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03/01/2013

Le mouvement des « Incroyables comestibles », des légumes à partager

Venu du Royaume-Uni, le mouvement des « incroyables comestibles » (incredible edible) rassemble des personnes qui cultivent un potager et en mettent la récolte en libre disposition pour ceux qui en ont besoin. Lancé en 2008 à Todmorden, cité industrielle du nord de l'Angleterre frappée par la crise, le mouvement s'est développé en Alsace, puis un peu partout en France, stimulé notamment par les nouvelles technologies (page Facebook). Des groupes régionaux se sont structurés pour échanger conseils et graines. Le mouvement essaime dans le monde entier (voir la carte).

S'il s'agit au départ d'une initiative citoyenne spontanée, des municipalités accompagnent ou encouragent le mouvement, comme la ville de Muttersholtz, dans le Haut-Rhin, qui a intégré la démarche dans son schéma urbanistique. De même, la mairie de Moriani, près de Bastia, apporte son aide pour cultiver des terres-pleins devant des immeubles de logements sociaux. La ville de Paris a, quant à elle, relayé l’information sur son site Internet, lançant un appel à participer au mouvement.

Ce phénomène est encore très marginal et encore loin de pouvoir faire de l'ombre aux maraîchers. Il vise surtout à opérer un changement de regard sur la production locale (un sondage réalisé auprès des habitants de Todmorden, la « ville pilote », montre que 83% d'entre eux privilégient désormais les produits locaux dans leurs achats). L'objectif est également de recréer du lien social, rejoignant ainsi d'autres initiatives comme celle de l'association Lien ElémenTerre, née à saint-Nazaire et qui commence à essaimer à travers la France : celle-ci propose la mise en relation entre des habitants disposant d’un jardin mais ne pouvant pas ou plus s’en occuper (souvent des personnes âgées) et des personnes désirant jardiner mais sans terrain, dans le cadre d'un échange gratuit.

D'une manière générale, les jardins partagés, dans les friches industrielles ou sur les toits des immeubles, se multiplient ces dernières années dans les villes.

 

Céline Laisney, Centre d'études et de prospective

 

Source : Incroyables comestibles

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16/10/2012

Vers une meilleure adaptation à la sécheresse du sorgho fourrager ?

Des chercheurs danois et australiens ont découvert une variété de sorgho incapable de produire de la dhurrine (à la base de composés cyanurés toxiques), même en période de sécheresse prolongée. L'étude, publiée dans la revue Plant Biotechnology Journal, a en effet permis de détecter des plants de sorgho portant une mutation inactivant l'enzyme permettant à la plante de synthétiser la dhurrine et donc de produire des composés à base de cyanure.

 Les chercheurs expliquent que cette découverte pourrait être très importante pour les éleveurs des régions arides et semi-arides, dans lesquelles les périodes de sécheresse prolongées accroissent le risque de production de dhurrine et empêchent les éleveurs de nourrir leurs troupeaux avec ce sorgho potentiellement toxique. Cette nouvelle variété de sorgho permettrait d'éviter des pertes de fourrages dans des régions où les éleveurs n'ont souvent pas les moyens d'en acheter à l'extérieur.

 Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

 Source : Université de Copenhague

 

14:46 Publié dans Agronomie, Climat, Enseignement et recherche, Environnement | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

05/10/2012

San Francisco s'engage dans le développement de l'agriculture urbaine

Fin juillet, la ville de San Francisco a adopté un programme de soutien à l'agriculture urbaine, doté en propre de 120.000 dollars et d'un emploi à temps plein. Avec ce guichet unique, elle entend mieux coordonner ses interventions sur un domaine d'activité en pleine expansion, pour lequel elle dépense de l'ordre de 550.000 dollars par an. Un inventaire des parcelles cultivables doit être réalisé d'ici la fin de l'année, y compris les toits d'immeubles. La ville pourra ainsi définir un « Plan stratégique » pour l'agriculture urbaine et prioriser les projets en attente.

