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14/04/2017

Manifeste animaliste. Politiser la cause animale, Corine Pelluchon

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Les réflexions sur le rapport Homme-Animal sont aussi vieilles que les traces laissées, au fil de l'histoire, par la philosophie ou la littérature. Le sujet s'est réimposé au XIXe siècle, notamment en Angleterre, avant de se diffuser au monde entier. Dans notre pays, cette « question animale » monte en puissance, ces dernières décennies, à travers des débats publics, l'élaboration de normes ou des actions militantes. Aujourd'hui, une nouvelle étape s'amorce : « l'animalisme » frappe à la porte du système politique et tente de gagner des décideurs à sa cause. L'intérêt de cet ouvrage est d'incarner, de façon synthétique et claire, ce programme politique animaliste, cette profession de foi antispéciste, d'en exprimer l'essence et les principes.

La première partie rappelle les tenants et aboutissants de la « cause animale » : souffrances en élevage intensif puis en abattoirs, expériences de laboratoire, privation de liberté dans les zoos, exploitation économique sans précédent des animaux de rente, mais aussi reconnaissance de leur sentience, de leur droit d'avoir des droits, et souci croissant pour leurs conditions de vie. Victimes désignées de notre brutalité, les animaux seraient, pour l'auteure, le reflet d'une civilisation humaine violente, rendant nécessaire le passage à une société respectueuse de l'égal intérêt des humains et des non-humains.

La deuxième partie soutient l'idée d'une nécessaire politisation de cette cause animale. Habiter la Terre, c'est cohabiter avec tous les autres vivants, et si seuls les humains sont des citoyens à part entière, les animaux sont a minima des sujets politiques puisqu'ils ont des intérêts à défendre. Selon C. Pelluchon, la future société démocratique devra concilier droits de l'homme et respect des animaux, en inscrivant les préférences de ces derniers dans la définition du bien commun. Pour cela, toujours selon l'auteure, il faudra se doter d'une véritable théorie politique des capabilités animales, se démarquant du frileux juridisme administratif, tout juste bon à normer la taille des cages à poules...

La dernière partie, plus classique, recense des propositions concrètes que devrait mettre en œuvre l'État : fin de la captivité dans les cirques et les zoos, fermeture des delphinariums, suppression de la chasse à courre, interdiction de la corrida, de la fourrure et du foie gras, promotion du végétalisme et du véganisme, passage à l'élevage extensif, mise à mort douce en abattoirs, désignation de défenseurs des animaux dans les instances politiques représentatives. Le tout en veillant à indemniser les pertes subies par les groupes professionnels (éleveurs, industriels, commerçants, etc.) agissant en faveur de l'amélioration de la condition animale.

Bruno Hérault, Centre d'études et de prospective

Lien : Alma Éditeur

16:10 Publié dans Alimentation et consommation, Société | Lien permanent | Tags : pelluchon, animal, animalisme |  Imprimer | | | | |  Facebook

06/04/2016

Retour en vidéos sur le colloque de l'Ocha « Des Animaux et des Hommes »

Le 23 mars, l'Observatoire des Habitudes Alimentaires (Ocha) a mis en ligne la première vidéo issue de son colloque « Des animaux et des Hommes. Héritages partagés, futurs à construire » organisé en novembre 2014. Est ainsi accessible dans son intégralité la conférence donnée par Francis Wolff, philosophe, intitulée « L'animal en L'Homme et l'animal hors de l'Homme. À propos de l'animalisme contemporain et du devenir de l'humanisme ». Le conférencier aborde tour à tour les conséquences équivoques du recours à la notion d'animal, les sources de l'animalisme et les moyens d'en tirer parti en évitant les conséquences néfastes. De cette intervention, toujours d'actualité, on peut notamment retenir la définition donnée de l'animalisme : « valeur attribuée à l'animal en tant que tel » ; « inflation de la question de l'animal dans les sciences humaines » (philosophie, droit, histoire notamment). F. Wolff conclut son propos en soulignant que les relations, les devoirs, que nous avons avec et envers les animaux sont à réapprendre car non épuisés par une définition réductrice ou un statut.

L'Ocha accompagne cette vidéo de références bibliographiques permettant de prolonger la réflexion. D'autres vidéos viennent s'ajouter au fur et à mesure sur la chaîne Youtube de l'Ocha.

Source : Ocha

10:07 Publié dans Société | Lien permanent | Tags : ocha, animal, animalisme |  Imprimer | | | | |  Facebook