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08/06/2017

La gastronomie est-elle une marchandise culturelle comme une autre ? La gastronomie française à l'Unesco : histoire et enjeux, Julia Csergo

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En 2010, le repas gastronomique des Français était inscrit sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel (PCI) de l'Unesco. De 2008 à 2010, Julia Csergo a été responsable scientifique du dossier et, six ans après cette inscription, elle livre dans cet ouvrage une analyse réflexive sur la pratique qu'elle en a eue, et invite à « réinvestir les résultats de cette réflexion dans une nouvelle action faite de propositions ». À l'appui de ce travail critique, elle rassemble, au fil de trente-six chapitres, de nombreux éléments de connaissance, de chronologie et de contextualisation. Alors que la gastronomie ne fait pas l'objet d'une définition commune en France, cet ouvrage permet en particulier de mieux cerner les enjeux culturels, sociaux et économiques dont elle est porteuse.

Les premiers chapitres mettent en évidence comment, au-delà du mot « gastronomie », « la recherche et l'affirmation d'un bien manger » ont fait partie des formes d'expression de la nation en construction : une synthèse s'est faite autour d'un « art de la bonne chère », non pas réservé aux élites, mais qui s'est diffusé à l'ensemble du corps social. Pour l'auteure, la gastronomie est ainsi un domaine culturel, à la fois expression, pratique, industrie produisant des biens, et patrimoine.

Alors que, en 2015, 10 % des 291 inscriptions sur la liste du PCI relèvent de patrimoines alimentaires et gastronomiques, et signent la construction progressive d'un patrimoine culturel alimentaire, les chapitres suivants montrent la difficulté à faire reconnaître la gastronomie (et plus généralement l'alimentation) dans le domaine culturel à l'Unesco. Cela explique, en partie, les difficultés et spécificités du dossier français, premier à se positionner sur ce domaine et le seul à ne pas s'incarner dans une « matérialité » (savoir-faire, fêtes, pratiques rituelles, etc.). Dans tous les autres dossiers, les produits et/ou les cuisines occupent une place centrale, les plans de sauvegarde incluent les enjeux économiques et commerciaux, et de multiples communautés sont détentrices du patrimoine, avec une place croissante des professionnels.

J. Csergo conclut son ouvrage par un appel à la mise en place d'une politique culturelle publique de la gastronomie, sachant que des politiques culturelles de soutien aux filières (alimentaires, agricoles, artisanales) sont mises en œuvre par un nombre croissant de pays.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Lien : éditions Menu Fretin

09:11 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : patrimoine, unesco, repas gastronomique, gastronomie |  Imprimer | | | | |  Facebook

19/03/2009

Colloque: Localiser les produits : une voie durable au service de la diversité naturelle et culturelle des Suds ?

 

Colloque international organisé par l'UNESCO les 9, 10 et 11 juin 2009

Dans de nombreux pays du Sud, des initiatives visant à établir ou à renforcer les liens entre la diversité biologique et culturelle et les processus de valorisation des spécialités locales se multiplient. Elles relèvent aussi bien de stratégies portées par des acteurs locaux, qu'encouragées par des instances nationales et internationales (Convention sur la Diversité Biologique, FAO, OMPI…). Les objectifs ne sont plus seulement commerciaux (promotion des spécialités locales) et juridiques (protection d'un nom, limitation de la contrefaçon) mais ils deviennent environnementaux, identitaires, voire patrimoniaux.

Ainsi, les formes les plus sophistiquées de protection des «produits de terroir» (Appellations d'origine, Marques collectives) comme les plus simples instruments de valorisation des spécialités locales sont maintenant mobilisés dans la gestion durable des ressources et des paysages, la valorisation des savoir-faire locaux ou encore la re-qualification de territoires en crise. Ces démarches concernent des produits dont la nature (brut/transformé), l'origine (agricole, halieutique, cynégétique, etc.) et les usages (alimentaire, médicinal, cosmétique, artisanal, etc..) sont variés.

Des travaux scientifiques récents, conduits dans des contextes écologiques, politiques, économiques et sociaux diversifiés, ont permis de souligner l'inégale avancée des réflexions et des politiques publiques selon les pays. Il est maintenant temps de tirer les premières leçons des données empiriques et de partager les expériences. Dans ce colloque, on s'interrogera sur les logiques qui sous-tendent ces démarches et on mettra en évidence les innovations dont elles sont porteuses, mais aussi leurs limites et leurs insuffisances, en particulier en termes de durabilité des systèmes écologiques et sociaux.

A partir d'études de cas concrets, les communications s'interrogeront sur les logiques qui sous-tendent les démarches et les processus de valorisation des spécialités locales dans les pays du Sud en lien avec les questions de gestion durable de la diversité écologique et sociale.

(extrait de l'appel à contribution)

17:37 Publié dans Développement | Lien permanent | Tags : unesco, produits du terroir, labels |  Imprimer | | | | |  Facebook