foncier, safer |  Imprimer | | | | |  Facebook

29/05/2015

Une expérience de motorisation partagée au Bénin par le biais des CUMA

La Fédération nationale des Coopératives d’utilisation de matériel agricole (FNCuma), la Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde (FARM) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont contribué à un rapport sur la pratique des Cuma au Bénin, publié fin avril. Ce rapport reprend l’historique et le fonctionnement des Cuma, ceux de leur réseau au Bénin et du partenariat franco-béninois. Il analyse les conditions de la pérennité de cette initiative et les conséquences de la motorisation sur l’activité agricole.

Suite à la création de la première Cuma en 1997, il existe aujourd’hui une centaine de coopératives béninoises regroupant environ 850 membres. Bien que le contexte socio-économique et institutionnel soit radicalement différent, l’objectif d’accès à la motorisation pour accroître la productivité agricole est le même que celui qui a prévalu en France après-guerre. Dans les deux pays, cette organisation est volontaire et repose sur de petits groupes solidaires d’agriculteurs : investissement en commun dans les équipements, organisation collective pour les utiliser et structuration en réseau (formation, représentation, échanges de pratiques). En effet, bien que les Cuma béninoises relèvent d’un modèle organisationnel « importé », les enquêtes menées mettent en évidence des groupes qui s’appuient sur une dynamique endogène forte. La création de la coopérative est ainsi une réponse à des problèmes techniques, économiques et sociaux, identifiés par les agriculteurs eux-mêmes, et les coopérateurs enquêtés montrent un fort attachement à l’égalité entre membres, à la démocratie et à la décision collective.

Les dispositifs de crédit quasi-inexistants et la difficulté pour trouver des équipements répondant aux besoins expliquent que 44 % des Cuma béninoises en soient encore au stade de la recherche d’équipement. Le rapport identifie ainsi plusieurs points d’importance : le développement de réserves financières pour les investissements à venir, bonne pratique pour assurer la pérennité des Cuma ; le rôle des financements publics pour accompagner cette dynamique collective de motorisation, qui reste marginale ; l’élaboration de politiques publiques fortes de mécanisation et de motorisation pour assurer un changement d’échelle.

Anne-Sophie Wepierre, Centre d’études et de prospective

Source : Fondation FARM

09:40 Publié dans Agriculteurs, Développement, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : cuma, bénin, farm, motorisation |  Imprimer | | | | |  Facebook

19/05/2015

Santé publique et travail agricole : quels sont les mécanismes de la « production de l’ignorance » ?

 

Dans le sillage de plusieurs articles (voir un précédent billet sur ce blog) consacrés aux mobilisations d’agriculteurs « victimes des pesticides », François Dedieu (INRA) et Jean-Noël Jouzel (CSO) publient dans la Revue française de sociologie une contribution sur le dispositif de prévention des intoxications professionnelles en France. À partir de l’exemple de l’interdiction de l’arsenite de soude en 2001, les chercheurs entendent montrer « comment ce dispositif parvient à s’accommoder des savoirs ‘inconfortables’ susceptibles de remettre en cause ses arrangements institutionnels ordinaires », et mettre « en évidence les mécanismes par lesquels les organisations qui produisent ces savoirs offrent à leurs membres de ‘bonnes raisons’ de les ignorer, en désamorçant leur sens critique et en évitant d’œuvrer aux changements institutionnels qui devraient découler de leur prise en considération ». Leur travail débouche ainsi sur une intéressante réflexion sur les ressorts du changement institutionnel.

Lien : Revue française de sociologie

Le petit agroéquipement, moteur de la croissance rurale en Asie

Une étude publiée en mai dans la collection « Discussion papers » de l’IFPRI retrace la diffusion du petit agroéquipement (smaller scale agromachinery) en Asie depuis les années 1960. Les moteurs diesel bon marché sont le point commun entre des technologies variées : tracteurs à deux roues, pompes à basse pression pour puits peu profonds, moulins, bateaux de rivière, rickshaws, etc.

