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28/05/2014

Consommation d'aliments transformés au Canada : évolution sur la période 1938-2011

Dans une publication récente, une équipe de chercheurs des universités de Montréal et de São Paulo étudie l'évolution de la consommation alimentaire des ménages canadiens. Ces travaux ont été conduits sur la base de six enquêtes menées par Statistique Canada au cours des 75 dernières années (1938-1939, 1953, 1969, 1984, 2001 et 2011) et portant sur la composition du panier d'épicerie des Canadiens. Les produits achetés ont été classés en trois catégories : les produits bruts ou peu transformés, les ingrédients nécessaires à la préparation des repas (ex : huile, sucre, farine) et les produits transformés et prêts à la consommation.

Sur la période étudiée, la part de produits transformés a augmenté de 136%, alors que celle des produits bruts et peu transformés a décru de 65%, passant de 34 à 25,6%. Les légumes de type « racines et tubercules », le lait et les fruits sont les plus concernés par cette baisse d'achat. La catégorie des ingrédients est celle qui a connu la plus forte diminution, de 12,6% en 1938 à 2,3% en 2011.

Par ailleurs, l'apport calorique lié aux produits prêts à consommer est passé de 28,7 à 61,7% sur la période étudiée, sachant que, en 1938, les aliments achetés étaient peu variés et que les carences en certains nutriments (vitamines C et D notamment) étaient fréquentes. L'offre alimentaire s'est élargie : 61 aliments étaient pris en compte dans l'enquête de 1938-1939, alors que celle de 1969 portait sur 187 aliments (valeur stable depuis).

Il est à noter que cette étude sous-estime la consommation d'aliments transformés, puisque la consommation hors foyer n'est pas prise en compte. Enfin, il est rappelé que le taux d'obésité dans la population canadienne est passé de 9,7% en 1970 à 25,4% en 2008.

Julia Gassie, Centre d'études et de prospective

Source : Université de Montréal

15:55 Publié dans Alimentation et consommation | Lien permanent | Tags : canada, alimentation |  Imprimer | | | | |  Facebook

29/04/2014

Le Canada impose des quotas de transport de céréales aux compagnies ferroviaires et prépare une nouvelle législation

Alors que les silos de la prairie canadienne sont saturés par la récolte record de 2013, faute de fret disponible, le gouvernement a imposé des quotas de transport de céréales aux deux compagnies ferroviaires du pays. En cas de violation, ces dernières doivent s'acquitter d'amendes de 100 000 dollars canadiens (CAD) par jour (soit environ 65 000 euros).

À la fin du mois de mars dernier, le gouvernement a décidé d'aller plus loin et a préparé le Rail for Grain Farmers Act. Ce projet de loi vise à renforcer le contrôle de l'État sur le rail et à favoriser la concurrence entre les deux compagnies, la Canadian National et la Canadian Pacific, qui transportent vers la mer 94 % du grain destiné à l'export. Les intermédiaires chargés d'écouler la production des fermiers pourraient, d'après le texte en préparation, choisir plus facilement leur compagnie ferroviaire. Ces dernières seraient en effet obligées de prendre en charge le grain des silos non plus à 30 km des terminaux ferroviaires, mais à 160 km. Par ailleurs, l'État se doterait de la possibilité d'imposer des quotas de transport et de contrôler plus en détail les activités des transporteurs.

Dans le prolongement de la dérégulation, en 2012, du marché des céréales, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer la fin du monopole de la Wheat Board qui permettait une meilleure gestion des exportations. Les deux compagnies ferroviaires, se défendant quant à elles de toute inefficacité, s'opposent à une régulation de l'État. Elles la considèrent comme infondée, évoquant les circonstances exceptionnelles de la campagne 2013/2014, avec sa récolte record et des conditions hivernales extrêmes. Elles rappellent par ailleurs que ces mesures les exposeront à la concurrence déloyale de leurs homologues américaines.

Alexis Grandjean, Centre d'études et de prospective

Source : The Globe and Mail

15:49 Publié dans Mondialisation et international, Production et marchés | Lien permanent | Tags : céréales, canada |  Imprimer | | | | |  Facebook

22/01/2012

Vers le démantèlement de la Commission Canadienne du Blé ?

Le gouvernement canadien souhaite instaurer la libre commercialisation des céréales au Canada. Après son adoption à la Chambre des Communes le 28 novembre 2011, le projet de loi mettant fin à 70 ans de mise en marché collective des céréales via la Commission Canadienne du Blé (CCB) a été adopté le 15 décembre au Sénat.

Créé en 1935 par le Canadian Wheat Board Act, la CCB devient l'unique canal de commercialisation des grains en 1943. Les besoins d'approvisionnement du marché international, et en particulier de la Grande-Bretagne, rendaient en effet nécessaire pour plus d'efficacité une organisation centralisée des exportations canadiennes.

Jusqu'ici, la CCB exportait plus de 20 millions de tonnes de céréales de l'Ouest canadien, livrées par 25 000 producteurs, bénéficiant ainsi notamment d'un lissage des fluctuations intra-annuelles de prix grâce au pooling réalisé au sein de la CCB.

En dépit des avancées du projet de loi, les débats se poursuivent et des recours sont engagés afin d'éviter son entrée en vigueur en août 2012.

Marie-Sophie Dedieu, Centre d'études et de prospective