Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/12/2015

Une analyse des financements de la recherche en agro-écologie aux États-Unis

Dans un article publié en novembre 2015 dans Environmental Science & Policy, des chercheurs américains indépendants, de l’Union of Concerned Scientists, ont analysé le financement de la recherche publique en agro-écologie.

Alors que les systèmes de production agro-écologiques pourraient répondre durablement et efficacement aux besoins alimentaires de la planète, selon Gliessman (2014), moins de 2 % du financement de la recherche publique aux États-Unis lui sont consacrés et moins de 1 % au niveau mondial.

Pour analyser les projets financés en 2014 par l’United States Department of Agriculture (USDA), les auteurs ont repéré un ensemble de pratiques rattachées à quatre niveaux de transformation des systèmes : 1) amélioration de l’efficience du système de production pour diminuer l’usage d’intrants ; 2) remplacer par des intrants ou des pratiques plus durables ; 3) reconception du système sur la base de principes écologiques (agro-écologie) ; 4) rétablissement de liens entre consommateurs et producteurs (dimension sociale de l’agro-écologie).

Sur les 824 projets recensés, pour un montant de 294 millions de dollars (environ 10 % des financements de la recherche par l’USDA en 2014), il ressort que :

- les projets de recherche portant sur l’efficience étaient relativement bien financés : ils représentaient ainsi 36 % des financements, si l’on inclut les travaux portant sur l’amélioration des rendements ;

- les projets de niveau 3 (reconception du système) l’étaient moins (15 % des financements) et moins encore (4 %) dans le cas où ils étaient associés à une réflexion sur le lien au consommateur (niveau 4).

Les auteurs en appellent à augmenter les financements de la recherche dédiée à l’agro-écologie, dont les résultats pourraient avoir un effet démultiplicateur sur sa mise en œuvre sur le terrain.

Clément Villien, Centre d’études et de prospective

Source : Environmental Science & Policy

11:22 Publié dans Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : agroécologie, etats-unis, recherche |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/12/2015

États-Unis : publication des volumes d’incorporation de biocarburants pour les années 2014-2016 et impacts sur les Renewable Identification Numbers

Diffusés le 30 novembre par l’Environmental Protection Agency (EPA), les nouveaux volumes d’incorporation de biocarburants montrent une augmentation des attentes pour l’éthanol produit à partir du maïs, et ce en comparaison avec la version provisoire datant de mai 2015 (voir à ce sujet la brève publiée sur ce blog). Le tableau ci-dessous reprend l’ensemble de ces éléments.

Comparaison du RFS 2, de la proposition provisoire et de la décision finale de l’EPA de mai 2015

(unité : milliard de gallons d’éthanol équivalent)

tableau-biocarb.jpg

Source : farmdocdaily (présentation CEP)

Sur le site farmdocdaily (University of Illinois), Scott Irwin et Darrel Good discutent des implications de cette publication. Les nouveaux volumes traduiraient la volonté de l’EPA de dépasser la contrainte du blend wall, ainsi que le possible retour dès 2017 aux volumes fixés en 2007 pour l’éthanol (maïs), soit 15 milliards de gallons. De plus, ils notent une forte augmentation des prix du Renewable Identification Numbers (RIN), dans les trois jours suivant la décision finale de l’EPA. Reprenant un raisonnement similaire à celui développé pour la flambée de 2013 (voir à ce sujet un billet publié sur ce blog), ce changement brusque refléterait une crainte d’épuisement dans les mois à venir des RIN stockés, et donc la difficulté à honorer les obligations d’incorporation pour l’éthanol (maïs). Par ailleurs, cette évolution rapide sur les marchés indiquerait que cette contrainte ne sera pas levée par le recours à des biocarburants à des taux d’incorporation plus élevés (E15, E85), mais par l’utilisation de biogazole.

Sources : EPA, farmdocdaily

10:27 Publié dans Biomasse/Biocarburants | Lien permanent | Tags : etats-unis, biocarburants |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/10/2015

Des repas scolaires plus longs permettent de meilleurs choix alimentaires

Mi-septembre, Food Navigator reprenait les résultats d’un article publié quelques jours plus tôt dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics. Les travaux présentés se sont appuyés sur des données collectées dans le cadre d’une étude sur les consommations alimentaires dans les écoles du Massachussets, entre 2011 et 2012 : les choix alimentaires et les consommations de 1 001 enfants, âgés de 8 à 14 ans, scolarisés dans 6 écoles ayant des repas scolaires à heures fixes et d’une durée de 20 à 30 minutes, ont été plus précisément analysés.

