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09/06/2020

Le réseau ENDURE fait le point sur les usages du glyphosate en Europe

Le réseau ENDURE, en collaboration avec INRAE et l'université catholique de Louvain, a coordonné et publié le 12 mai un rapport sur les usages du glyphosate dans les 28 États membres de l'Union, ainsi qu'en Norvège, Serbie, Suisse et Turquie. L'objectif des auteurs est de fournir un cadre de compréhension et de suivi des utilisations de cet herbicide. À partir de données Eurostat et d'estimations, ils établissent que 49 427 tonnes de substance active ont été vendues dans ces pays en 2017 ; les usages par hectare sont les plus importants au Danemark, en Pologne, aux Pays-Bas, au Portugal et en France, et les moins élevés en Turquie, Lituanie, Lettonie, au Royaume-Uni et en Suisse. Ont été recensées huit finalités agronomiques d'usage de l'herbicide, avec une forte variation selon les pays et les cultures concernés : par exemple, contrôle des adventices pour les cultures annuelles. Enfin, les auteurs rappellent qu'il existe des alternatives au glyphosate : biocontrôle, désherbage mécanique, couvert végétal, paillage, diversification de la rotation, semis tardif.

Estimation des usages de glyphosate, en kg de substance active par hectare, en 2017

Glyphosate.jpg

Source : ENDURE

Source : ENDURE

11:15 Publié dans Agronomie, Protection des végétaux et des animaux | Lien permanent | Tags : glyphosate, endure |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/05/2019

Le glyphosate pourrait impacter la santé des générations futures : résultats d'expérience sur des rats

S'il existe de nombreuses études sur les impacts du glyphosate sur la santé animale ou humaine, aucune n'avait été conduite, jusqu'à présent, pour étudier les effets indirects de son utilisation sur la santé des générations futures. C'est la question à laquelle se sont intéressés des chercheurs américains dans un article publié en avril 2019 dans la revue Scientific Reports. Pour y répondre, ils ont exposé des rattes en gestation à des doses de glyphosate équivalentes à la moitié de la quantité connue comme n'ayant pas d'effet indésirable, et les ont comparées à un groupe témoin. Les auteurs n'ont pas identifié d'effet sur la santé des femelles exposées ni sur celle de leur progéniture. Ils ont, en revanche, observé une augmentation forte de la prévalence de certaines pathologies chez les deux générations suivantes (petits-enfants et arrières petits-enfants) : maladies de la prostate et des ovaires, obésité, déficiences rénales et problèmes lors des mises bas. L'analyse épigénétique des spermatozoïdes des descendants a permis d'identifier, pour certains gènes associés à ces pathologies, des différences de méthylation de l'ADN, jouant sur leur expression. Les auteurs concluent que, dans le cas des rats étudiés, le glyphosate peut induire une hérédité transgénérationnelle de certaines maladies et mutations.

Source : Scientific Reports

11:31 Publié dans Protection des végétaux et des animaux, Santé et risques sanitaires | Lien permanent | Tags : glyphosate, rats |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/05/2019

Le grain et l'ivraie, film de Fernando Solanas

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Sorti en France en avril 2019, le documentaire Le Grain et l'ivraie (avec pour titre original Viaje a los pueblos fumigados) est construit sur la forme d’un « voyage » dans plusieurs régions d’Argentine : recueillant de nombreux témoignages, il illustre les conséquences de l’utilisation massive des phytosanitaires, notamment du glyphosate, faisant partie du « paquet technologique » qui soutient l’agro-industrie du soja. Résolument engagé, le réalisateur pointe du doigt les dommages environnementaux (déforestation, pollution des eaux et de l’air par les phytosanitaires), sociaux (déplacement de populations indigènes, dépeuplement rural) et sanitaires (présence de pesticides dans le sang des populations, cancers, malformations), imputables à ce modèle. L’existence de modèles alternatifs représente pour le cinéaste une note d'espoir : agriculture biologique, systèmes alimentaires locaux, etc. Espoir cependant relatif selon lui, les devises engendrées par le complexe agro-industriel du soja étant vitales pour le budget de l’État argentin.

Sources : Nour Films, Le Monde

11:25 Publié dans Agriculteurs, Mondialisation et international | Lien permanent | Tags : argentine, solanas, soja, glyphosate, pesticides |  Imprimer | | | | |  Facebook

07/03/2019

Un sucre naturel, non écotoxique, qui aurait les mêmes propriétés inhibitrices que le glyphosate

C'est la découverte qu'a faite une équipe de chercheurs allemands étudiant par quels moyens certaines cyanobactéries d'eau douce pouvaient inhiber la croissance d'autres populations de bactéries. Ils ont ainsi identifié une molécule de sucre inconnue, le 7-deoxy-sedoheptulose (7DSH), qui perturbe notamment la chaîne métabolique des acides aminés aromatiques (phénylalanine, tyrosine et tryptophane) et des folates. Cette voie métabolique (ou voie de l'acide shikimique) est spécifique aux végétaux, aux champignons et aux bactéries.

Ce sucre naturel bloque, comme le glyphosate, l'action de la déhydroquinate synthase, enzyme essentielle pour la production de ces acides aminés. Selon les tests menés par les chercheurs, son action est aussi efficace que celle du glyphosate, même à de très faibles concentrations. En revanche, cette molécule est rapidement dégradée et son écotoxicité est beaucoup plus faible, au point qu'elle pourrait être utilisée en traitement des eaux et en santé humaine. Enfin, elle est facile à synthétiser.

