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10/12/2015

États-Unis : publication des volumes d’incorporation de biocarburants pour les années 2014-2016 et impacts sur les Renewable Identification Numbers

Diffusés le 30 novembre par l’Environmental Protection Agency (EPA), les nouveaux volumes d’incorporation de biocarburants montrent une augmentation des attentes pour l’éthanol produit à partir du maïs, et ce en comparaison avec la version provisoire datant de mai 2015 (voir à ce sujet la brève publiée sur ce blog). Le tableau ci-dessous reprend l’ensemble de ces éléments.

Comparaison du RFS 2, de la proposition provisoire et de la décision finale de l’EPA de mai 2015

(unité : milliard de gallons d’éthanol équivalent)

tableau-biocarb.jpg

Source : farmdocdaily (présentation CEP)

Sur le site farmdocdaily (University of Illinois), Scott Irwin et Darrel Good discutent des implications de cette publication. Les nouveaux volumes traduiraient la volonté de l’EPA de dépasser la contrainte du blend wall, ainsi que le possible retour dès 2017 aux volumes fixés en 2007 pour l’éthanol (maïs), soit 15 milliards de gallons. De plus, ils notent une forte augmentation des prix du Renewable Identification Numbers (RIN), dans les trois jours suivant la décision finale de l’EPA. Reprenant un raisonnement similaire à celui développé pour la flambée de 2013 (voir à ce sujet un billet publié sur ce blog), ce changement brusque refléterait une crainte d’épuisement dans les mois à venir des RIN stockés, et donc la difficulté à honorer les obligations d’incorporation pour l’éthanol (maïs). Par ailleurs, cette évolution rapide sur les marchés indiquerait que cette contrainte ne sera pas levée par le recours à des biocarburants à des taux d’incorporation plus élevés (E15, E85), mais par l’utilisation de biogazole.

Sources : EPA, farmdocdaily

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16/11/2015

La bioéconomie en Europe au cœur du 4e exercice de prospective du SCAR

Le 8 octobre, le Standing Committee on Agricultural Research (SCAR) a présenté les résultats de son 4e exercice de prospective, dont le rapport et les présentations sont disponibles ici. Ce travail a comme objectif d’explorer, à l’horizon 2050, les conséquences du développement de la bioéconomie telle que définie par la Commission européenne, en se donnant comme contrainte la durabilité du système.

Dans un premier temps, les auteurs rappellent les principes qui sous-tendent ce développement de la bioéconomie et ses divers enjeux : sécurité alimentaire, ressources limitées, dépendance aux énergies fossiles, changement climatique, compétitivité. Ils insistent sur les priorités données à l’alimentation humaine, aux rendements soutenables, à « l’approche en cascade » et à la circularité (en particulier s’agissant de l’utilisation des déchets), et à la diversité des systèmes de production, de leurs échelles ainsi que de leurs produits.

Le rapport propose également un état des lieux distinguant différents secteurs : l’alimentation (humaine et animale), les matériaux et molécules à destination de la chimie, la forêt, le secteur énergétique (bioénergie et biocarburants). Les principales tendances en termes de technologies, de politiques publiques et de marchés y sont présentées.

À l’horizon 2050, 3 scénarios sont élaborés à partir d’hypothèses sur les moteurs contextuels que sont le changement climatique (vitesse d’évolution et capacité d’adaptation), la croissance économique et la situation géopolitique. Les autres variables clés sont la demande en biomasse (part des produits biosourcés), mais aussi la capacité à produire ces ressources. Les scénarios sont intitulés (cf. tableau ci-dessous) :

– « bio-modesty », où la demande en biomasse pour les matériaux et l’énergie est relativement faible, les autres technologies (sources solaire et éolienne) s’étant développées rapidement ;

– « bio-boom », avec une demande élevée pour la biomasse, soutenue par les secteurs non alimentaires et une production également importante ;

– « bio-scarcity », où la demande est forte, alors que l’offre en biomasse reste limitée, suite à des réticences face aux nouvelles technologies et des conséquences négatives du changement climatique, par exemple.

Le rapport se conclut sur un ensemble de recommandations pour la recherche, comme la prise en compte de la résilience ou des dimensions socio-culturelles.