Les auteurs concluent à un lien clair entre temps disponible pour manger et choix et consommations alimentaires des élèves. Par exemple, les enfants ayant moins de 20 minutes pour manger choisissent à 44,4 % un fruit alors que ce taux est de 57,3 % pour ceux ayant au moins 25 minutes. Le temps disponible joue également sur les quantités consommées (et donc sur le gaspillage) : les élèves devant manger en moins de 20 minutes consomment, en quantité, 13 % de moins de leurs entrées que ceux disposant de 5 minutes supplémentaires, ce pourcentage étant de 12 % pour les légumes et de 10 % pour le lait. Les auteurs rappellent également que manger trop rapidement est associé à des réponses hormonales gastro-intestinales défavorables et à une satiété perçue après le repas diminuée, ce qui peut accroître le risque de surpoids.

Sources : Food Navigator, Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics

 

09:11 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : repas scolaires, élèves, etats-unis, nutrition |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/10/2015

Aux États-Unis, régime alimentaire et activité physique n’expliquent pas à eux seuls l’augmentation de l’IMC

Mis en ligne récemment, un article publié dans la revue Obesity Research & Clinical Practice s’intéresse à l’évolution, aux États-Unis et sur une quarantaine d’années, de la relation entre consommations de calories et de macronutriments, activité physique de loisir et obésité. Utilisant les données nutritionnelles de plus de 36 000 adultes (National Health and Nutrition Survey), entre 1971 et 2008, et de fréquence d’activités physiques pour 14 400 d’entre eux, entre 1988 et 2006, les chercheurs se sont appuyés sur de la modélisation pour voir si la relation entre les éléments cités précédemment et l’Indice de Masse Corporelle (IMC) évoluait dans le temps.

De manière générale, il apparaît que l’IMC, les consommations d’énergie et de glucide et l’activité physique de loisir ont augmenté, alors que les consommations de lipides et protéines ont diminué. Toutefois, pour un niveau donné de consommation et d’activité physique, l’IMC prédit est supérieur de 2,3 kg/m² en 2006 par rapport à 1988. Les auteurs concluent sur l’existence d’autres facteurs à prendre en compte et sur la nécessité d’étudier plus avant la façon dont ils influencent le poids corporel indépendamment de déterminants de modes de vie.

Source : Obesity Research & Clinical Practice

 

15/09/2015

Le Farm Bill à la carte : les farmers américains choisissent les aides sur moyenne de chiffres d’affaires pour le maïs et le soja, mais privilégient davantage les aides sur prix fixe pour le blé, le riz et le colza

Il y a un an, les États-Unis lançaient leur nouvelle politique agricole, l'Agricultural Act de 2014. Cette dernière prévoyait, pour les grandes cultures, de laisser le choix aux agriculteurs entre deux programmes différents : le Price Loss Coverage (PLC), filet de sécurité par des prix de référence fixes (les pouvoirs publics compensant la différence entre le prix de marché et le prix de référence), et l’Agriculture Risk Coverage (ARC), garantie d’une part du chiffre d’affaires de référence, calculé avec les prix de marché moyen des cinq années précédentes. L’USDA a publié récemment une synthèse des choix des agriculteurs, qui se sont engagés au printemps dernier pour les cinq prochaines années.

L’ARC a attiré l’essentiel des producteurs de maïs et de soja (90 et 97 % de la SAU). En ce qui concerne le blé, le choix des agriculteurs est plus équilibré puisque 58 % des surfaces sont en ARC contre 42 % en PLC. Les producteurs de maïs et de soja apparaissent donc plus optimistes quant à l’évolution à venir des cours, n’anticipant pas de baisse durable des prix qui pourrait réduire leur chiffre d’affaires de référence, et donc diminuer leur niveau de soutien en fin de période. Ce programme semble également plus simple que son prédécesseur ACRE (Farm Bill de 2010), qui avait été choisi par moins de 20 % des producteurs. Cet intérêt pour la simplicité se traduit aussi par le faible recours à un ARC individuel, basé sur les données réelles de l’exploitation et non sur des calculs moyens au niveau du comté.

