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11/12/2020

Économie de la filière équine : apports des Journées sciences et innovations équines

Les Journées sciences et innovations équines se sont déroulées le 17 novembre 2020. Cinq sessions ont exploré les thèmes suivants : bien-être et comportement ; pathologie, épidémiologie et gestion sanitaire ; sciences humaines, sociales et économie appliquées aux enjeux équins ; élevage et entretien des animaux ; activités équestres ou avec les équidés. Les 14 communications et les posters sont présentés sur le site de l'Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) sous la forme de courts articles. Retenons ici quelques éclairages économiques.

Tout d'abord, le Réseau Équin suit 128 exploitations (centres équestres, établissements de tourisme équestre, écuries de pensions), et associe diverses compétences (Institut de l’élevage, chambres d'agriculture, IFCE notamment) pour dégager des bonnes pratiques et mieux définir le poids socio-économique de la filière. Le Réseau prodigue des conseils aux exploitants pour améliorer leurs établissements, et aux porteurs de projets pour affiner leur stratégie d’installation ou de développement.

Le projet Equitourisme vise à connaître les motivations touristiques spécifiques des villes du cheval pour mieux structurer leur offre (Chantilly, Deauville, Saumur). Ces demandes s’inscrivent dans des cadres événementiel, culturel et expérientiel (équitation montée ou attelée). Plusieurs pistes d'amélioration sont identifiées : fédérer localement les acteurs du tourisme autour du cheval pour élaborer un « récit » ; au niveau national, pour les villes du cheval, échanger leurs bonnes pratiques et s'acheminer vers un label « Destination du Cheval ».

Enfin, si la consommation de viande est en baisse en France, la chute de l'hippophagie est encore plus brutale : cette viande représente 1 % des achats et les 2/3 des Français n'en consomment plus. Cette consommation est pratiquée à domicile (87,5 % des cas), par un profil d'homme ouvrier vivant dans le Bassin parisien ou le nord-est. Pour relancer cette filière, les auteurs proposent de faciliter les achats au-delà du réseau très restreint des boucheries chevalines, et de recourir à une viande d'origine française plutôt qu'importée.

Une communication intéressante concerne la filière du lait d’ânesse, peu étudiée. 60 éleveurs sont recensés, majoritairement en agriculture biologique. Avec un volume moyen annuel de 200 litres par ânesse, le lait est principalement utilisé dans des produits cosmétiques et d’hygiène (cf. figure). Un frein important au développement de la filière est la difficile valorisation économique des ânons mâles non commercialisés.

Devenir du lait d’ânesse produit dans les exploitations françaises

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Source : IFCE

Franck Bourdy, Centre d'études et de prospective

Source : IFCE

09:27 Publié dans Filières agricoles, Production et marchés, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : filière, cheval, tourisme, territoire |  Imprimer | | | | |  Facebook

12/03/2018

Le clonage des animaux, un soutien pour le tourisme en 2070 ?

La revue Futures a publié, dans son numéro de janvier 2018, une analyse prospective envisageant le clonage des animaux pour répondre à la demande touristique dans les années 2070. L'auteur, maître de conférences à l'université Central Lancashire, s'intéresse à des thématiques actuelles, porteuses de développements potentiellement importants (tourisme) ou sujettes à débats (clonage). Il s'appuie sur de nombreuses publications relatives à la biodiversité et à la disparition d'espèces, au clonage animal, à la pratique de la chasse et au tourisme. Sur la base de ce matériau, trois scénarios sont établis, suivant une approche pragmatique, et présentés à partir d'une méthode narrative mettant en scène des situations particulières. Cela donne à voir des utilisations potentielles futures du clonage animal.

Dans le premier scénario (« Food Tourism: Luxury species dining »), le clonage est utilisé dans le cadre du tourisme culinaire au Japon, pays attractif notamment pour son patrimoine gastronomique : il s'agit de faciliter l'approvisionnement et la consommation de produits issus d'espèces rares (salamandre géante, tortue verte ou chèvre markhor). Dans le deuxième scénario (« Cloning animals for sport hunting »), le clonage du gibier favorise l'organisation, par un voyagiste, de chasses sportives d'animaux clonés en Afrique du Sud, pays où ce type de chasse est courant. Le clonage permettrait ici aux amateurs de continuer à pratiquer leur loisir malgré la baisse des effectifs animaux. Enfin, le troisième scénario (« Cloning animals for education & conservation: Future safari zoo ») dépeint un « zoo-safari » aux États-Unis (zones de grands espaces et parcs nationaux), peuplé d'animaux clonés pour préserver des espèces choisies pour être protégées, voire des animaux disparus. Ces trois situations mettent en exergue un tourisme élitiste, répondant aux attentes de consommateurs exigeants et prêts à payer un prix élevé pour des expériences devenues rares (approche déjà envisagée dans un précédent rapport sur le futur du tourisme). Le problème de la disparition d'espèces animales est également abordé, l'utilisation du clonage dans ce cas faisant aujourd'hui débat.

Madeleine Lesage, Centre d'études et de prospective

Source : Futures

10:34 Publié dans 1. Prospective, Société | Lien permanent | Tags : clonage, tourisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

03/07/2017

Développement du tourisme et recomposition des élites dans le Nordeste brésilien

Dans un article publié dans Actes de la recherche en sciences sociales, Tristan Loloum étudie comment les transformations à l’œuvre dans les plantations sucrières de l’arrière-pays, concernant la jeunesse urbaine et les paysans-pêcheurs du littoral, ont pesé sur la vocation touristique du Nordeste brésilien. Dans les littoraux sous l’emprise des élites agraires se développe « un tourisme d’enclaves » (resorts, hôtels all-inclusive). Au contraire, dans les zones où les paysans-pêcheurs avaient gardé une certaine autonomie, apparaissent de petites structures touristiques intégrées aux villages. L’auteur approfondit le cas de Praia de Pipa, haut lieu du surf, où la modernisation des pêches permet aussi l’émergence d’une élite autochtone.

Source : Actes de la recherche en sciences sociales

14:39 Publié dans Agriculteurs, Mondialisation et international, Société, Territoires | Lien permanent | Tags : brésil, tourisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

10/02/2014

Le tourisme à la campagne : quelles attentes des différentes clientèles ?

La DATAR publie une étude, réalisée par GMV Conseil, sur les attentes des consommateurs à l'égard du tourisme à la campagne. L'enquête Destination Campagnes a pris pour cible différentes clientèles : Belges, Britanniques, Espagnols et Français. Il en ressort que la campagne bénéficie d'un imaginaire très positif auprès des catégories socioprofessionnelles supérieures, qui l'associent à la détente, au ressourcement et à l'authenticité. Cela n'est, à vrai dire, pas très étonnant.

Mais les attentes fortes qui sont exprimées par ailleurs, en termes de « proximité » et « d'accessibilité » des services, sont sans doute relativement contradictoires avec cette idéalisation de la campagne. « Une fois arrivés sur leur lieu de villégiature, les vacanciers n'entendent pas parcourir de grandes distances. (…) en matière de commerces et de services ». Par exemple, 70% de la clientèle « estiment qu'ils doivent être accessibles à moins de 20 minutes ».

Ce développement du tourisme semble ainsi aller de pair avec le mouvement d'éclatement des villes et de périurbanisation, et avec les stratégies d'équipement fortes des communes péri-urbaines.

Florent Bidaud, Centre d'études et de prospective

Source : DATAR

10:25 Publié dans Société, Territoires | Lien permanent | Tags : tourisme, ruralité |  Imprimer | | | | |  Facebook