Cette décision fait notamment suite à la mise à jour du droit de l'urbanisme en 2011, avec la définition d'une neighbourhood agriculture (sur des micro-parcelles), d'une large scale urban agriculture (sur des lots de plus d'un acre, soit 0,4 ha) et d'un régime juridique favorable à la distribution-commercialisation des produits et précisant les règles de cohabitation avec les autres occupations du sol (notamment les habitations).

Ce Plan stratégique vise notamment à faciliter l'accès des community gardens, en manque d'espace, aux terrains municipaux. Les community gardens peuvent être comparés aux jardins ouvriers et aux jardins partagés français, en ce qu'ils procèdent d'une démarche d'animation sociale et d'insertion des minorités. Dans un contexte de crise économique, le jardinage de ville et l'auto-consommation de subsistance prennent une place croissante dans l'alimentation des ménages pauvres.

Florend Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : Mairie de San Francisco


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10/09/2012

Le réchauffement climatique associé à un rétrécissement des feuilles d'arbres ?

Jusqu'à présent, les chercheurs ont surtout étudié l'impact du changement climatique sur la durée des cycles phénologiques (ex : avancée des dates de floraison), mais peu sur les changements morphologiques des végétaux. Une étude australienne, publiée dans Biology Letters, montre pour la première fois que le réchauffement climatique pourrait être associé à un rétrécissement des feuilles d'arbres.

Les auteurs de l'étude ont réalisé deux types de comparaison. Premièrement, ils ont mesuré la taille des feuilles du bois de reinette (arbuste de la famille des érables, Dodonaea viscosa) sur un gradient de 600 km de latitude et 1000 m d'altitude, associé à un climat plus ou moins chaud (274 mesures). Les résultats montrent que plus les climats sont chauds et secs, plus les feuilles sont réduites. Ensuite, ils ont comparé ces mesures actuelles avec la taille de 255 feuilles conservées dans des herbiers des années 1880. Les résultats indiquent un rétrécissement de 2 mm, soit une largeur réduite de 40 % en un peu plus d'un siècle.

Etant donné que dans le sud de l'Australie, la température a augmenté de 1,2°C entre 1950 et 2005, ces résultats suggèrent une bonne capacité adaptative de l'arbuste, sur une période relativement courte (de l'ordre du siècle). Il était connu que les plantes vivant en milieu aride avaient des feuilles réduites limitant l'évapotransipiration, mais une telle adaptation n'avait jamais été mesurée. Les chercheurs s'interrogent maintenant sur les facteurs explicatifs de cette adaptation (génétiques ou autres ?). Ils soulignent qu'il conviendrait de compléter ces travaux en étudiant d'autres caractéristiques anatomiques des feuilles et d'autres espèces d'arbres.

 

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

 Source : Biology Letters

 

 

16:21 Publié dans Agronomie, Climat, Environnement | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

08/09/2012

Qualité sanitaire des produits de l'agriculture urbaine

Plébiscitée pour ses bénéfices sociaux et en termes d'approvisionnement local en produits frais, l'agriculture urbaine connaît actuellement un véritable essor. Elle pose toutefois la question de la qualité sanitaire des produits puisque ces derniers sont davantage exposés à la pollution atmosphérique (trafic routier dense, activités industrielles) que ceux de l'agriculture en milieu rural.

Pour la première fois, une équipe de chercheurs allemands a étudié les liens entre niveau de trafic routier et contamination en métaux des légumes produits en ville. Ils ont mesuré la concentration en cadmium, chrome, plomb, zinc, nickel et cuivre des parties comestibles de différents fruits (tomate), tubercules (pomme de terre), légumes-feuilles (bette) et herbes (persil) produits dans Berlin, et les ont comparés aux concentrations de légumes de supermarchés. Ils ont également pris en compte la distance des sites de production à la route la plus proche, le nombre de véhicules et la présence de bâtiments entre la route et le site de production (effet barrière).

L'étude révèle que :

- les légumes produits en ville ont des concentrations en métaux plusieurs fois plus élevées que ceux des supermarchés, ce qui peut engendrer des risques importants pour la santé humaine, surtout en cas de consommation quotidienne ;

- contrairement à l'idée répandue selon laquelle les légumes-feuilles et les herbes accumulent plus de métaux que d'autres types de légumes, la contamination n'est pas significativement différente d'un type de légume à l'autre ;

- la présence d'un trafic routier très important entraîne une augmentation de la teneur en plomb de tous les types de légumes.

