Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/05/2018

Les territoires, au service d'une agriculture et d'une alimentation durables selon la FAO

La prise en compte des enjeux liés au développement durable nécessite la mise en place de stratégies globales et intégrées de gestion des écosystèmes et des territoires. Telle est l'idée défendue par la FAO dans un rapport publié récemment et intitulé Landscapes for life.

Dans ce document, l’organisation onusienne appelle à privilégier les démarches systémiques, conduites à l'échelle de territoires ou d'ensembles paysagers régionaux, afin d'encourager la transition vers une agriculture et une alimentation durables. Pour la FAO, ce type d'approches est le mieux à même de satisfaire les besoins des populations vivant sur un territoire donné, en tenant compte de la multifonctionnalité de ce dernier et du fait qu'il fournit des biens et services à des catégories d'acteurs aux intérêts parfois contradictoires. C'est aussi, selon les auteurs, le moyen le plus efficace pour avoir une gestion durable des ressources et accroître la résilience des populations locales face aux aléas, notamment ceux résultant du changement climatique.

5 principes clés d'une agriculture et d'une alimentation durables

FAO-landscapes.jpg

Source : FAO

L'essentiel du rapport est consacré à la présentation des différents types d'approches territoriales mises en œuvre par la FAO dans le cadre de ses interventions : gestion durable de bassins versants, restauration paysagère et forestière, approches écosystémiques des pêcheries et de l'aquaculture, etc. À chaque fois, des cas concrets de projets pilotés ou appuyés par l'organisation sont présentés, à titre d'illustrations. Elle a par exemple assisté les autorités marocaines pour la mise en place d'un programme de gestion durable du bassin versant de l'Oued Outat, dans le double objectif de lutter contre la pauvreté et la désertification. Construit au moyen d'une consultation large, incluant l'ensemble des parties prenantes, ce programme prévoit la réhabilitation des zones dégradées, le développement des infrastructures locales ainsi que la promotion de pratiques agricoles plus durables à travers un programme de recherche-action participative visant à combiner connaissances traditionnelles et scientifiques.

Afin de faciliter la mutualisation entre acteurs du développement impliqués dans des démarches territoriales, et de capitaliser sur les actions engagées, plusieurs guides de bonnes pratiques, boîtes à outils et plate-formes numériques ont été élaborés et mis à disposition par la FAO. Pour autant, les auteurs considèrent qu'il reste beaucoup à faire sur ces aspects.

Mickaël Hugonnet, Centre d’études et de prospective

Source : FAO

09/04/2018

Les Européens, l'agriculture et la PAC : résultats de l'Eurobaromètre 2017

La Commission européenne conduit fréquemment, depuis 1974, des enquêtes d'opinion publique auprès des citoyens européens, appelées Eurobaromètres. Huit ont ainsi été menées sur « les Européens, l'agriculture et la Politique agricole commune (PAC) » depuis 1988, dont la dernière édition a été publiée en février 2018. Réalisée par la société TNS political & social à la demande de la Direction générale de l'agriculture et du développement rural, elle repose sur des entretiens réalisés en face-à-face en décembre 2017 auprès de 28 000 citoyens des 28 États membres (dont 1 015 en France). L'échantillonnage réalisé assure une répartition géographique et socio-démographique des interviewés représentative de leur importance dans chaque pays. Comme dans tous les Eurobaromètres, les données détaillées sont mises à disposition du public. Dans le rapport, une partie des résultats est mise en perspective avec ceux des précédentes éditions.

Les sujets abordés au fil des 22 questions posées sont larges, les personnes interrogées donnant par exemple leur opinion sur : le rôle et les responsabilités des agriculteurs dans la société (voir la première figure ci-dessous) ; le niveau approprié pour gérer le secteur (communautaire, national ou régional) ; les objectifs que devraient avoir les politiques agricoles et de développement rural ; la connaissance de la PAC et la perception de sa performance et de ses priorités (voir la deuxième figure) ; les bénéficiaires de la PAC ; le soutien financier actuel et futur aux agriculteurs ; les facteurs qui influencent les achats alimentaires ; l'agriculture biologique ; le commerce international de produits agricoles (incluant les accords commerciaux).

