Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/03/2014

Drones, images aériennes et satellitaires au service de l'agriculture

Plusieurs innovations ont récemment vu le jour en matière d'images aériennes, d'images satellites et de drones appliqués à l'agriculture. La start-up Airinov a ainsi révélé son premier drone agricole à l'occasion du salon international de l'agriculture. Développé en partenariat avec l'Inra, ce drone est automatique, il mesure 2 mètres d'envergure et pèse moins de 2 kg. Il est capable de photographier et analyser différents paramètres (taux de chlorophylle, besoin en azote, infestation d'adventices par exemple) et « de fournir aux agriculteurs une carte clés en main, avec une analyse et des préconisations pratiques ». Équipé d'un GPS et d'une caméra multispectrale, le drone permet l'obtention d'images hautes résolutions couvrant de larges zones agricoles. 10 000 ha sont actuellement survolés par ce drone.

Aux États-Unis, où l'utilisation des drones à usage commercial sera réglementé en 2015, la start-up TerrAvion propose un service d'imagerie aérienne à faible coût pour les petites exploitations agricoles en Californie. Ces dernières peuvent en effet ne pas avoir accès à ces données en raison de leur prix élevé. Le service de TerrAvion consiste en la fourniture de photographies classiques et infrarouge prises par avion. Ces photographies servent par exemple à calculer des indices de végétation qui permettent de suivre la croissance des plantes. TerrAvion souhaite pouvoir réduire ses prix en augmentant le nombre de clients et en accroissant le nombre d'hectares photographiés pour chaque vol, y compris dans de nouvelles régions des États-Unis.

Enfin, l'Inra a testé l'intérêt d'utiliser des images satellitaires pour prédire la teneur en matière organique des sols, dans une zone périurbaine où les autorisations de survol seraient difficiles à obtenir (ici la plaine de Versailles en Île-de-France). Le satellite de télédétection SPOT a fourni des données de réflectance du sol, c'est-à-dire d'intensité de la lumière réfléchie par la surface, qui ont permis de prédire les teneurs en carbone organique des sols. L'avantage de cette méthode est qu'elle est moins coûteuse et facilement applicable pour de vastes superficies. Elle permet également d'envisager « la modulation des pratiques agricoles afin d’optimiser par exemple la répartition spatiale des apports de matières organiques ».

Ces nouveaux outils peuvent ainsi apporter des informations supplémentaires à l'agriculteur sur l'état des peuplements végétaux dans les parcelles ou la composition des sols, et constituer des outils d'appoint pour l'aide à la décision. Ils ne peuvent toutefois pas se substituer au diagnostic global de l'agriculteur, seul garant de la cohérence de la conduite d'ensemble du système de production.

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Sources : Airinov ; L'Atelier ; Inra

04/03/2014

Une plante capable de produire des phéromones et de communiquer avec les insectes

La découverte publiée dans Nature Communications surprend à bien des égards. En effet, des chercheurs d'universités suédoises et américaines ont mis au point des plants de tabac génétiquement modifiés, capables de synthétiser des composants de phéromones. De ces molécules, les chercheurs concoctent des mélanges auxquels sont sensibles des papillons de nuit, et dont l'efficacité pour piéger certaines espèces (Yponomeuta evonymella, Y. padella) s'est révélée significative. Bien que l'utilisation des phéromones ne soit pas nouvelle pour le secteur agricole – elles sont souvent employées pour la confusion sexuelle des insectes –, ces travaux sont originaux de par le mode de fabrication de ces molécules : il s'agit non plus d'une production par la chimie industrielle, mais d'une production par le vivant. Le prochain objectif des chercheurs est de développer une plante génétiquement modifiée relâchant directement la bonne concoction de phéromones dans l'environnement.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Nature communications

03/03/2014

De nouvelles avancées sur les bio-pesticides

Des chercheurs des universités de Liège (Gembloux Agro-Bio Tech), de Gand et de Lille ont contribué à de nouvelles avancées sur les bio-pesticides. Fabriqués à partir d'organismes vivants ou de produits dérivés de ces derniers, ils permettent par exemple d'inhiber les pathogènes, ou encore de renforcer le système immunitaire des plantes. Même si ce secteur reste modeste (2,5 % du marché mondial en 2008), les marges de progression se situent entre 5 et 8 % par an (Europe de l'Ouest, Amérique du Nord).