Les chercheurs soulignent l'importance de l'effet barrière des bâtiments entre les routes et les zones de production légumière en ville (réduction des flux de polluants dans l'atmosphère). Ils concluent que d'autres travaux seront toutefois nécessaires pour produire des recommandations fiables en termes d'aménagement urbain et pour concilier bénéfices sociaux et sécurité sanitaire de l'agriculture urbaine.

 

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : Revue Environmental Pollution, juin 2012


 

16:19 Publié dans Agronomie, Environnement | Lien permanent | Tags : agriculture urbaine |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/09/2012

Réduction des herbicides : 10 ans d'essai à l'INRA

Depuis 2000, l'Inra a mis en place sur le centre de Dijon Epoisses une expérimentation sur des systèmes de culture avec usage réduit en herbicides. Ces systèmes sont basés sur la protection intégrée des cultures, qui repose sur une combinaison de leviers techniques limitant le potentiel de développement des adventices et permettant de réduire l'usage des herbicides. Ces leviers sont les suivants :

- raisonnement du travail du sol pour gérer le stock de semences,

- adaptation des dates de semis pour esquiver les levées d'adventices,

- choix de variétés compétitives,

- désherbage mécanique au cours du cycle cultural pour détruire les plantules déjà levées,

- et le principal levier : diversification des successions de cultures, avec introduction de cultures de printemps (tournesol, sorgho, etc.) et de cultures étouffantes vis-à-vis des mauvaises herbes (triticale).

Les résultats de 10 ans d'essais montrent que la combinaison de ces différents leviers permet de maîtriser les adventices de façon satisfaisante, tout en ayant très peu recours aux herbicides. Certains leviers sont toutefois difficiles à mettre en œuvre dans les exploitations : les systèmes de culture sont en effet plus complexes et plus difficiles à gérer ; ils peuvent générer des problèmes d'organisation du travail. Ils engendrent une baisse de rentabilité économique estimée par l'Inra à 100 euros/ha en contexte de prix moyens, en grande partie due au manque de productivité et de débouchés des cultures de diversification.

Ainsi, la question de la rentabilité des cultures de diversification, ainsi que celle de l'accompagnement des agriculteurs et des acteurs du développement agricole seront déterminantes dans la réduction collective des usages d'herbicides.

L'expérimentation va se poursuivre afin de vérifier que la maîtrise des adventices peut être maintenue à plus long terme et afin d'étudier les impacts des systèmes de cultures à bas niveau d'herbicides sur d'autres critères (biodiversité, qualité de l'eau, etc.).

 

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

 

Source : INRA


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05/09/2012

Découverte d'un gène du riz lui conférant tolérance au déficit en phosphore

Une équipe de chercheurs philippins a découvert un gène du riz permettant à la plante de tolérer un déficit du sol en phosphore. Cette découverte pourrait avoir des conséquences importantes puisque, dans le monde, 60% du riz pluvial cultivé en plaine sont produits dans des sols présentant des déficits, notamment en phosphore, et dans lesquels les rendements en riz sont bas. Or le phosphore est un élément non renouvelable et l'accès aux engrais phosphatés, de plus en plus coûteux, est souvent limité pour les riziculteurs.

D'après les travaux publiés dans la revue Nature, la surexpression du gène nommé PSTOL1 pour phosphorus-starvation tolerance 1 entraîne une augmentation significative du rendement en milieu pauvre en phosphore, en comparaison aux variétés ne possédant pas ce gène. Les chercheurs indiquent que PSTOL1 stimule la croissance racinaire aux stades précoces de développement de la plante, ce qui permet une meilleure absorption du phosphore et autres nutriments.

Les chercheurs soulignent enfin l'intérêt cruciale de conserver et d'étudier les variétés anciennes des plantes, puisque le gène PSTOL1 a été identifié chez la variété traditionnelle Kasalath.

