Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/03/2015

Évolutions du système alimentaire mondial à 2050 et impacts d’hypothèses démographiques

Pluriagri vient de publier une étude conduite par Bruno Dorin (Cirad), intitulée L’Europe dans le système alimentaire mondial : un scénario pour 2050 adossé aux projections de la FAO. Cette étude s’appuie sur la dernière actualisation des projections FAO pour l’agriculture et l’alimentation, converties et ajustées via l’outil AgriBiom pour permettre une analyse sur base comparable des évolutions passées (1961-2006) et futures (2006-2050), par le biais d’une unité fonctionnelle commune : la calorie alimentaire.

Dans ce scénario, le principal moteur serait la consommation de produits animaux (en Asie et au Moyen-Orient essentiellement). L’auteur développe une analyse fouillée des évolutions des disponibilités alimentaires, des demandes alimentaires et des productions, à l’échelle mondiale et des grandes régions. Une hausse des besoins et productions de l’ordre de 50-55 % est ainsi attendue à l’horizon 2050, soit des progressions moindres que sur la période passée. À cet horizon, l’Asie consommerait près de la moitié des calories animales produites et, côté production, l’Amérique latine rattraperait l’Amérique du Nord. L’Europe, elle, verrait ses « parts de marché » en production comme en consommation s’éroder.

B. Dorin en déduit le commerce nécessaire pour équilibrer offre et demande et pronostique un creusement des déséquilibres entre régions excédentaires (Amériques, Océanie, Russie depuis peu) et déficitaires (Moyen-Orient, Asie, Afrique mais aussi Europe).

Échanges nets de calories entre régions

dorin-fig-1.jpg

Source : B. Dorin

L’auteur explore ensuite la sensibilité des projections à plusieurs « points critiques ». Il s’intéresse notamment à l’impact de la révision des projections démographiques en 2013 par rapport à celles de 2008, selon deux modalités : ajustement (i) par les consommations (productions et commerce inchangés par rapport au scénario de référence) et (ii) par le commerce de productions végétales. Dans la première modalité, la disponibilité alimentaire en Afrique retomberait à son niveau de 2006 (environ 2400 kcal/hab/an contre près de 3000 dans le scénario de référence). Dans la seconde, l’Afrique multiplierait par trois son déficit en biomasse alimentaire végétale. Dans le même temps, l’Asie importerait moins, mais l’Amérique latine, l’Océanie et la Russie exporteraient moins également. Globalement, l’actualisation démographique accroîtrait nettement la dépendance au commerce international des zones importatrices.

Toutefois, l’auteur rappelle les limites de ce type d’exercice (perspectives de croissance critiquables, absence d’hypothèses sur l’énergie et le changement climatique, prix et revenus, etc.). Se dessine cependant à grands traits le défi alimentaire futur et les principales zones problématiques pour le devenir du système alimentaire mondial : l’Asie aujourd’hui, l’Afrique demain.

Pierre Claquin, Centre d’études et de prospective

Source : Cirad

 

 

10:16 Publié dans 1. Prospective, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : pluriagri, système alimentaire mondial |  Imprimer | | | | |  Facebook

Interrogations autour de la transformation structurelle en Afrique

Partant du scénario de référence Agribiom (voir le billet sur les Évolutions du système alimentaire mondial à 2050), Bruno Dorin a prolongé, pour la fondation FARM, ses travaux prospectifs en s’intéressant plus spécifiquement à la transformation structurelle à l’œuvre en Afrique, observée dans de nombreux pays, où les gains de productivité en agriculture permettent le transfert de main-d’œuvre de l’agriculture vers les autres secteurs.

Cette étude prolonge les résultats précédents en intégrant notamment à la réflexion les populations actives agricoles. À l’inverse des évolutions démographiques générales, celles-ci devraient baisser fortement partout (de –22 % à –82 % selon les régions), à l’exception notable de l’Afrique subsaharienne (+81 %). Cette région compterait alors près d’un tiers des actifs agricoles contre moins de 10 % en 1961, et plus d’un habitant sur cinq y serait un actif agricole en 2050, ce qui pose la question des conditions de la transition structurelle.

Dans cette optique, l’auteur interroge la productivité du travail agricole en Afrique (quantité de biomasse produite, en calories, par actif). En 2050, la productivité moyenne du travail agricole serait 372 fois plus élevée en Amérique du Nord qu’en Afrique subsaharienne (146 fois en 2006, 38 en 1961), avec plus de 6,6 millions de kcal/actif/jour d’un côté contre 17 800 de l’autre. L’Afrique subsaharienne, dont la productivité est déjà la plus faible, en connaîtrait aussi la plus faible progression : un signal inquiétant quand, avec l’Asie, cette région concentre le plus de populations pauvres.

