Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/03/2018

L'histoire de l'Inra, entre science et politique, Pierre Cornu, Egizio Valceschini, Odile Maeght-Bournay

Histoire-Inra.jpg

Pierre Cornu, Egizio Valceschini et Odile Maeght-Bournay se sont attelés à écrire une histoire globale de l'Inra, l'Institut national de la recherche agronomique, de sa création en 1946 à 2012. L'ouvrage, qui repose sur une abondante documentation écrite et orale, rappelle dans sa première partie (1946-1969) les conditions de création de l'Institut dans une France sinistrée par deux conflits mondiaux, et mobilisée pour moderniser son agriculture. Il revient ensuite sur la période de « mue libérale des sociétés industrialisées » (1969-1989), en soulignant la contribution de l'Inra à l'industrialisation de l'alimentation ainsi que les contradictions de son positionnement en faveur des innovations biotechnologiques. Enfin, sa dernière partie est consacrée aux efforts de réorientation, au fil des crises et des chantiers de réforme de l’État dans les années 1990-2012.

Cette histoire endosse largement le point de vue des dirigeants interviewés (par exemple sur « le renversement de positions » opéré avec un État « oublieux de ses missions », que la recherche doit aiguillonner pour qu'il ne renie pas son rôle de « pilotage stratégique »), mais elle ne manque pas de finesse. La description des tactiques employées et des réseaux d'influence dont jouent les dirigeants de l'Institut, dans les années 2000, pour assurer ses moyens dans un contexte de rigueur budgétaire, et « se distinguer davantage encore du monde des universités et du CNRS », est particulièrement synthétique. À propos de la mise en place de l'Agence nationale de la recherche (ANR), puis de l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES), l'ouvrage souligne ainsi le « paradoxe d'une libéralisation qui produit une bureaucratisation », rendant nécessaire un redoublement « d'efforts pour intégrer les nouveaux lieux de consultation et de décision ».

Enfin, le dernier chapitre met en perspective les nombreux atouts de l'Institut pour répondre aux défis du temps présent. Il fournit d'utiles éclairages sur les convergences fluctuantes entre des problématiques telles que la sécurité alimentaire globale, la ruralité, le développement durable, la bioéconomie ou encore l'agro-écologie, « nouveau concept intégrateur de la recherche agronomique publique » et véritable « régénération » de « l'idéal de progrès porté avec constance par les cadres de l'Inra ».

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : Éditions Quæ

10:24 Publié dans Enseignement et recherche, Société | Lien permanent | Tags : inra, histoire, science, politique |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/02/2018

État des lieux des solutions alternatives aux traitements cupriques

Les restrictions réglementaires d'usage (voire la potentielle interdiction) du cuivre, fongicide et bactéricide naturel remis en cause pour sa phytotoxicité et son écotoxicité, posent des difficultés à l'agriculture biologique, puisqu'elle prohibe tous produits de synthèse. À la demande du métaprogramme « Gestion durable de la santé des cultures », les alternatives aux phytosanitaires à base de cuivre ont fait l'objet d'une expertise scientifique collective (ESCo), menée par l'Inra et l'ITAB. Livrée en janvier 2018, elle a mobilisé une dizaine d'experts et s'est appuyée sur 900 articles scientifiques et documents techniques.

Le cuivre est un puissant protecteur de la vigne et de la pomme de terre contre le mildiou, et des pommiers contre la tavelure. D'après de nombreuses études, il pourrait être utilisé à dose réduite, sans restreindre le niveau de protection des cultures, ou être remplacé par des méthodes alternatives. Les principes d'action majeurs de ces protections sans cuivre sont l'attaque directe du pathogène (substances biocides, lutte biologique directe, etc.), l'exploitation des capacités de résistance des plantes (variétés résistantes, stimulateurs de défense des plantes, etc.) et l'anticipation de l'infection par des pratiques agronomiques prophylactiques (sélection sanitaire des semences, diversification spatiale et temporelle des variétés, etc.). Toutefois, considérées séparément, ces solutions n'ont qu'un effet partiel : c'est intégrées dans des stratégies systémiques de lutte qu'elles seraient les plus intéressantes.

Trois projets de recherche européens et un français ont évalué l'efficacité comparée de systèmes associant plusieurs de ces leviers. L'amélioration variétale apparaît indispensable à tous les systèmes de protection sans cuivre, dont l'efficacité s'est révélée équivalente à celle comprenant du cuivre lors d'expérimentations pilotes.