Résultats du croisement entre scénarios de contexte et hypothèses sur l’offre et la demande en biomasse

scar,bioéconomie,prospective

Source : SCAR

Elise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : SCAR

 

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14/09/2015

Biomasse et énergie à l’horizon 2050 : évaluation des impacts via la modélisation

Pour leurs travaux publiés en ligne dans Energy Economics en juillet 2015, deux chercheurs du MIT ont mobilisé le modèle d’équilibre général Economic Projection and Policy Analysis afin d’explorer, à l’horizon 2050 et à l’échelle mondiale, l’impact d’une utilisation de la biomasse à des fins énergétiques (transport, électricité et chaleur). Pour ce faire, des modifications ont été apportées au modèle comme :

– une différenciation des matières premières et des débouchés des productions en éthanol et biogazole, des procédés de transformation de première génération et ceux liés à l’utilisation de la lignocellulose ou à la conversion de l’éthanol en biogazole ;

– une intégration de certains coûts, comme ceux des technologies de conversion de la lignocellulose et leurs évolutions dans le temps ou ceux associés à la collecte et au transport de la biomasse ;

– la prise en compte des émissions liées aux changements d’usages des terres, en utilisant les estimations du terrestrial ecosystem model ;

– des évolutions de politiques publiques relatives aux biocarburants, pour l’Union européenne et les États-Unis (ex : 13,5 % d’énergies renouvelables dans les transports à partir de 2030 dans l’UE).

Les auteurs étudient plusieurs alternatives, en les comparant à une référence « business as usual ». En particulier, ils intègrent un prix du carbone (valeurs obtenues par itération pour atteindre un objectif en bioénergie en 2050 proche de la production d’énergie primaire liée au charbon en 2010). Ce dernier varie de 25$ en 2015 à 99$ en 2050. Les émissions diminueraient alors de 42 % par rapport à la référence, voire de 52 % si le prix du carbone est aussi appliqué aux émissions liées aux changements d’usage des sols, et il s’agit de la seule alternative où il n’y a pas de déforestation par rapport à la référence. Les technologies de conversion de la lignocellulose auraient aussi une place prépondérante, à condition que les coûts associés diminuent et que les limites structurelles liées à l’incorporation soient levées (blend wallvoir l’article de la revue NESE à ce sujet) ; dans le cas inverse, l’électricité et la chaleur seront des débouchés plus importants. Enfin, les auteurs estiment que les prix des produits alimentaires augmenteraient de 3,2 à 5,2 % selon les politiques considérées.

Figure reprenant la production globale de biomasse, ses conversions et ses débouchés énergétiques pour la référence « business as usual » (à gauche) et avec un prix du carbone (hors application au changement d’usage des terres, à droite)

biomasse.jpg

Source : Energy Economics

 

 

12:14 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Energie, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : biomasse, énergie, biocarburants, 2050 |  Imprimer | | | | |  Facebook

11/09/2015

Biocarburants et changement d’usage des sols : la notion de « greenhouse gas payback time »

Publié avant l’été dans Nature Climate Change, un article, corédigé entre autres par des chercheurs de Radboud University aux Pays-Bas et de l'IIASA, s’intéresse à l’importance de la localisation géographique des productions de biocarburants. L’idée est d’étudier en particulier l’impact de changements d’usage des sols sur les émissions, en prenant en compte la dimension temporelle. Ainsi, les auteurs introduisent le concept de « greenhouse gas payback time » (GPBT) : il s’agit du temps nécessaire aux cultures destinées à la production de biocarburants pour compenser les gaz à effet de serre émis lors du changement d’usage des sols.

Ce travail de modélisation permet aux chercheurs de conclure que le GPBT varie en fonction du type de culture (5 étudiées ici : maïs, colza, soja, canne à sucre et blé d’hiver), des pratiques culturales (avec ou sans intrants) et de l’usage actuel de la surface convertie. La localisation a été identifiée comme le facteur le plus important (expliquant 90 % des variations). Pour l’ensemble de l’exercice, le GPBT varie entre 1 et 162 années (médiane à 19 années), avec la plus longue durée dans les tropiques. Les auteurs déterminent également un GPBT allant de 20 ans pour le colza à 60 ans pour la canne à sucre (en moyenne) en l’absence d’intrants. Cette valeur diminue avec l’application d’intrants pour toutes les cultures, comme l’illustrent par exemple les cartes ci-dessous sur le maïs. Les céréales (maïs et blé d’hiver) ont alors le GPBT le plus faible (moins de 10 années).