Production de calories alimentaires végétales par actif agricole

afrique,transformation structurelle,farm

Source : B. Dorin

Dans ce scénario, selon l’auteur, le risque est fort de voir l’Afrique, engagée depuis les années 1990 sur un sentier de développement agricole relativement vertueux, basculer dans un « piège de Lewis » : croissance des populations agricoles mais divergences de leurs revenus avec ceux des autres actifs.

Pour éviter ce décrochage de la productivité du travail agricole, l’auteur explore plusieurs pistes qui sont autant de défis, eu égard aux tendances passées : une progression des surfaces cultivées de plus de 80 % (jamais observée par le passé), une progression des rendements à l’hectare supérieure à ce qu’elle a été en Asie avec la « Révolution verte », ou une progression bien moindre du nombre d’actifs agricole (limitée à +20 %).

L’auteur en conclut que les contraintes démographiques ou foncières rendent peu probable en Afrique la répétition à l’identique (agrandissement et mécanisation) de la transformation structurelle connue par d’autres régions par le passé. Ceci devrait amener à explorer d’autres voies de productivité (agroécologie, intensification écologique).

Pierre Claquin, Centre d’études et de prospective

Source : Cirad

 

 

10:11 Publié dans 1. Prospective, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : afrique, transformation structurelle, farm |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/03/2015

Nourrir 1,5 milliard de Chinois en 2030. Alain Bonjean, Marie-Hélène Schwoob, Carole Ly et Delphine Boinet

couverture-chine.jpg

Écrit par quatre auteurs qui connaissent parfaitement la Chine, ce bon livre présente en détail les évolutions récentes du système agricole et alimentaire de ce pays, et ses perspectives pour les prochaines années. Mais à travers cette présentation, c’est une analyse d'ensemble des transformations de la société chinoise et de sa place dans le processus de mondialisation qui nous est proposée.

Après une description générale des caractéristiques physiques, géographiques et pédo-climatiques de la Chine (chap. 1), l’ouvrage insiste sur les écarts de développement entre villes et campagnes et sur le gigantesque exode rural entamé dans les années 1980 (chap. 2). Depuis une décennie, la ruée vers les villes s’accompagne d’un changement de profil des migrants et d’un renouveau des actions pour le développement des campagnes. Ces mutations profondes ont contribué à l’émergence d’une large couche moyenne (chap. 3), porteuse de nouvelles conduites alimentaires, et de plus en plus sensible à la sûreté sanitaire comme aux enjeux environnementaux. Il en a résulté une ouverture croissante aux importations, également rendue nécessaire par la stagnation de la productivité et la réduction relative des terres arables (chap. 4).

Les pages suivantes sont consacrées aux « leviers technologiques de la modernisation agricole » (chap. 5) : biotechnologies, mécanisation, fertilisation, traitement des effluents, mais aussi amélioration des processus de transformation. Ces innovations, ainsi que les priorités des autorités politiques, poussent au développement d’une agriculture professionnelle, avec la disparition des petites exploitations familiales (moins d’un hectare), des regroupements de terres, l'élévation du niveau de formation et la multiplication des coopératives (chap. 6). La stratégie du gouvernement vise aussi à défendre quelques champions nationaux de l’agroalimentaire, à étendre les partenariats internationaux et à soutenir la grande distribution. Enfin, les dernières pages décrivent les échanges entre Chine, France et Union européenne, repèrent les secteurs porteurs et dégagent les opportunités offertes aux entreprises françaises (chap. 7).

L’ensemble est complété par quatre intéressantes annexes, présentant successivement les apports historiques de la Chine à l’agriculture mondiale, la problématique actuelle de la protection de l’environnement, des conseils pour travailler avec des partenaires chinois et une dizaine de fiches filières.

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : de Boeck

09:46 Publié dans 1. Prospective, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : chine |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/01/2015

Alléger l’empreinte environnementale de la consommation des Français en 2030

Fin novembre 2014, l’ADEME a publié le quatrième volet de ses travaux de prospective initiés en 2012 pour proposer une vision à long terme du système énergétique français (voir sur ce blog les billets consacrés aux premier et troisième volets de cet exercice), en présentant un scénario pour « alléger l’empreinte environnementale de la consommation des Français en 2030 ». Une analyse de l’impact environnemental et climatique, à l’horizon 2030, des tendances de consommation actuelles a permis d’identifier les modifications des modes de production et de consommation nécessaires : une réduction de 17 % de l’empreinte carbone totale serait possible en 2030 (par rapport à 2007) « en appliquant des hypothèses ambitieuses mais réalistes de réduction des consommations d’énergie dans l’habitat et les transports, d’éco-conception des produits, de réduction des gaspillages, de modification de nos modes de consommation ».