L'ESCo souligne néanmoins que le développement par la recherche de systèmes économes voire sans cuivre ne peut suffire en lui-même. En effet, ces alternatives ne sont pas toujours acceptées par les acteurs, qui sont freinés par les risques techniques et économiques qu'un bouleversement des pratiques engendrerait. Pour les auteurs, des efforts réglementaires et des ajustements restent donc à faire, tout au long de la filière, pour faciliter l'adoption de ces systèmes de protection innovants.

Les méthodes alternatives aux traitements cupriques et leurs actions sur le cycle de vie des agents pathogènes

Cuivre.jpg

Source : INRA

Armelle Huille, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

09/02/2018

Brexit : quels enjeux pour l'agriculture ? Une conférence du CEPII en partenariat avec l'Inra

Le 10 janvier 2018 s'est tenue au CEPII une conférence organisée en partenariat avec l'Inra sur le thème « Brexit : quels enjeux pour l'agriculture ? ». À cette occasion, deux rapports destinés au Parlement européen ont été présentés. Le premier, EU - UK agricultural trade: state of play and possible impacts of Brexit, rédigé par une équipe du CEPII (C. Bellora, C. Emlinger, J. Fouré et H. Guimbard), analyse les résultats de simulations du modèle MIRAGE-e sur les impacts du Brexit en matière de commerce et de valeur ajoutée, avec un focus sur le secteur agroalimentaire. Le second rapport, Possible transitional arrangements related to agriculture in the light of the future EU-UK relationship: institutional issues, écrit par A. Matthews, s'intéresse aux modalités de la phase de transition et des relations à venir entre le Royaume-Uni et la future Europe des 27 (voir à ce sujet un précédent billet sur ce blog).

Les simulations du CEPII ont porté sur deux scénarios : celui d'un Hard Brexit, associant clause de la nation favorisée et divergence réglementaire avec l'UE27, et celui d'un Soft Brexit, avec absence de droits de douane et divergence réglementaire plus limitée. Les autres changements possibles, par exemple ceux concernant les politiques agricoles, ne sont pas pris en compte. Les simulations suggèrent des diminutions substantielles d'échanges de produits agroalimentaires entre Royaume-Uni et Union européenne en cas de Hard Brexit, notamment pour les Pays-Bas, la France et l'Irlande (baisses des exportations agroalimentaires les plus importantes en volume). Par ailleurs, la perte de valeur ajoutée agroalimentaire varie selon les pays de l'UE27 et, pour certains d'entre eux, n'est que partiellement compensée par la demande domestique et les exportations vers l'UE et le reste du monde.

Variation de la valeur ajoutée agroalimentaire de l'UE27 dans le cas d'un Soft ou d'un Hard Brexit en 2030, et décomposition de cette variation dans le cas d'un Hard Brexit

Brexit1.jpg

brexit,cepii,inra,conférence,commerce,valeur ajoutée,agroalimentaire

 Source : blog du CEPII

Ces deux rapports ont donné lieu à des échanges stimulants entre les participants, sur de multiples sujets, comme par exemple la probabilité d'un Hard Brexit, les questions complexes relatives au cas de l'Irlande, les contingents tarifaires, la quantification des barrières non-tarifaires dans l'exercice de modélisation, ou encore les alternatives méthodologiques, types « modèles gravitaires », pour analyser ces problèmes.

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Sources : CEPII, Parlement européen, Parlement européen

13/03/2017

Colloque « L'étiquetage au service d'une alimentation durable : le point de vue des consommateurs »

Le 27 février, l'Inra et l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers CLCV ont présenté les résultats de leur étude conjointe intitulée L'étiquetage au service d'une alimentation durable : le point de vue des consommateurs. Démarche participative mise en place par les deux structures, ce projet de recherche a « exploré le rôle que l'étiquetage joue aujourd'hui ou qu'il pourrait jouer à l'avenir dans les changements de comportements de consommation », en lien avec les enjeux de durabilité de l'alimentation. Alors que les publications disponibles sur ce sujet reposent fréquemment sur des données déclaratives, l'étude a cherché à « confronter les déclarations des consommateurs avec leurs comportements d'usage de l'information ».

Mobilisant chercheurs et bénévoles, plusieurs méthodes (expériences en ligne, enquête en face-à-face avec entretiens directifs et volet qualitatif, groupes de discussion) ont été mises en œuvre. Au total, l'étude a porté sur environ 2 000 personnes, des femmes à 68,6 %, vivant en milieu urbain, plutôt âgées et avec un niveau de vie inférieur à la moyenne française.