Variation du « Greenhouse gas payback time » pour le maïs destiné à la production d’éthanol, en fonction des intrants (irrigation et fertilisants) : avec (en haut) et sans (en bas)

GPBT1.jpg

GPBT2.jpg

Source : IIASA

À partir de ces travaux, les auteurs appellent donc à intégrer la dimension spatiale dans les analyses de cycle de vie. Des travaux complémentaires sur le changement d’usage des sols indirects sont actuellement en cours à l'IIASA, pour lesquels une publication est attendue prochainement.

Elise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Sources : IIASA, Nature Climate Change

 

12:05 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Climat, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : biocarburant, usage des sols, gpbt |  Imprimer | | | | |  Facebook

24/06/2015

Biocarburants et modélisation : éclairage sur la prise en compte de l’alimentation humaine dans les émissions de GES associées

Une étude publiée dans Science croise les résultats de différents modèles qui traitent du secteur des biocarburants, et questionne les périmètres de comptabilisation des émissions ou absorptions de gaz à effet serre (GES) associées, en lien avec les arbitrages inhérents à un exercice de modélisation. Les auteurs ont plus précisément regardé trois modèles aux États-Unis et en Europe : GTAP de la Purdue University (travaux de 2009 et de 2014) mobilisé dans le California Air Resources Board, FAPRI-CARD model utilisé par l'Environmental Protection Agency, et IFRPI-MIRAGE mobilisé par la Commission européenne.

Les chercheurs ont conduit une analyse des différents postes de réduction ou d’émission de GES dans ces trois modèles :

– les émissions résultant de la production des cultures et de l’éthanol,

– celles liées à la fermentation de l’éthanol, à sa combustion et au changement d’usage des sols,

– la fixation du carbone par les plantes (via l’augmentation des rendements ou la mobilisation de nouvelles parcelles pour la production d’éthanol).

Ils s’intéressent en particulier aux émissions évitées par la moindre consommation humaine ou animale (respiration et déchets). Ils concluent à une très forte sensibilité des émissions liées aux biocarburants à ce facteur. La réduction de GES associée représente en effet pour les différentes simulations, à partir des trois modèles, entre 20 et 50 % de l’ensemble des postes cités ci-dessus. Ainsi, la conclusion appelle à plus de transparence lors de la publication des travaux de modélisation, et donc à un meilleur éclairage sur l’analyse des principaux facteurs explicatifs des résultats publiés.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : Science

 

09:25 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Climat | Lien permanent | Tags : ges |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/06/2015

L’EPA publie une nouvelle proposition sur les volumes de biocarburants pour les années 2014, 2015 et 2016

Alors que le Renewable Fuel Standard 2 (RFS 2) datant de 2007 fixe aux États-Unis les volumes de biocarburants à incorporer dans les carburants fossiles pour les années 2008 (8 milliards de gallons) à 2022 (36 milliards de gallons), l'Environmental Protection Agency (EPA) a proposé le 29 mai 2015 une nouvelle estimation de ces volumes. Cette dérogation fait suite à une révision formulée en novembre 2013 qui, pour la première fois, envisageait de modifier les objectifs globaux du RFS 2, et non seulement celui des biocarburants dits avancés (biogazole, biocarburants cellulosiques). Le tableau ci-dessous reprend les nouvelles quantités pour les années 2014, 2015 et 2016 :

Comparaison du RFS 2 et de la proposition de révision de l’EPA de mai 2015 (unité : milliard de gallons d’éthanol équivalent)

biocarb.jpg

Source : EPA, présentation CEP

Pour justifier cette révision notamment vis-à-vis de l’amont de la filière, l'EPA s’appuie sur l’argument d’une offre domestique qualifiée d’inadéquate, en particulier suite à la baisse de la consommation globale de carburants et donc l’atteinte du blend wall (saturation du marché de l’E10, ainsi qu’un développement limité de l’E15 et de l’E85 – voir cet article dans Notes et études socio-économiques pour plus de détails). L’EPA cite aussi des limites au niveau de la production et des importations en biocarburants respectant les standards du RFS2. À cet égard, l’Agence relève un développement plus lent que prévu de l’industrie des biocarburants cellulosiques. Cette proposition sera discutée le 25 juin lors d’une audience publique et la décision finale est prévue pour fin novembre.

