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14/04/2011

Bio-kérosène

 La compagnie roumaine de transport aérien TAROM et la société Airbus, avec un consortium de partenaires, ont mis en place les bases de l'un des premiers projets européens pour la production et la transformation de bio-kérosène.

Le projet basé en Roumanie vise à fournir des biocarburants extraits de la cameline, plante utilisée actuellement dans l'industrie pour ses graines à forte teneur en huile. Elle représente une alternative renouvelable et durable au carburant traditionnel utilisé dans l’aviation.

Les études de faisabilité en termes de potentiel de développement pour l'agriculture, et de technologies spécifiques pour l'industrie aéronautique, sont en cours. La cameline est la matière de base choisie en raison de son potentiel énergétique, ses qualités en termes de rotation de cultures, son potentiel en termes de réduction de gaz à effet de serre et ses faibles exigences hydriques.

C’est une plante autochtone en Roumanie qui peut être plantée et récoltée dans le cadre des exploitations agricoles familiales. Le consortium travaille avec l'Université de Sciences agronomiques de Bucarest ainsi qu’avec le Centre de médecine vétérinaire et de biotechnologie (BIOTEHGEN).

Le bio-kérosène est dans la dernière étape d'approbation par l'International Association for Testing Materials (ASTM) aux États-Unis pour être mélangé jusqu'à 50 % avec du carburéacteur normal pour une utilisation dans les vols commerciaux.

Source : Sillons d'Europe n°131, 31 mars 2011

 

16:10 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Environnement | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/03/2011

Le Brésil importe de l’éthanol américain

Le Brésil a importé récemment 80 millions de litres d’éthanol anhydre (à incorporer dans l’essence) en provenance des Etats-Unis. Si la quantité est négligeable (la consommation brésilienne est de l’ordre de 22 milliards de litres), cette opération est symbolique dans la mesure où elle constitue la première importation depuis 1994, dans un pays qui veut devenir le fournisseur d’éthanol de la planète et qui demande dans les enceintes bilatérales et multilatérales l’ouverture des marchés de biocarburants. Certains spécialistes estiment que d’autres importations pourraient avoir lieu prochainement, en raison de la difficulté pour approvisionner le marché intérieur avant que la récolte n’atteigne le plein régime, de la compétitivité prix de l’éthanol américain et parce que la production de sucre reste plus attractive pour les producteurs brésiliens compte tenu des prix mondiaux.

Cette situation n’empêche pas les producteurs et de nombreux analystes d’afficher des objectifs d’exportation très ambitieux à moyen terme et de continuer à voir l’ouverture du marché américain comme un objectif prioritaire. Il est vrai également que le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Approvisionnement prévoit une multiplication par 2,5 de la production d’ici 2020, et que les investissements des poids-lourds se multiplient, avec des projets d’expansion de grande ampleur des éthanoliers traditionnels comme des pétroliers nationaux et internationaux.

 

Jean-Guillaume BRETENOUX

Conseiller agricole au Service Economique Régional de Brasilia

10:39 Publié dans 4. Politiques publiques, 5. Fait porteur d'avenir, Biomasse/Biocarburants | Lien permanent | Tags : brésil, etats-unis |  Imprimer | | | | |  Facebook

25/02/2011

Panorama sur les systèmes agricoles combinant production d'alimentation et d'énergie

Ce Panorama de la FAO sur les systèmes agricoles combinant production d'alimentation et d'énergie (IFES : Integrated Food Energy Systems) rassemble les retours d'expérience et les résultats des principales recherches menés dans différents pays sur ces systèmes innovants. Les auteurs présentent ces systèmes comme des réponses adaptées aux défis de l' "agriculture intelligente face au climat" récemment prônée par la FAO (voir cette note), tant pour les pays en développement que pour les pays développés.

Deux types de systèmes sont décrits : dans IFES1, la production intégrée est pensée à l'échelle d'une parcelle de cultures végétales (rotations diversifiées, agroforesterie). Les systèmes IFES2 sont plus complexes et fonctionnent davantage à l'échelle agro-industrielle car ils nécessitent des investissements matériels importants ; les complémentarités reposent sur les échanges et le recyclage des co-produits entre élevages, pisciculture et plantes. Dans tous les cas, la production d'énergie renouvelable repose sur des technologies de 2ème génération. Les auteurs insistent sur le fait que ces systèmes sont à adapter aux contextes locaux. Notamment, l'utilisation des résidus de cultures pour la production d'énergie n'est possible que si les résidus sont disponibles en excédents. Dans certains cas, il convient de les réserver pour l'alimentation animale ou pour améliorer la fertilité des sols.