Décliné par thématiques de consommation, le scénario 2030 traite en particulier de l’alimentation. Plusieurs orientations sont identifiées pour une alimentation à « empreinte environnementale allégée » :

- « rééquilibrer les régimes alimentaires pour faire converger enjeux de santé et enjeux environnementaux » : réduction de la consommation de viande (-10 % en moyenne par personne), augmentation de celle de céréales, baisse de celle de boissons embouteillées, adoption de « régimes alimentaires plus calés sur les produits saisonniers » ;

- « réduire drastiquement le gaspillage alimentaire », de 60 % sur l’ensemble de la chaîne ;

- « améliorer les pratiques agricoles et développer l’écoconception dans les industries agro-alimentaires ».

L’impact du régime alimentaire français moyen (hors boissons) passerait alors de 3,5 kg EQ CO2/jour en 2007 à 2,9 en 2030 :

ademe.jpg

L’ADEME souligne que différents leviers doivent être activés pour faire évoluer les comportements alimentaires : stratégies d’information et de prévention en nutrition ciblées sur certaines populations ou sur certaines périodes de la vie plus propices au changement, amélioration du niveau de connaissance de la population sur l’alimentation et ses enjeux, mobilisation simultanée de tous les acteurs concernés.

In fine, l’ADEME propose des perspectives générales pour aller vers une maîtrise de l’empreinte environnementale d’ici 2030, présentéesdans le schéma ci-dessous :

Diffusion des changements au sein de la société

ademe-2.jpg

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : ADEME

 

 

 

15:56 Publié dans 1. Prospective, Alimentation et consommation, Environnement | Lien permanent | Tags : ademe |  Imprimer | | | | |  Facebook

La Commission européenne publie un rapport sur les priorités de recherche en alimentation à 2050

Fin 2014, la Commission européenne a publié le résultat d’un travail prospectif intitulé Tomorrow’s Healthy Society – Research Priorities for Foods and Diets. Conduit par le Joint Research Center (JRC) à la demande de la Direction générale de la recherche et de l’innovation, ce travail a pour objectif d’appuyer la mise en œuvre d’Horizon 2020. Centrée sur le consommateur européen et s’appuyant sur les facteurs influençant les habitudes alimentaires, cette démarche participative a conduit à l’élaboration de quatre scénarios décrivant la situation de l’Union européenne en 2050. En a découlé l’identification de priorités de recherche.

Pour appuyer la construction des scénarios, une carte de la consommation alimentaire a été établie sur la base notamment d’une revue de la littérature. Quatre facteurs majeurs influençant directement cette consommation, et de fait la santé du consommateur, sont mis en évidence : la régulation physiologique de l’appétit, les choix alimentaires, l’offre alimentaire et l’accessibilité aux produits. Gouvernance et innovation sont identifiées comme des facteurs transversaux.

Centrés sur l’Union européenne et le consommateur, les quatre scénarios exploratoires ont été construits à partir de deux axes principaux, le prix des produits agricoles (faible ou élevé) et les valeurs sociétales (société individualiste ou esprit communautaire fort) :

  1. « Healthy new world » (caractérisé notamment par des efforts importants de prévention des maladies),

  2. « Heal the world » (une chaîne alimentaire européenne plus durable sur le plan environnemental),

  3. « Eat to live » (des inégalités significativement accrues),

  4. « Me, myself and I » (des progrès technologiques).

Ces scénarios ont été ensuite utilisés pour identifier des priorités de recherche pour des régimes alimentaires sains à l’horizon 2015, avec quatre enjeux déclinés en dix thématiques :

Les quatre enjeux et les dix priorités de recherche identifiés

priorites-JRC.jpg

Source : JRC

Le JRC souligne enfin la nécessité d’une approche holistique et interdisciplinaire, reflétant une vision systémique des enjeux sociétaux et des opportunités.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : Joint Research Center

 

15:53 Publié dans 1. Prospective, Alimentation et consommation, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : jrc |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/07/2014

Tea 2030 : un exercice de prospective sur le secteur du thé

L'industrie du thé fait aujourd'hui face à de nombreux défis, parmi lesquels le changement climatique, une évolution des demandes des consommateurs et une mécanisation croissante des exploitations. Afin d'explorer les futurs possibles et de construire une vision partagée de ce que pourrait être un avenir durable pour le secteur du thé, Forum for the future a conduit un exercice de prospective sur le sujet, et rendu public un rapport intitulé The future of tea, a hero crop for 2030 - Steps towards a sustainable future for the tea industry.