Parmi les résultats, ressortent notamment les points suivants :

- un usage limité des informations lors de l'achat : seul un quart de ces informations est consulté, le prix et l'origine sont des repères majeurs, et les niveaux d'étude et de revenu influencent l'usage qui en est fait ;

- pour la quasi-totalité des personnes, un souhait de plus d'informations, en priorité de clarification (ex : usage de produits chimiques, OGM, qualité nutritionnelle) et sur l'origine des ingrédients ; l'emballage est le support privilégié ;

- une méfiance généralisée vis-à-vis des acteurs ;

- une demande d'un étiquetage plus simple et pratique (avec séparation entre éléments obligatoires et relevant du marketing), et d'informations exhaustives sur tous les aspects de la durabilité (nutrition, origine, mode de production et procédé de fabrication, environnement, RSE).

On pourra retenir notamment que la proximité géographique peut être utilisée par les consommateurs comme indicateur synthétique de la qualité et de la durabilité d'un produit, avec une préférence pour la proximité. Par ailleurs, l'exigence d'information peut être « déléguée », à savoir utile non pour soi mais pour d'autres.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

09:49 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : étiquetage, alimentation durable, inra, clcv, colloque |  Imprimer | | | | |  Facebook

18/01/2017

Les filières viande du Massif Central à l'horizon 2050

Fin 2016, l'Inra a publié une étude prospective sur les filières viande de ruminants du Massif Central à l'horizon 2050, réalisée à la demande du Commissariat général à l'égalité des territoires. Basée sur la méthode des scénarios, cette prospective analyse les futurs possibles des filières bovines et ovines, afin d'identifier les enjeux et leviers d'adaptation ainsi que les axes de recherche à développer, pour une zone qui rassemble un tiers des bovins et plus de la moitié des ovins français.

Après identification des déterminants externes au massif (changement climatique, consommation européenne de viande, politiques agricoles et environnementales, stratégie et organisation des filières européennes) et des déterminants internes (modèles professionnels et sociologie agricole, aménagement du territoire), les auteurs établissent cinq scénarios contrastés pour les filières locales. Évolution de la consommation, concurrence internationale, agro-écologie, valorisation de l'herbe et flux internationaux sont au centre de ces scénarios, dont chacun a fait l'objet d'une modélisation à l'échelle du massif en termes de cheptel, production de viande et de lait, utilisation du territoire, emploi direct et indirect et impacts environnementaux. Ils peuvent ainsi être analysés et comparés directement selon différents enjeux chiffrés, donnant un relief particulier à la démarche prospective : les graphiques ci-dessous en fournissent une illustration pour les emplois et la production.

Nombre d'emplois directs et indirects estimés dans les scénarios 2050 (REF = situation actuelle)

massif-central1bisbis.jpg

Source : Inra ; annotations CEP

Par exemple, le nombre d'emplois agricoles directs diminue dans tous les scénarios par rapport à la situation de référence (environ 90 000), la baisse la plus faible étant rencontrée dans le scénario 3 (75 000 emplois conservés).

Production de lait, de viande et d'animaux vivants dans le Massif Central, modélisée dans les scénarios

massif-central2.jpg

Source : Inra

Cette prospective met bien en évidence l'importance centrale de la valorisation de l'herbe, de manière plus ou moins intensive selon les scénarios. Par ailleurs, les auteurs pointent l'enjeu central que constitue l'adaptation de l'offre en viande à la demande sociale, entre production d'animaux maigres destinés à l'exportation et engraissement local à l'herbe. Il ressort de la comparaison des différents scénarios que cette offre doit être construite dans une recherche de qualité, grâce à une organisation collective renforcée.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

10:00 Publié dans 1. Prospective, Filières agricoles, Territoires, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : massif central, élevage, viande, inra, cget |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/12/2016

Un dictionnaire participatif pour clarifier les notions de l'agroécologie

Qu'est-ce que l'agroécologie ? Qu'est-ce qui en relève ou pas ? Quelles sont les pratiques qui peuvent s'en recommander ? Issu d'un travail imposant de croisement de références scientifiques, réglementaires, administratives et associatives, ce dictionnaire d'agroécologie propose des définitions validées (rédigées par des experts, puis mises en débat dans la communauté scientifique) sur les principaux concepts couverts par ce domaine. Plus de 300 termes ont ainsi été identifiés à ce stade, et sont consultables selon quatre niveaux d'observation : la parcelle, l'exploitation, le territoire ou générique.

