Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/07/2014

Mise au point du contrôle génétique de l'un des principaux insectes parasites chez le mouton

Lucilia caprina, surnommée la « mouche à viande du mouton australien », est l'un des insectes ravageurs les plus redoutés en Australie et en Nouvelle-Zélande. L'insecte se nourrit des chairs de l'animal vivant et peut ainsi entraîner sa mort.

L'équipe de Max Scott, professeur d'entomologie à l'université d'État de Caroline du Nord, travaille sur la modification génétique d'une lignée de Lucilia caprina femelles pour les rendre dépendantes à des antibiotiques de type tétracyclines. Le gène de dépendance antibiotique est en effet lié au sexe et ne concerne que les femelles : celles-ci meurent au stade de larve ou de pupe, avant d'atteindre l'âge adulte et donc sans avoir eu le temps de pondre.

Le caractère vital de la présence d'antibiotique a été démontré par des expériences au cours desquelles 100% des mouches femelles mouraient en cas de carence en tétracycline. Par ailleurs, l'un des effets secondaires inattendus mais positifs de la protéine de marquage du gène modifié est la couleur écarlate qu'elle donne aux larves femelles, permettant de les distinguer des mâles.

Des applications de cette méthode sont également à l'étude chez d'autres insectes ravageurs, comme la drosophile ou la lucilie bouchère (Cochliomyia hominivorax), insecte prédateur redoutable. Cette technique peut compléter la technique du « mâle stérile » fréquemment utilisée depuis presque 40 ans dans la lutte contre les parasites, mais d'un coût économique très important.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Science Daily

17:31 Publié dans Enseignement et recherche, Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : ovins |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/07/2014

Une équipe de recherche britannique découvre une faille chez certaines bactéries antibiorésistantes

C'est un pas en avant dans la lutte contre l'antibiorésistance que vient de révéler, dans un article publié le 18 juin 2014 dans la revue Nature, l'équipe scientifique pilotée par le professeur Changjiang Dong, de la Norwich Medical School (University of East Anglia), qui s'est associée pour la circonstance à Neil Paterson de l'université d'Oxford.

Les travaux de recherche ont été réalisés grâce au synchrotron britannique, le Diamond ligth source basé à l'université d'Oxford. Ce microscope géant, qui fournit une lumière 10 milliards de fois plus intense que le soleil, a permis de visualiser la protéine constitutive de la paroi bactérienne et d'en identifier le mécanisme de synthèse et la structure

bactérie.JPG

 Vue de la paroi extérieure de la cellule bactérienne avec les différentes enveloppes protéiques.

 Source : d'après Neil Paterson

La connaissance de la structure de cette protéine donnera la possibilité de rechercher des molécules médicamenteuses capables de la détruire. Cela pourrait être une ouverture vers une nouvelle vague de médicaments, puisque l'équipe de recherche a établi que la bactérie ne pouvait pas survivre si la protéine de paroi était attaquée.

Les travaux ont été menés sur des bactéries dites « à Gram négatif ». Ces bactéries sont pourvues d'une paroi épaisse qui agit comme une barrière défensive, à la fois contre les attaques du système immunitaire de l'hôte ou contre les médicaments bactériens. C'est donc un des principaux facteurs de résistance. Dans cette catégorie figurent certains des germes particulièrement préoccupants sur le plan des résistances bactériennes, tels les salmonelles, les E. coli et les Pseudomonas.

Cette découverte apporte un élément nouveau dans un contexte préoccupant : le risque mondial pour la santé publique lié aux antibiorésistances vient d'être souligné par l'Organisation mondiale de la santé en avril 2014 (voir billet sur ce blog de mai 2014).