Le déploiement de tels systèmes requière la mise en place de structures adaptées pour partager les coûts et la charge de travail induits. Le rapport préconise des organisations collectives par lesquelles les agriculteurs se concentrent sur les tâches agricoles et les activités de production d'énergie sont prises en charge par d'autres acteurs. De plus, la configuration de ces organisations doit impliquer les agriculteurs dans les systèmes de développement et d'accompagnement technique. En effet, les auteurs soulignent que l'intégration verticale des services d'accompagnement ne convient pas à la complexité des systèmes IFES.

Le déploiement de systèmes IFES nécessite des politiques tant agricoles qu'énergétiques. Le rapport souligne certaines défaillances des politiques agricoles et de R&D actuelles pour soutenir ces systèmes : priorité donnée aux commodités et manque de soutiens aux systèmes bas carbone et gérés de manière écosystémique, subventions aux fertilisants chimiques, etc. En termes de politiques énergétiques, le rapport cite deux principaux outils (tarifs d'achat et subventions) en précisant que leur efficacité dépend des contextes locaux (concentrations des acteurs, accès aux capitaux, etc.) et que leur mise en œuvre doit être définie en fonction de ces contextes. Dans tous les cas, ces soutiens doivent faire l'objet de prise en charge publique et assurer des soutiens stables et de long terme.

Fabienne Portet, CEP (Centre d'études et de prospective)

12:00 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Climat, Energie, Filières agricoles | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

20/01/2011

Les carburants alternatifs à l'horizon 2050

Le groupe d'experts sur les carburants du futur pour les transports a présenté un rapport à la Commission européenne dans lequel il indique que les carburants alternatifs disposent du potentiel nécessaire pour remplacer progressivement les sources d'énergie fossiles et rendre le transport durable d'ici à 2050.

Le groupe a élaboré une stratégie globale couvrant l'ensemble du secteur des transports. Il serait possible de répondre à la demande escomptée de tous les modes de transport par une combinaison d'électricité (batteries et hydrogène/piles à combustible) et de biocarburants comme solutions principales, complétées par des carburants de synthèse (issus de sources renouvelables dans une proportion croissante) comme solution intermédiaire, de méthane (gaz naturel et biométhane) comme carburant complémentaire et de GPL comme carburant d'appoint.

Concernant les biocarburants, les experts estiment que leur utilisation est limitée du fait de la disponibilité des matières premières, de la nécessité de maintenir une production alimentaire suffisante et la disponibilité des sols et de l'eau. Les biocarburants issus des déchets et résidus ont également, selon eux, une production limitée liée à la disponibilité de ces matériaux.

Il faudrait donc, dans les années à venir, améliorer le potentiel des matières premières ainsi que les processus de production. Il faudrait également harmoniser les mesures européennes en matière de biocarburants afin d'en assurer la durabilité.

Le rapport présenté sera pris en compte dans l'"initiative stratégique pour des systèmes de transport propres" qui sera lancée cette année par la Commission européenne.

16:27 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Energie | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/01/2011

Coproduits des biocarburants en France : perspectives et conséquences

Le développement de la production de biocarburants se traduit par un afflux de coproduits qui sont des matières premières valorisables par la nutrition animale. Ces nouvelles disponibilités vont jouer sur les équilibres de marchés et vont notamment peser sur le prix des matières premières riches en fibres comme les sons, selon une nouvelle étude de FranceAgriMer (ou page des publications).

À partir d'un scénario de référence, des hypothèses ont été ajoutées afin de faire une projection à 2012. Plusieurs contextes de marché ont été testés présentant des niveaux de prix de l’énergie et de la protéine différents avec des rapports prix tourteaux de soja/blé particulièrement différenciés.