Précédemment l'approche consistait à recourir à des bactéries (souches de bacilles : Bacillus subtilis, B. amyloliquefaciens) sans garantie d'une efficacité constante (variations dues au contexte pédoclimatique par exemple). Les chercheurs ont alors décidé de concentrer leurs efforts sur des molécules antibiotiques produites par ces mêmes bacilles : la famille des lipopeptides. Testés en champ ou en serre, des expériences de terrain ont permis de mieux connaître les mécanismes biochimiques de ces lipopetides, et d'en déduire un dosage optimal. Elles ont aussi contribué à la découverte de nouvelles molécules et au développement d'un bioréacteur avec des perspectives de production industrielle (spin off Lipofabrik). Pour finir, ces découvertes intéressent aussi les secteurs cosmétique et agro-alimentaire, en raison des propriétés tensioactives et anti-microbiennes des lipopeptides.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Bulletins électroniques ADIT

28/02/2014

Les bioraffineries de demain : restitution finale de trois grands projets européens

Les 11 et 12 février se sont tenues les restitutions finales de trois grands chantiers européens, financés dans le cadre de l'appel à projets FP7. Privilégiant une approche collaborative entre les industries et la recherche, leur objectif commun porte sur le modèle de bioraffinerie de demain. Autrement dit, il s'agit de développement de nouvelles technologies pour élaborer des bioproduits bénéficiant tant au secteur de l'énergie, qu'à celui de la chimie ou encore des matériaux. Ces projets se sont intéressés à la fois aux enjeux économiques et aux impacts environnementaux de ce nouveau modèle de production. À noter que la « bioraffinerie » peut être définie par analogie au terme de « raffinerie », en lien avec le fractionnement de la plante, non du pétrole, en molécules d'intérêt valorisées par la production de produits alimentaires et non alimentaires.

SUPRABIO, Sustainable products from economic processing of biomass in highly integrated biorefineries, coordonné par la Brunel University (London), a réuni 17 partenaires de 8 pays. Les travaux portaient sur le développement de technologies de procédés (fractionnement de la lignocellulose, conversion par des bactéries ou des champignons, algues) dans un objectif de développement de bioréacteurs industriels.

EuroBioRef, European multilevel integrated biorefinery design for sustainable biomass processing, coordonné par le CNRS, a réuni 29 partenaires de 15 pays. Ses travaux reposent sur la volonté d'intégrer une flexibilité dans les bioraffineries via le développement de différentes chaînes de valeur mobilisables en fonction de l'intrant choisi ou encore du débouché souhaité. Parmi les objectifs peuvent être cités la valorisation de la plante entière lors de l'étape de fractionnement, ou encore la réflexion sur l'élaboration de procédés efficaces d'un point de vue environnemental (réduction des déchets, économie d'eau, etc.). Les chercheurs se sont aussi penchés sur la manière de diversifier les activités des bioraffineries existantes.

BIOCORE, a biorefinery concept for the transformation of biomass into second generation fuels and polymers, coordonné par l'Inra, a réuni 24 partenaires de 13 pays. Il porte sur la mobilisation de biomasse lignocellulosique pour produire une diversité de produits dits « bio-sourcés ». Pour ce faire, des études de cas ont été menées en Inde (pailles de riz et de blé) et en Europe (paille de céréales, taillis de peuplier à rotation courte, bois de feuillus, etc.), dont un cas en Beauce où les pailles de blé et d'orge constituent la matière première mobilisée avec le miscanthus. Le tableau ci-dessous synthétise les capacités envisagées des bioraffineries pour chaque étude de cas, la biomasse disponible aux horizons 2015 et 2025 ainsi que son pourcentage de mobilisation et les changements d'affectation des sols induits par le projet.

