Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/07/2019

La compétitivité « coûts » et « hors coûts » du secteur agroalimentaire français

En juin dernier, Rexecode a publié son treizième bilan annuel sur la compétitivité de la France pour l'année 2018. Le rapport analyse son évolution sur les marchés intérieur et extérieur, notamment dans le secteur agroalimentaire, depuis le début des années 2000. Les données proviennent d'Eurostat, de l'Insee et d'une enquête annuelle réalisée par Rexecode auprès de 480 importateurs européens. Cette publication revêt un intérêt particulier car elle nuance certains travaux récents expliquant la baisse des parts de marché de la France essentiellement par celle de sa compétitivité « hors-coûts », et non de sa compétitivité « coûts ».

En premier lieu, les auteurs rappellent que la France perd des parts de marchés de biens et services sur les marchés intérieur et extérieur, avec néanmoins des signes de stabilisation. En effet, à la différence de l’évolution de la part de marché à l'exportation de biens en valeur, qui s’est stabilisée entre 2017 et 2018, la part de marché en volume a légèrement augmenté.

Les auteurs apportent différentes explications à ces évolutions. S'agissant de la compétitivité « coûts », l'analyse montre que, dans le secteur industriel (dont l'agroalimentaire), l'augmentation du coût horaire du travail en France, par rapport à la moyenne de la zone euro, est bien plus prononcée, lorsque l'on se base sur les données des enquêtes sur le coût de la main- d'œuvre et la structure des salaires (Ecmoss) de l'Insee que sur celles de la comptabilité nationale utilisées dans d'autres travaux. Par ailleurs, l'enquête annuelle réalisée par Rexecode analyse en détail, selon différents critères (cf. tableau ci-dessous), la compétitivité « hors coûts » ou « hors prix » de la France, souvent présentée comme un agrégat difficile à mesurer. S'agissant des critères d'ergonomie et de design (ex. packaging), les produits agroalimentaires français se situent bien en-dessous de la moyenne des pays européens enquêtés. En termes de notoriété et de qualité, la France est en revanche bien positionnée, malgré un rapport qualité/prix très défavorable en raison de prix considérés comme trop élevés. Enfin, concernant l'ensemble des critères de compétitivité étudiés, la France se trouve, de manière générale, derrière son principal concurrent allemand.

Classement en 2018 des dix principaux pays fournisseurs de produits agroalimentaires, selon différents critères ; moyenne des réponses des importateurs européens interrogés

Competitivite.jpg

Source : Rexecode

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : Rexecode

16:45 Publié dans IAA, Production et marchés | Lien permanent | Tags : compétitivité, rexecode, coûts, hors coûts |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/02/2018

Quels leviers pour renforcer la compétitivité de l'agriculture et de l'agroalimentaire français ? : l'avis du CESE

En février, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu un avis sur l'amélioration de la compétitivité du secteur agricole et agroalimentaire. Il confronte notamment les positions des représentants des salariés, des entreprises et des agriculteurs.

La compétitivité y est définie comme la capacité des filières à fournir une alimentation répondant aux besoins sociétaux en matière de santé, de qualité et de préservation de l’environnement, à des prix acceptables pour les consommateurs et les travailleurs. Les auteurs préconisent d'encourager la production des filières déficitaires, afin de répondre aux besoins intérieurs, et d'orienter les exportations vers les produits à haute valeur ajoutée, en privilégiant des modes de production valorisant le facteur travail ainsi que l'agro-écologie, et incitant l'aval de la filière à une plus forte contribution à la réduction des coûts. Pour cela, différentes priorités politiques sont proposées : promouvoir la spécificité des produits alimentaires dans les accords internationaux ; veiller au respect des normes sanitaires et environnementales pour les produits importés ; améliorer la répartition de la valeur ajoutée ; réorienter les politiques agricoles vers davantage de territorialisation et de soutien aux pratiques respectueuses de l’environnement ; mobiliser les politiques non agricoles (recherche et innovation, droit foncier, fiscalité, droit social) ; sensibiliser davantage les consommateurs sur les questions alimentaires.

L'avis a été adopté par le CESE, mais a fait l'objet de positions contrastées (voir figure ci-dessous). Comme développé dans les positions accompagnant l'avis, les organisations salariales et associations de protection de l'environnement l'ont approuvé, en particulier pour sa définition élargie de la notion de compétitivité. Les représentants des agriculteurs et des entreprises ont voté « contre » car il comporte, selon eux, une liste trop importante de préconisations non opérationnelles. Les premiers regrettent également que la réduction des charges et la simplification de la fiscalité ne soient pas assez mises en avant parmi les facteurs de compétitivité. Les seconds déplorent que la compétitivité prix et le cas des agro-industries ne soient pas traités.

Résultats du vote sur l'avis du CESE

CESE.jpg

Source : CESE

Raphaël Beaujeu, Centre d'études et de prospective

Source : CESE

10:56 Publié dans Filières agricoles, IAA | Lien permanent | Tags : cese, compétitivité |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/05/2010

La compétitivité de l'agriculture néozélandaise menacée

L'agriculture néozélandaise a toujours été considérée comme très compétitive. Cependant, un rapport de KPMG indique que son avantage comparatif pourrait s'éroder dans les cinq prochaines années face à ses concurrents de d'Amérique du Sud, de Chine et d'Asie centrale, des pays qui ont des coûts du travail et du foncier plus bas, et qui sont plus près géographiquement des marchés émergents.

La Nouvelle-Zélande a 5 ans pour adopter un modèle de production plus efficient, selon le rapport, en investissant massivement dans la sicence, la technologie et les infrastructures pour produire une alimentation de qualité et gagner en valeur ajoutée. Le gouvernement doit également développer une meilleure politique de gestion des ressources en eau et améliorer les techniques de traçabilité.

Le rapport de KPMG (64 p.)