L’histoire comparée de six pays (Népal, Vietnam, Bangladesh, Inde, Sri Lanka et Thaïlande) permet d’affirmer que les promoteurs de la « Révolution verte »chercheurs, administrations, ONG –, soucieux de réaliser des gains d’échelle, ont surtout misé sur l’agronomie (variétés améliorées), souvent subventionné la grosse mécanisation (tracteurs à quatre roues, moissonneuses-batteuses…) et poussé à la restructuration du parcellaire. Ce faisant, ils sont largement passés à côté de la contribution (potentielle ou avérée) du secteur de la petite mécanisation à l’intensification de l’agriculture et à la croissance rurale. Les auteurs, sensibles aux bénéfices d’une agriculture de smallholders, soulignent l’intérêt de mieux prendre en compte ces petits équipements dans les politiques commerciales et de développement, avec pour préalable la mise en place d’un suivi statistique approprié.

Source : International Food Policy Research Institute

09:01 Publié dans Exploitations agricoles, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : asie, agroéquipement |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/04/2015

Machinisme et productivité de la petite agriculture en Chine

L’IFPRI publie, dans sa collection Discussion papers, une étude de X. Zhang, J. Yang et T. Reardon sur « le paradoxe agricole chinois ». Comment expliquer, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre agricole, l’augmentation soutenue de la production en dépit d’une atomisation persistante du parcellaire, la taille moyenne des exploitations se situant à 0,5 ha ?

Depuis la fin des années 1990, à l’origine sous l’impulsion du Bureau du machinisme agricole de Peixan, se sont développés des « clusters » de « coopératives » de machinisme agricole, dont les brigades sillonnent le pays pour proposer services et puissants tracteurs aux paysans, au fil du calendrier agricole. Ainsi, « en louant des services de récolte travail + machines, les petits agriculteurs peuvent rester compétitifs malgré l’échelle de production ».

chine-tracteurs.jpg

L’article, très complet, discute certains aspects fondamentaux de la théorie des trajectoires de développement (le « chemin de Lewis ») et livre des éléments sur les conditions concrètes d’organisation de la mécanisation (achats de petits tracteurs par les paysans vs. recours aux entreprises de travail agricole, simplification des opérations culturales, avec notamment l’introduction des herbicides). En conclusion, les auteurs précisent que la consolidation foncière leur semble cependant inévitable à moyen terme, à mesure des sorties d’activité.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : IFPRI

 

09:57 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : chine, machinisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/04/2015

Terre transmise. Histoires de passages de relais dans le monde agricole. Olivier Aubrée

terre-transmise.jpg

La transmission d’une exploitation agricole est un moment déterminant, pour le cédant comme pour le repreneur, et sa réussite dépend de nombreux facteurs plus ou moins maîtrisables. C’est ce que montre cet ouvrage, composé de huit récits relatant des expériences de passages de relais entre générations. L’auteur a rencontré, en diverses régions de France, des agriculteurs et agricultrices auxquels il donne longuement la parole et dont il dresse des portraits vivants et sensibles. Les configurations sont diverses et les parcours très différents, faits de craintes et d’espoir, de démarches administratives et de soutiens affectifs, de volonté d’autonomie ou de recherche de parrainage, d’allers-retours entre ville et campagne. Ce que montrent ces histoires singulières, c’est que la transmission de terres, de bâtiments et d’équipements s’accompagne souvent, aussi, de la transmission de valeurs, de visions du métier, de projets de vie, de conceptions de la nature, de rapports à l’espace et au temps.

Mais au-delà de ces situations de reprise, restituées avec empathie, ce livre nous renseigne plus largement sur les manières d’agir et de penser du monde agricole d’aujourd’hui. La place croissante des femmes et l’élévation du niveau de formation sont bien décrites, ainsi que la volonté d’améliorer les conditions de travail et les modes de vie, le souhait d’être mieux compris par la société et de retrouver une marge de pouvoir sur les acteurs de la transformation et de la distribution. S’expriment également, au fil des portraits, une farouche volonté d’autonomie, de fortes tensions internes à la profession et une nette tendance, dans l’adversité, à intérioriser les contraintes et à faire de nécessité vertu.

On regrettera néanmoins que ce livre ne s’intéresse qu’à des transmissions-transitions se déroulant sur plusieurs années (et pas à des successions brusques) et, plus encore, qu’il ne présente que des cas de reprises réussies et heureuses, ne se traduisant pas par des agrandissements ou démembrements. Il est dommage aussi qu’il soit principalement centré sur des exploitations petites et moyennes, en agriculture biologique, avec des exploitants très impliqués dans des circuits de proximité et de la vente directe : autant de spécificités qui caractérisent une certaine agriculture, mais qui n’est pas toute l’agriculture, et qui ne représente donc pas tous les cas de transmission…

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien

09:44 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : transmission |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/04/2015

Pour Jeremy Rifkin, les exploitations conventionnelles ne survivront pas

Intervenant au 8e Forum pour l’avenir de l’agriculture le 31 mars dernier, l’économiste Jeremy Rifkin a avancé l’idée que les exploitations conventionnelles d’aujourd’hui, fortement consommatrices en intrants, ne pourront survivre économiquement dans les prochaines décennies en raison de l'« explosion » à venir du coût des charges intermédiaires. La diminution de la consommation de viande et l’indépendance énergétique des exploitations figurent parmi les pistes proposées par l’auteur de la Troisième révolution industrielle.

Sources : Forum for the Future of Agriculture, Commission européenne

09:34 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : rifkin |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/03/2015

Colloque de la SFER « Structures d’Exploitation et Exercice de l’Activité Agricole : Continuités, changements ou ruptures ? »

La Société Française d’Économie Rurale (SFER) a organisé les 12 et 13 février un colloque sur la question des mutations structurelles des exploitations agricoles. Parmi les très nombreuses présentations de diverses équipes de chercheurs et de professionnels, les thèmes abordés ont été le travail agricole, les organisations de producteurs et les évolutions de l’agriculture en France, au Canada ou encore dans certains pays d’Afrique.

Ces deux journées ont débuté par un exposé de J. D. Van der Ploeg, de l’université de Wageningen, en partie basé sur son ouvrage The New Peasantries et des publications plus récentes telles que l’article paru en 2014 dans The Journal of Peasant Studies (Peasant-driven agricultural growth and food sovereignty). Le chercheur a critiqué la vision duale du monde agricole, opposant une agriculture paysanne en déclin à des systèmes émergents de types entrepreneurial ou industriel. Il a expliqué que les évolutions passées ne permettent pas de conclure à une disparition de la petite agriculture familiale, et qu’au contraire une « repaysanisation » est à l’œuvre, à l’échelle du monde, en marge du développement d'« empires » de l’agroalimentaire, intermédiaires entre les millions de producteurs et les centaines de millions de consommateurs européens. Avant d’aborder la question de la rémunération, par la société, des externalités positives, il a cité une étude comparative de deux types d’exploitations bovin lait en Hollande, de même surface, et nécessitant toutes deux le travail d’un exploitant. L’une, « high tech », produit 800 000 kg de lait par an. L’autre, souvent décrite comme « non préparée pour le futur », en produit 400 000. La seconde s’est révélée plus rémunératrice que la première, notamment en période de crise.

Alexis Grandjean, Centre d’études et de prospective

Lien : SFER

09:44 Publié dans Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : structures d'exploitations, sfer |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/03/2015

Deux nouvelles cartes pour apporter une vue globale sur l’agriculture

L’IIASA et l’IFPRI ont récemment produit deux nouvelles cartes à l’échelle mondiale sur des sujets agricoles. La première présente les pourcentages de terres agricoles pour l’année 2005, avec une résolution d’un kilomètre. Basée sur l’hybridation de multiples sources de données et cartes, avec une validation des données par des volontaires (crowdsourcing), elle améliore une précédente carte réalisée en 2011 par l’IIASA.