bioéconomie

Afin de tester la faisabilité des modèles de bioraffineries imaginés dans le cadre du projet BIOCORE, la première étape vise à quantifier la biomasse disponible dans les zones étudiées. Les auteurs concluent à une diminution du potentiel d'approvisionnement entre 2015 et 2025, pour diverses raisons : agriculture plus respectueuse de l'environnement et aux rendements plus faibles, impacts du changement climatique, compétition entre usages, etc. L'étude souligne en particulier le cas français où la quantité de paille pourrait s'avérer insuffisante pour assurer la pérennité de la bioraffinerie, tout autre source alternative n'étant pas prise en compte (bois de la forêt d'Orléans par exemple).

Un autre point clé est l'aspect logistique, impliquant une réflexion sur le lieu d'implantation des bioraffineries en fonction de la saisonnalité des productions de biomasse, du réseau de transport et des possibilités de stockage. Ainsi des coûts de production ont été calculés : celui des pailles de céréales en Europe se situe en moyenne entre 40 et 52 euros la tonne de matière sèche par exemple.

Un dernier point porte sur les impacts environnementaux de la mobilisation de la biomasse. En Europe, les conclusions sont plutôt défavorables : diminution de la restitution au sol des matières organiques et nutriments, impact sur la rotation des cultures, émissions de gaz à effet de serre, etc. Au vu de ces résultats, l'étude préconise l'établissement d'actions préventives lors de la conception de la bioraffinerie.

Au final, cette étude met en évidence l'importance du territoire d'implantation d'une bioraffinerie (biomasse disponible et sa diversité, coûts de logistique) et de la mise en place de technologies adaptées en vue de créer différents produits.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Inra

 

13:57 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Biomasse/Biocarburants, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : bioéconomie |  Imprimer | | | | |  Facebook

24/02/2014

Lancement de l'étude Bio Nutrinet

Dans le cadre de l'étude Nutrinet en cours depuis 5 ans, un nouveau volet spécifique a été lancé sur l'alimentation biologique. Il vise à mieux comprendre qui sont les consommateurs de produits bio et les liens entre la consommation d’aliments bio et santé. Cette étude devrait apporter un éclairage sur les différents types de consommateurs, les déterminants de ces modes de consommations, ainsi que sur les impacts nutritionnels, environnementaux et toxicologiques.

L'étude Bio Nutrinet, dirigée par le professeur Serge Hercberg, auteur d'un tout récent rapport sur la politique nutritionnelle en France, associe plusieurs équipes de recherche de l'Inserm, l'Inra et des universités, le CHU de Grenoble, l'ITAB et les associations Solagro et Bio Consom’acteurs. L'étude s'appuie sur Internet et sur une cohorte dite « prospective », c'est-à-dire portant sur un groupe de sujets qui sera suivi pendant plusieurs années.

Source : Nutrinet 

21/02/2014

Santé animale dans l'Union européenne : le projet PROHEALTH

PROHEALTH, projet européen sur la santé et la durabilité des systèmes d’élevages de monogastriques, vient de se mettre en place pour 5 ans, sous la coordination du professeur Steve Homans, de l'université de Newcastle (Royaume-Uni). Il réunit 22 partenaires, dont deux unités de recherche françaises (Inra), des laboratoires de recherche académique, des partenaires industriels et des PME. PROHEALTH s'intéressera aux maladies des porcs et des volailles (poulets de chair, poules pondeuses et dindes) et explorera de nouvelles voies pour améliorer la santé des animaux, la qualité de la production et limiter son impact sur l’environnement tout en préservant la rentabilité des élevages et des filières. À terme, l'objectif de cette initiative public/privé est de mettre au point des stratégies d’amélioration et de contrôle efficaces en santé animale, et de diminuer les pertes liées aux maladies pour améliorer la production européenne de protéines animales.