Dans le scénario (E-P++) (coût de l’énergie faible et coût de la protéine élevé), la valorisation des coproduits des biocarburants entraîne une réduction des utilisations des céréales (orge et blé) mais une progression du maïs. Par ailleurs, les tourteaux de colza et drêches issus des biocarburants se substituent partiellement aux tourteaux de soja et induisent une réduction des importations. Le déficit chronique de la balance commerciale du tourteau de soja français pourrait s’en trouver réduit considérablement (jusqu’à - 25 % du déficit de la campagne 2009/10).

Selon FAM, le développement des surfaces destinées aux biocarburants ne se traduit pas par une réduction équivalente des surfaces destinées aux productions alimentaires. Les coproduits des biocarburants – drêches et tourteaux – représentent donc des sources énergétiques et protéiques de choix pour l’alimentation animale.

14:02 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Energie, Filières agricoles | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

15/12/2010

Stratégie allemande de recherche sur la bio-économie d'ici à 2030

Le 10 novembre 2010 a été présenté à Berlin la stratégie nationale allemande de recherche sur la bio-économie d'ici à 2030, la "Nationale Forschungsstrategie BioOkonomie 2030", qui pour la première fois regroupe quatre ministères. La biotechnologie est à l'honneur dans ce programme interministériel dont la première mesure concrète sera une initiative de 100 millions d'euros dans les biotechnologies industrielles.

La somme totale allouée à la bio-économie, comprend des financements du Ministère fédéral de l'enseignement et de la recherche (BMBF), du Ministère fédéral de l'alimentation, de l'agriculture et de la protection du consommateur (BMELV), du Ministère fédéral de l'environnement (BMU) et du Ministère fédéral de la coopération économique et du développement (BMZ) ainsi que des organismes de recherche appartenant aux sociétés Max Planck (MPG) et Fraunhofer (FhG) et aux communautés Leibniz (WGL) et Helmholtz (HGF).

A l'aide de cette stratégie nationale de recherche sur la bio-économie, le Gouvernement fédéral veut poser les jalons d'un développement vers une économie plus durable axée sur les sciences du vivant et plus orientée sur le cycle de vie naturel des matériaux. Pour cela, le gouvernement fédéral a identifié cinq domaines d'action. Ses objectifs seront de garantir l'alimentation mondiale, de développer les chaînes de valorisation pour des procédés et des produits biologiques plus efficaces, de renforcer la production agricole durable, de produire une source d'énergie basée sur la biomasse et de progresser dans l'usage industriel des matières premières renouvelables.

Source : ADIT

01/12/2010

Première usine de "plastique vert" au Brésil

La première usine de plastique sans pétrole a été inaugurée à Triunfo au Brésil. Le polyéthylène «vert» est obtenu à partir d’un composant obtenu lors de la distillation de la canne à sucre pour produire de l’alcool-carburant. Ce plastique a les mêmes caractéristiques que celui obtenu à partir de dérivés de pétrole et peut être utilisé sans adaptation particulière.
Sa production, à partir de matières premières 100% renouvelables, est économe en émissions de CO2, puisque la canne à sucre, en poussant, absorbe ce qui est émis lors de la fabrication.  En revanche, il n'est pas biodégradable, sa destruction pouvant s'étaler sur des siècles.

braskem.jpg


Braskem a investi  500 millions de dollars dans sa fabrique de Triunfo pour implanter cette ligne de production. La capacité est de 200 000 tonnes par an. La première année de production a été commercialisée avant même l'achèvement de l'usine.

4 pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique viennent de signer un accord avec cette entreprise afin d’utiliser cette technologie, ils vont de plus importer de l’éthanol brésilien pour produire leur propre plastique « vert ». Le président du groupe Braskem estime que dans 20 à 25 ans le "plastique vert" aura totalement remplacé le plastique traditionnel.

15:30 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Environnement | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

14/10/2010

Triplement prévu de la production brésilienne d'éthanol

Selon une étude réalisée pour le compte du Ministère des Mines et de l´Energie (MME) brésilien, la production brésilienne d´éthanol devrait presque tripler d’ici 2019, pour atteindre les 64 milliards de litres. Une seconde étude prospective jusqu’en 2030 devra permettre ensuite d´établir une stratégie d´expansion de l´offre en énergie durable par le gouvernement.