Rassemblant les grands acteurs de la filière du thé, Tea 2030 s'est déroulé sur douze mois au cours desquels des ateliers de travail ont permis d'identifier les dix principaux défis pour le secteur. Les partenaires ont ensuite construit quatre scénarios exploratoires. Le premier, Chai time, est marqué par une croissance importante des ventes grâce à une attractivité accrue du thé auprès des jeunes consommateurs. Le deuxième, Storm in a teacup, est un scénario de crise dans lequel les manques d'investissement pour de nouvelles variétés résistantes aux changements climatiques pénalisent la filière. Le troisième, Green leaf, est caractérisé par des demandes croissantes en matière de durabilité de la part des consommateurs. Le dernier, Rebrewed, décrit une situation où les tensions sur les ressources obligent le secteur à trouver de nouvelles zones de production (ex : Congo).

À partir des menaces et opportunités mises en évidence dans chacun de ces scénarios, les partenaires du projet ont défini cinq principes autour desquels ils devront collaborer pour construire un avenir durable pour le secteur du thé. L'ambition serait ainsi de faire du thé « a hero crop », c'est-à-dire une culture capable de fournir non seulement une denrée, mais aussi différents services. Les cinq principes sont les suivants : renforcer l'autonomie des producteurs ; favoriser des modes de production durables et à même de restaurer l'environnement ; concevoir des systèmes bas carbone et plus résilients ; accroître la transparence dans les chaînes de valeur et développer des mécanismes de marché plus durables ; engager et connecter les consommateurs. Ces recommandations seront mises en œuvre dans le cadre d'un travail collaboratif et ouvert aux contributions extérieures, organisé autour de trois plateformes : « paysages durables », « mécanismes de marché durables » et « consommateurs ».

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : Forum for the future

17:24 Publié dans 1. Prospective, Filières agricoles, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : thé |  Imprimer | | | | |  Facebook

L'ADEME publie le troisième volet de son exercice de prospective 2030-2050

L'ADEME a publié en juin 2014 le troisième volet de son exercice de prospective « Visions énergie climat 2030-2050 ». Aux horizons 2030 et 2050, ce volet décrit les modes de vie des ménages français qui seraient compatibles avec les scénarios énergétiques que l'Agence a présentés dans le cadre du Débat national sur la transition énergétique (voir billet sur ce blog de novembre 2012). En transcrivant ces scénarios en modes de vie concrets, l'un des objectifs de l'ADEME est de donner à voir ce que pourraient être les trajectoires de vie possibles, dans l'optique d'atteindre le Facteur 4 en 2050.

Deux ensembles de huit familles types ont été identifiés, en prenant en compte la diversité des modes de vie (composition de la famille, niveau de revenu, localisation géographique, etc.). Aux horizons 2030 et 2050, les possibilités de choix et d'adaptation de familles placées dans des conditions sociales et territoriales différentes ont été travaillées, ainsi que leur appropriation d'instruments de politiques publiques. Des catégories de consommation ont été définies, permettant de ramener toutes les consommations d'énergie au niveau des ménages (consommateurs finaux) et d'utiliser une démarche d'empreinte énergie et carbone.

L'alimentation, « de la fourche à la fourchette », est l'une des consommations étudiées, sachant que, en 2010, 20% de la consommation d'énergie étaient dédiés à la production, la transformation et la cuisson des aliments. Les pratiques alimentaires des ménages sont détaillées, en abordant les thèmes du gaspillage alimentaire, du régime alimentaire plus ou moins carné, du rôle de l'étiquetage (« étiquettes carbone », provenance des aliments) et de l'utilisation de cette information. Une famille d'agriculteurs est présentée dans l'exercice, permettant d'aborder également certains choix des scénarios généraux en matière de pratiques agricoles, de production de biomatériaux et de bioénergie. Imaginer la diversité des modes et de l'approvisionnement alimentaires apparaît difficile à l'horizon 2050, sachant que les scénarios de l'ADEME envisagent une généralisation de pratiques actuellement minoritaires (agriculture intégrée, produits biologiques, alimentation moins riche en viande). C'est donc une diversité des pratiques qui est décrite, plutôt qu'un « alignement sur un comportement alimentaire unique ».