Source : Inra 

31/01/2014

Une étude américaine relativise la responsabilité des fast food dans la prévalence de l'obésité infantile

Une étude, publiée en janvier 2014 dans la revue American journal of clinical nutrition, conclut à l'intérêt de prendre en considération la totalité du régime alimentaire quotidien des enfants et non plus seulement leur consommation de repas dans les fast food, qui ne seraient pas les principaux coupables de l'obésité infantile.

Les chercheurs ont utilisé pour cette étude les données d'une enquête menée entre 2007 et 2010 et axée sur la surveillance de la nutrition et de la santé publique (US National Health and Nutrition examination survey), sur une cohorte de 4 500 jeunes de 2 à 18 ans. La moitié de ces jeunes prend des repas dans un fast food. Pour 40% d'entre eux, cette prise alimentaire correspond à moins de 30% de leur apport calorique, et pour 10%, elle correspond à plus de 30% de l'apport calorique. Les auteurs de l'étude ont étudié les relations entre consommation de fast food, autres consommations (caractérisées comme « sobre » ou « riche en snacking »), et obésité.

Les résultats montrent que les enfants étaient plus susceptibles d'avoir un régime alimentaire « riche en snacking » (avec sodas, produits gras et salés, et peu de produits laitiers ou de fruits), lorsqu'ils étaient par ailleurs des consommateurs de fast food, que lorsqu'ils ne l'étaient pas. Ainsi, 40% des enfants qui consommaient des fast food pour plus de 30% de leur apport calorique, et qui par ailleurs avaient un régime alimentaire « riche en snacking », étaient obèses.

Les auteurs en concluent que ce ne sont donc pas les fast food pris isolément qui sont responsables des problèmes de surpoids des enfants américains, mais leur régime alimentaire d'ensemble. Le risque consisterait davantage à reproduire le régime alimentaire des fast food chez soi qu'à en consommer directement au restaurant.

Selon Connie Diekman (université Washington de Saint-Louis, Missouri), les conclusions de cette étude doivent inciter à une meilleure éducation nutritionnelle globale et aider les familles à choisir des aliments pour équilibrer l'alimentation au foyer.

Cette étude a été co-financée par l'institut national de la santé des États-Unis et la fondation Robert Wood Johnson, association philanthropique créée en 1936 pendant la Grande Dépression. L'objectif de cette fondation est d'améliorer la santé des américains, la réduction du taux important d'obésité chez les enfants étant une des priorités aux États-Unis.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : MedLine Plus

09:54 Publié dans Alimentation et consommation, Enseignement et recherche | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

29/01/2014

De nouvelles avancées technologiques pour la production de biocarburants de deuxième génération

Un article récent de Science rapporte des résultats prometteurs pour la production de biocarburants. La découverte faite par une équipe de l'université du Wisconsin repose sur une molécule capable de dégrader la lignocellulose, polymère complexe de sucre, en son monomère. L'innovation est dans la capacité du gamma valerolactone d'agir sur toute matière première végétale, y compris le bois. Parmi les obstacles sont cités le temps de réaction, lent, et la purification du substrat de la réaction, qui sera utilisé par la suite dans la conversion du sucre en éthanol par des levures.

Côté français, une étude récente montre que les déinocoques, voie bactérienne choisie par l’entreprise Deinove, ont permis de produire une solution titrée à 9% d'éthanol, un résultat prometteur également pour les biocarburants de deuxième génération.

Ces deux études présentent donc de nouvelles avancées pour la production d'éthanol à partir de lignocellulose, qui devront s'accompagner d'essais à plus grande échelle pour tester la viabilité économique et technique de ces résultats.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Sources : Science et Deinove 

28/01/2014

Bioénergies, agriculture et changement climatique

Le projet intitulé Agricultural Model Intercomparison and Improvement Project (AgMIP), coordonné par le Postdam Institute for Climate Impact Research (PIK), vient de publier ses résultats dans une édition spéciale de la revue Agricultural Economics. AgMIP mobilise les savoirs de nombreux chercheurs à travers le monde (PIK, IFPRI, IIASA, etc.) autour de plusieurs modèles climatiques et agro-économiques. Cette approche permet de tester la robustesse des conclusions issues des simulations et de mieux cerner les incertitudes.