Adossé à un projet scientifique porté par l'Inra, le dictionnaire est participatif et évolutif : chacun peut ainsi contribuer à la construction d'un savoir partagé dans un domaine au contour flou, et souvent sujet à controverse. Il se veut ressource pédagogique pour un large public.

Entrée « Agroécologie »

dico.jpg

Source : dicoagroecologie.fr

Source : Inra

11:37 Publié dans Exploitations agricoles, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : agroécologie, dictionnaire, inra |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/07/2016

Comment vivre au quotidien l'allergie alimentaire ?

Un colloque (diaporamas et vidéos en ligne) s'est tenu le 17 juin dernier, organisé par l'Inra sur le thème des allergies, intolérances et hypersensibilités alimentaires. Un panorama assez complet a été présenté sur ces pathologies dont l'incidence augmente depuis 20 ans dans les pays occidentaux, pour atteindre aujourd'hui 3 à 4 % de la population, et 6 % des jeunes enfants. Les syndromes, liés à des déficits dans les mécanismes de tolérance immunitaire, résultent de réponses adverses à une ingestion alimentaire. Leur intensité et leur gravité, extrêmement variables, vont du simple inconfort digestif au choc anaphylactique fatal. Cette augmentation de la prévalence des allergies pourrait être liée à des facteurs extrinsèques, environnementaux ou industriels.

Objet d'une intervention, le projet MANOE (Maîtrise Allergène NutritiOn Enfant) a étudié la tolérance de petites doses d'allergènes chez des enfants allergiques (arachide, œuf, lait ou blé). Le principe consistait à évaluer les méthodes de dosage des produits alimentaires en ajoutant les allergènes, à différents seuils, à des produits alimentaires en cours de production, puis à analyser les produits finis. Les conclusions de cette étude démontrent que des seuils réglementaires de réactivité pour la gestion du risque allergène pourraient convenir à la plupart des consommateurs allergiques, hormis un faible pourcentage (de 1 à 5 %) de patients hyper-allergiques devant obligatoirement s'astreindre à un régime alimentaire très contrôlé.

La complexité de vie au quotidien des personnes concernées a également été abordée par l'Association française des intolérants au gluten, qui a décrit un vécu impliquant des prises alimentaires « à risque », le gluten pouvant se trouver en traces infimes dans un grand nombre de produits. Cela conduit souvent à une routine alimentaire basée sur quelques produits "sûrs", et impacte la vie sociale des personnes (en particulier des enfants scolarisés), souvent écartées des repas en collectivité.

Ainsi que le souligne une équipe de recherche de l'INRA (cf. session 3 du colloque), le phénomène des allergies et intolérances alimentaires est en constante évolution et probablement appelé à se développer, compte tenu notamment de l'apparition de « nouveaux aliments » et de nouveaux process.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

09:35 Publié dans Alimentation et consommation, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : allergies, colloque, ciag, inra |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/06/2016

Les méthodes d'évaluation de la recherche publique agronomique sous le regard du comité d'éthique Inra-Cirad

Le comité d'éthique consultatif commun au Cirad et à l'Inra a publié récemment son avis sur les enjeux éthiques liés à l'évaluation des impacts de la recherche agronomique. Comme souvent en évaluation, il existe plus d'une méthode pour estimer les impacts d'une action. En l'occurence, les deux organismes n'ont pas fait les mêmes choix. Le Cirad, dont les travaux concernent plus directement des pays tiers, a choisi une méthode relativement participative : le programme ImpresS (Impact of research in the south) associe des partenaires du Sud, tant pour l'élaboration de la méthode que pour les étapes de collecte, mesure et validation des résultats de l’évaluation. L’Inra, de son côté, utilise deux méthodes, l'« analyse des impacts de la recherche publique agronomique » (Asirpa) et les calculs de rentabilité interne de la recherche.

Le comité ne remet pas en question ces choix, mais propose des pistes d'amélioration pour que ces méthodes permettent réellement de favoriser la production de connaissances répondant à des défis économiques et sociaux. L'un des principes forts de cet avis est qu'il ne faut pas séparer la recherche comme production de connaissances de ses effets sur le monde, les hommes et la société. Deux exemples illustrent ce propos : les impacts de la spécialisation en grandes cultures dans le bassin de la Seine, et les algues vertes et le ''modèle agricole breton''. Dans les deux cas, les innovations technologiques déjà anciennes ayant présidé à ces évolutions ne devraient être évaluées qu'à l'aune des résultats socio-économiques des exploitations agricoles concernées.