 

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

 

Source : Nature

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04/09/2012

Impact de l'accumulation de nanoparticules dans le sol

Une équipe de recherche californienne a constaté que l'accumulation de certaines nanoparticules (oxyde de zinc et de cérium principalement) dans les sols cultivés pouvait avoir un impact non négligeable sur les productions végétales et en particulier sur le soja, particulièrement sensible. Une expérience de culture de soja en serre sur un sol contenant ces deux métaux a démontré que l'oxyde de zinc se concentrait dans les parties comestibles de la plante et que le cérium inhibait la croissance de la plante. L'accumulation de nanoparticules dans le sol peut avoir différentes origines, dont les moteurs diesel d'utilisation courante dans les campagnes.

L'étude des nanotechnologies est active au niveau national. L'Agence nationale de la recherche consacre son cahier de juillet 2012 à cette thématique et a financé 62 projets de recherche sur cette thématique depuis 2005.

 

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

 Sources : PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America)

 Les Cahiers de l'ANR n°5

11:37 Publié dans Agronomie, Environnement | Lien permanent |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/09/2012

Etude collective Inra : les cultures intermédiaires et leurs rôles dans les bilans d'eau, d'azote et autres services écosystémiques

Le 28 juin a eu lieu le colloque de restitution de l'étude Réduire les fuites de nitrates au moyen des cultures intermédiaires, commanditée par les ministères de l'Agriculture et de l'Ecologie, et réalisée par l'Inra. Cette étude vise à fournir aux pouvoirs publics un ensemble actualisé de connaissances et références agronomiques sur les conditions d'efficacité des cultures intermédiaires pour la réduction des fuites de nitrates et plus généralement sur le rôle des cultures intermédiaires dans les bilans d'eau, d'azote et autres services écosystémiques, et ce dans différents contextes pédoclimatiques. Elle doit en effet contribuer à préparer le 5e programme d'action de réduction des teneurs en nitrates des eaux (démarrage en 2013).

Après une analyse bibliographique de près de 800 références scientifiques, les chercheurs ont conclu que les cultures intermédiaires étaient efficaces, « dans la plupart des situations testées, pour réduire la lixiviation et la concentration nitrique de l'eau de drainage, avec un taux de réduction généralement supérieur à 50% », les effets étant toutefois variables en fonction du contexte pédoclimatique et du système de culture. L'impact de la culture intermédiaire sur la culture suivante (en termes de rendements) est généralement positif, avec là encore une importante variabilité des résultats, sauf pour les légumineuses qui ont toujours un effet favorable. L'implantation d'une culture intermédiaire représente toutefois un coût pour l'agriculteur (semence, main-d'oeuvre, etc.) estimé entre 54 et 110 euros/ha.

L'étude bibliographique a été complétée par une analyse par simulation dans différents contextes agronomiques et pédoclimatiques (types de sol, successions de cultures, modes de gestion de l'interculture, types de cultures intermédiaires, dates d'implantation de ces couverts, etc.) qui confirment les conclusions de la bibliographie.

Les auteurs précisent qu'il existe toutefois un besoin d'approfondissement de certaines connaissances (impacts des cultures intermédiaires sur les bioagresseurs, optimisation des itinéraires techniques et aide à la décision, etc.).

Les résultats de l'étude ont donné lieu à un résumé, une synthèse, un rapport et des présentations qui sont disponibles sur le site.


Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

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28/06/2012

Portail des zones agro-écologiques

Un nouveau portail en ligne de la FAO et de l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués (IIASA), le portail des zones agro-écologiques (GAEZ), est un outil de planification servant à recenser les zones pouvant accroître leur production vivrière. Dans certaines régions, la FAO estime ainsi que la production actuelle est à 30-40 % de son potentiel, en particulier en Afrique subsaharienne.

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Le premier pas déterminant pour intensifier durablement la production sera de combler les écarts de rendement qui continuent à affecter le secteur agricole dans de nombreuses régions du monde. En effet, les rendements céréaliers du continent africain ont longtemps tourné autour de 1,2 tonne l'hectare, contre un rendement moyen d'environ 3 tonnes l'hectare dans le monde en développement.