L'article sur la bioénergie dans les transports fait l’hypothèse d’une atteinte de l'objectif de limitation du réchauffement climatique à 2°C. Il en regarde les implications pour le secteur énergétique, plus particulièrement pour la biomasse. Actuellement, le secteur des bioénergies, au niveau mondial, est dominé par la consommation de bois pour le chauffage et de biocarburants issus de la canne à sucre ou des huiles végétales. Dans les conclusions des auteurs, ce sont les énergies issues de résidus forestiers et agricoles, de déchets ou de cultures dédiées, qui verraient leur demande fortement augmenter d’ici 2050 (plus de deux fois la demande actuelle en bioénergies, dites de « première génération »). La comparaison de cinq modèles les amène aussi à dire que la politique ambitieuse d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre ne devrait pas impacter fortement le prix des matières premières agricoles.

Parmi les autres articles publiés, l'un vise à comprendre les répercussions du changement climatique sur la demande en terres agricoles. Elle passerait ainsi de 200 à 320 millions d'hectares avec une concentration en Amérique du Sud et en Afrique subsaharienne. Une autre étude porte sur les impacts du climat sur les rendements en 2050 : les effets seraient importants, avec une diminution entre 10 et 38 % pour cinq cultures majeures (riz, blé, maïs, soja, cacahuètes), et très disparates selon les régions.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : PIK 

17:37 Publié dans Climat, Energie, Enseignement et recherche | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

27/01/2014

Séquençage du génome du criquet, premier ravageur des cultures

Une équipe de chercheurs chinois vient de terminer la première ébauche du séquençage du génome du criquet migrateur (Locusta migratoria), un des ravageurs des cultures les plus destructeurs. Ces insectes peuvent en effet se déplacer sur plusieurs centaines de kilomètres, sous forme d'essaims, et détruire les cultures sur des surfaces considérables. Les résultats de ce séquençage, le plus grand d'un génome animal jusqu'à présent, ont été publiés dans le revue Nature Communications. Les chercheurs ont identifié plusieurs centaines de gènes cibles potentiels pour des insecticides. Ces travaux ouvrent donc de nouvelles pistes en matière de lutte contre ce ravageur.

Source : Nature Communications

24/01/2014

La domestication du chat pourrait s'expliquer par les services rendus par ce dernier aux agriculteurs du Néolithique

Une étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, a montré que la domestication du chat pourrait avoir commencé vers - 5 300 ans en Chine, en raison des services qu'il aurait pu rendre à l'Homme dans la lutte contre les ravageurs, en particulier les rongeurs. Les données isotopiques du carbone et de l'azote présents dans le collagène des os de chats, découverts dans le village de Quanhucun, ont montré que les chats mangeaient des rongeurs, qui mangeaient eux-mêmes du millet. Les résultats montrent également que les chats vivaient plus longtemps qu'à l'état sauvage, suggérant qu'ils ont pu bénéficier des restes de l'alimentation humaine ou même être nourris par les populations. Il s'agit de la preuve la plus ancienne d'une relation de commensalité entre l'Homme et le chat, et elle serait expliquée par les services rendus par les chats en matière de stockage des denrées alimentaires.

Source : PNAS

17:28 Publié dans Enseignement et recherche | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/01/2014

Epigénétique : la transmission de caractères à la descendance au-delà du génome

L'épigénétique recouvre l'ensemble des mécanismes de régulation et d'expression du génome, au-delà de l'information « brute » qu'il contient. Des études de plus en plus nombreuses mettent en évidence la transmissibilité de ces mécanismes, y compris par la voie mâle. Ainsi, une nouvelle étude chez la souris, publiée dans Nature communications, mettrait en évidence la transmission, par la lignée mâle, de caractères non génomiques à la descendance.

Les souris mâles ont été nourries avec une alimentation carencée en acide folique (vitamine B9), et ces carences ont entrainé, chez leur descendance, des perturbations de l'expression des gènes et du développement des embryons. Cette étude rappelle ainsi la sensibilité de l'expression du génome aux conditions environnementales, mais montre aussi le caractère transmissible de ces facteurs épigénétiques.

Si la transmission épigénétique in utero par la voie femelle est relativement connue, la transmissibilité par la voie mâle n'a été mise en évidence que récemment, et est sans doute encore largement sous-estimée. À l'heure où la sélection génomique se développe rapidement en production animale, ces découvertes récentes montrent que la transmissibilité et l'hérédité existent bien au-delà du génome.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'Étude et de Prospective

Source : Nature communications

16:22 Publié dans Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : génétique, reproduction animale |  Imprimer | | | | |  Facebook

Synthèse de la conférence "Water in the Anthropocene" : état de l'art et perspectives pour la recherche

Suite à la conférence intitulée Water in the Anthropocene du Global Water System Project à Bonn en 2013, la revue Current opinion in environmental sustainability a publié un numéro complet sur l'eau douce, ainsi que sur le rôle de l'Homme dans la modification du cycle de l'eau aujourd'hui et demain. Les articles sont regroupés en trois thèmes :

- l'état actuel et les défis à venir des systèmes hydriques, avec, entre autres, une rétrospective sur les scénarios sur l'eau mobilisés dans les modèles pour réaliser des projections en lien avec la Water Futures and Solutions Initiative ;

- les différentes échelles de gestion de l'eau, avec un point sur le concept de nexus qui permet de regarder les interactions entre l'eau, l'énergie et l'alimentation, voire aussi l'utilisation des terres ; une vision intégrée structurant les enjeux de chaque domaine en prenant en compte les effets collatéraux des décisions sur d'autres variables que la variable cible ;

- l'équilibre entre les besoins des Hommes et ceux de l'environnement, thème dans lequel sont étudiés la perception de la nature en lien avec la sécurité liée à l'eau et la gouvernance, ainsi que le rôle de la notion de service écosystémique comme élément d'aide à la décision entre différentes options de gestion de la ressource en eau.

Une des conclusions de cette série d'articles est la nécessité de dégager des objectifs clairs à destination des gestionnaires de l'eau, ce qui nécessite une plus grande finalisation d'une recherche au carrefour de plusieurs disciplines. L'objectif est donc de faciliter le passage du discours académique à l'action, malgré la complexité des interactions entre les enjeux liés à la ressource en eau : quantité, qualité, protection des écosystèmes, développement technologique, économie, normes sociales, etc.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Global Water System Project

16:18 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : eau |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/01/2014

Changement climatique et ressource en eau : 40% de personnes en plus seraient menacés par de graves pénuries d'eau à la fin du XXIe siècle

Le projet Inter-Sectoral Impact Model Intercomparison (ISI-MIP), coordonné par le Postdam Institute for Climate Impact Research (PIK), vient de publier ses premiers résultats dans une édition spéciale de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Cette étude mobilise les savoirs de nombreux chercheurs à travers le monde autour de 11 modèles hydrologiques globaux forcés par 5 modèles climatiques. Sur ce dernier point, les chercheurs ont recouru aux scénarios d'émission de gaz à effet de serre du dernier rapport du GIEC. L'objectif est de synthétiser les connaissances sur les impacts du changement climatique sur la ressource en eau renouvelable, à l'échelle globale, et de révéler en particulier les zones d'incertitudes.

Cette approche multi-modèles permet d'estimer la part relative de tension sur la ressource en eau qui incombe au changement climatique, et celle due à la croissance démographique. Autrement dit, elle permet de distinguer la variation de l'offre en eau par rapport à l'évolution de la demande. Avec une augmentation d'environ 3°C de la température atmosphérique, le nombre de personnes menacées par de graves pénuries d'eau (moins de 500 m3 d'eau par an et par personne) augmenterait de 40%, suite aux modifications des régimes de pluie, par rapport aux tensions engendrées par l'évolution de la demande en eau seule (évolution démographique). Notons que la consommation d'eau moyenne dans le monde est de 1 200 m3 par an et par personne, voire plus dans les pays industrialisés.