Pour le comité d'éthique, évaluer la recherche publique implique l'expression d'un jugement ou d'une vision de ce qu'est la responsabilité sociale et environnementale. De ce fait, il « prône la mise en œuvre de l’exercice dans un cadre pluridisciplinaire, dans une démarche d’expertise participative et dans une logique d’enrichissement pour l’ensemble des parties ». Il recommande ainsi une plus grande explication des principes déontologiques et éthiques aux équipes de recherche, ainsi que la création d'ateliers de travail sur les méthodes d'évaluation au sein des alliances nationales de recherche (AllEnvi, Athéna, Aviesan, Ancre, Allistène).

Gaétane Potard-Hay, Centre d’études et de prospective

Source : Inra

15:22 Publié dans 2. Evaluation, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : inra, cirad, comité d'éthique |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/01/2016

Les scientifiques de l’INRA et la promotion des circuits courts

Politix publie, dans son numéro consacré à la sociologie politique des sciences, un article de Jean-Baptiste Paranthoën sur l’implication des scientifiques de l’Inra dans la « consécration institutionnelle » des circuits courts. L’auteur a eu accès aux travaux du groupe de travail « Circuits courts de commercialisation », mis en place début 2009. Selon l’auteur, la défense du sujet par le MAAF, engagé dans une « concurrence institutionnelle avec les autres producteurs d’action publique » (collectivités locales, MEEDDAT), a fourni l’occasion à un ensemble de chercheurs militants, eux-mêmes en compétition dans le champ scientifique, de prendre position(s). Les controverses scientifiques dont il est fait état contribuent à mettre en forme « un besoin important d’amélioration des connaissances », sous forme de références technico-économiques élargies aux problématiques de développement régional durable. Pour l’auteur, « l’intellectualisation de l’action publique (…) favorise l’émergence et la redéfinition d’une demande d’expertise dont les savants se font les bénéficiaires. Les scientifiques ne sont donc pas de simples passeurs entre des acteurs dotés d’intérêts économiques et un État chargé de réguler les relations marchandes, ils participent à la redéfinition des intermédiations entre les agriculteurs et les consommateurs. »

Source : Politix

13:32 Publié dans Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : inra, circuits courts |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/12/2015

Le comité d’éthique INRA-CIRAD se penche sur la question du bien-être animal

Le comité consultatif commun d’éthique INRA-CIRAD s’est auto-saisi de la question du bien-être des animaux d’élevage, entendant « s’interroger aussi bien sur la place et l’importance du bien-être animal comme objet d’étude pour la recherche que sur la façon dont il doit être pris en considération dans les pratiques d’élevage ». Le fait que le CIRAD dirige des recherches dans des pays où les formes sociales et techniques de l’élevage sont notoirement différentes est un facteur positif. Une question phare du respect du bien-être animal est l’impact économique sur l’élevage, du fait des investissements nécessaires en termes de matériel et d’implication des éleveurs. En revanche, le respect d’un niveau de bien-être animal influe sur plusieurs critères valorisants, dont l’acceptabilité sociale des pratiques d’élevage et du métier d’éleveur, et la valeur des produits animaux.

Le comité d’éthique a adopté une définition large du « bien-être animal » : il n’a pas souhaité se limiter à une définition négative (absence de douleur ou de souffrance) et prend en compte les dimensions relationnelles, affectives, comportementales et émotionnelles. Le critère de sociabilité animale est considéré : la sociabilité de l’animal avec ses congénères, mais également avec les éleveurs. Le rapport rappelle les travaux menés sur la douleur, sous l’égide de l’INRA et notamment la démarche dite des 3 S (supprimer, substituer, soulager les douleurs).

