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13/04/2020

Qualité nutritionnelle des achats alimentaires en France : évolution des inégalités entre 1971 et 2010

Dans le dernier numéro d’Économie & Statistique, publié début avril 2020, un article analyse, sur quatre décennies, l'évolution de la qualité nutritionnelle des achats alimentaires des Français, destinés à la consommation à domicile. Si la part de l'alimentation baisse dans les budgets des ménages (40 % en 1950, 15,6 % en 2017), des différences sont documentées selon le revenu, le niveau d'éducation, la catégorie socioprofessionnelle, etc. Les auteures proposent ici une analyse sur longue période, considérant les grands groupes d'aliments et la qualité nutritionnelle selon le revenu et le niveau d'éducation. Elles mobilisent pour cela les données de l'enquête Consommation alimentaire (Insee) jusqu'en 1991, puis ensuite du panel Kantar Worldpanel.

À l'échelle nationale, le contenu calorique des achats destinés à la consommation à domicile a augmenté, passant de 2 084 kcal/pers/jour en 1969 à 2 222 kcal/p/j en 2010. L'analyse par groupes d'aliments montre également une diminution des catégories « traditionnelles » (pain-pâtes-riz, pommes de terre et légumineuses, etc.) au profit de produits transformés (produits laitiers, plats préparés, etc.). L'utilisation d'un score d'adéquation aux recommandations nutritionnelles (score MAR) met en évidence une amélioration de la qualité nutritionnelle des achats, croissante jusqu'en 2003, puis stagnant. La diminution des produits denses en calories et pauvres en nutriments peut l'expliquer.

Entre 1969 et 2010, évolution des achats de yaourts, fromages et desserts lactés (gauche), et de produits et boissons sucrés (droite), exprimés en g/2 000 kcal

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Source : Insee

Au niveau des ménages, les auteures montrent que les inégalités, fortes au début des années 1970, sont beaucoup moins marquées en 2010. Selon le revenu, les différences portent plus sur la qualité nutritionnelle que sur le contenu calorique. Les ménages ayant les niveaux de revenus les plus élevés ont des achats présentant une meilleure qualité nutritionnelle, même si les différences se réduisent avec le temps. Selon le niveau d'éducation, il apparaît que les inégalités tendent à s'estomper en 2010 alors qu'elles étaient marquées au départ. La consommation de protéines animales en est une illustration (figure ci-dessous).

In fine, en dépit de la dynamique générale de convergence, les auteures soulignent que des inégalités nutritionnelles en fonction du revenu subsistent, les politiques alimentaires et de santé restent ainsi importantes pour atténuer les inégalités sociales.

Déviation, par rapport à la moyenne ( %), du contenu en protéines animales des achats pour l'alimentation à domicile, selon le revenu (gauche) et le niveau d'éducation (droite)

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Source : Insee

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Insee

07/09/2018

Inégalités sociales de santé et environnements favorables à une alimentation saine

Dans son numéro de juin 2018, La Santé en action consacre un dossier aux environnements favorables à une alimentation saine comme réponse possible aux inégalités sociales de santé. L'alimentation est l'un des déterminants majeurs de certaines maladies chroniques (ex : maladies cardiovasculaires) et contribue aux inégalités sanitaires persistantes en France. Par ailleurs, les interventions ciblant la responsabilité individuelle peuvent également contribuer à ces inégalités et, comme préconisé notamment par l'Inserm en 2014, les actions s'orientent aujourd'hui sur l'environnement des personnes pour une prévention passive. Un premier article présente les principaux déterminants du comportement alimentaire (schéma ci-dessous) et définit la notion d'« environnement favorable ».

Représentation schématique du modèle écologique et des quatre niveaux d'influence de l'individu

Modele-ecologique.jpg

Source : Santé publique France

Ce dossier aborde ensuite différentes interventions publiques visant à agir sur l'environnement alimentaire des individus (réglementation du marketing à destination des enfants, marketing social, etc.). On retiendra par exemple la contribution sur les réseaux sociaux, pouvant contribuer, pour les pouvoirs publics, à comprendre les comportements et les attentes des internautes, à diffuser et partager de l'information et à créer de l'engagement. Enfin, plusieurs articles détaillent des exemples d'actions locales innovantes : Angers, Marseille, Salon-de-Provence, Loon-Plage, Saint-Denis.

Source : Santé publique France