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11/12/2019

Comprendre la biodiversité. Vrais problèmes et idées fausses, Alain Pavé

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Le rapport changeant que les humains entretiennent avec la nature est scandé de grandes représentations mentales. Après la période très "environnement" des années 1970, il y eut des phases "développement durable", puis "transition énergétique" et "réchauffement climatique". Nous sommes maintenant dans une forte séquence "biodiversité". Utilisé par tous, en toutes occasions, ce terme galvaudé mélange craintes et espérances, science et idéologie, discours et réalités. Le catastrophisme médiatique de la "sixième grande extinction" en est un bel exemple, de même que la perception systématiquement positive d’une biodiversité bonne "en soi".

Alain Pavé (biométricien, professeur émérite de l’université de Lyon) a écrit ce livre pour nous aider à distinguer le vrai du faux. Ni pessimiste ni optimiste, faisant preuve de mesure et de réalisme critique, il prône le doute scientifique, évacue les idées reçues et préconise une analyse plus fine et complexe des mécanismes à l’œuvre, en y incluant les derniers développements de l’évolutionnisme darwinien, du calcul des probabilités et des théories du hasard.

Le but de son ouvrage est aussi d’exposer de réels sujets de préoccupation pour les acteurs, en particulier publics, concernant l’origine et la mesure de la diversité du vivant, les bénéfices qu’on peut en tirer, son rôle dans le fonctionnement de la biosphère, le potentiel évolutif qu’elle représente en fonction de choix variés de politiques. Il insiste également, de chapitre en chapitre, sur les dimensions économiques, techniques, culturelles et même religieuses du sujet.

En faisant de la "biodiversité" (néologisme créé en 1985) un synonyme vague de la "nature", la pensée écologique contemporaine court, selon l’auteur, un grand risque d’appauvrissement et de dilution. Il importe donc de revenir à une définition plus rigoureuse du concept, si on souhaite avoir des programmes d'interventions plus adaptées et des actions correctrices plus efficaces.

Plus profondément encore, les approches et les méthodes scientifiques doivent aussi se renouveler, et plusieurs pistes lui semblent prioritaires : cesser de penser les milieux en termes d’équilibre et révoquer en doute l'expression "bon état écologique", si prisée des administrations ; abandonner les visions finalistes et fixistes qui célèbrent la "protection", la "préservation" et la "conservation" ; admettre que comptabiliser les espèces est insuffisant et que si la "loi aire-espèces" fonctionne bien pour évaluer leur nombre, elle ne marche pas pour estimer leur disparition ; arrêter de confondre les résultats des modèles spéculatifs avec la réalité qui adviendra ; reconnaître que l’aléatoire joue un rôle fondamental dans les dynamiques biologiques. Pavé critique également la formule "services rendus par les écosystèmes" : pour lui, soit elle veut dire que la nature nous offre des prestations, ce qui est reconnu depuis l'aube de l'humanité ; soit elle signifie que la nature est bien intentionnée, en oubliant qu’existent au moins autant de fonctionnalités négatives.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions du Seuil

13:29 Publié dans Environnement | Lien permanent | Tags : pavé, biodiversité, nature, vivant, écologie |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/01/2018

L'édition 2017 des « Prospectives de Bordeaux » : une réflexion sur l'avenir de la recherche en écologie et environnement

Du 22 au 24 février 2017 se tenait à Bordeaux un colloque organisé par l’Institut Écologie et Environnement (INEE) du CNRS. Ces journées de réflexion sur les axes de recherche à l'horizon 2020-30 visaient en particulier « à définir les grandes avancées de la recherche en écologie et environnement » et à « définir les priorités, les domaines de recherche et les nouveaux outils à encourager, à développer, à soutenir ».

Un document de synthèse évoque, entre autres, les enjeux des grandes crises de l'environnement, les relations homme-animal, les modes alimentaires, One health, l'agro-écologie, l'eau, les capteurs, etc. Les contributions des participants sont également consultables sur le site des « Prospectives de Bordeaux ».

Sources : CNRS, CNRS

10:22 Publié dans 1. Prospective, Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : cnrs, inee, écologie |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/10/2015

Dictionnaire de la pensée écologique. Dominique Bourg, Alain Papaux (dirs)

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1088 pages, près de 2400 références indexées, 357 articles, 260 auteurs, 8 conseillers scientifiques : telles sont les mensurations généreuses de ce dictionnaire qui, au-delà des classiques “écologie scientifique” et “écologie politique”, entend balayer l’ensemble des sujets relatifs à la biosphère et à l’état de la planète. Certaines entrées se rapportent à des auteurs, des concepts, des ouvrages, des réflexions théoriques, alors que d’autres concernent des domaines, des phénomènes, des logiques d’intervention et des modalités d’action publique. Les articles présentent un état des lieux (toujours bien fait pour ceux que nous avons pu lire), mais développent aussi des argumentations critiques, restituent la dynamique de l’histoire des idées et situent les auteurs dans leurs contextes. Dépassant l’analyse rétrospective, ils mettent en lumière les évolutions et les tendances, et sont même assez souvent prospectifs. Quant aux auteurs, ils sont issus d’horizons très divers, certains étant enseignants, chercheurs, administratifs, artistes, d’autres venant d’ONG, du monde de l’entreprise ou du journalisme.

Une série d’articles concerne directement les champs de compétences du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt : “agroécologie”, “permaculture”, “agriculture durable et biologique”, “agriculture urbaine”, “forêt”, ''déforestation", “bien-être animal”, “éthique et animal”, “circuits courts”, ''OGM", “paysans”, “phytosanitaires et fertilisants”, “nano-technologies et systèmes alimentaires”, etc. D’autres ont trait au contexte général dans lequel se développent les activités agricoles, ou bien à leurs prolongements : “bioéconomie”, “chimie verte”, “biodiversité”, “climat”, “développement durable”, “nature”, “paysage”, “services écosystémiques”, “spécisme”, “territoire et durabilité”, “économie circulaire”, etc. Dans le cadre de ce bulletin de veille du CEP, on ne peut pas ne pas signaler certains des articles liés à la prospective, à l’analyse économique ou à l’évaluation des politiques publiques : “prospective”, “étude d’impact”, “rapport Halte à la croissance”, “analyse coûts-bénéfices”, “indicateurs”, “scénario”, “science-fiction”, “utopie”, etc. Au chapitre des regrets (légers), on indiquera qu’il est dommage que ce dictionnaire ne comporte pas d’entrées “agronomie” et “alimentation”.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : PUF

09:29 Publié dans Environnement | Lien permanent | Tags : bourg, papaus, dictionnaire, écologie, pensée écologiste |  Imprimer | | | | |  Facebook