En définitive, une relation étroite entre choix techniques et conditions d'intégration dans les comportements des ménages est mise en évidence, le Facteur 4 n'étant atteignable que sous réserve de progrès dans les comportements individuels. Cet exercice montre également qu'une diversité d'orientations des modes de vie permet de réaliser la transition énergétique, et identifie les principales avancées nécessaires (dont la limitation de l'allongement des chaînes logistiques d'approvisionnement) et les mécanismes d'action publique à mobiliser.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : ADEME

17:22 Publié dans 1. Prospective, Alimentation et consommation, Climat, Energie | Lien permanent | Tags : ademe |  Imprimer | | | | |  Facebook

28/05/2014

4 scénarios pour les marchés du bio à l'horizon 2025

À l'occasion des troisièmes journées B.I.O. N'Days (Valence, 16 et 17 avril 2014), les résultats d'une étude prospective sur les marchés du bio à l'horizon 2025 ont été présentés. Initiée en mars 2013 par Organics Clusters et animée par Futuribles, cette démarche s'est appuyée notamment sur les travaux d'un groupe de quarante experts nationaux et a conduit à identifier quatre scénarios :

  • Le « bio partagé » : le bio se banalise, dans un contexte de fortes contraintes sur le pouvoir d'achat des ménages, de confusion pour le consommateur liée à la multiplicité des labels et de concurrence renforcée avec le conventionnel. Les stratégies gagnantes reposeraient alors sur plus de transparence et de traçabilité, et sur la garantie des qualités nutritives des produits bio.

  • Le « bio gagnant » : dans un contexte de crises sanitaires et environnementales à répétition, le bio est fortement soutenu par les pouvoirs publics, sur la base d'un cahier des charges intégrant également la RSE. Les acteurs s'engagent dans une contractualisation vertueuse et leurs stratégies impliquent davantage le consommateur (co-création de produits par exemple).

  • Le « bio business » : la réduction des aides publiques entraîne une concentration horizontale et verticale du marché, avec un poids fort des MDD et des produits venus des pays de l'Est et du Maghreb. Les petites entreprises sont alors incitées à se regrouper pour renforcer leur pouvoir de négociation et permettre des économies d'échelle.

  • Le « bio dilué » : dans un contexte d'amélioration du conventionnel en lien avec une réglementation européenne plus stricte (affichage environnemental et sanitaire détaillé), et de scandales frappant le bio (fraudes, problèmes sanitaires, etc.), le nombre d'agriculteurs et de surfaces cultivées en bio diminue. Le secteur doit alors innover et rassurer le consommateur, en mettant en avant les qualités intrinsèques du produit, en jouant la carte du local ou du régional, et en adoptant une communication renouvelée.

Au vu de ces scénarios, trois enjeux sont identifiés pour les marchés du bio : le ré-enchantement et l'attractivité (démocratisation), la compétitivité (accessibilité et qualité), et la différenciation et l'innovation (durabilité).

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Sources : Organics Cluster et B.I.O. N'Days

15:56 Publié dans 1. Prospective, Alimentation et consommation, Production et marchés | Lien permanent | Tags : bio |  Imprimer | | | | |  Facebook

26/05/2014

Production d'énergie à partir de biomasse à l'horizon 2050 au Royaume-Uni

Des chercheurs du Tyndall centre for climate change research (université de Manchester) ont réalisé des scénarios à l'horizon 2050 afin d'évaluer la biomasse disponible pour répondre à la demande énergétique du Royaume-Uni. D'après leur résultats, la biomasse mobilisable sur leur territoire pourrait répondre à 44% des besoins, sans impact sur le système alimentaire.

En termes de méthodologie, un modèle d'affectation des ressources a été développé, représentant les dynamiques au niveau de l'approvisionnement en biomasse et les interactions possibles. Il permet de faire un bilan énergétique de type « offre-demande » et d'en déduire d'éventuels besoins en importations. Parmi les paramètres, sont pris en compte l'utilisation et la disponibilité des terres, trois catégories de biomasse et leur potentiel au niveau local. Sont ainsi distingués a) les cultures (dont celles à but énergétique), b) les résidus issus de la forêt, de l'agriculture et des industries, et c) les déchets.

Quatre scénarios sont retenus :

  • « food focus » où l'attention est portée sur l'amélioration de la sécurité alimentaire et l'auto-suffisance via, par exemple, l'augmentation de la productivité des cultures, la diminution du gaspillage alimentaire, une réduction des importations, etc. ;

  • « economic focus » où le développement économique est l'objectif central (expansion des zones urbanisées, de la forêt, mobilisation des résidus forestiers, etc.) ;

  • « conservation focus » où la protection des ressources est prioritaire (restriction sur l'urbanisation, utilisation limitée des résidus agricoles et forestiers pour le débouché énergie, moindre production de déchets, etc.) ;

  • « energy focus » où le secteur bioénergie se développe (augmentation des surfaces dédiées aux cultures énergétiques, de l'utilisation des résidus, etc.).

Le graphique ci-dessous présente les principaux résultats de disponibilité par type de biomasse et par scénario.

biomasse,royaume-uni

  Source : Energy Policy

Cette étude explore donc le potentiel énergétique de la biomasse afin de répondre aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'augmentation de la part d'énergies renouvelables au Royaume-Uni. À l'horizon 2050, pour répondre à la demande, les chercheurs concluent à des contributions variables des trois catégories de biomasse : une part relativement constante des résidus (6,5%), un fort potentiel pour les déchets (autour de 15,4%) et une participation d'environ 22% de la biomasse cultivée et des cultures énergétiques aux énergies renouvelables.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Energy Policy, Volume 68, mai 2014, pages 1-14

11/03/2014

FOODSECURE publie une méta-étude prospective sur l’évolution de la sécurité alimentaire mondiale à horizon 2050

Cette étude compile une sélection de douze travaux de prospective réalisés entre 2000 et les années récentes, en particulier après la crise des prix alimentaires de 2007/2008. Ces travaux, basés sur la méthode des scénarios, sont souvent combinés avec des simulations utilisant des modèles économiques. Ainsi, les 42 scénarios retenus dans ces travaux ont pu être regroupés en six familles de scénarios, composés d’hypothèses et de résultats similaires. Pour chaque famille, les déterminants clés de la sécurité alimentaire, à savoir le développement économique, la croissance des populations, l’évolution de la technologie, les échanges commerciaux, les politiques publiques et les institutions, sont répertoriés, et leurs effets globaux sur la sécurité alimentaire sont évalués.

Les auteurs concluent que les scénarios les plus positifs concernant la sécurité alimentaire mondiale sont ceux qui reposent sur un rôle accentué du commerce international et des investissements accrus pour le progrès technique, qui permettent en particulier d'augmenter les rendements. De plus, l'amélioration de la gouvernance mondiale permettrait logiquement une réduction des inégalités et des atteintes à l'environnement.

 

Tendances passées et projections futures du prix du blé

fig4a scenarios.JPG

Source : Banque mondiale, tiré de l'étude FOODSECURE

 

L'intérêt de cette méta-étude est de mettre en évidence les dimensions ou déterminants manquants de la sécurité alimentaire. Ainsi, les auteurs montrent que la majorité des scénarios n’intègre que deux des quatre dimensions de la sécurité alimentaire, à savoir la disponibilité (quantités suffisantes d'aliments, qu'ils proviennent de la production intérieure, de stocks, d'importations ou d'aides) et l’accessibilité (capacité de produire sa propre alimentation et donc de disposer des moyens de le faire, ou capacité d'acheter sa nourriture et donc de disposer d'un pouvoir d'achat suffisant pour le faire). Ils font en revanche l’impasse, d’une part, sur la dimension qualité des aliments et des régimes alimentaires, d'un point de vue nutritionnel, sanitaire, socio-culturels, et d'autre part sur la stabilité dans le temps des trois premières dimensions.

Enfin, les auteurs insistent sur le fait que d’autres déterminants de la sécurité alimentaire ont été très peu (voire pas) pris en compte dans les modèles utilisés pour les simulations des différents scénarios : changement climatique, évolution des biocarburants, gaspillage, pertes après récolte, sources alternatives de l’alimentation, structure des exploitations agricoles, etc. Ils recommandent donc l’approfondissement de la recherche dans ce domaine.

José Ramanantsoa, Centre d'études et de prospective

Source : LEI Wageningen UR, FOODSECURE

14:29 Publié dans 1. Prospective, Mondialisation et international, Sécurité alimentaire | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/02/2014

Analyse du potentiel de réduction des émissions d’ammoniac des élevages français aux horizons 2020 et 2030

Avec 650 000 tonnes en 2010, la France est le premier émetteur d'ammoniac de l'Union européenne. Le NH3, polluant atmosphérique, provient à 97% de l'agriculture, et à 77% de l'élevage (principalement bovin, mais aussi avicole et porcin). L'Ademe a récemment publié la synthèse de son étude prospective visant à « identifier 10 actions coûts efficaces à l'échelle de la France, pour réduire les émissions métropolitaines d'ammoniac aux horizons 2020 et 2030 », par rapport à 2010 prise comme année de référence. Ce travail a été réalisé par le consortium formé par le CITEPA et les trois instituts techniques des filières animales concernées (Idele, Itavi et IFIP).

Les auteurs ont procédé à une revue bibliographique et ont identifié presque 200 actions permettant de réduire les émissions d'ammoniac, concernant l'alimentation et la gestion des effluents d'élevage au bâtiment, au stockage et à l’épandage. Outre l'identification de pratiques à potentiel de réduction intéressant, mais présentant des degrés de maturités faibles à très faibles, l'étude a permis l'analyse approfondie de 10 pratiques coûts efficaces, donnant lieu à des fiches chiffrées et détaillées.

Les résultats montrent que le plus gros potentiel de réduction des émissions d'ammoniac repose d'abord sur les pratiques d'incorporation rapide des déjections après l'épandage, puis sur l'épandage et le stockage des effluents (couverture), ces trois leviers concernant toutes les filières animales. Les pratiques au bâtiment et visant à réduire les excrétions azotée par l'optimisation de l'alimentation semblent des leviers plus faibles.

En prenant en compte les rapports coût/efficacité, les pratiques les plus prometteuses concernent d'abord les actions sur l'alimentation, puis sur l'épandage, suivies de celles sur le stockage et enfin celles liées au bâtiment. Les seules actions qui ont un coût négatif sont celles qui concernent l'alimentation, et notamment l'augmentation du temps passé au pâturage. Les auteurs soulignent que la préservation de cette pratique est donc un enjeu majeur.

Enfin, l'étude a permis de décrire un certain nombre de freins pouvant limiter le déploiement à large échelle des mesures identifiées. Les auteurs concluent qu'il sera nécessaire « de développer une politique volontariste sur l'ensemble des filières animales, mais aussi sur la fertilisation des cultures », pour atteindre des objectifs ambitieux de réduction des émissions nationales d'ammoniac. Les inventaires nationaux d'émissions devront également être améliorés pour rendre compte des évolutions de pratiques et de l'efficacité des politiques publiques.

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : Ademe

10:14 Publié dans 1. Prospective | Lien permanent | Tags : ammoniac, élevage |  Imprimer | | | | |  Facebook

04/02/2014

Parution du scénario Afterres 2050

Le cabinet d’études Solagro vient de publier le rapport Afterres 2050, fruit de trois années de travail. Partant du constat que le prolongement des tendances actuelles n’était pas soutenable, l'objectif de Solagro était de proposer, pour la France essentiellement, un scénario alternatif « souhaitable » (un scénario normatif, donc), permettant de répondre, à l’horizon 2050, aux grands défis agricoles et alimentaires. L’exercice entend en effet s’inscrire dans une « triple transition » : nutritionnelle (consommation raisonnée, sobriété), agricole (transition agroécologique ambitieuse) et énergétique (moindre consommation d’énergie fossile et production d’énergie bio-sourcée). Le scénario proposé se veut à la fois ambitieux (les changements sont souvent assez radicaux), raisonnable (mobilisation de pratiques déjà existantes et maîtrisées, respect des besoins nutritionnels) et cohérent techniquement (relations production/consommation et végétal/animal).

Le scénario fonde l’essentiel de ses résultats chiffrés sur le modèle MoSUT, conçu et développé par Solagro pour la France, qui souhaite assurer cette cohérence physique (tonnages, surfaces, volumes, etc.) entre productions, usages et occupations du sol. La quantification s’opère sur la base de nombreuses hypothèses explicitées au fil du rapport.

Sur le volet « demande », le rapport propose pour 2050 une réduction de 25% de la consommation de protéines en général, et de moitié pour les protéines animales. La consommation de sucre baisserait d’environ 20%. Une baisse très forte est également proposée pour le lait, le calcium étant dès lors majoritairement fourni par d’autres sources, pour un total journalier inférieur aux recommandations du PNNS mais conforme à d’autres recommandations internationales. À l'inverse, les consommations de céréales et de fruits et légumes progresseraient. Les pertes et gaspillages évitables diminueraient de 60% et les pertes non évitables (os, épluchures, etc.) seraient mieux valorisées.

Des transformations toutes aussi nombreuses sont proposées pour le volet « production domestique ». Ainsi, le scénario Afterres envisage que 45% de la SAU soient convertis à l’agriculture biologique, 45% conduits en production intégrée et 10% en agriculture raisonnée en 2050. Globalement, les pratiques agroécologiques seraient favorisées : rotations plus longues et plus variées, couverture des sols, agroforesterie, infrastructures agroécologiques, etc. Pour les productions animales, la moitié des porcs et volailles passerait sous label en 2050 et un quart des ruminants serait « tout à l’herbe ». Les races mixtes progresseraient.