Ce nouveau portail en ligne de la FAO et de l'IIASA entend renforcer la capacité des planificateurs et des décideurs d'estimer les potentiels et la variabilité de la production selon différents contextes environnementaux et scénarios de gestion, prenant en compte notamment les conditions climatiques, les régimes de gestion, les disponibilités d'eau et les niveaux d'intrants.

 

Sources : FAO 

Voir aussi la publication de Laurence Roudart


25/06/2012

Grand projet de ferme urbaine à New-York

D'après Transrural Initiatives, la société privée Bright Farms a le projet de construire à New York, dans le quartier de Brooklyn, une grande ferme urbaine sur le toit d'anciens entrepôts. Une serre hydroponique qui réutiliserait l'eau de pluie occuperait 9000 m2.

Un autre projet serait à l'étude dans le Bronx et dans la ville de St Paul. Depuis la nouvelle règlementation sur la construction baptisée Zone Green, en application depuis avril 2012, les installations de serres ou autres plantations sur les toits ont en effet été rendues plus faciles.

Source : Transrural Initiatives, n°416, mai 2012, site Internet de Bright Farms

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24/06/2012

Vers un retour du cheval de trait en viticulture ?

Depuis quelques années, de plus en plus de viticulteurs font le choix de réintroduire le cheval comme outil de travail dans leur exploitation. On ne peut pas quantifier précisément le phénomène mais il prend de l'ampleur et concerne des surfaces non négligeables. Certains lycées agricoles commencent même à proposer des formations en attelage de chevaux. En Bourgogne, plus d'une dizaine de prestataires en traction animale sont installés au service des viticulteurs et plus de 200 ha y sont labourés à cheval. Plusieurs vignobles prestigieux ont fait le choix du cheval, sans pour autant communiquer sur cette pratique.

Le cheval peut être utilisé pour une diversité d'opérations (labour, désherbage, binage, épandage du fumier) ou encore pour transporter le raisin lors des vendanges. D'après ses partisans, il évite le tassement des sols. Dans les exploitations en agriculture biologique en particulier, où les passages sont très nombreux, la traction animale améliore l'aération du sol et l'accès à l'eau par les racines de la vigne. Elle offre également la possibilité d'accéder à des parcelles très pentues ou plantées en rangs très serrées, où le passage du tracteur est difficile. Elle peut aussi réduire le bilan carbone de l'exploitation.

En termes de performances économiques, les coûts de production en traction animale semblent légèrement supérieurs, en raison du besoin accru en main-d'œuvre et d'une vitesse de travail inférieure. En Bourgogne, les viticulteurs ont estimé que le surcoût dû à la traction animale correspondait « au prix d'un bouchon supplémentaire par bouteille de vin ».

Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Sources : Aujourd'hui en France, 13 juin 2012, La Nouvelle République, 20 janvier 2012

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10/06/2012

Vers une identification à l'échelle du génome entier du maïs des segments génomiques impliqués dans la croissance

Une récente étude menée conjointement par des biologistes de l'université de Hohenheim, de l'institut Max Planck et de l'institut Leibniz de génétique végétale et de recherche sur les plantes cultivées (IPK) en Allemagne, explore les liens entre le génome et le métabolisme de la croissance du maïs.

 Les chercheurs ont utilisé près de 300 lignées de maïs différentes afin d'étudier le métabolisme de la croissance et sa diversité génétique. Le génome entier des plantes a été comparé avec la présence de certains composés biochimiques des feuilles prélevés sur les jeunes pousses de maïs ainsi que des traits agronomiques des plantes matures. Les métabolites, ces éléments chimiques fournis par l'alimentation de la plante, impliqués dans différentes synthèses et catalyses, et ayant une fonction spécifique de la croissance (foliaire) ont été repérés par association avec certains allèles (de type « polymorphisme nucléotidique »). Le nombre des métabolites des plantes étant important, cette étude semble apporter des résultats prometteurs pour mieux comprendre la croissance du maïs. C'est en particulier le cas en matière de précurseurs de la lignine qui est par ailleurs un constituant très important pour la rigidité de la structure des végétaux.