Le directeur du Département des biocarburants renouvelables du MME estime qu’environ 5 milliards de dollars USD devrait être investis dans le secteur éthanol au cours des cinq prochaines années, entre la production, la distribution etla recherche. Les pétroliers qui sont récemment entrés de plain-pied dans la production au Brésil (notamment Petrobras en partenariat avec Tereos, Shell en partenariat avec l’éthanolier brésilien Cosan et BP) seraient les principaux responsables de ces investissements.

Tout en annonçant ces grandes perspectives de production, le Brésil ne néglige pas son image sociale et environnementale. Deux usines productrices de sucre et d´éthanol viennent d’obtenir un label vert («selo verde»), décerné par le réseau brésilien de l´Agriculture Durable (affilié à l’ONG Rainforest Alliance), label qui atteste des bonnes pratiques environnementales et sociales sur les parcelles de canne-à-sucre exploitées par les entreprises.

Source : Le B de BRIC, Service économique Brésil, DG Trésor

16:47 Publié dans 3. Prévision, Biomasse/Biocarburants, Environnement, Exploitations agricoles | Lien permanent | Tags : brésil |  Imprimer | | | | |  Facebook

30/09/2010

Les déchets agricoles, source potentielle d'énergie

Récolter les résidus issus de l’agriculture qui sont habituellement laissés dans les champs, et les transformer en une nouvelle génération de biocarburants pourrait générer jusqu’à 31 milliards d’euros par an et créer jusqu’à un million d’emplois en Europe d’ici 2020, selon une étude publiée par Bloomberg New Energy Finance.

L’étude, soutenue par le géant biotechnologique danois Novozymes, estime que les 27 Etats membres auront entre 250 et 300 millions de tonnes de résidus agricoles disponibles annuellement d’ici 2020, à convertir en bio-produits. Le plus grand potentiel d'approvisionnement de biomasse se trouve en France et en Allemagne, là où se trouvent les grandes centrales électriques.

La paille de blé, les résidus de betterave à sucre, la paille d'orge seront les principaux contributeurs agricoles au potentiel de biomasse de l'UE. L'agriculture fournirait 80% de ces résidus, complétés par l'exploitation des forêts et les déchets solides municipaux.

 Si la plupart des résidus étaient rassemblés plutôt que d'être laissés à pourrir dans les champs, ils pourraient produire entre 75 et 90 milliards de litres pour la prochaine génération d'éthanol, estime Bloomberg, qui suppose que seulement 25 % de la biomasse est actuellement récupérée.

 L’étude appelle l’UE à mettre en oeuvre un plan ambitieux à l’échelle européenne pour les biocarburants de la prochaine génération, des incitations à la collecte des résidus agricoles, ainsi que des allégements fiscaux pour les investissements.

16:07 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Energie, Forêts Bois | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

17/09/2010

Biocarburants pour les transports en Europe

Selon le dernier baromètre réalisé par EurObserv'ER, durant l’année 2009, la consommation de biocarburants dédiés aux transports de l’Union européenne a atteint 12 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep). Ce résultat marque une diminution du rythme de croissance de la filière, + 18,7 % seulement entre 2008 et 2009, qui n’ajoute que 1,9 Mtep à la consommation de 2009 par rapport à celle de 2008. Le taux d’incorporation des biocarburants dans le contenu énergétique de l’ensemble des carburants utilisés dans les transports de l’UE ne devrait pas dépasser les 4% en 2009. On est encore loin de l’objectif de 5,75% en 2010 de la directive européenne sur les biocarburants de 2003, qui nécessiterait une consommation de biocarburants de l’ordre de 18 Mtep.

biocarb.jpg

La répartition de la consommation européenne des biocarburants dédiés aux transports reste largement à l'avantage de la consommation de biodiesel qui représente, en contenu énergétique, 79,5% du total, contre 19,3% de bioéthanol. La part de l'huile végétale carburant tend à se marginaliser (0,9 %) et celle du biogaz carburant reste pour l'instant spécifique à un seul pays, la Suède (0,3 %).