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Science Daily

17:26 Publié dans Enseignement et recherche, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : antibiorésistance |  Imprimer | | | | |  Facebook

02/07/2014

Panser avec les animaux. Sociologie du soin par le contact animalier. Jérôme Michalon

 michalon.JPG

La sociologie des relations homme-animal est aujourd'hui un champ éditorial en plein essor, borné d'un côté par des travaux sur les « animaux de rente » et les pratiques d'élevage (par exemple, ceux de Jocelyne Porcher, Sébastien Mouret ou Catherine Rémy), et de l'autre par des études sur l'animal de compagnie et de loisir. Jérôme Michalon, en prenant pour objet les pratiques émergentes de soin par le contact avec les animaux, se situe clairement du second côté. De plus en plus, en effet, certains animaux (chiens, chevaux, etc.) sont impliqués dans des thérapies, que ce soit dans des environnements semi-ouverts (fermes pédagogiques) ou dans des hôpitaux.

Dans les première et deuxième parties de l'ouvrage, l'auteur explore l'histoire de ces pratiques, qu'il fait remonter au début des années 1960. Les fondements scientifiques et les bénéfices pour les patients demeurent aujourd'hui encore contestés, mais cela n'a pas empêché la mise en place, au fil des années, d'une « communauté Human-Animal Interactions » - HAI, regroupant les acteurs à l'interface entre le monde des animaux et le monde du soin. Des réseaux professionnels ont été constitués, au sein desquels les vétérinaires jouent un rôle important. Dans la troisième partie de l'ouvrage, l'observation ethnographique permet d'analyser la manière dont ces praticiens créent une relation entre les patients et les animaux. La thérapie apparaît comme une occasion de « montée en personnalité » des animaux, construction fugace qui résiste mal au compte rendu et aux protocoles d'expérimentation. Plus généralement, les recherches de l'auteur l'amènent à formuler une hypothèse qui ne manquera pas d'intéresser les prospectivistes et les décideurs publics : le développement de ces pratiques préfigurerait l'avènement d’un nouveau régime de compagnonnage anthropo-zoologique, dans lequel la bienveillance vis-à-vis de l’animal et sa personnalité sont catalysées par le partage d’une activité commune, mise au service de la santé humaine.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Lien : Presses des Mines

17:18 Publié dans Enseignement et recherche, Société | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

27/06/2014

Conférence « L'innovation au secours de la Biodiversité ? » - IDDRI & Fondation Hermès

Le 13 juin dernier, l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI, Sciences-Po) et la Fondation d'entreprise Hermès organisaient une conférence sur le rôle que pourrait avoir l'innovation dans la préservation de la biodiversité. L'une des trois sessions était consacrée aux questions agricoles, avec des débats centrés sur l'innovation variétale.

L'innovation en agriculture est souvent associée au progrès technique et à l'augmentation de la productivité à l'hectare alors qu'elle comporte bien d'autres dimensions (organisationnelle, socio-économique, etc.), rappelle en introduction Sébastien Treyer (IDDRI). Dans le premier cas, la biodiversité est considérée comme préservée par la moindre conversion d'espaces « vierges » en terres cultivées. Dans le deuxième cas, il s'agit de l'intégrer aux pratiques et aux fonctionnements des systèmes agricoles.

Au regard des enjeux liés à l'augmentation de production nécessaire pour nourrir 9 milliards d'êtres humains en 2050, l'innovation variétale pourrait apporter des réponses de façon durable, d'après Macy Merriman (Dupont-Pionneer). Le développement de variétés capables de mieux valoriser la fertilisation azotée dans les pays africains en est une illustration.

Toutefois, les questions posées par la propriété du vivant interviennent ici. Pour François Meienberg (association « Déclaration de Berne »), le régime actuel a un impact négatif sur la biodiversité et sur certaines agricultures, puisque, en permettant l'appropriation de gènes présents dans des variétés autochtones, il en restreint l'accès. Cela se fait en particulier au détriment d'un système informel de création variétale, basé sur l'expérimentation et les échanges entre agriculteurs. La mise en péril de ce système en Afrique, où il est à l'origine de la majorité des semences utilisées, pourrait mettre à mal la sécurité alimentaire de ce continent.

Par ailleurs, selon Frédéric Thomas (IRD et IFRIS), la sélection variétale est en soi réductrice de biodiversité puisqu'elle se focalise sur un nombre restreint de caractéristiques de la plante. Les « variétés populations » (à forte variabilité génétique) sont par exemple exclues du catalogue officiel français. Introduit dès les années 1930 pour orienter la sélection variétale, celui-ci visait à favoriser l'innovation en en protégeant les résultats. Or, les brevets sur le matériel génétique lui-même, apparus plus récemment, pourraient constituer un frein à l'innovation puisqu'ils restreignent l'accès à la connaissance même qui permet la création variétale.

In fine, si l'innovation variétale pourrait représenter une partie de la solution au problème de l'érosion de la biodiversité, pour Émile Frison (ancien directeur de Biodiversity International), il est nécessaire de repenser ce défi de manière plus large. Le système alimentaire dans son ensemble doit ainsi viser une plus grande durabilité.

Clément Villien, Centre d'études et de prospective

Lien : IDDRI

17:07 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité |  Imprimer | | | | |  Facebook

26/06/2014

Retour sur 40 ans d'agronomie et perspectives pour une agriculture durable

À l'occasion du départ en retraite de Jean Boiffin (directeur de recherche à l'Inra, premier président de l'Afa), l'Inra et l'Association française d'agronomie ont organisé un colloque intitulé « L’Agronomie, de la question du retournement des prairies à celle de la réduction d’usage des pesticides : itinéraires de recherche et développement ». L'objectif était, à partir de quelques travaux marquants, de retracer les évolutions de l'agronomie sur les 40 dernières années et d'en dessiner les perspectives actuelles.

Les cinq thématiques abordées étaient les suivantes :

  • La dégradation physique des sols et sa maîtrise. Les travaux ont permis de comprendre les processus érosifs, ainsi que l'organisation spatio-temporelle des états de surface créés par l'agriculture au niveau des bassins versants. Les solutions élaborées en partenariat avec les acteurs de terrain ont consisté à améliorer les pratiques agricoles, à réaliser des aménagements d'hydraulique douce et à organiser une nouvelle gouvernance (syndicats de bassins versants), pour assurer la cohérence spatiale des actions. Aujourd'hui, les priorités sont la conception d'infrastructures agroécologiques (IAE) multifonctionnelles (érosion, biodiversité, etc.), et la limitation par des pratiques et aménagements adaptés des transferts de pesticides liés au ruissellement.

  • L'implantation des cultures. Les recherches ont abouti à l'élaboration de modèles de prévision de la germination, de la levée et du début de croissance des cultures. Aujourd'hui, le principal défi consiste à réduire les traitements de semences. Les perspectives de recherche concernent l'amélioration génétique des semences, une meilleure connaissance du fonctionnement de l'écosystème « lit de semence-semence-plantule-pathogènes », et le développement de la métagénomique des bactéries et champignons du sol.

  • La gestion des adventices. Différentes méthodes ont été utilisées en vue de concevoir des systèmes de culture innovants (observation de la flore, analyse des effets des techniques, modélisation, expérimentation système, etc.). Un changement de paradigme s'est opéré entre une situation où l'objectif était de minimiser les adventices dans les parcelles et la situation actuelle où l'objectif est de se situer entre un seuil minimal (assurant un certain niveau de ressources trophiques pour la biodiversité) et un seuil maximal (au-delà duquel on aurait des pertes de rendement). Les principaux défis sont le développement d'outils d'aide à la décision (OAD) pour piloter la flore adventice, et la facilitation de la prise en main de ces OAD par les acteurs de terrain.

  • Le passage du local au territoire pour traiter les problèmes agri-environnementaux. À partir de l'exemple des pollutions nitriques, il a été montré que les agronomes s'attachent à proposer et évaluer des scénarios alternatifs à différentes échelles, et à construire de nouvelles organisations de territoires avec les acteurs. Le défi actuel serait, au niveau des territoires, de reconnecter l’agriculture et l’élevage dans des paysages plus diversifiés, où l’arbre trouve aussi sa place.

  • La réduction des intrants et le plan Écophyto. L'exposé a retracé la trajectoire de la protection intégrée des cultures (PIC) : née dans les années 1960 puis marginalisée, la PIC est revenue dans les années 2000, via la réintégration des enjeux de la santé des plantes dans le champ de l’agronomie, et a abouti au plan Écophyto. Ce dernier a permis une mobilisation des agronomes au services des politiques publiques.

Pour finir, les organisateurs du colloque ont souligné la nécessité de poursuivre l'élargissement des échelles de travail (temporelle et spatiale) et des domaines d'étude (filières, changements globaux), et d'investir dans de nouvelles thématiques, tout en capitalisant sur les importants acquis méthodologiques des dernières décennies. Ils ont conclu que la nouvelle frontière pour l'agronomie était désormais la contribution à la conception de politiques publiques à la fois plus précises, plus adaptées et opérationnelles face à la diversité des situations et des milieux.

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : Association Française d'Agronomie

17:02 Publié dans Agronomie, Enseignement et recherche | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

Une meilleure compréhension de la relation entre âge et croissance des forêts

La croissance des forêts diminue avec l'âge de ces dernières. Ce phénomène était traditionnellement expliqué par une augmentation de la respiration des arbres vieillissants. Une équipe de chercheurs vient au contraire de démontrer le rôle de la diminution à la fois de la production d'énergie (photosynthèse) et de la consommation d'énergie (respiration). Ce serait cette double diminution qui expliquerait la réduction de la croissance des forêts boréales et tempérées avec l'âge. D'après les auteurs, certains modèles de dynamiques forestières devront donc être repensés.

Source : Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA

17:01 Publié dans Enseignement et recherche, Forêts Bois | Lien permanent | Tags : forêt |  Imprimer | | | | |  Facebook

24/06/2014

Programme canadien « Agriculture en classe »

Dans un communiqué du 10 juin 2014, le ministre fédéral canadien de l'agriculture et son homologue de la province de la Saskatchewan ont annoncé la signature d'un nouvel accord sur cinq ans pour le financement du programme Agriculture en classe, à hauteur d'un million de dollars (soit une augmentation de 550 000 $ par rapport aux cinq années précédentes). L'augmentation de cette aide répond aux demandes croissantes des enseignants vis-à-vis d'Agriculture en classe, dont l'objectif est de sensibiliser les élèves à l'importance de l'agriculture dans l'économie et la culture de la Saskatchewan.

Le programme Agriculture en classe fait partie du réseau Agriculture in the classroom Canada. Mis en place en 2011, ce réseau informel fédère les organismes de neuf provinces œuvrant à la promotion de l'agriculture à l'école.

Source : Gouvernement du Canada

16:47 Publié dans 4. Politiques publiques, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : canada |  Imprimer | | | | |  Facebook

30/05/2014

Des Farmers Field Schools aux Field Labs : innovation sociale et recherche participative en débat

L'International Initiative for Impact Evaluation s'est attelée à une méta-analyse des projets de développement rattachés aux Farmers Field Schools (FFS), à partir d'un corpus de 500 études et rapports sur des expériences menées en Afrique noire, en Amérique du Sud et en Asie, où l'approche FFS s'est institutionnalisée, dépassant dans certains cas (Cambodge, Indonésie) le stade des projets pilotes pour donner lieu à un plan national en faveur de la protection intégrée des cultures.

Par opposition au transfert des connaissances top-down privilégié par le conseil agricole et les appareils de R&D, les FFS souhaitent privilégier l'apprentissage par l'expérience, les démarches participatives et la montée en autonomie (empowerment) des acteurs, pour promouvoir des pratiques en rupture avec l'agriculture conventionnelle, plus économes en intrants (engrais, pesticides) et plus respectueuses de l'environnement. La méta-analyse publiée en mai dernier dégage les éléments essentiels de la conduite des projets de type FFS : élaboration des programmes d'action (importance du recrutement des formateurs) ; phase d'apprentissage (expérimentations au champ, comparaisons de conduites des cultures) ; et « diffusion » ou « dissémination » au-delà des producteurs impliqués dans les sessions de formation. 

Les biais et barrières à l'adoption des pratiques sont repérés à chacune de ces étapes. In fine, l'efficacité de cette approche (mesurée par le changement des pratiques, la diminution des traitements, l'augmentation des rendements, etc.) semble prouvée pour les projets de petite taille (expériences pilotes). Mais le changement d'échelle (scaling up) et la pérennisation des dispositifs d'apprentissage paraissent plus problématiques. En effet, les grands programmes nationaux, en cherchant à toucher un large public, peuvent perdre de vue la philosophie participative des FFS, très exigeante en termes d'animation et de mobilisation de ressources humaines. Les FFS sont également les mieux appropriées à la diffusion de pratiques agroécologiques reposant sur des connaissances fines des agroécosystèmes et sur l'observation des milieux.

Cet enjeu se retrouve dans les pays développés, où de nombreux chercheurs plaident aujourd'hui pour un renouvellement du système de R&D agricole par une meilleure implication des agriculteurs dans la production et l'adaptation des connaissances. Un article publié dans la revue Nature fournit un point intéressant sur ces discussions, les field schools faisant place, dans des dispositifs comme le Partenariat Européen pour l'Innovation (PEI), à de véritables field labs.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : International Initiative for Impact Evaluation

16:03 Publié dans Agriculteurs, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : field labs |  Imprimer | | | | |  Facebook

26/05/2014

Production d'énergie à partir de biomasse à l'horizon 2050 au Royaume-Uni

Des chercheurs du Tyndall centre for climate change research (université de Manchester) ont réalisé des scénarios à l'horizon 2050 afin d'évaluer la biomasse disponible pour répondre à la demande énergétique du Royaume-Uni. D'après leur résultats, la biomasse mobilisable sur leur territoire pourrait répondre à 44% des besoins, sans impact sur le système alimentaire.

En termes de méthodologie, un modèle d'affectation des ressources a été développé, représentant les dynamiques au niveau de l'approvisionnement en biomasse et les interactions possibles. Il permet de faire un bilan énergétique de type « offre-demande » et d'en déduire d'éventuels besoins en importations. Parmi les paramètres, sont pris en compte l'utilisation et la disponibilité des terres, trois catégories de biomasse et leur potentiel au niveau local. Sont ainsi distingués a) les cultures (dont celles à but énergétique), b) les résidus issus de la forêt, de l'agriculture et des industries, et c) les déchets.

Quatre scénarios sont retenus :

  • « food focus » où l'attention est portée sur l'amélioration de la sécurité alimentaire et l'auto-suffisance via, par exemple, l'augmentation de la productivité des cultures, la diminution du gaspillage alimentaire, une réduction des importations, etc. ;

  • « economic focus » où le développement économique est l'objectif central (expansion des zones urbanisées, de la forêt, mobilisation des résidus forestiers, etc.) ;

  • « conservation focus » où la protection des ressources est prioritaire (restriction sur l'urbanisation, utilisation limitée des résidus agricoles et forestiers pour le débouché énergie, moindre production de déchets, etc.) ;

  • « energy focus » où le secteur bioénergie se développe (augmentation des surfaces dédiées aux cultures énergétiques, de l'utilisation des résidus, etc.).

Le graphique ci-dessous présente les principaux résultats de disponibilité par type de biomasse et par scénario.

biomasse,royaume-uni

  Source : Energy Policy

Cette étude explore donc le potentiel énergétique de la biomasse afin de répondre aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'augmentation de la part d'énergies renouvelables au Royaume-Uni. À l'horizon 2050, pour répondre à la demande, les chercheurs concluent à des contributions variables des trois catégories de biomasse : une part relativement constante des résidus (6,5%), un fort potentiel pour les déchets (autour de 15,4%) et une participation d'environ 22% de la biomasse cultivée et des cultures énergétiques aux énergies renouvelables.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Energy Policy, Volume 68, mai 2014, pages 1-14

23/05/2014

Les teneurs en nutriments des productions végétales pourraient être réduites sous l'effet du changement climatique

Une équipe internationale de chercheurs vient de montrer que le changement climatique, et plus particulièrement l'augmentation de la concentration atmosphérique en CO2, pourrait réduire la teneur en fer et en zinc de certaines cultures. Or, ces éléments minéraux sont très importants pour la nutrition humaine et on estime que deux milliards d'individus souffrent déjà de carences en fer et zinc. Les résultats de l'étude conduite par l'École de santé publique de Harvard et publiée dans la revue Nature indiquent donc que le changement climatique pourrait être une menace supplémentaire pour la nutrition humaine.

L'expérience a porté sur 41 cultivars, au Japon, en Australie et aux États-Unis. Grâce au dispositif FACE (free air carbon dioxide enrichment), les chercheurs ont testé l'effet d'une atmosphère enrichie en CO2 (entre 546 et 586 ppm) sur les teneurs en fer et en zinc des parties consommables des différentes plantes : blé et riz pour les céréales en C3, soja et pois pour les légumineuses en C3, et maïs et sorgho pour les céréales en C4.

Les résultats montrent une diminution significative des concentrations en fer, en zinc et en protéines pour les céréales en C3 (-5,1%, -9,1% et -6,3% respectivement par rapport à la concentration atmosphérique actuelle en CO2). Les réductions des teneurs en fer et en zinc étaient également significatives pour les légumineuses en C3. En revanche, les plantes en C4 semblent moins sensibles à une élévation de la concentration atmosphérique en CO2. Il est en outre apparu que la diminution des concentrations en fer et en zinc était très variable d'une variété de riz à l'autre.

Les auteurs de l'étude, qui estiment que deux à trois milliards de personnes reçoivent 70% de leurs apports en fer et en zinc via les céréales en C3, recommandent donc de sélectionner des variétés de riz moins sensibles à l'augmentation de la concentration atmosphérique en CO2, d'élaborer des céréales biofortifiées et de fournir des compléments nutritionnels aux populations les plus vulnérables.

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : Harvard School of Public Health

21/05/2014

Rapport de l'USDA sur le transfert technologique pour l'année 2013

Fin avril, l'USDA (United states departement of agriculture) a publié son rapport annuel dressant le bilan des découvertes scientifiques ayant conduit à de nouveaux brevets et inventions, avec un potentiel d'application commerciale et de croissance économique. Ainsi, en 2013, l'USDA compte l'obtention de 51 brevets, le dépôt de 147 demandes de brevets et la diffusion de 180 nouvelles inventions.

À titre d'exemples, peuvent être mentionnés : un nouveau type de farine élaboré à partir de pépins de raisins qui pourrait prévenir l'augmentation du cholestérol et la prise de poids ; de nouveaux procédés de transformation des tontes et feuilles mortes urbaines en bioénergie ; un modèle informatique du process de lait liquide permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre ; ou encore un dispositif qui, une fois inséré dans de petits conditionnements de fruits, libère une vapeur anti-microbienne permettant de maintenir les fruits frais et d'éviter qu'ils moisissent sur l'étalage.

L'une des perspectives intéressantes pour les travaux de l'USDA est la création, par le Farm Bill 2014, de la Foundation for Food and Agriculture. Cette structure a pour objectif de promouvoir la recherche et le transfert de technologies au travers de collaborations public-privé, et est dotée d'un budget de 400 millions de dollars, provenant à parts égales de fonds publics et privés.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : USDA

15:15 Publié dans Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : usda, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/05/2014

Absorption de carbone par les forêts

Les forêts qui se développent sur un sol fertile séquestrent 30% du carbone prélevé dans l'air pour la photosynthèse, alors que ce stockage s'élève à 6% dans le cas d'un sol pauvre en nutriments.

Ces résultats sont issus de travaux de modélisation associant plusieurs laboratoires de recherche de par le monde, dans le cadre du projet IMBALANCE-P (« Synergy Grant » du European Research Council). Les modèles mobilisés ont été améliorés afin de tenir compte non seulement de la quantité d'azote dans le sol, mais aussi de sa disponibilité à de grandes échelles (ajout de contraintes telles que le pH ou encore le phosphore). Selon les chercheurs, cette différence de séquestration proviendrait de la mobilisation par l'arbre de ses ressources afin d'explorer un sol pauvre à la recherche de nutriments. En résulte alors une plus faible production de biomasse, et donc une plus faible séquestration de carbone.

Source : Nature Climate Change

14:52 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Climat, Enseignement et recherche, Forêts Bois | Lien permanent | Tags : forêt, carbone |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/05/2014

Une bouteille comestible

Un nouveau contenant qui pourrait remplacer les bouteilles en plastique, telle est l'innovation proposée par trois designers et cofondateurs de Skipping Rocks Lab. De petite contenance pour l'instant, cette version comestible à la forme sphérique est nommée Ooho. Elle est à base d'alginate de sodium (extrait des algues) et de chlorure de calcium ; une composition qui permettrait aux ménages de fabriquer leur bouteille chez eux dans un objectif de réduction des déchets.

 bulle.JPG

 Source : Water Canada

 Source : Water Canada

 

 

13/05/2014

Séquençage du génome d’un trypanosome des palmiers

Les trypanosomes sont des organismes unicellulaires pouvant affecter les plantes, les animaux (ex : maladie de Chagas) ou les hommes (ex : maladie du sommeil). Les trypanosomes des plantes peuvent se développer dans la sève et générer d'importantes pertes économiques pour certaines plantes commerciales telles que caféiers, cocotiers et palmiers à huile. Ces pathogènes nécessitent donc souvent le recours massif à des insecticides pour détruire leurs vecteurs.
Des chercheurs, notamment du Cirad et du Génoscope, ont récemment séquencé le génome de deux trypanosomes : un pathogène du cocotier en Guyane et un autre trypanosome qui ne cause apparemment pas de dégâts, et que l'on trouve dans des euphorbes de la région de Montpellier. La comparaison de ces génomes entre eux et à ceux des trypanosomes affectant les hommes a permis de montrer que la plupart des gènes était commune aux deux trypanosomes étudiés. Les résultats ont été publiés dans la revue Plos Genetics. L'identification de gènes du métabolisme des trypanosomes ouvre la voie à la culture in vitro de ces pathogènes, et au développement de nouveaux outils de contrôle des maladies parasitaires des plantes.

Source : Cirad

Projet LEGATO : des légumineuses pour l'agriculture de demain

Le projet européen LEGATO (LEGumes for the Agriculture of Tomorrow) a été lancé ce printemps dans le but de promouvoir la réintroduction de légumineuses à graines dans les systèmes de culture européens. D'une durée de quatre ans et financé par le programme FP7 de l'Union européenne, ce projet rassemble une trentaine de partenaires (dont des acteurs de la recherche et des PME). Il a pour objectifs de développer de nouvelles variétés (résistance à certains bio-agresseurs, qualité pour la consommation humaine), de concevoir des systèmes de culture à base de légumineuses, et d'explorer de nouveaux produits alimentaires utilisant des farines de légumineuses. Les recherches porteront plus particulièrement sur le pois et la féverole qui sont les légumineuses les plus cultivées en Europe.

Source : http://www.legato-fp7.eu/index.html

14:31 Publié dans Agronomie, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : légumineuses |  Imprimer | | | | |  Facebook