De plus, l'étude permet d'affiner les connaissances sur les incertitudes liées à ces modèles, d'en dégager les résultats les plus robustes utiles à la gestion du risque. Ce travail collectif sera prolongé par des études approfondies sur l'évolution de la demande en eau par les différents usages (agriculture, industries, énergie, etc.) et par la prise en compte des innovations technologiques.

L'étude se divise en plusieurs volets, dont la localisation des régions du monde qui seront très affectées par la raréfaction de l'eau, ou encore la question agricole. Sur ce point, trois articles ont été publiés. Un premier traite de la réponse des cultures au changement climatique, donc en lien avec la sécurité alimentaire, soulignant que la paramétrisation du dioxyde de carbone (effets sur la photosynthèse et la transpiration), ainsi que du stress résultant du manque d'azote dans les modèles, restent un axe clé de recherche dans ce domaine. Le deuxième se concentre sur l'irrigation, limitée par la disponibilité de la ressource et la possible reconversion de surfaces irriguées en surfaces consacrées à l'agriculture pluviale. Le troisième traite des conséquences économiques des chocs biophysiques.

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Source : Postdam Institute for Climate Impact Research

15:59 Publié dans 3. Prévision, Climat, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : eau |  Imprimer | | | | |  Facebook

Une évaluation mondiale du stress hydrique à l'échelle de pays et de bassins versants

Une étude publiée le 12 décembre par le World Ressources Institute (WRI), un think-tank américain, dresse un état des lieux de la disponibilité et de l'usage de la ressource en eau à travers le monde. Elle met ainsi en lumière les pays connaissant actuellement des périodes de stress hydrique élevé.

 

2014-01-13_171342.png

2014-01-13_171356.png

Source : Aqueduct, WRI. Indice global de stress hydrique (ratio entre les prélèvements annuels d'eauet la ressource annuelle renouvelable disponible)

Pour atteindre ces résultats, les chercheurs du projet Aqueduct ont dressé un état des lieux de la disponibilité et de l'usage de la ressource en eau, dans une centaine de bassins versants à travers le monde. Cinq indicateurs ont été utilisés : indice global de stress hydrique (ratio consommation sur ressource) ; variabilité inter-annuelle ; variabilité saisonnière ; fréquence des inondations ; sévérité des sécheresses. Trois jeux de pondération de ces indicateurs de base permettent ensuite de refléter le poids des usages domestique, agricole ou industriel dans les valeurs observées.

L'indicateur le plus révélateur, l'indice global de stress hydrique, est mesuré sur une échelle allant de 0 à 5 (5 étant le risque le plus élevé). Les résultats montrent que 37 pays se trouvent dans cette dernière catégorie, essentiellement au Moyen-Orient ou en Afrique, mais aussi en Europe du sud, avec Chypre et Malte. Sans connaître la même situation, d'autres pays du pourtour méditerranéen présentent un stress hydrique important (catégorie 3) comme l'Italie, le Portugal ou la Grèce.

L'ensemble de ces résultats est rendu disponible dans un outil de cartographie interactive en ligne, avec d'autres travaux du projet Aqueduct, dont un travail spécifique au stress hydrique en agriculture. Ces informations suscitent bien sûr l'intérêt d'associations de protection de l'environnement, de gouvernements, mais aussi d'entreprises qui soutiennent d'ailleurs ce projet (Goldman Sachs, Shell, Dow Chemicals, Dupont, Veolia water, etc.).

Clément Villien, Centre d'études et de prospective

Source : World Ressources Institute

 

15:52 Publié dans 2. Evaluation, Climat, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : eau |  Imprimer | | | | |  Facebook