Parmi ses neuf recommandations, le comité incite les instituts à poursuivre des recherches relatives aux indicateurs d’évaluation, à garder une approche pluridisciplinaire en intégrant les travaux du réseau AgriBEA, qui mène des recherches sur les pratiques d’élevage prenant en considération la sensibilité émotionnelle des animaux. Le comité recommande également de faire le lien avec les recherches traitant de l'agro-écologie, dans une approche systémique des questions d’élevage.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : CIRAD

10:34 Publié dans Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : bien-être animal, éthique, inra, cirad |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/04/2015

« Agroécologie et recherche » dans la revue Innovations Agronomiques

 

Fin 2013, l’Inra a organisé, avec l’appui du MAAF et de l’ACTA, un colloque « Agroécologie & Recherche » qui rassemblait 350 participants, dont une moitié de partenaires de la recherche.
Aujourd’hui, un numéro spécial d’Innovations Agronomiques rassemble plusieurs contributions, entre-temps retravaillées, afin de fournir, suivant J.F. Soussana (directeur scientifique Environnement à l’Inra), « un éclairage original sur les interactions entre recherches et pratiques ». L’objectif de cette publication est aussi de souligner « le potentiel d’innovation de l’agroécologie pour conjuguer les performances économiques, environnementales et sociales de l’agriculture ».

Source : Inra


09:26 Publié dans Agronomie | Lien permanent | Tags : inra, agroécologie |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/09/2014

Quel rôle et quels effets de la PAC dans la préservation des prairies permanentes ?

Dans son numéro 64 de juillet 2014, Le courrier de l'environnement de l'Inra a publié un article proposant une réflexion sur les effets de la « conditionnalité PAC » dans la préservation des prairies permanentes, en analysant en détail les textes réglementaires européens et leurs modalités d'application en France. Malgré la reconnaissance de ses nombreux avantages sur le plan environnemental, paysager ou même sur la qualité des produits animaux, la prairie est en régression continue en France métropolitaine depuis les années 1970, et ce jusqu'en 2010 (date des dernières données mobilisées). Alors que la baisse est très forte dans les régions de grandes cultures et mixtes, on assiste ailleurs à une spécialisation herbagère. Toutefois, les prairies naturelles sont les plus menacées dans toutes les zones.

L'enjeu « prairie » a été progressivement intégré à la PAC, depuis la création de l'indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), en passant par la prime au maintien des surfaces d'élevage extensif (PMSEE devenue ensuite PHAE). Son rôle environnemental est explicitement reconnu dans le règlement (CE) n°1782/2003 [article 5(2)], instaurant en 2005 la conditionnalité des aides PAC et comportant notamment une exigence de « maintien des pâturages permanents (PP) ».

Si la formulation européenne de cette exigence dans le règlement de 2003 laissait prévoir une protection forte de l'ensemble des prairies, l'auteur montre qu'une interprétation très « lâche » de cet article dans son règlement d'application a grandement atténué la portée de la mesure. Le choix, par exemple, de limiter à 10% la diminution du ratio PP / Surface Agricole Utile entre 2005 et 2013 s'avère peu contraignant puisque la baisse des surfaces en prairies n'a pas dépassé ce taux en moyenne depuis 1992. Il en va de même pour les modalités d'application prises à l'échelle nationale.

L'auteur s'interroge donc sur l'effet de la conditionnalité. Si l'enjeu de maintien des prairies semblait bien se prêter à un instrument de ce type, plusieurs dispositions ont pu produire des effets pervers et conduire paradoxalement à un retournement des prairies. C'est le cas par exemple de l'anticipation de l'année de référence.

Enfin, quelques perspectives pour la politique agro-environnementale sont proposées : ne pas focaliser uniquement le maintien sur la « quantité » de prairies mais aussi sur leur « qualité » (celle-ci ayant tendance à être dégradée par intensification), assurer un bon équilibre entre adaptation aux situations locales et niveau d'ambition, etc. Autant d'enseignements au prisme desquels la mise en œuvre du « verdissement » à venir pourra être analysée, selon l'auteur.

Clément Villien, Centre d'études et de prospective

Source : Le Courrier de l'environnement de l'Inra

10:16 Publié dans 4. Politiques publiques, Environnement, PAC | Lien permanent | Tags : prairies, pac, inra |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/09/2014

Des progrès majeurs dans le séquençage du génome de plusieurs plantes commerciales (blé tendre, colza, agrumes)

Plusieurs plantes commerciales ont récemment vu leur génome séquencé, ce qui ouvre la voie à d'importantes avancées en amélioration génétique. Les travaux concernent le blé tendre et le colza, aux génomes quatre à cinq fois plus grands que celui de l'Homme, ainsi qu'une dizaine d'agrumes.

