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27/03/2013

L'Espagne au chevet de sa filière laitière

D'après un communiqué de presse du ministère de l'agriculture espagnol, la filière laitière espagnole a signé le 12 février 2013 un accord pour une « production laitière durable », réunissant, sous l'égide du ministre de l'agriculture Miguel Eria Cañete, un total de quatorze entreprises laitières et neuf entreprises du secteur de la distribution.

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13:01 Publié dans 4. Politiques publiques, Filières agricoles | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

26/03/2013

Évaluation de la réforme de l'OCM vitivinicole

Une récente étude financée par la Commission européenne évalue la réforme de l'OCM vitivinicole de 2008. Le caractère récent de cette réforme n'a permis aux évaluateurs de disposer des données que sur les deux campagnes suivant sa mise en place. Par ailleurs, le contexte économique général des années 2008 à 2011, lourd de conséquences sur la commercialisation et la consommation des vins, n'a pas forcément permis d'isoler les effets propres de la réforme de l'OCM. Toutefois, au-delà de l'évaluation détaillée de la réforme elle-même, l'étude présente aussi une analyse complète de la structure, du contexte et des marchés du secteur vitivinicole.

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12:58 Publié dans 2. Evaluation, Filières agricoles, Production et marchés | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/02/2013

Le Brésil relève son taux d’incorporation obligatoire de bioéthanol

Dans un contexte d’embellie de la campagne sucrière 2012/2013 après les fortes chutes des deux campagnes précédentes, et en vue de limiter la hausse de l’inflation, le ministère de l’énergie brésilien a annoncé, à compter du 1er mai prochain, une révision à la hausse du taux d’incorporation obligatoire de bioéthanol dans l’essence mise à la consommation (de 20% depuis octobre 2011 à 25%, soit un retour au taux en vigueur avant cette baisse).

Cette hausse très substantielle était prévue pour le 1er juin et a été avancée dans le temps, sous réserve que les producteurs puissent fournir la quantité d’éthanol supplémentaire que cela impliquera. Cela devrait être le cas puisque, selon la fédération professionnelle de l’industrie sucrière du Brésil (UNICA), une hausse des surfaces dédiées et une amélioration des rendements par renouvellement des plantations permettent d’envisager une hausse d’environ 8% de la récolte de canne, à condition que les conditions climatiques ne soient pas trop défavorables.

Cette mesure s’accompagne également d’une hausse modérée du prix de l’essence qui permet d’améliorer le différentiel entre prix de l’essence et prix de l´éthanol à la pompe, même s’il n’atteint pas encore l’écart idéal de 70% (le prix de l’éthanol doit être 70% de celui de l’essence ou moins pour être rentable ; actuellement le différentiel resterait autour de 75-80%).

Ainsi, un ratio prix du sucre sur prix du pétrole plus favorable devrait rendre au bioéthanol brésilien une partie de sa compétitivité passée. La hausse du taux d’incorporation témoigne de la relative flexibilité qui caractérise, avec la promotion des véhicules flex-fuel, la régulation brésilienne du marché de l’éthanol qui s'adapte aux fondamentaux du marché du sucre.

Enfin, il faut noter que le groupe pétrolier Pétrobras, qui subit actuellement de lourdes pertes et la chute du cours de ses actions, est demandeur d’une hausse encore plus importante du prix de l’essence et d’une hausse de la consommation d’éthanol pour limiter les importations d’essence raffinée qui plombent son bilan. Le gouvernement brésilien va devoir arbitrer entre l'inflation au consommateur et le soutien à l'un de ses champions nationaux actuellement en difficulté.

 

Mylène Testut, conseillère agricole à l’ambassade de France au Brésil

11:21 Publié dans 4. Politiques publiques, Biomasse/Biocarburants, Filières agricoles | Lien permanent | Tags : brésil |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/02/2013

Externalisation du travail en élevage laitier

Alors que c'est très souvent pour les grandes cultures que l'on parle d'externalisation de travaux agricoles, un récent article de Paysan breton fait le point sur la délégation de travaux en élevage laitier. Il présente en effet les avantages et les contraintes qu'entraînent le choix, pour un éleveur, de déléguer l'alimentation de ses vaches laitières à une CUMA qui peut assurer, quotidiennement, cette tâche avec le passage d'un salarié au volant d'une mélangeuse distributrice.

Parmi les principaux facteurs d'attrait de ce système, les gains de temps, avec une heure de travail en moins par jour, pour un coût estimé à 16 € / 1000 L (amortissements, main-d'œuvre, carburants), avec des possibilités d'adaptation fine des rations au troupeau (pesage des fourrages et concentrés distribués). Mais cela nécessite des aménagements des bâtiments d'élevage afin de permettre l'accès des mélangeuses automotrices, et une certaine densité d'éleveurs adhérents.

Par ailleurs, on peut ajouter que certaines mélangeuses permettent d'augmenter les capacités d'ingestion de luzerne et autres fourrages riches en azote, limitant ainsi le recours à des tourteaux pour une plus grande autonomie des systèmes de production.

À noter, le dernier rapport d'activité de la Fédération des CUMA de l'Ouest, pour l'année 2012, fait état de la présence d'une centaine de désileuses automotrices dans son réseau (53 en Bretagne, 28 en Pays-de-la-Loire et 18 en Basse-Normandie).

Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective

Sources : Paysan breton

Rapport d'activité de la Fédération des CUMA de l'Ouest

11:18 Publié dans Filières agricoles, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : élevage |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/02/2013

Freins et leviers à une diversification des cultures

Une étude récente de l'INRA a passé en revue, pour 13 cultures, les facteurs (« freins et leviers ») qui s'opposent ou qui favorisent leur développement, à chaque étape de la filière de production, de l'amont à l'aval : industries semencières et agro-fourniture, exploitation agricole, organismes de collecte et de stockage, transformateurs et distributeurs. Le pois protéagineux, le lin oléagineux et le chanvre industriel font l'objet d'études approfondies.

Les blocages se révèlent être de nature systémique, avec des situations path-dependent, verrouillées par les choix passés (les investissements à amortir, les connaissances à accumuler, etc.) et l'organisation des filières. Souvent, aucun acteur ne peut raisonnablement prendre le risque de faire le premier pas.

S'appuyant sur la théorie du management des transitions, l'étude suggère que le régime socio-technique formé autour des grandes cultures peut être déverrouillé par les pouvoirs publics en intervenant par voie réglementaire et en soutenant des « innovations de niche ». Il importe d'ouvrir de nouveaux débouchés à ces productions. La différenciation des produits assure un développement plus pérenne ; ils ne doivent pas jouer la concurrence avec les grandes cultures, mais la carte de la qualité. Le rapport souligne également l'effort de coordination nécessaire entre les acteurs de la filière, que ce soit autour de partenariats de recherche ou d'un renouvellement de la contractualisation (accord sur des cahiers de charges mutuellement profitables).

 Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

 Source : INRA


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09/01/2013

Exploitations laitières du Nord de l'Europe : quelles économies d'échelle ?

Trois ans après la crise du lait de 2009, l'Institut de l'Élevage présente, dans un de ses derniers dossiers Économie de l'Élevage, une comparaison des différents « modèles laitiers du nord de l'Union européenne à l'épreuve de la volatilité ». Atouts, faiblesses, menaces et opportunités des filières laitières en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Irlande et au Danemark y sont exposés.

Les résultats montrent notamment les limites du modèle danois, caractérisé par l'agrandissement et la capitalisation des structures de production. Si le niveau de production par actif y est très élevé (près de 500 000 kg de lait par UTA), les exploitants ont été fortement affectés par la chute des prix du lait en 2009 avec une baisse brutale de leurs revenus (-70 000 € / actif non salarié en 2009), et les exploitations ont été fragilisées du fait de leur endettement, avec des encours moyen-long terme dépassant les 2 millions d'euros par exploitation en 2010. Les travaux de l'Institut de l'élevage montrent en outre que la relation entre taille de l'atelier laitier et rémunération du travail est négative au Danemark depuis 2007. Cliquer pour agrandir le graphique.

inst elevagebis.JPG

Au-delà de ces aspects, ce dossier de l'Economie de l'élevage montre la diversité des problématiques auxquelles font face les filières laitières du Nord de l'Europe.

 

Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective

 Source : Institut de l'Elevage

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06/01/2013

Bâtiments d’élevage du futur

Un colloque a été organisé le 13 décembre 2012 par le Réseau mixte technologique (RMT) Bâtiments d’élevage du futur, réseau structuré autour des instituts techniques des filières ruminants, porcs, volailles et du réseau des chambres d’agriculture, et qui implique également les acteurs de la recherche et de l’enseignement.

La journée a été organisée autour de présentations sur quelques enjeux majeurs : l’économie, le travail, la santé et le bien-être des animaux, l’environnement et l’aménagement du territoire. Des réalisations techniques concrètes qui répondent à l’un ou l’autre de ces enjeux ont été présentées.

Une application informatique dédiée à la réflexion sur les enjeux, tendances et orientations techniques sera prochainement accessible sur le site internet du RMT.

 

SOURCE : RMT Bâtiments d’élevage du futur

 

 

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02/11/2012

Des insectes comme aliment d'élevage

Selon une étude de l'université de Wageningen, réalisée avec le financement du ministère néerlandais de l'économie, de l'agriculture et de l'innovation, les insectes seraient une alternative durable pour nourrir les poulets et les porcs.

Toutefois, une production à grande échelle serait confrontée à des obstacles réglementaires : considérés comme « protéines animales », ils ne sont pas autorisés pour l'alimentation animale du fait de la législation européenne actuelle relative à l'ESB. La certification GMP+ (Good Manufacturing Practices) International, ensemble de référentiels basés sur l'analyse de risques (HACCP Hazard Analysis Critical Control Point), dans le domaine de la nutrition animale, devrait être également adaptée.

L'étude de faisabilité montre enfin que la production devrait changer d'échelle pour être rentable. Aux Pays-Bas, environ une vingtaine de sociétés produisent déjà des insectes à destination des zoos et animaleries.

Céline Laisney, Centre d'études et de prospective

Source : Wageningen

16:37 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Filières agricoles | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

25/10/2012

Avis du service de recherche du Congrès américain sur le volet « lait » du prochain Farm Bill

Le service de recherche du congrès des États-Unis (CRS) vient de publier un rapport sur les propositions « lait » du futur Farm Bill (2013-2018). Ce rapport souligne la convergence des propositions du Sénat et de la Chambre des représentants autour d'aides anticycliques (couplées au prix) associées à un programme de gestion dynamique des volumes. Il détaille les modalités de fonctionnement de ces outils avec des exemples chiffrés, et souligne certains points d'incertitude quant à leurs effets.

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15:02 Publié dans 4. Politiques publiques, Biomasse/Biocarburants, Filières agricoles | Lien permanent | Tags : lait |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/10/2012

Union Bio Semences, la première coopérative de grandes cultures bio en Ile-de-France

Union Bio Semences a été inaugurée début octobre en région parisienne : il s'agit de la première coopérative dédiée aux grandes cultures bio pouvant fonctionner à grande échelle et stocker d'importantes quantités de grain. Cette usine collecte, trie et emballe diverses cultures (blé, maïs, lin, soja,etc.) cultivées en Ile-de-France, Bourgogne, Picardie et Normandie : de 2800 tonnes en 2011, la production devrait à terme passer à 26 000 tonnes.

Il s'agit d'une avancée importante pour la filière grandes cultures bio car cette usine améliorera les débouchés des agriculteurs. Sa construction a été soutenue par les régions Ile-de-France et Bourgogne, la régie municipale de l'eau de Paris et l'agence de l'eau Seine-Normandie, qui souhaitent en particulier promouvoir l'agriculture biologique dans les zones de captage d'eau potable.

 

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

 Source : Eau de Paris


 

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04/10/2012

La filière équine française à l’horizon 2030

Cet exercice de prospective a été initié par l'INRA et l'IFCE (Institut français du cheval et de l'équitation), il y a deux ans, afin de déterminer quels pouvaient être les futurs possibles de la filière à l'horizon 2030. Un colloque a été organisé le 2 octobre 2012 pour en présenter les conclusions, et discuter les quatre scénarios potentiels d'ici 20 ans :

 

  • Scénario «  Tous à cheval »

Après une période de crise, le pouvoir d'achat s'améliore et permet aux classes moyennes d'accéder plus largement à ce loisir. L'équitation et les paris hippiques sont pratiqués par un nombre croissant de personnes.

 

  • Scénario «  Le cheval des élites »

La crise s'aggrave, renforçant l'aspect élitiste de la pratique de l'équitation. Le nombre global de chevaux diminue. Les difficultés économiques favorisent en revanche les jeux d’argent dont les paris hippiques.

 

  • Scénario « Le cheval citoyen »

L'État contractualise avec des entreprises équestres. Les différents atouts du cheval sont mis en avant, en plus de l'équitation, et surtout l'entretien des espaces agricoles et les services communaux et à la personne, l’hippothérapie, l’éducation et la réinsertion. Les effectifs de chevaux augmentent.

 

  • Scénario « Le cheval compagnon »

Le cheval est perçu comme un animal de compagnie et tout tourne autour de son bien-être. Les courses pouvant présenter un danger (sauts d'obstacles) sont ainsi interdites. La population de chevaux diminue, mais celle de chevaux « inactifs » (animaux de compagnie) augmente.

 

Enseignement commun aux scénarios, l'efficacité économique de la filière est largement questionnée. Tous les scénarios sont confrontés à des coûts de production des chevaux et des services équestres élevés en France, à une fiscalité peu favorable ainsi qu’à des problèmes d’organisation des entreprises et acteurs de la filière. Sans changement et réaction de l'interprofession, le développement de la filière, notamment pour ce qui concerne de nouveaux usages et activités risque d’être très dépendant de variations du contexte économique et d’offres étrangères plus compétitives.

 

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : INRA

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02/10/2012

Perspective pour les filières laitières en Allemagne

Après avoir publié en octobre 2010 une série de fiches thématiques relatives aux différentiels de compétitivité France / Allemagne pour les filières laitières, l'Institut de l'élevage vient de consacrer son dernier dossier Économie de l'élevage à l'Allemagne : Les Allemagnes laitières. Voies divergentes et avenirs contrastés.

 Cette synthèse souligne en effet des dynamiques bien distinctes pour les trois grandes zones laitières allemandes :

  • des menaces à l'Est : la production avec des structures de très grande taille (21% de la collecte, moyenne de 150 vaches laitières, mais avec d'importantes disparités) est menacée par la difficulté de recrutement de main-d'œuvre et par la concurrence avec la production de céréales ;

  • des atouts au Sud (60% des exploitations laitières, 33% de la collecte) : en dépit d'ateliers laitiers de taille relativement modeste (moyenne de 30 vaches laitières) et de coûts de production plus élevés que dans d'autres bassins, la production laitière bénéficie de débouchés bien valorisés ;

  • dynamisme au Nord, soutenu par différents acteurs de la filière (banques, coopératives notamment).

 

Ce dossier permet aussi de mettre en avant des éléments transversaux des filières laitières allemandes :

  • la production pourrait être menacée par la concurrence induite par le développement de la production de biogaz, qui a entraîné les prix du foncier à la hausse ; des difficultés pour avoir recours (pas uniquement à l'Est) à de la main-d'œuvre salariée et les évolutions des DPU pourraient fragiliser les éleveurs ;

  • mais le secteur laitier bénéficie de politiques publiques avantageuses pour la filière, notamment pour la transmission des exploitations laitières dans le cadre familial et pour les investissements.

 

Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective

 

Source : Institut de l'élevage


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20/09/2012

Remise en cause des avantages économiques de l'agrandissement des exploitations laitières

Une équipe de chercheurs de l'université de Wageningen (Pays-Bas) vient de publier un rapport relatif à l'impact de l'agrandissement des exploitations laitières sur leurs performances économiques, portant non seulement sur les Pays-Bas mais aussi sur des bassins européens concurrents (dont Allemagne, Danemark, France, Royaume-Uni). Les exploitations laitières analysés ont été séparées en deux groupes sur la base d'indicateurs économiques de revenus et de trésorerie : comparaison des 25% d'exploitations dont l'agrandissement a été le plus économiquement réussi (successful growers) et des 25% d'exploitations dont l'agrandissement a été le moins réussi.

 Ces comparaisons montrent que les successful growers sont des exploitations qui se sont agrandies moins vite que les autre et qui ont relativement moins investi (montant des investissements ramenés au kg de lait produit), sachant qu'aux Pays-Bas, sur 2001-2009, en moyenne, les investissements étaient de 8 €/100 kg pour les exploitations considérées comme « petites » (mois de 350 000 kg de lait) mais de 18 €/100 kg pour les « grandes » (plus de 750 000 kg de lait). Elles sont moins endettées que les autres exploitations (toujours en ramenant l'indicateur en volume produit) et ont donc des charges financières inférieures.

Les comparaisons européennes conduisent à souligner le haut niveau d'investissement des exploitations danoises et néerlandaises, lié au prix élevé des quotas que les producteurs ont dû acquérir, mais aussi aux niveaux élevés d'investissement dans le foncier et les bâtiments. Le niveau d'endettement aux Pays-Bas et au Danemark est de plus de 1 €/kg de lait, soit le double des autres pays étudiés.

 

Le rapport souligne finalement la fragilité des exploitations qui se sont rapidement agrandies et ont un niveau d'endettement élevé face à tout retournement de conjoncture, avec des problèmes de liquidités en cas de baisse du prix du lait. Et cette fragilité est vraie pour les 25% d'exploitations laitières néerlandaises à l'agrandissement moins réussi, mais aussi pour les 25% de successful expanders, contrairement à leurs homologues en France, Allemagne et au Royaume Uni.

 

Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective

 Source : Wageningen


 

12/09/2012

FAO/OCDE : Perspectives agricoles 2012-2021

 Les Perspectives agricoles pour 2012-2021 ont été publiées par l'OCDE et la FAO le 11 juillet dernier. Les auteurs de ce rapport indiquent que :

  • les prix agricoles devraient se maintenir à un niveau élevé en raison de la hausse de la demande alimentaire pour l'Homme et le bétail, mais aussi de la demande en biocarburants. Ces derniers devraient absorber une part importante et croissante des productions de canne à sucre (34%), huiles végétales (16%) et céréales (14%) d'ici 2021 et la FAO prévoit un doublement de la production d'éthanol à l'horizon 2021 ;

  • l'inflation des prix alimentaires restera un problème préoccupant, notamment pour les pays en développement. Il en sera de même de la volatilité des prix en raison de la variabilité importante des rendements, elle-même due aux incertitudes météorologiques ;

  • un ralentissement de la croissance de la production est à prévoir : elle passera de plus de 2% par an dans les dernières décennies à 1,7% par an pour la décennie à venir. Ce seront d'ailleurs essentiellement les pays en développement qui contribueront à cette croissance de la production (1,9% par an contre 1,2% par an pour les pays développés) ;

  • les économies émergentes (Brésil, Indonésie, Thaïlande, Russie, Ukraine, etc.) s'arrogeront une part croissante du commerce mondial de produits agricoles, lui-même en augmentation ;

  • la croissance de la consommation alimentaire sera la plus forte pour les produits transformés, les matières grasses et les protéines (la consommation de viande augmentant fortement notamment en Asie, Amérique du Sud et Moyen-Orient) ;

  • les hypothèses sous-jacentes concernant la volatilité des prix et le niveau des prix de l'énergie conditionnent toutefois fortement ces perspectives.

     

À plus long terme, les deux organisations estiment que la production agricole devra augmenter de 60% pour satisfaire la demande alimentaire mondiale, ce qui représente d'après elles un milliard de tonnes de céréales et 200 millions de tonnes de viande en plus par an à l'horizon 2050. Compte tenu du fait que l'augmentation des terres disponibles restera limitée, une amélioration durable de la productivité agricole sera donc indispensable pour répondre à l'accroissement de la demande. Les gains de productivité pourraient provenir en premier lieu d'une réduction du retard des pays en développement, mais les auteurs soulignent un risque d'utilisation de cette production supplémentaire pour la production de biocarburants.

 

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

 

Source :OCDE / FAO, Perspectives agricoles pour 2012-2021

 

Rendre flexibles les mandats d'incorporation de biocarburants pour atténuer les flambées des prix ?

Alors que les prix des céréales et des oléoprotéagineux connaissent leur troisième flambée en 6 ans, l'idée d'utiliser les politiques de biocarburants comme outils de régulation des marchés en cas de crise a fait l'objet de plusieurs études publiées cet été.

Une étude du DEFRA considère que, bien que les biocarburants ne soient probablement pas la cause des hausses de prix, des politiques plus flexibles de biocarburants permettraient lors d'une flambée de prix d'augmenter les disponibilités en céréales et oléoprotéagineux et donc de calmer les cours. À l'aide d'un modèle, les auteurs simulent les effets sur les prix d'une suspension des mandats d'incorporation. Il en résulte qu'en présence de prix élevés, la suppression temporaire des mandats dans l'UE, sans remise en cause de la fiscalité ou des droits de douane, pourrait réduire les prix des céréales entre 10% et 35%. Les effets aux États-Unis seraient plus importants encore selon ce rapport.

Aux États-Unis, la politique de biocarburants intègre déjà des outils de flexibilité : un système de droits permet aux entreprises de reporter d'une année sur l'autre les volumes de biocarburant qu'elles doivent incorporer, et par ailleurs l'Agence de l'environnement a la capacité de réviser les mandats annuels si nécessaire.

Néanmoins, et malgré les incertitudes notamment techniques, une étude publiée en août par l'université de Purdue aux États-Unis montre que si plusieurs conditions sont réunies, un allègement du mandat d'incorporation américain pourrait engendrer une baisse du prix du maïs allant jusqu'à 1,30 $/bu, soit environ 15% du prix actuel.

 

Alexandre Martin, Centre d'études et de prospective

Sources : DEFRA, « Can biofuels policy work for food security?»

 Purdue University, « Potential Impacts of a Partial Waiver of the Ethanol Blending Rules »