La récente chute des prix, si elle se prolongeait, pourrait faire regretter leur choix à certains, la référence étant calculée chaque année en fonction des prix des années précédentes, et non des prix de référence qui ont pourtant été largement augmentés. Comme pour le blé dont le prix de référence a été rehaussé de 40 %, la revalorisation de celui de l’orge de plus de 90 % a conduit cette culture a être largement soumise au régime du PLC (75 % des surfaces). Les producteurs de riz et de colza ont également préféré le prix garanti du PLC. D’une manière générale, ces choix reflètent assez bien les prévisions qui avaient été faites il y a un an par diverses institutions américaines.

Alexis Grandjean, Centre d’études et de prospective

Source : USDA

12:24 Publié dans 4. Politiques publiques, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : etats-unis, farm bill |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/09/2015

Impacts de la sécheresse et transferts d’eau virtuelle aux États-Unis : deux publications récentes

L’université de Davis a actualisé en août ses résultats sur les impacts de la sécheresse en Californie pour l’année 2015 (voir un précédent billet sur ce blog pour plus d’explications sur l’exercice de modélisation). Ainsi, les pertes sont évaluées par les auteurs à 1,84 milliard de dollars pour le secteur agricole (2,74 milliards tous secteurs confondus) et 10 100 emplois saisonniers sont impactés. D’autre part, ils estiment que les ressources en eau souterraine permettent de compenser 70 % de la diminution en eau de surface disponible (avec une augmentation des coûts de pompage et un nombre croissant de puits creusés s’accompagnant d’effets collatéraux comme la subsidence des terrains).

Un autre article, publié dans PNAS, se penche sur les transferts d’eau virtuelle pour les produits agricoles, dont la production mobilise les ressources d’aquifères états-uniennes, en particulier celles de Central Valley, des Grandes plaines et du Mississippi. Les auteurs estiment que 91 % de cette eau virtuelle restent aux Etats-Unis, et que ces transferts représentent 18,5 % de la production domestique de céréales. Ces travaux conduisent également les auteurs à conclure que certains pays comme le Japon, Taiwan ou Panama, dépendent de ces ressources en eau souterraine pour leur approvisionnement domestique en céréales (entre 9 et 10 %).

Sources : UC Davis, PNAS

11:09 Publié dans Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent | Tags : californie, sécheresse, eau, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

22/06/2015

Les végétaux, vecteurs possibles de prions ?

Des chercheurs de l’University of Texas Medical School et de la Colorado State University ont publié en mai 2015 dans la revue Cell Report les résultats d’une étude accréditant la possibilité de transmission de prions via des végétaux. Agents infectieux de nature protéique, les prions sont responsables de plusieurs graves maladies animales et humaines : encéphalopathie spongiforme bovine, tremblante du mouton, maladie de Creutzfeld-Jacob, maladie débilitante chronique des cervidés (Chronic wasting disease-CWD, identifiée dans 22 États des USA et également préoccupante au Canada), etc. Ces quinze dernières années, la CWD est devenue la maladie la plus importante qui affecte les populations de cervidés sauvages et d’élevage en Amérique du Nord, et elle fait l’objet d’un dépistage organisé au Canada.

Répartition nord-américaine de la CWD, avril 2014

 

carte-MDC.jpg

 

Source : MFFP

Les travaux de l’équipe de recherche ont mis en évidence la possibilité de liaison du prion du CWD à différentes parties du blé. L’expérience consistait à mettre des racines et épis en incubation avec de la matière cérébrale contaminée. Même en cas de dilution très faible du contaminant, la liaison prion-plante s’est produite, puis des hamsters ont été infectés in vitro par consommation de ce filtrat contaminant. Le prion a aussi été détecté sur des plantes exposées à l’urine et aux fèces d’animaux infectés. Enfin, l’étude a montré que les plantes peuvent assimiler des prions à partir d’un sol contaminé, lequel se retrouve ensuite dans les différentes parties du végétal.

Ces éléments donnent à penser que les plantes pourraient jouer un rôle important de support de l’infectiosité dans la contamination environnementale et la transmission horizontale de la maladie. Après cette première phase de recherche en laboratoire, l’équipe va procéder à des travaux au niveau environnemental. Plus largement, cette découverte pourrait élargir les connaissances sur les modes de transmission possibles des encéphalopathies spongiformes transmissibles affectant les espèces domestiques.

Le Center for Disease Control (CDC) américain a d’ores et déjà recommandé aux chasseurs le port de gants pour manipuler les dépouilles de cerfs, et également déconseillé de consommer la viande issue de cerfs malades.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : Cell Reports

 

09:14 Publié dans Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : cwd, etats-unis, canada, prion |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/06/2015

L’EPA publie une nouvelle proposition sur les volumes de biocarburants pour les années 2014, 2015 et 2016

Alors que le Renewable Fuel Standard 2 (RFS 2) datant de 2007 fixe aux États-Unis les volumes de biocarburants à incorporer dans les carburants fossiles pour les années 2008 (8 milliards de gallons) à 2022 (36 milliards de gallons), l'Environmental Protection Agency (EPA) a proposé le 29 mai 2015 une nouvelle estimation de ces volumes. Cette dérogation fait suite à une révision formulée en novembre 2013 qui, pour la première fois, envisageait de modifier les objectifs globaux du RFS 2, et non seulement celui des biocarburants dits avancés (biogazole, biocarburants cellulosiques). Le tableau ci-dessous reprend les nouvelles quantités pour les années 2014, 2015 et 2016 :

Comparaison du RFS 2 et de la proposition de révision de l’EPA de mai 2015 (unité : milliard de gallons d’éthanol équivalent)

biocarb.jpg

Source : EPA, présentation CEP

Pour justifier cette révision notamment vis-à-vis de l’amont de la filière, l'EPA s’appuie sur l’argument d’une offre domestique qualifiée d’inadéquate, en particulier suite à la baisse de la consommation globale de carburants et donc l’atteinte du blend wall (saturation du marché de l’E10, ainsi qu’un développement limité de l’E15 et de l’E85 – voir cet article dans Notes et études socio-économiques pour plus de détails). L’EPA cite aussi des limites au niveau de la production et des importations en biocarburants respectant les standards du RFS2. À cet égard, l’Agence relève un développement plus lent que prévu de l’industrie des biocarburants cellulosiques. Cette proposition sera discutée le 25 juin lors d’une audience publique et la décision finale est prévue pour fin novembre.

Source : Environmental Protection Agency

 

09:00 Publié dans Biomasse/Biocarburants | Lien permanent | Tags : epa, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/04/2015

États-Unis – Réserver les aides agricoles aux agriculteurs actifs

Le ministère américain de l’agriculture (USDA) a rédigé une proposition de loi pour réserver les aides agricoles aux exploitants « réellement actifs » dans la conduite de l’exploitation, conformément aux demandes formulées par le Congrès dans le Farm Bill 2014. Selon l’USDA, ceci rendrait inéligibles 1 400 dossiers et permettrait d’économiser plus de 50 millions de dollars sur une période de 3 ans.Cette proposition vient compléter d’autres mesures de plafonnement du montant des aides ou de restriction des bénéficiaires déjà en vigueur aux États-Unis. Ainsi, l’accès aux aides est limité pour les exploitants au-delà d’un seuil global de revenu, agricole et non-agricole (limite de 500 000 $ de revenu fiscal non agricole pour les aides contracyliques, limite de 1 million de $ pour les programmes de conservation). Les aides sont plafonnées par exploitation, avec des niveaux propres à chaque type d’aides (par exemple, 40 000 $ pour les aides découplées des prix et de la production). Le plafond d’aides peut être doublé pour un couple marié, considéré comme deux exploitants distincts.

Les dirigeants d’exploitations non familiales ou les « associés » devront prouver qu’ils contribuent à hauteur au moins de 500 heures par an ou à au moins 25 % du temps nécessaire pour conduire l’exploitation. En pratique, ceci signifie que, pour les exploitations non familiales, seul un manager pourra recevoir les aides du commodity program. Cette règle a été établie pour contrecarrer certains managers qui se définissaient comme actifs sur l’exploitation afin de percevoir des aides. Dans la pratique, la majorité des exploitations agricoles américaines (98 %) sont considérées comme des exploitations familiales, à moins qu’elles ne soient organisées en coopératives ou en sociétés où les différents associés ne sont pas liés par le sang, le mariage ou l’adoption, ou qu’elles ne soientdirigées par des managers salariés. Un rapport de l’Office de comptabilité gouvernementale, en 2013, montrait néanmoins que certaines exploitations percevaient des centaines de milliers de dollars de subventions et que parfois 11 personnes ou plus y étaient déclarées « actives ». Désormais, avec cette nouvelle règle, il n’existe plus de nombre limite de managers par exploitation éligibles aux aides et seule cette limite relative au temps de travail entre en considération.

Anne-Sophie Wepierre, Centre d’études et de prospective

Sources : USDA, Chron

10:08 Publié dans 4. Politiques publiques, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : etats-unis, agriculteurs actifs |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/04/2015

« À table ! Alimentation et sciences sociales » (3)

Le site La vie des idées poursuit la publication, entamée en janvier dernier, d’une série de textes consacrés aux food studies (voir les précédents billets de février et mars sur ce blog). A ainsi été mis en ligne le 2 mars un entretien avec Julie Guthman, géographe à l’université de Californie (Santa Cruz), qui travaille sur les pratiques agricoles, la nutrition et les mouvements alimentaires, et est tout particulièrement connue pour ses publications sur l’obésité et les produits biologiques. Dans cet entretien, elle revient sur les grandes étapes de sa carrière, ses objets de recherche et la réception de ces travaux par les acteurs des milieux concernés.

Ses premières études portaient sur les contradictions de l’industrie du bio, obligée d’imposer des normes et des certificateurs pour se protéger, ces normes devenant ensuite des critères d’exclusion d’autres producteurs. Elle a également travaillé sur les attentes exagérées, selon elle, suscitées par les agricultures alternatives, le « local », le « saisonnier », l'« équitable » et le « non-industriel » étant conçus par certains médias et consommateurs comme des antidotes évidentes aux dérives supposées du système alimentaire mondial : « si l’industrie alimentaire est le problème, alors l’alimentation biologique locale doit être la solution ». Or, pour J. Guthman, ces innovations consuméristes comportent leurs propres lacunes et paradoxes, et surtout elles cachent, aux décideurs et aux chercheurs, les vraies tendances porteuses vers le monde de demain : « il est évidemment beaucoup plus facile d’étudier les gens dans un jardin communautaire ou sur un marché paysan que de comprendre le fonctionnement d’une chaîne d’approvisionnement complexe ».

Elle travaille aujourd’hui, plus généralement, sur les mouvements socio-politiques entourant les alimentations alternatives. L’alimentation est devenue, aux États-Unis tout spécialement, une composante importante de la réflexion sur les problèmes sociaux, sur le rapport à la Nature, sur les voies de modernisation et de transformation de la société, avec les oppositions partisanes qui en découlent : « le Tea Party se moque du fait qu’Obama aime la roquette, et parfois même défend la malbouffe comme une sorte de patrimoine culturel américain ».

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Source : La vie des idées

09:51 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : etats-unis, food studies |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/03/2015

Quelles perspectives pour l’utilisation des drones en agriculture aux États-Unis ?

Dans un article publié récemment dans Food Policy, deux chercheurs de l’université du Tennessee reviennent sur le débat actuel entourant la question de l’utilisation des drones aux États-Unis. Si plusieurs observateurs prévoient notamment que 80 % des ventes domestiques de drones pourraient être à usage agricole, l’utilisation domestique fait face à une forte opposition, liée en particulier aux images diffusées sur les opérations des drones militaires, aux préoccupations de sécurité et aux craintes d’atteinte à la vie privée.