Source : Environmental Protection Agency

 

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20/05/2015

Biocarburants et débat public : la rhétorique des générations technologiques

Dans un article publié par la revue de sciences de la communication Réseaux, Thomas Tari (université Paris-Est) entreprend de décortiquer les usages de la notion de « génération » technologique (comme dans « OGM de nième génération »). Il le fait pour le cas des biocarburants, à partir d’un important travail de documentation (constitution d’une base de données à vocation exhaustive de 197 projets de recherche dans le domaine des bioénergies) et d’enquête (50 entretiens avec des chercheurs et managers de la recherche). Cette notion apparaît d’emblée « fortement liée à la trajectoire sociale de ces innovations et aux controverses qu’elles ont parfois suscitées dans l’espace public ». Elle constitue aussi une ressource rhétorique utile pour dialoguer entre experts, « mais surtout avec leurs tutelles, l’État, les médias et le grand public ». Pour l’auteur, ce faisant, elle contribue aussi à infantiliser et obscurcir le débat. Son travail de clarification « constitue donc un plaidoyer pour l’abandon de ce concept, potentiellement néfaste en ce qu’il véhicule un discours simplificateur, qui ne représente aucunement des choix de sociétés essentiels » dans le contexte de la transition énergétique.

Lien : Réseaux

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05/03/2015

Enquête sur les produits biosourcés auprès de consommateurs européens

Dans le cadre du programme de recherche européen Open-Bio, des chercheurs de l’université de Wageningen ont interrogé 107 consommateurs issus de six pays européens afin de mieux comprendre leur perception du terme « biosourcés ». L’étude montre une disparité dans les représentations des personnes enquêtées : certaines font le lien avec les biotechnologies, d’autres avec l’agriculture biologique ou l’environnement au sens large. Les auteurs soulignent en particulier qu’un grand nombre de consommateurs ne connaît pas ce concept. De plus, aucun des participants n’aurait fait référence au caractère renouvelable de la ressource, la biomasse, constituant la base des produits qui leur ont été présentés.

Source : Wageningen UR

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11/12/2014

Impacts des politiques de soutien aux biocarburants et aux fertilisants en 2025

L'OCDE a publié en novembre 2014 les résultats d'un exercice de modélisation à l'horizon 2025 regardant l'impact des politiques publiques de soutien, d'une part aux biocarburants, principalement sous forme de mandat et d'exemptions de taxe, et d'autre part aux fertilisants via des subventions accordées dans certains pays (Inde, Indonésie, Russie et Chine). Pour ce faire, les auteurs ont mobilisé une base de données de l'OCDE répertoriant les politiques publiques de 48 pays en lien avec ces deux secteurs, ainsi que le modèle d'équilibre général MAGNET. L'objectif était d'étudier les évolutions du revenu des agriculteurs, ainsi que les conséquences sur les prix des matières premières.

Au chapitre des conclusions, les auteurs retiennent que :

- les soutiens à la production de biocarburants sont à l'origine d'une demande supplémentaire de matières premières agricoles et d’une augmentation des revenus des agriculteurs (environ 1 % par rapport au scénario de référence, avec une approche combinant les soutiens aux biocarburants et aux fertilisants), mais ils induisent des coûts plus élevés pour les éleveurs ou les consommateurs ;

- les politiques publiques associées aux fertilisants sont à l'origine d'une augmentation des revenus agricoles dans les pays ayant des politiques de subventions, alors que l'effet est opposé ailleurs ;

- les politiques de soutien aux deux secteurs augmentent de 1 à 7 % la production globale de blé et autres céréales, d'oléagineux et de plantes sucrières ; à l’inverse, les prix du riz, blé et plantes sucrières diminuent (jusqu'à – 6 %), l'effet étant atténué pour les céréales autres que le blé et pour les oléagineux soutenus par la production de biocarburants.

Les auteurs soulignent aussi l'importance du contexte, en particulier le prix de l'énergie, dont le niveau impacte significativement les résultats : par exemple un prix bas du pétrole rend les biocarburants moins compétitifs par rapport aux carburants fossiles. Cet exercice présente plusieurs limites : le traitement imparfait de l'incertitude (données ou comportement des acteurs modélisés), l'absence d’intégration des évolutions technologiques (par exemple carburants de seconde génération), la non prise en compte de l'adaptation des stratégies des agriculteurs suite au changement des prix, etc.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : OCDE

15:00 Publié dans 3. Prévision, Biomasse/Biocarburants | Lien permanent | Tags : ocde, biocarburants, fertilisants |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/12/2014

L'approche génomique à haut débit offre de nouvelles pistes aux produits biosourcés

Une seule bactérie, Clostidium phytofermentans, est au cœur des récents travaux publiés par les chercheurs du Génoscope associés à l'université d'Evry et au CNRS. L'intérêt pour ce micro-organisme tient à sa capacité de dégrader une grande diversité de polysacharides en éthanol et hydrogène, grâce à une batterie d'enzymes. Le recours à la génomique à haut débit a permis d'identifier 171 enzymes et de mieux comprendre les mélanges enzymatiques nécessaires à cette dégradation. Cette découverte représente de nouvelles pistes d'applications pour la transformation de la biomasse végétale par voie enzymatique en vue de créer des produits biosourcés.