10:15 Publié dans Biomasse/Biocarburants | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

01/09/2010

Les cours des matières premières agricoles seraient de plus en plus liés aux prix de l'énergie et à la spéculation

Une étude de la Banque Mondiale revient sur les raisons de la hausse des prix des matières premières qui a abouti au pic des prix agricoles en 2006-08. Elle relativise tout d'abord l'importance de deux facteurs qui ont souvent été mis en avant ; biocarburants et demande des pays émergents. A l'inverse, trois facteurs sont mis en avant : le prix du pétrole, la spéculation et l'intégration des marchés agricoles.

Selon l'étude, l'augmentation de la demande des pays émergent n'aurait pas eu d'effet significatif. L'impact de l'essor des biocarburants serait moindre qu'initialement pressenti. Les auteurs soulignent par contre l'importance de l'influence des prix des énergies fossiles sur la formation des prix agricoles internationaux. Cette influence a été forte sur toute la deuxième moitié du XXè siècle, et elle a cru lors de la dernière crise. L'étude insiste aussi sur la forte intégration des différents marchés des matières premières : ainsi la hausse des prix du pétrole s'est d'abord répercutée sur les prix du maïs (sollicité pour la production d'éthanol), puis sur celui du blé. Enfin, l'étude insiste sur le rôle de la spéculation liée à la financiarisation croissante des marchés agricoles et du marché de l'énergie. Ainsi, il semble que la formation des prix agricole soit de plus en plus déconnectée de l'évolution de l'offre et de la demande agricole.

Le rapport conclue sur la forte incertitude qui pèse sur l'évolution des prix futurs. En effet, il est impossible actuellement de tracer de réelles tendances de prix, la volatilité est ce qui caractérise le mieux l'évolution des prix des matières premières.

Enfin, le rapport met en garde les décideurs politiques : avant toute tentative de mesure politique visant à résorber l'impact de la hausse des prix agricoles pour les pays émergents, il faut tout d'abord s'attacher à mieux connaître les facteurs qui altèrent les prix sur le long terme.

Marie-Aude Even, Fabienne Portet (CEP)

L'étude (42 p.)

11/08/2010

Avenir des biotechnologies

L'association des industries de la biotechnologie a tenu son congrès mondial sur les biotechnologies et la biotransformation à l'échelle industrielle à Washington, du 27 au 30 juin 2010. Selon les intervenants, les débouchés industriels pour les produits agricoles seraient amenés à s'étendre de façon significative car les procédés biotechnologiques sont enfin prêts à sortir des laboratoires pour prendre une dimension industrielle. De plus, de nombreuses entreprises seraient intéressées par les produits biotechnologiques : emballages bioplastiques pour Frito-Lay et Wal-Mart ; ingrédients biotechnologiques pour des produits de consommation courante pour Procter & Gamble ; biocarburants.

Le cabinet McKinsey estime que le marché pour les produits issus de la biotechnologie pourraient augmenter de 116 milliards d'euros en 2008 pour atteindre 450 milliards d'euros d'ici 2020.


Source : The Economist

Programme du congrès

Jo Cadilhon

Centre d'études et de prospective

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01/07/2010

Biomasse :potentiel à l'horizon 2020

Les résultats de deux études indiquent que la ressource forestière peut contribuer à hauteur de 4 Mtep à la production d’énergie aux conditions techniques et économiques actuelles du marché.

Selon ces études remises le 14 avril 2010 au ministre, les volumes supplémentaires mobilisables en forêt chaque année jusqu’en 2020, s’élèvent, pour le bois d’œuvre ou bois de construction, à 14 millions de m3, pour le bois d’industrie et bois d’énergie à 28 millions de m3, et pour le menu bois (cimes et petites branches), à 8 millions de m3. Ces quantités viendraient en plus du volume mobilisé chaque année actuellement, aux alentours de 36 millions de m3.

Si on tient compte des volumes auto consommés, on ne mobilise actuellement que 60 % du potentiel.

La première étude, « Évaluation des volumes de bois mobilisables à partir des données de l’IFN "nouvelle méthode" », a été réalisée par le Cemagref et l’Ifn. Elle tient compte des contraintes techniques de mobilisation du bois et ne concerne que le bois issu de la forêt.

La seconde, « Biomasse forestière, populicole et bocagère disponible pour l’énergie à l’horizon 2020 », a été réalisée pour le compte de l’ADEME par l’Inventaire Forestier National (IFN), avec l’Institut Technique Forêt Cellulose Bois Ameublement (FCBA) et l’association SOLAGRO. Elle aborde la ressource-bois sous un angle très large : forêt mais aussi « bois cultivé » (peupliers), bocage, arbre en ville, bois de taille de vigne et d’arbres fruitiers... Elle comporte un volet socio-économique sur la faisabilité.