Tout d'abord, l'Inra de Clermont-Ferrand, leader au sein du Consortium International de Séquençage du Génome du Blé (IWGSC), vient de déchiffrer la première séquence de référence du chromosome 3B du blé tendre. Une première ébauche du génome complet de cette céréale est donc désormais disponible. Ce résultat a nécessité « la mise au point d’une stratégie originale de séquençage, le développement d’outils bioinformatiques et l’identification de plusieurs dizaines de milliers de marqueurs moléculaires ». Publié dans la revue Science, ce travail devrait permettre d'identifier des caractères d'intérêt (résistance aux bio-agresseurs, à la sécheresse, amélioration des rendements, etc.). Le Consortium souhaite maintenant terminer le séquençage des 20 autres chromosomes dans les trois ans qui viennent.

Le même type de travaux a été mené sur le colza, par un consortium international d’une trentaine d’instituts de recherche, piloté par l’Inra et le CEA (Genoscope) : ils ont permis de déterminer la séquence de référence du génome complet du colza, ainsi que celle d’une collection de variétés représentant la diversité de cette espèce. La grande majorité des gènes du colza étant dupliqués, les chercheurs ont également pu étudier le « dialogue » entre ces gènes : ils suggèrent que ces derniers peuvent servir de « réservoir important de diversification, d’adaptation et d’amélioration ». Comme précédemment, ces travaux, publiés dans Science, pourraient déboucher sur d'importantes améliorations génétiques (teneur et composition en huile, résistance à des pathogènes, tolérance au froid, etc.).

Enfin, une équipe internationale a séquencé le génome d'une dizaine d'agrumes (oranges, mandarines, pamplemousses, etc.). Ces travaux ont révélé l'histoire de la domestication des agrumes et les liens entre les différentes espèces. Ils ont également démontré leur faible diversité génétique, ce qui pourrait menacer leur survie face aux maladies (ex : maladie du Dragon jaune). Ce travail souligne ainsi la nécessité de créer de nouveaux types d'agrumes permettant de mieux résister aux stress et aux bio-agresseurs.

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Sources :

Blé tendre : Inra

Colza : Inra

Agrumes : Nature biotechnology

09:47 Publié dans Agronomie, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : génome, blé, colza, agrumes, inra |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/09/2014

ASIRPA : une méthodologie pour évaluer les impacts de la recherche finalisée

L'Inra vient de rendre public le rapport final du projet ASIRPA, consacré à l'analyse des impacts de la recherche publique agronomique. Mise au point dans le cadre des procédures d'(auto-)évaluation du travail de l'Inra, l'approche procède par études de cas standardisées.

Dans un premier temps, les évaluateurs établissent une chronologie « à plat » d'un domaine de recherche (par exemple, la lutte génétique contre la tremblante du mouton). Dans un second temps, ces événements et actions sont qualifiés et redistribués thématiquement dans un « chemin d'impact » (impact pathway) repérant le contexte, les inputs et les outputs de la recherche, les intermédiaires qui assurent la circulation des outputs, les impacts immédiats (effets sur les premiers utilisateurs de l'innovation) et à plus long terme (généralisation d'une innovation). Enfin, dans un troisième temps, les impacts eux-mêmes sont représentés sous forme de « radars » à cinq dimensions (impacts sanitaire, économique, environnemental, territorial-social, politique), chaque dimension recevant une note de 1 à 5.

La granulométrie choisie permet d'obtenir des synthèses à différents niveaux, les études de détail pouvant être considérées comme des cas d'espèce d'un « méta-cas ». C'est ainsi l'exemple d'une synthèse sur la fertilisation minérale mettant en perspective les analyses d'impact sur les cas de l'azote, de la potasse et du phosphore.

Cette démarche de scoring, pour être probante, suppose de disposer de nombreux cas d'étude. La période couverte par le rapport a permis d'en étudier trente, couvrant des domaines variés. Le rapport final les regroupe en quatre catégories : 1) la productivité durable de la forêt, 2) l'alimentation et les industries agroalimentaires, 3) l'environnement et la gestion durable des ressources, 4) les politiques publiques. Il dégage des « enseignements généraux » sur la temporalité – longue – des investissements nécessaires pour obtenir des impacts significatifs, et sur la conduite de projet (notamment sur la question des partenariats privilégiés et des brevets). Il pose aussi des questions, la tension entre la production de connaissances fondamentales et leur appropriation par les acteurs socio-économiques restant au cœur des enjeux d'une recherche finalisée « de pointe ».