Source : PLOS Genetics

 

14:40 Publié dans 5. Fait porteur d'avenir, Biomasse/Biocarburants, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : bioéconomie |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/11/2014

Histoire et perspectives pour le site de Bazancourt-Pomacle

Quatre auteurs de la NEOMA Business School viennent de publier un ouvrage dédié au concept de bio-raffinerie, s'appuyant sur l’expérience du site de Bazancourt-Pomacle (Marne), en lien avec le pôle de compétitivité Industries & Agro-Ressources (IAR). Initialement créé par des agro-industries (distillerie puis sucrerie en 1953), ce site rassemble aujourd’hui des installations industrielles variées (sucrerie, amidonnerie, production d'acide succinique, de cosmétiques, de tensio-actifs, etc.), des démonstrateurs et pilotes industriels (ex : éthanol de deuxième génération) et une plate-forme d’innovation, soit une approche intégrée permettant le passage du laboratoire à l’industrialisation. Les auteurs font un retour sur l’histoire de la bio-raffinerie, et présentent le fonctionnement du site, sur le principe de l’écologie industrielle (en particulier pour l’eau, l’énergie et la gestion des effluents). Quant aux perspectives, deux projets sont présentés : une ferme expérimentale qui permettrait d’étudier les variétés pouvant répondre au mieux aux besoins et exigences de la bio-raffinerie, ainsi que l’agrandissement du site pour accueillir de nouveaux acteurs par exemple.

Parallèlement à cette publication et en lien aussi avec le pôle de compétitivité IAR, l’APEC a réalisé une étude sur les métiers stratégiques pour la filière de la chimie du végétal et des biotechnologies industrielles. 32 professions ont ainsi été identifiées comme susceptibles de répondre aux enjeux de la filière à l’horizon de 3 à 5 ans. Quatre grandes familles sont retenues : l’innovation (ex : ingénieur R&D en biotechnologies ou en matériaux biosourcés), la production et l’optimisation industrielle (ex : responsable logistique matières premières végétales ou conseiller agro-ressources), la protection (ex : ingénieur méthanisation) et la compréhension des marchés.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Sources : L’Harmattan, APEC

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07/11/2014

Bioéconomie : retour sur la conférence organisée par l'APCA

« Bioéconomie, comment peut-elle contribuer à une meilleure valorisation de la production agricole ? », telle était la question posée par l'APCA le mardi 4 novembre 2014. Organisée à l'initiative de l’Amicale des conseillers agricoles à Paris, cette conférence a réuni des représentants d’ambassades, instituts de recherche, centres techniques, industriels et fédérations de professionnels. Quant aux présentations, elles couvraient tant des aspects techniques que des exemples de stratégies nationales.

Le premier volet de cette journée portait sur les enjeux de la bioéconomie en lien avec les politiques publiques. Ainsi, selon plusieurs intervenants, les politiques actuelles sont principalement tournées vers le secteur énergétique, créant un déséquilibre dans l'émergence de la bioéconomie. En effet, cette dernière concerne aussi une diversité de secteurs comme en témoignent les tables rondes de l'après-midi organisées autour de trois débouchés distincts : la bioénergie, les biomatériaux et la chimie verte.

Concernant les stratégies nationales, l'exemple finlandais a suscité l'attention. Adopté en mai 2014, la stratégie nationale sur la bioéconomie a été présentée comme un projet de société (réflexion partagée des ministères, collectivités, instituts de recherche et du grand public via un site internet). Bien qu'elle ne bénéficie pas de budget spécifique, l'objectif de cette stratégie est d'inclure la bioéconomie comme ligne directrice et prioritaire des divers financements existants.

