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13/11/2017

Nutrition et systèmes alimentaires : le nouveau rapport du HLPE propose un état des lieux et des pistes pour l'avenir

Le nouveau rapport du HLPE (High Level Panel of Experts, voir un portrait sur ce blog), publié en septembre 2017, propose une analyse fouillée des systèmes alimentaires mondiaux, dégage les principaux défis pour l'avenir, et propose une série de recommandations à l'attention des décideurs publics et privés. Ce travail s'inscrit dans le contexte de la Décennie d’action des Nations unies pour la nutrition 2016-2025.

Le rapport décompose les systèmes alimentaires en trois éléments constitutifs : i) les comportements des consommateurs (choix d'aliments, préparation, conservation, répartition au sein des ménages, etc.) ; ii) les chaînes d'approvisionnement (production, stockage, distribution, etc.) ; iii) l'environnement alimentaire, défini comme « le contexte physique, économique, politique et socio-culturel dans lequel les consommateurs acquièrent, préparent et consomment les aliments ». Cette place centrale du « mangeur » et cette considération élargie aux aspects politiques, sociaux et culturels des systèmes alimentaires, ne sont pas sans rappeler le panorama prospectif MOND'Alim 2030.

Après avoir caractérisé trois grands types de systèmes alimentaires (« modernes », « traditionnels » et « mixtes »), ainsi que leurs enjeux spécifiques, le rapport fait un état des lieux du problème de la malnutrition dans le monde, dans ses différentes dimensions (insécurité alimentaire quantitative et qualitative, sur-consommation). Il dépeint ensuite les transitions alimentaires en cours et leurs dynamiques. Si la sous-nutrition est en diminution, le surpoids et l'obésité augmentent, et ce dans de nombreuses régions du monde, si bien que, dans certains pays, les deux problèmes coexistent (thème bien connu du « double fardeau » illustré par la figure ci-dessous). En outre, des États connaissent des crises susceptibles de dégrader la situation nutritionnelle, notamment en Afrique. Ainsi, le rapport insiste sur les coûts très élevés de la malnutrition, qui équivaudraient à 5 % du PIB mondial, allant au-delà de 10 % dans certains pays à bas revenus.

Nombre (millions) d'enfants de moins de 5 ans, malnutris et obèses, dans différentes régions

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Source : HLPE

Face à de tels constats, le rapport presse les décideurs et les parties prenantes d'agir rapidement, par des actions diversifiées sur les trois composantes des systèmes alimentaires (consommateurs, chaînes d'approvisionnement et environnements alimentaires). Il propose une série de recommandations combinant une large palette d'instruments et de leviers d'action.

Représentation schématique des leviers d'action proposés et exemples

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Source : HLPE

Julien Hardelin, Centre d'études et de prospective

Source : HLPE

09/11/2017

Le High Level Panel of Experts (HLPE), Groupe d'experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition

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Le Groupe d'experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition a été créé en octobre 2009, lors de la réforme de la gouvernance mondiale sur la sécurité alimentaire. L'ouverture à un plus grand nombre de parties prenantes était un des principes ayant présidé à sa constitution. Interface entre les politiques publiques et le monde de la recherche, le HLPE publie rapports et recommandations en réponse aux demandes spécifiques du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA). Ses productions, indépendantes des positions des États, visent à alimenter les débats au sein du CSA.

Les principales fonctions du HLPE sont de : i) faire un état des lieux de la sécurité alimentaire et de la nutrition ; ii) fournir une analyse scientifique fondée sur les connaissances disponibles et émettre des avis sur des questions précises ; iii) recenser les problèmes émergents et les hiérarchiser.

Le HLPE est composé d'un comité directeur élu pour un mandat de 2 ans et comprenant 10 à 15 experts reconnus dans des domaines liés à la sécurité alimentaire et à la nutrition. Pour chaque thème traité, ce comité sélectionne des équipes projets. Ainsi, depuis sa création, le HLPE a bénéficié de la participation de 203 experts venant de 52 pays. Son budget annuel est de l'ordre de 1,4 à 1,7 million de $US, financé par un fonds volontaire rattaché à la FAO, et servant à son fonctionnement et non à la rémunération de ses membres.

Si le HLPE ne réalise pas de recherche scientifique en propre, il mobilise les travaux existants, avec l'objectif d'expliciter la diversité des points de vue et de mettre en évidence les controverses associées. Il s'appuie également sur des consultations publiques (deux par rapport), favorisant la transparence ainsi que l'ouverture à la diversité des connaissances locales et à l'échelle mondiale.

Le HLPE a déjà produit 12 rapports, notamment sur la volatilité des prix des matières premières agricoles en 2011, les agrocarburants en 2013 et, plus récemment, sur la nutrition et les systèmes alimentaires (voir à ce sujet un autre billet sur ce blog). Il a également publié deux notes sur les « Questions cruciales et émergentes pour la sécurité alimentaire et la nutrition ».

Élise Delgoulet, Centre d'études et de prospective

Lien : HLPE

15/09/2016

Rapport du HLPE sur les rôles de l'élevage dans le développement agricole durable

Après un rapport consacré à l'eau en 2015, le groupe d'experts de haut niveau du comité pour la sécurité alimentaire mondiale (HLPE) a publié en août 2016 un rapport consacré aux rôles de l'élevage en faveur d'un développement agricole durable. Compte tenu de sa place centrale dans l'agriculture mondiale en termes d'usage des sols, de poids économique, de gestion de la fertilité, de force de traction et de réserve de capital (cheptel), l'élevage représente en effet un axe majeur du développement agricole, soumis à des enjeux cruciaux, notamment économiques, alimentaires, nutritionnels, sanitaires et environnementaux.

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Les auteurs font ressortir les défis globaux auxquels chaque grande catégorie de systèmes d'élevage est confrontée. Ainsi, les petites exploitations mixtes sont contraintes par un accès limité aux ressources et aux marchés, et possèdent des moyens d'adaptation limités. Les systèmes pastoraux sont, de plus, exposés à des conflits d'usage des ressources en eau et en terre, et représentent un enjeu majeur en termes de santé animale et de risques de zoonoses. Pour les systèmes herbagers, les principaux défis sont la gestion des herbages, la concurrence pour l'usage des terres et les conditions de travail. Enfin, les systèmes intensifs se heurtent à d'importants défis environnementaux, au développement de résistances aux antibiotiques et aux conséquences sociales de l'intensification (dévitalisation des zones rurales et vulnérabilité des travailleurs migrants). Ces élevages intensifs apparaissent aussi moins résistants et plus exposés aux risques économiques, l'intensification de la production par unité de surface se traduisant par une dépendance accrue aux prix d'achat et de vente.

Face à ces défis, les experts développent des recommandations transversales, comme la préservation et la gestion commune des ressources zoogénétiques, ou, dans la lignée des rapports antérieurs du HLPE, la mise en place d'outils permettant de gérer et limiter l'instabilité des prix, notamment via le stockage de céréales. Ces recommandations sont déclinées pour les différentes familles de systèmes d'élevage. Ainsi, la sécurisation du foncier et des droits d'usage apparaît primordiale pour les petites exploitations mixtes et les systèmes pastoraux, tandis que les élevages intensifs devront évoluer pour limiter leurs externalités environnementales négatives.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d'études et de prospective

Source : HLPE

15:21 Publié dans Filières agricoles | Lien permanent | Tags : hlpe, élevage |  Imprimer | | | | |  Facebook