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

Présentation de la démarche

Site dédié, avec des résumés des études de cas

09:34 Publié dans Agronomie, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : inra |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/09/2014

Une expertise scientifique collective sur les « Mafor », matières fertilisantes d'origine résiduaire, et leur valorisation sur les sols agricoles

Le 3 juillet 2014 a eu lieu le colloque de restitution de l'expertise scientifique collective « Mafor », commanditée par les ministères de l'agriculture et de l'écologie et réalisée par l'Inra, le CNRS et l'Irstea. Ce travail portait sur la valorisation des matières fertilisantes d'origine résiduaire (Mafor) : il visait à faire le bilan des connaissances sur « les bénéfices agronomiques des Mafor et les impacts de leur épandage en termes de contaminations potentielles des écosystèmes, en tenant compte des intérêts, contraintes et conséquences économiques et sociales de cette pratique ». L'évaluation des risques sanitaires fait quant à elle l'objet d'une saisine de l'Anses.

L'étude a permis de dresser un état des lieux de l'utilisation des Mafor en France. Les effluents d'élevage en représentent la très grande majorité avec 274 Mt brutes en 2012, dont 50% émis directement dans les pâtures. À côté de cela, il existe des Mafor d'origines urbaine et industrielle : environ 0,7 Mt sèches de boues d'épuration urbaines, 2,2 Mt brutes de composts et digestats issus de déchets urbains et 1,8 Mt sèches d'effluents industriels (ex : vinasses de betterave). En 2011, 25% des surfaces de grandes cultures et 30% des prairies ont reçu des Mafor, mais avec de fortes disparités régionales.

Les auteurs de l'étude ont ensuite qualifié la valeur agronomique des Mafor : ces dernières comportent une valeur fertilisante en éléments minéraux (N, P, K) et une valeur amendante (enrichissement en matière organique), qui peuvent chacune varier en fonction des éventuels traitements appliqués (méthanisation, séchage, compostage). Si elles ont des valeurs fertilisantes en phosphore et potassium équivalentes à celles des engrais minéraux, la situation est différente pour l'azote en raison de sa présence sous forme organique dans les Mafor. Les Mafor sont la seule source renouvelable de phosphore et, à l'échelle de la France, « les quantités de phosphore présentes dans les Mafor pourraient couvrir l'ensemble des prélèvements annuels de phosphore par la production agricole ».

Outre les pertes possibles de carbone vers l'environnement (sous forme de méthane ou de composés organiques volatils), les scientifiques ont analysé les risques de transfert d'agents biologiques pathogènes et d'apport de contaminants chimiques. Bien que le lien de cause à effet entre épandage de Mafor et transmission de maladies soit difficilement établi, des agents pathogènes (bactéries, virus, parasites) sont fréquemment détectés dans les effluents d'élevage bruts. Certains traitements (compostage...) permettent d'en abattre la charge potentielle. Par ailleurs, l'épandage de Mafor est susceptible de favoriser la dissémination de l'antibiorésistance dans l'environnement. S'agissant des contaminants chimiques, deux types ont été distingués : les ETM, éléments traces métalliques (principalement cuivre et zinc mais aussi plomb, mercure, cadmium...), qui peuvent s'accumuler dans les sols, même si les apports sont de faible quantité ; et les CTO, composés traces organiques, plutôt d'origine anthropique (molécules pharmaceutiques, résidus de pesticides, PCB, HAP, bisphénol, etc). À l'inverse des ETM, les CTO sont dégradables et peuvent se transformer en divers métabolites. Ils sont plus ou moins persistants dans les sols, et sont susceptibles d'être transférés dans les matières premières alimentaires (accumulation possible dans les tissus graisseux, le lait ou les œufs par exemple).

En conclusion, les Mafor représentent un potentiel non négligeable pour se substituer au moins en partie aux engrais minéraux de synthèse. À ce titre, elles peuvent utilement contribuer au bouclage des cycles (P, K...), au recyclage des déchets et à l'économie circulaire. En revanche, pour optimiser leur utilisation (maximiser l'efficacité agronomique et minimiser les risques environnementaux), il sera nécessaire d'intégrer l'ensemble des caractéristiques des filières de production et de traitement des déchets, d'optimiser les pratiques d'épandage et les périodes d'apport, d'évaluer l'acceptabilité des pratiques et leur balance coût/bénéfice, et enfin de poursuivre les recherches sur les contaminants des Mafor (ex : nanoparticules).

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : INRA

09:29 Publié dans Agronomie, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : mafor, inra, irstea, cnrs, sols |  Imprimer | | | | |  Facebook