IIASA-IFPRI Global Cropland Map (View of northern and central Africa)

crate1-IIASA.jpg

Source : IIASA Geo-Wiki Project, Google

La deuxième carte porte sur la taille des parcelles agricoles.

IIASA Global Field Size Map (View of northern and central Africa)

crate2-IIASA.jpg

Source : IIASA Geo-Wiki Project, Google

Ces deux cartes sont disponibles sur la plate-forme Geo-Wiki.

Sources : IIASAGlobal Change Biology

 

09:25 Publié dans Agronomie, Exploitations agricoles, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : cartographie, iiasa, ifpri |  Imprimer | | | | |  Facebook

19/01/2015

Publication d’un rapport de la FAO sur Les jeunes et l’agriculture : principaux enjeux et solutions concrètes

Cette étude, parue fin 2014, a été menée conjointement par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). L’objectif est de proposer aux acteurs de terrain un aperçu des solutions envisageables pour surmonter les difficultés rencontrées par les jeunes en agriculture.

L’analyse se structure autour de six enjeux majeurs :

  1. Accès au savoir, à l’éducation et à l’information ;

  2. Accès à la terre ;

  3. Accès aux services financiers ;

  4. Accès aux métiers de l’environnement ;

  5. Accès aux marchés ;

  6. Engagement dans les débats politiques.

Le rapport propose une série d’études de cas adaptées à chacun des enjeux et de nombreux exemples concrets mis en œuvre dans différents pays, dont, pour en citer quelques-uns :

- la mise en place par de jeunes entrepreneurs d’un service de SMS permettant aux agriculteurs kényans d’être informés en temps réel du prix des cultures, de les relier directement aux acheteurs et, ce qui est tout aussi important, de les relier entre eux afin qu’ils puissent mutualiser leur production et accéder à de plus gros marchés ;

- la création d’un fonds d’investissement public/privé pour aider les jeunes agriculteurs québécois ;

- un label « Youth Trade » pour faciliter l’accès aux marchés des jeunes entrepreneurs américains. Les exemples sont liés à un contexte précis, mais les auteurs insistent en conclusion sur la nécessité « d’une réponse intégrée cohérente » pour appuyer les jeunes qui débutent en agriculture.

rapport-FAO.jpg

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : FIDA

 

16:18 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : fao |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/12/2014

Une légère hausse du nombre d’installations en 2013 mais qui ne compense pas les départs

La Mutualité Sociale Agricole vient de publier, début novembre, les derniers chiffres de l'installation en agriculture. Pour la MSA, la notion « d’installation » correspond à une première affiliation d’un individu en tant que débiteur de cotisations sociales. Selon cette définition, 13 200 exploitants agricoles se sont installés en 2013, contre 17 230 chefs d'exploitation qui ont cessé leur activité. Cette hausse de 6 % des installations, la première depuis trois ans, s’explique en partie par l’accroissement du nombre de départs à la retraite.

Les jeunes éligibles au dispositif d’aide à l’installation sont 6 800 en 2013, soit là aussi une hausse de 6,2 % par rapport à 2012. La superficie moyenne par jeune installé s’accroît, elle est de 35,5 hectares.

Les installations en sociétés sont toujours majoritaires : en 2013, 56,8 % des jeunes ont choisi de s’établir en société, principalement en EARL ou en GAEC.

À l’échelle régionale, la Corse, le Poitou-Charentes, la Champagne-Ardenne et la Picardie connaissent une hausse de leur nombre d’installations ; à l’inverse, l’Alsace et Rhône-Alpes ne bénéficient pas de la dynamique enregistrée en 2013.

installations-MSA.jpg

Céline Fabre, Centre d’études et de prospective

Source : MSA

 

15:11 Publié dans Agriculteurs, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : msa, installations |  Imprimer | | | | |  Facebook