Opinion des citoyens européens sur les principales responsabilités qu'ont les agriculteurs dans notre société (résultats agrégés)

Eurobarometre1.jpg

Source : Commission européenne

Des résultats très riches de cette enquête, les auteurs concluent notamment que plus de 9 citoyens européens interrogés sur 10 considèrent que les zones agricoles et rurales sont importantes, voire très importantes (53 %) pour l'avenir. Fournir une alimentation de qualité, saine et sûre doit pour eux, et ce depuis les années 1990, demeurer la priorité des agriculteurs et des politiques publiques. Plus des deux tiers déclarent connaître la PAC et soutiennent ses objectifs, tandis qu'une petite moitié pense que cette politique ne bénéficie pas uniquement aux agriculteurs (figure ci-dessous). La majorité considère que le budget de la PAC est adéquat (45 %) ou trop faible (26 %), 11 % le considérant trop élevé.

Réaction des citoyens européens interrogés face à l'affirmation : « la PAC bénéficie à tous les citoyens européens et pas qu'aux agriculteurs » (résultats par pays)

Eurobarometre2.jpg

Source : Commission européenne

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Source : Commission européenne

09:38 Publié dans 4. Politiques publiques, PAC, Société | Lien permanent | Tags : eurobaromètre, opinion, ue, agriculture, pac |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/03/2018

L'université de Wageningen publie les résultats d'une étude pilote sur la blockchain

L'université de Wageningen a publié en décembre 2017 les résultats du projet « blockchain pour l'agriculture », conduit dans le cadre d'un partenariat public-privé. Il visait à mieux comprendre les enjeux, la pertinence et l'applicabilité de cette technologie pour le secteur agroalimentaire, sur la base d'une revue de littérature, de la consultation de multiples parties prenantes et du développement d'un test grandeur nature, réalisé sur le raisin de table biologique sud-africain.

La technologie de blockchain, qui repose sur diverses avancées de l'informatique fondamentale et des mathématiques appliquées (comme la cryptographie), garantit l'intégrité et la cohérence de bases de données décentralisées. Elle trouve une application assez naturelle dans les chaînes d'approvisionnement agroalimentaires, qui font face à des défis de traçabilité, de sécurité sanitaire, de transparence des procédés de production et de transformation, et de confiance du consommateur dans l'information qui lui est donnée. La blockchain pourrait faciliter le partage de données sécurisées entre les acteurs du secteur et, à terme, compléter voire se substituer aux processus actuels d'audits par des tierces parties indépendantes.

Le rapport décrit précisément comment le test d'application a été techniquement mis en œuvre, y compris son architecture informatique. Des entretiens avec les acteurs de la chaîne d'approvisionnement étudiée ont permis d'identifier leur positionnement vis-à-vis de la blockchain (voir figure), les menaces et opportunités dont elle est porteuse. In fine, le test démontre la faisabilité technique de cette technologie tout en soulignant ses limites actuelles.

Niveaux de connaissance et d'engagement sur le sujet de la blockchain des parties prenantes clés du projet pilote

blockchain.jpg

Source : université de Wageningen

De fait, si le potentiel de la blockchain pour le secteur agroalimentaire se confirme, sa valeur ajoutée par rapport à d'autres systèmes informatiques existants est aujourd'hui discutable. En outre, passer de projets pilotes à des déploiements à grande échelle pose encore de nombreuses difficultés tant technologiques (ex : volume de données, lien entre celles-ci et les produits physiques) qu'organisationnelles. En conclusion, le rapport encourage les pouvoirs publics à soutenir et stimuler le développement de cette technologie, notamment via la recherche publique et d'autres projets exploratoires de ce type, et à développer un cadre légal pour l'encadrer.

Vanina Forget, Centre d'études et de prospective

Source : université de Wageningen

11:04 Publié dans Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : blockchain, wageningen, agriculture |  Imprimer | | | | |  Facebook

09/02/2017

Agricultures et villes : des articulations renouvelées

Les Annales de géographie livrent un dossier qui met en lumière plusieurs aspects des agricultures péri-urbaines. Y. Le Caro (université Rennes 2) rend compte d’une enquête par entretiens avec des agriculteurs de l’Ouest de la France, dans le cadre d’une approche topologique. Le plus souvent, « les agriculteurs interrogés font preuve d’ingéniosité pour adapter leur exploitation et plus précisément leurs parcelles aux évolutions et demandes exogènes qui concernent directement leur espace de travail ». Par exemple, un agriculteur déclarera en jachère une petite parcelle pour ménager le passage des chevaux ou louer des terres pour le jardin de nouveaux voisins. « Par contraste », le chercheur se dit « frappé par la rareté et la confidentialité des réflexions et des moyens consacrés », au sein des territoires ruraux et des organisations agricoles, « à l’intégration territoriale des interactions agri-urbaines ».

Par ailleurs, C. Clément et C. Soulard (Inra) s’intéressent à la « publicisation » des espaces agricoles dans le Languedoc, c’est-à-dire à la concurrence des usages sur ces espaces « pratiqués par de multiples acteurs » (habitants, touristes, etc.). Signalons également un article qui évalue les initiatives sarthoises de fourniture de produits locaux et de qualité à la restauration collective depuis la fin des années 2000, avec un bilan mitigé.

Source : Annales de géographie

10:48 Publié dans Territoires | Lien permanent | Tags : péri-urbain, ville, agriculture |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/12/2015

Agriculture et monde agricole. Pierre Daucé

dauce.jpg

Il est des livres-thèses, défendant une argumentation centrale de bout en bout, ou des livres-compilations, accumulant des idées et des faits relatifs à un sujet. Entre ces extrêmes, cette publication de Pierre Daucé (ancien chercheur INRA et ancien professeur à l'ENESAD et à l'ENSAR), est un bel exemple de livre-panorama, puisqu’il porte un regard circulaire sur l’histoire et sur l’avenir de l’agriculture française, en soulignant bien les débats et les défis, mais aussi les lignes de rupture et les marges de progrès qui structurent ce monde agricole.

Il commence en situant l’agriculture dans l’économie nationale, et rappelle que la production et les rendements croissent continûment depuis deux siècles, avec des exploitations plus grandes, plus mécanisées, qui participent aux échanges interindustriels et aux équilibres de la balance commerciale, mais ne représentent plus qu’une très faible proportion de l’emploi global et du PIB. Il prolonge son portrait par une description des nombreuses institutions et organisations agricoles (syndicats, coopération, mutualisme, etc.), et des non moins nombreuses politiques, réglementations, incitations, réformes, qui n’ont pas cessé d’encadrer ce secteur. Il s’intéresse ensuite aux productions, abondantes et diversifiées, fondées sur une mobilisation de plus en plus importante de capitaux, sur des structures sociétaires, de fortes spécialisations régionales et une différenciation marquée des statuts et des profils des actifs. Le chapitre suivant présente les grandes composantes du système agroalimentaire : production, distribution, consommation, filières, chiffres et règles du commerce international, marchés et prix, logiques de soutien public ou de libre concurrence. Le portrait se prolonge ensuite par des pages sur les conditions de vie en agriculture (famille, santé, retraite, accès aux équipements et aux services), les plus nombreuses étant consacrées à la mesure des revenus, à leur variabilité dans le temps et leur disparité selon les systèmes de production. Ce panorama se termine par une ouverture prospective sur les défis à venir pour l’agriculture française : les sources de tensions s’accumulent (environnement, développement rural, sécurité alimentaire, mondialisation), les jeux d’acteurs se complexifient, de nouvelles politiques apparaissent, et les modèles d’exploitation adaptés à ces changements restent certainement à trouver…

Bruno Hérault, Centre d’études et de prospective

Lien : La Documentation française

10:32 Publié dans Agriculteurs | Lien permanent | Tags : agriculture, monde agricole, daucé |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/12/2014

Une encyclopédie en ligne des ravageurs et auxiliaires de plein champ

Le bureau de développement de l'agriculture et de l'horticulture du Royaume-Uni a publié une encyclopédie de plus de 200 ravageurs et auxiliaires de plein champ. Ces derniers y sont décrits, ainsi que leur nuisibilité ou utilité, et les moyens de les limiter ou de les favoriser (en grandes cultures principalement). L'ouvrage, accessible en ligne, fournit des clés d'identification des stades larvaires, des seuils d'intervention, des descriptions des cycles de reproduction, etc. L'encyclopédie n'est disponible qu'en anglais mais les noms latins des espèces permettent de trouver la traduction française.

Source : AHDB Agriculture & Horticulture Development Board

14:28 Publié dans Agronomie, Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : agriculture, horticulture |  Imprimer | | | | |  Facebook