 

Évolution des parts respectives de différents modes de production, en France, entre 2010 et 2050Afterres2050.PNG

Source : Solagro, Afterres 2050

 

Au total, le scénario conduit à une production végétale en baisse de 12% (en tonnes) et une SAU en légère baisse (28 millions d'ha en 2050). Les productions de porc, d’œuf ou de lait seraient divisées par deux et celle de viande bovine par trois. Inversement, la valorisation énergétique de la biomasse (biogaz, biocarburants, bois énergie, etc.) serait multipliée par trois. La consommation d’énergie, comme les émissions de GES, seraient réduites de moitié. Le recours à l’azote de synthèse baisserait de 60% et le NODU serait divisé par trois. La qualité et la gestion quantitative de l’eau s’amélioraient également.

Si le scénario Afterres 2050 mise sur la cohérence technique et « physique » (flux et transformation de matières), il n’intègre toutefois pas les dimensions socio-économiques (prix, marchés, emplois) et il n’est pas décliné spatialement. Ces deux aspects essentiels seront approfondis dans de futurs exercices.

Pierre Claquin, Centre d'études et de prospective

Source : Solagro 

 

14/01/2014

Étude prospective du Cetiom sur les filières huiles et protéines végétales à l'horizon 2030

Le Cetiom a lancé fin 2013 une démarche prospective sur les filières huiles et protéines végétales. Cet exercice s'appuie sur un groupe de travail pluridisciplinaire de 18 personnes et vise à éclairer les grands enjeux auxquels les oléo-protéagineux français pourront être confrontés à l'horizon 2030 : concurrence avec d'autres huiles telles que l'huile de palme, développement des biocarburants, déficit français en protéines, etc. En observant les dernières tendances et en anticipant les évolutions futures, il s'agira en particulier de réfléchir à l'équilibre de la filière entre la fraction huile et la fraction protéine.

Les principales questions auxquelles cet exercice de prospective répondra sont les suivantes : « Quels seront d’ici 2030 les débouchés qui tireront les productions oléagineuses et protéagineuses françaises ? Quels seront d’ici 2030 les pôles de croissance du secteur oléo-protéagineux français et européen? Quelles conséquences auront ces évolutions pour les acteurs de la filière oléo-protéagineuse française, de l’amélioration génétique des espèces cultivées à la transformation des productions et à la mise en marché des produits ? ».

Le groupe de travail s'est déjà réuni fin 2013 pour définir le système étudié et identifier les facteurs clés des dynamiques d'utilisations d’huiles et de protéines végétales, et du développement des cultures oléagineuses et protéagineuses européennes et françaises. À ce jour, les facteurs clés ont été regroupés en neuf grandes rubriques : sociétés, politiques et réglementations, économie et marchés, institutionnel, alimentation, production agricole et élevage, industrie, recherche et développement, environnement et ressources.En 2014, le groupe de travail devrait élaborer différents scénarios à l'horizon 2030. Ces derniers seront contrastés, souhaitables ou non, tendanciels ou de rupture, et ils serviront à l'élaboration de décisions stratégiques pour la filière.

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : Cetiom

16:42 Publié dans 1. Prospective, Filières agricoles | Lien permanent | Tags : oléo-protéagineux |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/12/2013

Projet culturel en lycée agricole : l'avenir du monde rural en 2040

Le lycée agricole Beaulieu-Lavacant, près de Auch, se lance dans un projet culturel en partenariat avec la maison des écritures de Lombez et le collectif toulousain de dessinateurs de bandes dessinées « les indélébiles ». Il s'agit de faire imaginer à 140 lycéens l'avenir du monde rural français en 2040. Pour cela, les organisateurs du projet ont préparé un vaste programme culturel et artistique de 250 heures, jusqu'au mois de mai, avec ateliers créatifs, expositions, théâtre, etc. Les lycéens travailleront, entre autres, sur les nouvelles filières créées autour des services et de l'animation des territoires ruraux. Le coût du projet s'élève à 25 000 euros.

Source : Lycée agricole Beaulieu-Lavacant

10:39 Publié dans 1. Prospective, Enseignement et recherche, Territoires | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/09/2013

Prospective de la filière fruits et légumes en France

Interfel a confié à FranceAgriMer, accompagné par l’Institut des hautes études de la vigne et du vin (IHEV) de Montpellier SupAgro, la conduite d’une étude prospective de la filière fruits et légumes. Une synthèse en a été publiée récemment. Elle présente cinq scénarios contrastés d'évolution de cette filière à l’horizon 2025/2030 :

Lire la suite

14:58 Publié dans 1. Prospective, Alimentation et consommation, Filières agricoles | Lien permanent | Tags : f&l |  Imprimer | | | | |  Facebook