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08/12/2020

Viande artificielle et environnement

L'Agence européenne pour l'environnement (AEE) a publié fin octobre 2020 quatre notes d'information sur les impacts environnementaux potentiels de quatre innovations technologiques émergentes. L'une d'entre elles porte sur la viande artificielle. Cette innovation est généralement présentée comme une réponse écologique à la forte augmentation de la consommation de viande attendue d'ici à 2050 à l'échelle mondiale (+73 % selon la FAO). Si des bénéfices en matière de santé et de bien-être animal pourraient en découler, des impacts négatifs sur l'emploi agricole et les écosystèmes des zones rurales sont à attendre, par exemple, à cause d'une diminution des pâturages d'estive. Outre l'incertitude pesant sur les achats par les consommateurs, des réserves scientifiques sont émises sur les réels impacts environnementaux d'une technologie dont les processus de production sont encore au stade de développement. Seules des évaluations systémiques et des programmes publics dédiés, le cas échéant, permettront d'en maîtriser les futures conséquences.

Source : Agence européenne de l'environnement

15/04/2019

Conséquences de l'automatisation et du numérique sur l'emploi en agriculture au Canada

Dans un article publié dans le Journal of Rural Studies, une équipe de chercheurs s'est intéressée aux impacts de l'automatisation sur le travail agricole au Canada, avec un focus particulier sur le cas des travailleurs marginalisés (amérindiens et migrants). Cette analyse s'appuie sur les résultats d'un atelier prospectif, complété d'une revue de littérature et d'études de cas réalisées dans deux régions rurales de l'Ontario.

Les auteurs rappellent d'abord la tendance ancienne au déclin de l'emploi agricole au Canada, du fait de la moto-mécanisation, et l'essor concomitant du salariat. Peu qualifiés et rémunérés, ces emplois salariés ont été surtout pourvus par des amérindiens et des migrants.

Trois conséquences probables de l'innovation technologique, dans les années à venir, sont ensuite identifiées. Dans un premier temps, les auteurs anticipent une forte diminution du nombre d'emplois du fait de l'automatisation. Ils estiment, de plus, qu'une bipolarisation accrue du marché du travail est à attendre : d'un côté, le recours à des équipements toujours plus sophistiqués est susceptible de créer des emplois hautement qualifiés, de l'autre l'automatisation partielle de certains emplois pourrait conduire à leur déqualification. Pour l'illustrer, l'article prend l'exemple de la conduite d'engins agricoles, activité qui nécessitait auparavant des compétences pointues, mais qui sont aujourd'hui devenues largement obsolètes, du fait de la mise au point des systèmes d'auto-conduite. Enfin, la dernière conséquence envisagée est une marginalisation accrue des travailleurs migrants et amérindiens. En effet, ces derniers seront contraints d'augmenter la productivité de leur travail ou d'accepter une rémunération et des conditions dégradées, s'ils veulent conserver leur emploi alors que celui-ci est automatisable.

En conclusion, les auteurs formulent plusieurs recommandations en matière de politiques publiques. Ils proposent ainsi de former les travailleurs marginalisés, afin qu'ils puissent accéder aux emplois plus qualifiés. Toutefois, ils jugent illusoire d'espérer élever le niveau de qualification de tous, et suggèrent donc de redistribuer la richesse créée par l'automatisation, afin que les travailleurs dont les emplois seront détruits en bénéficient malgré tout. Les modalités concrètes d'une telle redistribution ne sont cependant pas évoquées.

Mickaël Hugonnet, Centre d'études et de prospective

Source : Journal of Rural Studies

10:26 Publié dans Travail et emploi | Lien permanent | Tags : ontario, canada, automatisation, emploi agricole, amérindiens, migrants |  Imprimer | | | | |  Facebook