De cette conférence ressortent plusieurs éléments. Selon les acteurs, la bioéconomie couvre différents périmètres. Par exemple, le domaine de la santé est pris en compte dans les stratégies américaines et sud-africaines, alors qu'il n'est pas inclus au niveau européen. Les acteurs ont ainsi souligné que la bioéconomie n'est pas aussi présente dans les politiques publiques actuelles qu'elle pourrait le laisser supposer par les larges domaines qu'elle englobe. Insistant sur la nécessité d'incitations claires pour permettre l'émergence de la bioéconomie, la demande d'une stratégie nationale, via une feuille de route, a été formulée à plusieurs reprises.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : APCA

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09/10/2014

Production et consommation de biomasse à des fins énergétiques à l'horizon 2030

L'agence internationale des énergies renouvelables (IRENA) a exploré, dans un document de travail, la place de la biomasse dans la production d'énergie à l'horizon 2030. Selon cette étude, cette ressource pourrait représenter 60 % de l'énergie finale issue de ressources renouvelables.

IRENA.jpg

Alors qu'en 2010 la biomasse est surtout utilisée pour le chauffage et la cuisine, les principaux usages de cette ressource changeraient en 2030 : le chauffage et l'électricité représenteraient presque 30 % des usages, de même pour les biocarburants (9% en 2010). En une vingtaine d'années, la demande pourrait doubler (de 53 à 108 EJ - exajoules), et 56 % de cette dernière seraient concentrésauxÉtats-Unis, en Chine, en Inde, au Brésil et en Indonésie.

L'approvisionnement (97 à 147 EJ par an) se ferait pour 40 % à partir des résidus agricoles et des déchets, le reste étant partagé entre les cultures énergétiques et les produits forestiers. L'étude développe aussi une approche sur les coûts qui seraient compris, selon l'origine de la biomasse utilisée, entre 3 et 17 USD par gigajoules.

Au regard de cette forte croissance de la demande, et, conséquemment, de l'approvisionnement, les auteurs soulignent l'importance d’une mobilisation soutenable de la biomasse, selon les trois piliers habituels du développement durable (économie, environnement, social). Ils insistent aussi sur le rôle croissant que jouera le commerce international pour permettre de répondre à la demande.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : IRENA

 

11:05 Publié dans 3. Prévision, Biomasse/Biocarburants, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : bioéconomie |  Imprimer | | | | |  Facebook

27/08/2014

AGROBIOFILM, un film biodégradable à usage agricole

Fabriqué avec des matériaux dégradables par la microfaune du sol, ce film permet de couvrir le sol, et ainsi de réguler la température du sol, lutter contre les adventices, limiter les pertes d'eau. Ses concepteurs mettent l'accent sur les gains environnementaux et économiques réalisés ; en effet, ce biofilm peut être enterré directement dans le sol contrairement à une couverture en matière plastique, synthétisée à partir d'hydrocarbures.

Le projet AGROBIOFILM a été coordonné par le Portugal en collaboration avec la France, l'Espagne, la Norvège et le Danemark via un financement du 7e programme cadre à hauteur de un million d'euros (2011-2013).

Agrobiofilm.JPG

© Ruud Morijn - Fotolia.com

Source : Joint Research Center

 

09:04 Publié dans Agronomie, Biomasse/Biocarburants, Enseignement et recherche | Lien permanent | Tags : biofilm |  Imprimer | | | | |  Facebook

26/08/2014

Concours Innovation 2030 : quelques projets lauréats pour les ambitions sur la chimie du végétal et la silver économie

La première phase du concours mondial de l'innovation a permis de récompenser 110 projets. Ce concours s’inscrit dans la continuité du rapport remis en octobre 2013 par la Commission Innovation 2030 présidée par Anne Lauvergeon : Un principe et sept ambitions pour l'innovation.

À noter, parmi les lauréats, deux projets en lien avec l'ambition n°4 « les protéines végétales et la chimie du végétale » :

  • le projet BOB - Bioraffinerie optimisée biométhodes – qui, à l'ère de la bioéconomie, propose une exploitation de ressources non-alimentaires (pailles, tiges, bois) pour la production de biocarburants avancés et de composés chimiques « biosourcés » ;

  • le projet MOVE2CHEM qui vise à valoriser les effluents et déchets issus des industries agroalimentaires via leur transformation en molécules chimiques, futures bases de matériaux et produits.

Côté silver économie (ambition n°6), le projet SOFTFOOD a pour objectif de réaliser, à destination des personnes dépendantes souffrant de troubles de la déglutition et de la mastication, des plats à texture modifiée, reprenant la forme 3D de l'aliment d'origine et adaptés aux conditions de la restauration publique (mode de conservation, prix).

Source : Innovation 2030