Les deux études sont complémentaires et visent à évaluer en termes de quantité et de qualité les gisements en biomasse ligneuse disponibles en France à l’horizon 2020.

A l’occasion de la publication de ces études, le ministère met en place un Observatoire de la biomasse pour permettre une évaluation continue de la ressource.

11:13 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Forêts Bois | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

16/04/2010

Durabilité des biocarburants

En décembre 2008, les dirigeants européens ont conclu un accord sur une nouvelle Directive énergie renouvelable, qui requiert de chaque Etat membre que 10% de ses besoin en carburants de transports proviennent de sources d'énergie renouvelables, notamment les biocarburants, l'hydrogène et l'électricité verte, d'ici 2020.

La directive établit également des critères de durabilité pour les biocarburants. Elle oblige les Etats membres à s'assurer qu'ils offrent au moins 35 % d'économies d'émission de carbone par rapport aux énergies fossiles. Ce chiffre devrait se monter à 50 % en 2017 et 60 % en 2018

Toutefois, des inquiétudes sont apparues selon lesquelles accroître la production de biocarburants résulterait en une déforestation massive et aurait un impact grave sur la sécurité alimentaire, car les cultures énergétiques remplaceraient les autres utilisations des terres (ce qu'on appelle le « changement indirect d'utilisation des sols »).

Un rapport, élaboré pour la Commission européenne par l'IFPRI, a conclu que le changement indirect d'utilisation des sols a un effet important sur la durabilité environnementale des biocarburants. Néanmoins, il affirme que les objectifs d'énergie renouvelable de l'UE actuels sont assez faibles pour assurer la durabilité environnementale des biocarburants.

Ce rapport est le premier d'une série de quatre études que la Commission a commandé sur le sujet.

Le rapport de l'IFPRI (125 p.)

09:59 Publié dans Biomasse/Biocarburants, Environnement | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

13/04/2010

Bilan ACV des biocarburants

Une étude sur les analyses de cycle de vie des biocarburants de première génération vient d'être remise aux ministères du développement durable et de l'agriculture, à l'Ademe et à FranceAgriMer. Réalisée par BioIs sous l'égide d'un comité technique associant les professionnels des filières agricoles et industrielles ainsi que des associations environnementales, elle présente une situation contrastée selon les types de biocarburants.

Les biodiesels et les bioéthanols incorporés directement permettent de réduire fortement la consommation d'énergie non renouvelable par rapport aux carburants fossiles :

- entre 65 et 80% pour les biodiesels issus d'oléagineux,

- autour de 80% pour les biodiesels issus de déchets (huiles alimentaires usagées, graisses animales),

- entre 50 et 85% pour les éthanols incorporés directement dans l'essence,

- entre 30 et 55% pour les éthanols incorporés sous forme d'ETBE

 

Sur ces bases, l'utilisation actuelle de biocarburants en France permet de remplacer chaque année l'utilisation de 2 400 000 tep.

Concernant les émissions de gaz à effet de serre, les réductions sont de l'ordre de :

- entre 60 et moins de 80% pour les biodiesels issus d'oléagineux,

- autour de 90% pour les biodiesels issus de déchets

- entre 50% et légèrement plus de 70% pour les éthanols incorporés directement dans l'essence, -

- entre 25 et moins de 50% pour les éthanols incorporés sous forme d'ETBE.

 

ademebiocarb.jpg

 

L'étude souligne cependant l'impact des "changements d'affectations des sols" qui peut être discriminant. Ainsi, lorsque le développement de cultures utilisées pour la production de biocarburants aboutit, directement ou indirectement, à la disparition de prairies, de zones humides, ou de forêts primaires, le bilan de gaz à effet de serre des biocarburants peut s'avérer négatif. L'étude préconise des travaux complémentaires afin de définir la méthodologie adéquate.

Voir aussi l'étude de l'IFPRI sur l'impact des changements d'affectations des sols

12:31 Publié dans Biomasse/Biocarburants | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook