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12/12/2013

La stratégie de lutte contre la résistance des insectes aux OGM remise en cause

L'accroissement de la résistance des insectes ravageurs face aux cultures OGM dites « Bt » a déjà été démontré (cf. veille CEP mai 2013). Jusqu'à présent, la stratégie pour lutter contre l'apparition de résistances consistait à conserver des zones refuges à proximité des cultures OGM, pour favoriser l'accouplement entre insectes sensibles et insectes résistants, de façon à maintenir des populations d'insectes sensibles à la toxine Bt. Cette stratégie peut demeurer efficace tant que la transmission de la résistance à la toxine est récessive.

Or, contrairement à ce mécanisme classique, des scientifiques de l'IRD et d'instituts de recherche d'Afrique du Sud et du Kenya ont démontré pour la première fois qu'un papillon de nuit (Busseola fusca) pouvait transmettre une résistance au maïs Bt de façon dominante. Pour ce faire, ils ont croisé des papillons sud-africains résistants avec des papillons kenyans sensibles : la première génération de chenilles était alors résistante à la toxine Bt. D'après les chercheurs, « la chenille de B. fusca pourrait être capable de désactiver la toxine avant qu'elle ne s'attaque aux parois intestinales ». Ce résultat explique pour partie la prolifération très rapide de chenilles résistantes, six ans à peine après l'introduction du maïs Bt en Afrique du Sud.

Cette découverte, publiée dans la revue PLoS ONE, « ébranle le fondement de la stratégie anti-résistance qui accompagne généralement l’utilisation des OGM ». Il s'agit maintenant pour les chercheurs de confirmer les mécanismes physiologiques en jeu, et d'élaborer d'autres stratégies de lutte contre les ravageurs du maïs en Afrique, parmi lesquelles la lutte biologique.

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : IRD

10/12/2013

Le concept de one health (une seule santé) appliqué à l'antibiorésistance

À l'occasion de ce colloque qui s'est tenu le 14 novembre 2013 au siège de l'organisation mondiale de la santé animale (OIE), les ministères de l'Agriculture et de la Santé ont montré leur volonté d'action concertée et l'importance qu'ils accordent à ce risque majeur pour la santé publique qu'est l'antibiorésistance. Ces rencontres ont tout spécialement mis en avant l'importance de la fourniture en médicaments sûrs, efficaces et innovants.

Un des facteurs de l'apparition d'antibiorésistances est l'existence d'antibiotiques non conformes, fabriqués dans certaines régions du globe et vendus sur internet ou par colportage. Ces produits sont parfois sous-dosés (ce qui induit un risque accru de résistances) ou contrefaits, soit qu'il ne s'agisse pas de la bonne molécule, soit qu'il s'agisse d'un placebo.

La diminution du nombre des molécules mises sur le marché, constatée au niveau mondial, est également préoccupante. La FDA (Food and Drug Administration) a ainsi signalé que le nombre de nouveaux médicaments est divisé par 2 tous les 9 ans. Cette tendance peut s'expliquer par une crainte, de la part des groupes pharmaceutiques, d'un retour sur investissement insuffisant. Crainte, également, que pendant la phase d'instruction du dossier (une dizaine d'années environ), la molécule n'acquière des résistances ou qu'elle soit classée en « antibiotiques critiques », et n'ait de ce fait qu'un marché réduit.

Parmi les pistes pour lutter contre l'antibiorésistance, figurent des méthodes alternatives, telles des mesures zootechniques adaptées en élevage intensif et le recours à des thérapeutiques autres que les antibiotiques, comme les phages ou certains oligoéléments. Un recours plus fréquent à la vaccination est également une piste privilégiée.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Ministères en charge de l'agriculture et de la santé

11:05 Publié dans Protection des végétaux et des animaux, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : one health |  Imprimer | | | | |  Facebook

IPSIM, un premier outil pour une gestion intégrée des ennemis des cultures

Des chercheurs de l'Inra ont mis au point un outil de simulation permettant de reproduire virtuellement les effets des pratiques des agriculteurs, des conditions de milieux (climat, sol) et de l’environnement de la parcelle sur des communautés de bioagresseurs. IPSIM (Injury Profile SIMulator / simulateur de profils de dégâts) devrait ainsi déboucher sur des recommandations vis-à-vis des pratiques culturales, et ce pour différentes filières (grandes cultures, maraîchage, arboriculture, viticulture, etc.). A terme, le but est de permettre la conception de stratégies de protection intégrée des cultures, combinant contrôle cultural, choix variétal et luttes biologique, physique ou chimique.

Source : INRA

02/11/2013

Nouveaux virus : tentative d'extrapolation

On estime généralement que 70% des maladies virales émergentes sont d'origine animales. Toutefois, le nombre de virus nouveaux susceptibles d'être découverts dans les prochaines années n'est pas connu.

Simon Anthony, du centre « Infection et immunité » de l'école de santé publique de l'université de Colombia, estime à environ 320 000 le nombre de virus nouveaux qui pourraient être détectés chez les mammifères. Pour arriver à ce chiffre, les chercheurs ont pratiqué une étude sur des échantillons biologiques issus de chauve-souris, en l'occurrence des roussettes du Bangladesh, pour lesquels 58 nouveaux virus ont en effet été identifiés. En extrapolant ce résultat aux 5 486 espèces de mammifères connus, cette étude conclut à un nombre de 318 000 virus. Cette extrapolation comporte toutefois des limites : elle ne prend en compte que les virus des mammifères et pas ceux des oiseaux, et n'est basée que sur une seule espèce.

 Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

 Source : Science Daily

20/11/2012

Le Danemark envisage un plan ambitieux pour améliorer le bien-être animal et réduire l'usage d'antibiotiques

Le 2 novembre 2012, le Parlement danois a ratifié un agrément sur des règles strictes relatives au bien-être animal et à l'usage d'antibiotiques en productions animales, sur le site de l'élevage et pendant les transports. Ces nouvelles règles sont assorties de ressources complémentaires pour les inspections. Le nouveau dispositif incitera à ce que les médicaments ne soient administrés qu'à des animaux nécessitant un traitement et non à tout le troupeau de manière systématique.

Ce plan est une grande avancée dans la lutte contre la réduction d'antibiotiques en élevage et il contribuera à lutter contre l'antibiorésistance, qui est une menace sérieuse pour la santé publique, a précisé la ministre danoise de l'agriculture, de l'alimentation et de la pêche, Mette  Gjerskov. Les règles strictes relatives à l'usage d'antibiotiques font partie intégrante du concept de "one health", dans lequel la santé animale et la santé humaine sont étroitement liées. L' accord danois comporte aussi de remarquables améliorations concernant le bien-être animal, et un contrôle plus strict de l'application de ces mesures.   


 La préoccupation relative à la réduction de l'usage d'antibiotiques est suivie à l'échelon européen puisque la journée du 18 novembre est consacrée à ce thème. Au niveau national, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), a consacré la journée du 19 novembre à un état des lieux sur l'antibiorésistance et le ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la foret vient de lancer le plan EcoAntibio 2017.   


Source : Ministère de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche du Danemark

06/09/2012

Le CNRS et l'INSERM ont lancé une recherche sur un modèle prédictif sur les épidémies animales

Le CNRS et l'INSERM, en collaboration avec l'université Toulon-Var et des équipes italiennes, élaborent un réseau mathématique permettant d'identifier les risques de propagation de pathogènes lors de transports d'animaux. Cette étude actuellement en cours simule la propagation d'une épidémie de fièvre aphteuse qui toucherait les bovins, et suit le principe de l'organisation d'un réseau complexe.

Contrairement aux modèles de réseaux classiques, qui sont fixes, le réseau est ici adapté en fonction des circonstances temporelles et géographiques. Pour l'instant, ce projet de recherche est mené sur des données communiquées par les autorités italiennes. Un partenariat est envisagé avec la Suède.

Ce travail ambitieux pourra apporter des éléments particulièrement utiles à la surveillance par les autorités sanitaires en matière de santé animale.

 

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

 

Source : CNRS


20/10/2020

ROADMAP, un groupement de chercheurs sur les antimicrobiens

En mai 2020, le projet européen ROADMAP (Rethinking Of Antimicrobial Decision-systems in the Management of Animal Production) a diffusé une première newsletter fournissant des données sur ce sujet et un état d’avancement du projet. De 2019 à mai 2023, ce travail sur l'antibiorésistance associera 17 partenaires (universités, instituts de recherche, industriels) provenant de 9 États membres. Pour la France sont mis à contribution INRAE (coordinateur), le CIRAD, INRAE transfert et l'ACTA. Le réseau promeut un usage prudent et raisonné des antimicrobiens en élevage, sur le fondement d'une analyse des déterminants socio-économiques de leur usage, de stratégies de conduite du changement et de scénarios d'impact portant sur diverses productions animales (filières porc, aviaire, lait et viande bovine) de pays européens ou non (Vietnam, Mozambique).

Source : ROADMAP