Cette publication montre que, suite au mandat donnée par le Congrès à la Federal Aviation Administration pour intégrer pleinement les drones à l’espace aérien américain, un nombre significatif de lois a été adopté par les États pour réguler cette utilisation. Certaines de ces dispositions peuvent avoir un impact potentiellement négatif pour l’agriculture, en créant une incertitude législative et/ou en interdisant ou réduisant fortement l’usage local de drones. Face à ce constat, plusieurs pistes sont évoquées : réduire l’incertitude légale, adopter un code industriel de conduite et de pratiques sûres, élaborer un consensus, via une discussion ouverte, pour équilibrer utilisation de drones et garanties sur la vie privée et les droits de propriété. Enfin, du fait du fort pouvoir de lobbying de cette industrie et du développement potentiel des drones en agriculture, les auteurs pensent qu’une réglementation pourrait prochainement autoriser cette utilisation en l’encadrant au niveau fédéral.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

Source : Food Policy

09:52 Publié dans Agriculteurs, Agronomie | Lien permanent | Tags : drones, états-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/10/2014

Aux États-Unis, actions en justice contre Syngenta et son maïs OGM

En l’espace d’un mois, Syngenta a fait face à deux plaintes déposées aux États-Unis par Cargill et des agriculteurs de cinq États fédérés : en cause, le maïs OGM « Viptera », dont les livraisons à destination de la Chine, sans que cette dernière n'ait autorisé cet OGM, ont été refusées.

En avril 2012, le directeur général de Syngenta avait annoncé une autorisation « d'ici quelques jours » de l'OGM par Pékin, ce qui n'a jamais eu lieu. Fin 2013, les autorités chinoises, ayant retrouvé des traces de ce maïs OGM non encore autorisé et ayant donc refusé les cargaisons, de nombreux chargements de grain et de produits dérivés du maïs avaient dû rebrousser chemin ou trouver nouvel acquéreur. Ces problèmes inattendus avaient alors perturbé la filière américaine du maïs et ils conduisent aujourd’hui à deux actions en justice.

Le mois dernier, Cargill a déposé plainte contre le fabricant suisse, lui reprochant d'avoir commercialisé de façon irresponsable des semences avant que la Chine n'approuve l'importation de l'OGM. 130 millions de dollars auraient ainsi été perdus par deux grands exportateurs américains, Cargill et Trans Coastal Supply Co.

Ces jours-ci, ce sont les agriculteurs américains de cinq États fédérés qui, représentés par un grand cabinet d'avocats, attaquent Syngenta en justice. Bien que n'ayant pas planté le maïs OGM, ils auraient tout de même subi les retombées économiques des refus chinois et la chute des prix qui a suivi. La National Grain & Feed Association estime que les producteurs de maïs auraient ainsi perdu près d'un milliard de dollars. Il est en effet possible de détecter Viptera sur de nombreux produits américains, alors que seulement 3 % de la SAU en maïs sont concernés.

Alexis Grandjean, Centre d’études et de prospective

Sources : Cargill, National Grain and Feed Association

11:21 Publié dans Mondialisation et international, OGM, Organisations agricoles | Lien permanent | Tags : etats-unis, ogm |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/10/2014

L’industrie de la restauration, pièce essentielle des réseaux de l’immigration chinoise aux États-Unis

Le New Yorker consacre un reportage aux réseaux d’immigration chinois aux États-Unis, en suivant Rain, un immigré originaire d’un village de la région de Fuzhou, arrivé à New York avec un faux passeport fourni par le réseau de passeurs des Snakeheads. Après des escales en France et au Mexique, Rain rejoint New York pour travailler comme employé dans les restaurants chinois de Chinatown. Des réseaux familiaux, mais surtout des réseaux d’intermédiaires (agences de travail, avocats spécialisés dans le droit d’asile) favorisent son entrée sur un marché du travail souterrain, où il fait l’expérience de formes brutales d’exploitation et d’isolement social.

Les employés de la restauration, immigrés illégaux ou couverts par le statut d’étudiant étranger, sont chargés rapidement de tâches importantes (accueil et prise de commande, souvent pour les femmes ; manutention et préparation des plats). Passant de restaurant en restaurant, ils changent de poste, montent en grade, vont travailler plus loin des centres urbains pour être mieux payés et mieux traités. Ils cherchent bien sûr à obtenir l’asile politique,puis la green card. Ils aspirent dès que possible à trouver un travail dans un secteur moins usant, et changent de logement, avec une montée en gamme au fur et à mesure qu’ils remboursent les prêts qui leur ont permis de payer le passage.

Ils découvrent aussi une cuisine chinoise réinventée aux États-Unis pour complaire au goût américain : mets frits, faciles à manger – les clients sont « trop fainéants » pour décortiquer les morceaux contenant des os, explique Rain.

L’article donne de nombreux chiffres. Ceux, connus, du nombre de restaurants chinois aux États-Unis (40 000, trois fois plus que le nombre de concessions McDonald’s). Mais aussi ceux, plus difficiles à trouver, des frais de passage (70 000 dollars pour Rain, mais moins dans les régions où la pression migratoire est moins forte), divers frais d’avocat, des loyers, confrontés au revenus possibles dans le secteur (2 000 dollars par mois) et à ceux possibles en Chine (4 700 dollars par an dans le secteur privé). Il rend aussi compte de mutations dans l’industrie de la restauration chinoise, par exemple le déclin des Cantonais au profit des restaurateurs originaires de la région de Fujian. Mais loin d’une success story communautaire univoque, l’accès au rêve américain est lourd de contradictions : l’immigration américaine, par les flux financiers vers les familles, enrichit les régions d’origine, mais « avoir un fils aux États-Unis, c’est comme ne pas avoir de fils du tout », explique le père de Rain.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : New Yorker

11:20 Publié dans Alimentation et consommation, Société, Travail et emploi | Lien permanent | Tags : etats-unis, restauration |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/10/2014

Une étude met en évidence des cas d'étiquetages erronés en pet food aux États-Unis

Des chercheurs du programme « Science alimentaire » de l'université Chapman viennent de publier, dans le journal Food control, une étude mettant en évidence des étiquetages erronés sur des boîtes à base de viandedestinées à l’alimentation des animaux de compagnie (pet food).

L'industrie du pet food est un marché de plus en plus important aux États-Unis : il représente un volume de 258 millions de dollars, sachant que 75 % des familles ont un animal de compagnie et que chaque foyer dépense en moyenne 500 dollars par an pour son animal. Le contrôle réglementaire des pet food à base de viande dépend de la Food and Drug Administration (FDA) et de l’United States Department of Agriculture (USDA).

Cette étude a été initiée suite à la découverte en 2013, en Europe, de viande de cheval introduite frauduleusement dans des produits à base de viande hachée destinés à la consommation humaine. D’après l’une des co-auteurs, Rosalie Hellberg, le premier objectif de ces travaux était de s’assurer de la qualité sanitaire et nutritionnelle de ces denrées (notamment absence d’allergènes).

Le deuxième objectif était de vérifier de quelles espèces animales provenait la viande utilisée dans ces produits, et de s’assurer en particulier de l’absence de viande de cheval dans le pet food. Sur la base de tests ADN réalisés pour chaque échantillon collecté (52 au total), pour la recherche de différentes viandes (bœuf, chèvre, agneau, poulet, oie, dinde, porc et cheval), l'étude a mis en évidence dans 20 cas un étiquetage erroné de l’espèce d'origine : non mention de la présence de viande de porc, substitutions d’espèces. La viande de cheval n'a été détectée dans aucun échantillon, sachant que celle de poulet est la plus fréquente et celle d’oie la moins rencontrée.

D’après les auteurs, malgré la réglementation existante, l'augmentation du commerce international dans le domaine alimentaire pourrait amplifier la survenue de fraudes.

Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective

Source : Science Daily

 

10:58 Publié dans Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : pet food, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/10/2014

L’USDA publie les données de consommation alimentaire des Américains, sur la période 2007-2010

L’United States Department of Agriculture (USDA) a publié, début octobre, une analyse des données de consommation alimentaire des Américains, portant sur la période 2007-2010 et comparant ces apports nutritionnels aux recommandations de l’USDA et du U.S. Department of Health and Human Services. Une distinction entre différents niveaux de revenus, âges et types de restauration est notamment effectuée. De manière générale, il apparaît que les Américains consomment trop de sucres ajoutés, de matières grasses solides et de sel, et insuffisamment de fruits, légumes (cf. graphe ci-dessous) et produits laitiers.

conso-USA.jpg

Source : USDA

 

10:37 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : etats-unis, usda, consommation alimentaire |  Imprimer | | | | |  Facebook