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13/03/2017

Numérique et agro-écologie : colloque au SIA

Le 1er mars dernier s'est tenu, au Salon international de l'agriculture, un colloque sur la thématique « Numérique et Agro-écologie », co-organisé par l'Inra et l'Irstea. Son objectif était d'aborder la généralisation du numérique dans le secteur agricole, et il s'intéressait notamment à l'utilisation de données issues de nouvelles technologies pour caractériser les systèmes de production existants et explorer les potentialités des systèmes agro-écologiques. Plusieurs intervenants ont exposé les résultats de leurs travaux et les perspectives de recherche sur le sujet.

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Parmi les nombreux éléments présentés, on peut retenir des interventions sur les nouvelles technologies permettant de collecter de l'information sur les pratiques culturales. Éric Cahuzac (Inra, ODR) a présenté la plate-forme de l’Observatoire du développement rural de l'Inra. Elle rassemble et met en forme des données individuelles géo-référencées de sources administratives, et permet le calcul d'indicateurs spatialisés à des échelles fines (par exemple, surface en prairies permanentes). Éric Justes (Inra, AGIR) et Éric Ceschia (UPS, CESBIO) ont ensuite présenté les avancées rendues possibles par le déploiement récent de deux nouveaux satellites (Sentinel 1 et 2). Ils permettront de collecter des données tous les 5 à 6 jours, et de créer, à l'échelle parcellaire ou infra-parcellaire, des cartes dynamiques d'occupation des sols, renseignant notamment sur l'utilisation de couverts intermédiaires et l'implantation d'infrastructures agro-écologiques, et de certaines pratiques culturales (travail du sol, par exemple) pour les chercheurs et les décideurs publics. Il sera ensuite possible de déduire de ces données les émissions de gaz à effet de serre générées par l'agriculture et les besoins en irrigation. Toutes ces données devraient permettre d'améliorer le suivi de la transition agro-écologique et d'éclairer cette transition au niveau territorial.

Estelle Midler, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

09:55 Publié dans Agronomie, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : agro-écologie, numérique, colloque |  Imprimer | | | | |  Facebook

Colloque « L'étiquetage au service d'une alimentation durable : le point de vue des consommateurs »

Le 27 février, l'Inra et l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers CLCV ont présenté les résultats de leur étude conjointe intitulée L'étiquetage au service d'une alimentation durable : le point de vue des consommateurs. Démarche participative mise en place par les deux structures, ce projet de recherche a « exploré le rôle que l'étiquetage joue aujourd'hui ou qu'il pourrait jouer à l'avenir dans les changements de comportements de consommation », en lien avec les enjeux de durabilité de l'alimentation. Alors que les publications disponibles sur ce sujet reposent fréquemment sur des données déclaratives, l'étude a cherché à « confronter les déclarations des consommateurs avec leurs comportements d'usage de l'information ».

Mobilisant chercheurs et bénévoles, plusieurs méthodes (expériences en ligne, enquête en face-à-face avec entretiens directifs et volet qualitatif, groupes de discussion) ont été mises en œuvre. Au total, l'étude a porté sur environ 2 000 personnes, des femmes à 68,6 %, vivant en milieu urbain, plutôt âgées et avec un niveau de vie inférieur à la moyenne française.

Parmi les résultats, ressortent notamment les points suivants :

- un usage limité des informations lors de l'achat : seul un quart de ces informations est consulté, le prix et l'origine sont des repères majeurs, et les niveaux d'étude et de revenu influencent l'usage qui en est fait ;

- pour la quasi-totalité des personnes, un souhait de plus d'informations, en priorité de clarification (ex : usage de produits chimiques, OGM, qualité nutritionnelle) et sur l'origine des ingrédients ; l'emballage est le support privilégié ;

- une méfiance généralisée vis-à-vis des acteurs ;

- une demande d'un étiquetage plus simple et pratique (avec séparation entre éléments obligatoires et relevant du marketing), et d'informations exhaustives sur tous les aspects de la durabilité (nutrition, origine, mode de production et procédé de fabrication, environnement, RSE).

On pourra retenir notamment que la proximité géographique peut être utilisée par les consommateurs comme indicateur synthétique de la qualité et de la durabilité d'un produit, avec une préférence pour la proximité. Par ailleurs, l'exigence d'information peut être « déléguée », à savoir utile non pour soi mais pour d'autres.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

09:49 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : étiquetage, alimentation durable, inra, clcv, colloque |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/07/2016

Comment vivre au quotidien l'allergie alimentaire ?

Un colloque (diaporamas et vidéos en ligne) s'est tenu le 17 juin dernier, organisé par l'Inra sur le thème des allergies, intolérances et hypersensibilités alimentaires. Un panorama assez complet a été présenté sur ces pathologies dont l'incidence augmente depuis 20 ans dans les pays occidentaux, pour atteindre aujourd'hui 3 à 4 % de la population, et 6 % des jeunes enfants. Les syndromes, liés à des déficits dans les mécanismes de tolérance immunitaire, résultent de réponses adverses à une ingestion alimentaire. Leur intensité et leur gravité, extrêmement variables, vont du simple inconfort digestif au choc anaphylactique fatal. Cette augmentation de la prévalence des allergies pourrait être liée à des facteurs extrinsèques, environnementaux ou industriels.

Objet d'une intervention, le projet MANOE (Maîtrise Allergène NutritiOn Enfant) a étudié la tolérance de petites doses d'allergènes chez des enfants allergiques (arachide, œuf, lait ou blé). Le principe consistait à évaluer les méthodes de dosage des produits alimentaires en ajoutant les allergènes, à différents seuils, à des produits alimentaires en cours de production, puis à analyser les produits finis. Les conclusions de cette étude démontrent que des seuils réglementaires de réactivité pour la gestion du risque allergène pourraient convenir à la plupart des consommateurs allergiques, hormis un faible pourcentage (de 1 à 5 %) de patients hyper-allergiques devant obligatoirement s'astreindre à un régime alimentaire très contrôlé.