 

Thuriane Mahé, Centre d'études et de prospective

 

 

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15/05/2012

Comparaison des rendements produits en agricultures biologique et conventionnelle

L'agriculture biologique est parfois critiquée pour avoir de plus faibles rendements par unité de surface et pour renforcer la demande en surfaces agricoles. La comparaison des rendements de l'agriculture biologique et de l'agriculture conventionnelle reste toutefois très controversée.

 Des chercheurs américains et canadiens ont donc analysé la littérature scientifique disponible : 316 comparaisons de rendements conventionnels/biologiques ont été étudiées conjointement pour 34 cultures différentes et sur 62 sites d'étude à travers le monde. Les résultats, publiés en mai 2012 dans la revue Nature, ont montré que les rendements par unité de surface en bio étaient, en moyenne, 25% inférieurs à ceux du conventionnel, avec toutefois de fortes disparités suivant les cultures, les pratiques culturales et les milieux. Ainsi, si les rendements des céréales et des légumes en bio sont effectivement plus faibles qu'en conventionnel (-26% et -33% respectivement), les rendements des fruits et des oléagineux ne sont pas significativement différents (respectivement -3% et -11% en bio). La présence d'irrigation influence également les niveaux de rendements : comparés à ceux en conventionnel, les rendements en bio sont inférieurs de 35% en agriculture irriguée, mais de seulement 17% en agriculture pluviale.

En résumé, les performances des systèmes biologiques, en termes de rendements surfaciques, peuvent être équivalentes à celles des systèmes conventionnels dans certains cas (type de cultures, pratiques culturales, etc.), mais elles ne le sont pas (encore) dans la majorité des cas. Les auteurs considèrent donc qu'il convient de poursuivre les recherches sur les facteurs de limitation des rendements en bio, surtout dans les pays en développement dans lesquels l'augmentation des rendements est la plus cruciale.

Ils prennent soin de rappeler que l'objet n'est pas ici de déterminer qui de l'agriculture biologique ou conventionnelle est « gagnante » quel que soit le contexte, et que les deux types d'agriculture, voire des « hybrides », seront vraisemblablement nécessaires pour relever les défis à venir. Ils précisent enfin que « les rendements agricoles ne sont qu'un des critères parmi un ensemble de facteurs économiques, sociaux et environnementaux », qu'il conviendra d'évaluer pour comparer plus globalement les bénéfices de différents systèmes de production agricole pris dans leurs contextes.

 Noémie Schaller, Centre d'études et de prospective

Source : Nature

 

 

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10/05/2012

Le changement climatique pourrait accroître la volatilité des prix du maïs

Une étude américaine, parue dans la revue Nature Climate Change, tend à démontrer que la variabilité interannuelle des cours du maïs pourrait passer de 43% (pour la période récente 1980-2000) à 200% (dans le pire scenario simulé pour la période 2020-2040). Cette variabilité des prix est calculée en simulant la variation interannuelle des rendements en maïs, elle-même déterminée par les évolutions des conditions météorologiques annuelles (température, précipitations). Pour cela, les chercheurs se sont appuyés sur des données économiques, climatiques et agricoles, et sur des modèles numériques.

La principale originalité de ce travail est l'étude croisée de deux déterminants de la volatilité des prix (toutes choses égales par ailleurs) : (1) le changement climatique et (2) les interactions agro-énergétiques et les politiques énergétiques (en particulier les mandats d'incorportion des biocarburants). L'étude révèle que :

  • le changement climatique pourrait fortement accentuer la volatilité des cours du maïs aux États-Unis (en raison de vagues de chaleur plus nombreuses et plus intenses dans la Corn Belt, première zone de production de maïs dans ce pays);

  • le maintien d'une politique de promotion des biocarburants (mandats d'incorporation) amplifierait encore l'effet du changement climatique sur la volatilité des prix (effet cumulé). À l'inverse, en l'absence de mandats, l'intégration croissante des marchés agricoles et énergétiques pourrait davantage amortir les chocs induits par les aléas (production de biocarburants accrue en cas de rendements élevés, et inversement).

 Les chercheurs soulignent donc la nécessité de considérer les interactions entre politiques énergétiques et marchés agricoles pour s'adapter au changement climatique.

Source : Nature Climate Change

Noémie Schaller et Pierre Claquin, Centre d'études et de prospective

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