Impact comparé du 7DSH et du glyphosate sur la croissance de graines d'arabette des dames (plante de la famille de la moutarde), au bout de sept jours

7DSH.jpg

Source : Nature Communications

Source : Nature Communications

06/07/2018

Environnement et rentabilité dans une région du nord-ouest de l'Argentine

Un article de la revue Población & Sociedad de juin 2018 analyse, dans un contexte de déforestation, l'évolution d'un modèle de production de commodités agricoles dans les provinces argentines de Tucumán et Santiago del Estero. L'étude s'appuie sur des sources variées : documents sur l'histoire de l'occupation des terres, recensements agricoles pour l'évolution de la structure agraire, images satellitaires pour les changements d'affectation des sols, et entretiens sur le terrain avec chercheurs, techniciens agricoles, membres de la coopérative Unión y Progreso, producteurs agricoles et consultants.

Alors que la canne à sucre était une quasi monoculture à Tucumán, une crise de surproduction en 1965 a conduit à une politique de reconversion productive, favorisant la culture du soja. Une dizaine d'années plus tard a débuté une nouvelle étape d'expansion, par déforestation, de la frontière agricole vers l'Est (Nord-Ouest de Santiago del Estero). Mais la dégradation des sols par la culture du soja a progressivement poussé les rendements à la baisse, conduisant les techniciens agricoles à recommander la rotation soja-maïs. Depuis les années 1990, suite à la commercialisation du soja OGM résistant au glyphosate et dans un contexte de prix internationaux favorables, le « paquet technologique » semis direct-OGM-glyphosate a été largement adopté, alors vu comme une solution au problème de rentabilités et de rendements décroissants. Selon les auteurs, les limites environnementales du modèle ont été atteintes dès le milieu des années 2000, avec l'apparition d'insectes et mauvaises herbes résistants à l'herbicide.

Ce état de faits a conduit les producteurs agricoles, ces dernières années, à considérer la dimension agro-environnementale comme une partie intégrante de leurs stratégies de diversification et d'amélioration de la productivité : reprise de la rotation soja-maïs, augmentation de la surface en canne à sucre, incorporation de valeur ajoutée sur place via la production porcine, organisation politique des agriculteurs en tant qu'interlocuteurs de l’État, et revendiquant des politiques différentielles qui tiennent compte de leur moindre compétitivité par rapport à d'autres régions du pays.

Hugo Berman, Centre d'études et de prospective

Source : Población & Sociedad

11/04/2018

L'utilisation du glyphosate annule les bénéfices pour la biodiversité permis par le sans-labour

Suite à un récent communiqué de presse du CNRS et du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), l'impact négatif des pratiques agricoles sur la biodiversité a été largement relayé dans la presse généraliste. Contribuant à ce débat, des chercheurs du MNHN et d'Agrosolutions ont publié mi-mars, dans la revue Agriculture, Ecosystems & Environment, une analyse de l'impact sur les populations d'oiseaux de différentes méthodes de travail du sol de parcelles de blé et de colza d'hiver.

Constatant que les itinéraires sans labour, souvent considérés comme favorables à la biodiversité, présentent diverses techniques de gestion des adventices estivales, ils ont comparé les populations d'oiseaux de parcelles d'Île-de-France où sont pratiqués : a) le labour, b) le sans-labour avec gestion des adventices par traitement au glyphosate, et c) le sans-labour avec implantation d'une interculture pour la gestion des adventices et sans traitement phytosanitaire. À partir de 163 points d'observation sur 73 parcelles, le nombre et les espèces d'oiseaux vus ou entendus ont d'abord été répertoriés. Ces données ont par la suite fait l'objet d'un traitement statistique afin d'isoler l'effet spécifique des itinéraires suivis.

Localisation des parcelles franciliennes étudiées selon la technique de lutte utilisée contre les mauvaises herbes

Biodiversité.jpg

Source : Agriculture, Ecosystems & Environment

Lecture :

- carré : sans labour avec culture intermédiaire - reprises de colza et/ou légumineuses implantées

- étoile : sans labour avec traitement herbicide total 

- triangle : labour

Les résultats montrent qu'il existe, pour les oiseaux, un important bénéfice du sans-labour sans herbicide par rapport au labour. A contrario, il y a plus de deux fois moins d'oiseaux, dans les parcelles sans-labour où du glyphosate a été utilisé, que dans les champs labourés. L'impact négatif de l'herbicide est bien plus important que la nature du travail du sol. Moins de labour et plus d'herbicides ne seraient donc pas une solution pour enrayer l'érosion de la biodiversité.

Ces travaux rejoignent les conclusions d'études récentes concluant que la biodiversité est largement tributaire de la quantité et de la nature des produits phytosanitaires utilisés par les agriculteurs. Un nombre croissant de recherches montrent également qu'une importante réduction de leur utilisation est possible sans impact économique pour une grande majorité d'exploitants, d'autant plus quand elle est couplée à des changements de techniques culturales.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : Agriculture, Ecosystems & Environment

10:01 Publié dans Agronomie, Environnement | Lien permanent | Tags : biodiversité, glyphosate, sans labour, oiseaux |  Imprimer | | | | |  Facebook