La complexité de vie au quotidien des personnes concernées a également été abordée par l'Association française des intolérants au gluten, qui a décrit un vécu impliquant des prises alimentaires « à risque », le gluten pouvant se trouver en traces infimes dans un grand nombre de produits. Cela conduit souvent à une routine alimentaire basée sur quelques produits "sûrs", et impacte la vie sociale des personnes (en particulier des enfants scolarisés), souvent écartées des repas en collectivité.

Ainsi que le souligne une équipe de recherche de l'INRA (cf. session 3 du colloque), le phénomène des allergies et intolérances alimentaires est en constante évolution et probablement appelé à se développer, compte tenu notamment de l'apparition de « nouveaux aliments » et de nouveaux process.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

09:35 Publié dans Alimentation et consommation, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : allergies, colloque, ciag, inra |  Imprimer | | | | |  Facebook

Mangeurs sous influences ? Sens et cerveau en dialogue

Le 21 juin dernier s'est tenue la Conférence annuelle Benjamin Delessert consacrée au thème « Mangeurs sous influences ? Sens et cerveau en dialogue ». À cette occasion, le prix Jean Trémollières a été remis à Yann Cornil pour sa thèse en sciences de gestion Essais sur la perception sensorielle et le marketing alimentaire, effectuée à l'INSEAD. Plusieurs intervenants ont exposé tour à tour les résultats de leurs travaux.

Parmi les nombreux éléments présentés, on peut retenir l'intervention de S. Chambaron (Inra-Centre des Sciences du Goût et de l'Alimentation), dont les travaux « visent à comprendre comment les choix alimentaires peuvent être influencés par des odeurs auxquelles nous ne prêtons pas attention », utilisées comme « amorces ». Ainsi, des personnes exposées à une odeur subtile (i.e. perçue non consciemment par les individus) de melon ont tendance à choisir, par rapport à un groupe contrôle, des entrées à base de légumes et à éviter celles à haute densité énergétique. Les effets d'une odeur subtile de poire sont similaires sur le choix du type de dessert. L'étude de l'impact de différents signaux (odeur d'un aliment gras sucré et/ou message explicite de prévention) met en évidence, contre toute attente, qu'avec l'exposition au message de prévention, le choix des individus se porte plus sur un dessert à haute densité énergétique, et que avec une exposition simultanée aux deux signaux étudiés, ce dessert est encore plus choisi. Se dégagent de ces travaux des éléments intéressants en termes d'outils d'intervention publique.

Dans ses expériences sur simulation sensorielle et marketing, s'appuyant en particulier sur des études expérimentales auprès d'adultes et d'enfants français et américains, Y. Cornil a cherché à démontrer « qu'il est possible d'encourager les consommateurs à choisir de plus petites portions, sans ''coût hédonique'' (diminution des attentes de plaisir) ni perte économique ». Le plaisir sensoriel, stimulé par imagerie, en fournissant par exemple des détails riches sur les aliments dans les menus, incite ainsi à des choix plus sains. Un « triple gain » est alors mis en avant : pour les consommateurs (santé et plaisir), pour les producteurs et restaurateurs (intérêt économique).

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Lien : Institut Benjamin Delessert

09:32 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : perception, mangeurs, choix alimentaires, colloque |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/02/2016

Colloque sur les effets des perturbateurs endocriniens sur l’environnement et la santé humaine

Un colloque sur le programme de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE) s’est tenu les 21 et 22 janvier 2016 à Paris, organisé par l’Anses. Selon la définition adoptée par l’Union européenne en 1999, un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange exogène altérant les fonctions du système endocrinien et induisant des effets nocifs sur la santé d’un organisme, de ses descendants ou sous-populations.

Plusieurs études ont été présentées, notamment sur les dangers liés aux effets cocktail, qui surviennent lorsque des populations sont exposées de manière chronique à de multiples substances exogènes, telles que polluants de l’environnement, médicaments et composés alimentaires. Plusieurs de ces substances sont supposées avoir un effet négatif séparément et leur combinaison en substances complexes pourrait encore potentialiser ces effets nuisibles.

Le centre de biochimie structurale de Montpellier a présenté une étude analysant l’effet de synergie de deux substances exogènes : un œstrogène (composant de la pilule contraceptive) et un pesticide organochloré. Il a été démontré que ces substances ont la capacité de se réunir et de se fixer conjointement sur le récepteur PXR (pregnane X receptor). Ce récepteur a été identifié par le programme ToxCast de l’Agence américaine de protection de l'environnement comme une cible opérationnelle majeure de produits chimiques, sachant qu’il intervient dans l’adaptation de l’organisme à l’afflux de xénobiotiques (substances étrangères au corps humain) en induisant les réponses enzymatiques pour les éliminer. L’étude a montré que l’association des deux molécules étudiées entraîne une réponse biologique substantielle. Cet effet synergique conduit à une toxicité alors que les substances sont individuellement présentes à des doses inférieures à la dose toxique.

Une étude de l’unité TOXALIM concernait les effets des mélanges de composés chimiques présents sur la viande. Elle a porté sur trois pesticides (DDE, lindane et deltaméthrine) et a été réalisée dans le cadre du projet SOMEAT (Safety of organic meat) porté par l’Agence nationale de la recherche. Elle a démontré l’effet agoniste des substances pouvant présenter un facteur de risque de perturbation endocrinienne.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : PNRPE

09:12 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : colloque, pnrpe, perturbateurs endocriniens, anses |  Imprimer | | | | |  Facebook